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Transition écologique : l'illusion

Par Le 29/01/2020

Il n'y aura pas de transition écologique sans crise ni krach financier

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Olivier Passet - Directeur de la recherche, Xerfi

24/01/202006:44

 

 

"Lorsque l’on pense climat ou écologie aujourd’hui, on y adosse presque automatiquement le mot transition — transition écologique, transition climatique… — suggérant que ce processus de transformation de nos économies sera graduel, qu’il se fera sans heurt, sans grande rupture. La transition calme la peur d’un grand effondrement du système économique. Chacun sait que le temps est compté. Que sans arbitrage drastique dès aujourd’hui le réchauffement excèdera les 2°C supposés limiter les grands chambardements en termes de montée des eaux, de migration, etc… 


Face à cela, on assiste au déni des dirigeants, et notamment de Trump, celui qui gouverne le pays qui émet le plus de CO2 derrière la Chine. Celui-ci en a encore fait la démonstration à Davos, fustigeant ouvertement les « prophètes de malheur » qui promettent « l’apocalypse ». Et puis il y a les autres, plus ou moins actifs. Et ceux-là agissent au nom d’une doctrine inexprimée, implicite, qui mérite que l’on s’y arrête.


La transition se ferait grâce au marché


La transformation du capitalisme se fera à travers le marché, et il s’opérera graduellement. Pour ce là,

1) il suffit de mettre en place un système de prix, via les taxes carbones, qui modifie les comportements de consommation et d’investissement ;

2) le processus d’innovation réglera une partie du problème : au fur-et-à mesure qu’une technologie est disqualifiée car son coût carbone est prohibitif, grevant sa rentabilité, les investissements se porteront spontanément sur les process et technologie bas carbone de substitution ;

3) les marchés boursiers vont eux-mêmes intégrer graduellement dans les cours le risque de disqualification et de perte de rentabilité des secteurs émetteurs, accélérant le processus de redéploiement du capital.


Au diapason de cette représentation, Larry Fink a récemment fait sensation. Le patron de BlackRock, leader mondial de la gestion d’actifs a exprimé sa volonté de se désengager de l’industrie du charbon et son souhait que le reste de ses actifs soit aligné sur les accords de Paris.

Selon cette vision, le capitalisme se réformerait de l’intérieur par le marché. Face au spectre d’un totalitarisme vert — qui imposerait d’autorité de nouvelles pratiques et qui bute sur l’impossibilité d’une gouvernance mondiale coordonnée et pacifique de la transition — s’oppose la grande confiance dans la résilience du système capitaliste, qui a toujours su internalisé par le passé les nouvelles contraintes, se réinventer et prospérer à travers ces contraintes.

1) Face à la gouvernance mondiale impossible, le système de prix est le seul outil efficace pour coordonner de façon invisible les initiatives privées.

2) La transition écologique ouvre un processus de destruction créatrice qui génère à terme un modèle de croissance verte… La contrainte sera convertie en opportunité. Bref, la transition sera douce, voire heureuse et permet d’accéder à un nouveau palier de bien-être humain.


De rares solutions de substitution au carbone


Même à supposer que les objectifs climatiques soient atteints à termes, peut-on croire à cette version de la transition douce ? Le premier point d’achoppement, on le connaît : le juste prix du carbone se heurte à deux réalités contrariantes.


• Premièrement, il est socialement problématique, pénalisant de façon insoutenable les bas revenus. Face à cela, dit-on, il suffit de mettre en place des chèques compensateurs pour amortir les effets anti distributifs des taxes.
Néanmoins, 85% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ne sont toujours pas tarifées à ce jour, et les trois-quarts environ des 15% restant le sont à un prix inférieur à dix dollars la tonne, alors même que les experts préconisent entre 40 et 80 dollars la tonne en 2020, et entre 50 et 100 dollars en 2030. Autant dire que la bombe sociale écologique est loin d’être désamorcée et que le levier magique de conversion du capitalisme aux enjeux climatiques paraît tout simplement ni politiquement, ni socialement mobilisable.


• Deuxièmement, il n’existe pas sur le marché de solutions de substitution dans de nombreux cas, permettant des comportements de substitution.

Concernant l’automobile, l’option électrique est coûteuse et n’offre ni une autonomie, ni des infrastructures de soutien équivalentes à celle des véhicules essence. Sur ce champ précis, peut-être peut-on considérer que l’on est proche du but. Mais il est clair que côté offre, l’industrie automobile se hâte à ne pas presser le pas, face à un bouleversement qui dynamite toute leur chaîne de valeur. Mais que dire du transport aérien, que dire de l’industrie chimique, de l’agriculture, de l’agro-alimentaire ? Où sont les modèles de production alternatifs, technologiquement murs ? Comment espérer dans ce contexte pricer le carbone et éviter un choc de demande massif ?


Le risque des actifs échoués


Au-delà de ce problème, et plus déstabilisant encore, il y a la problématique des actifs potentiellement échoués de la transition écologique : il s’agit de toutes les immobilisations dans les industries productrices d’énergie fossile, mais aussi les compagnies aériennes, le transport maritime, l’automobile, le bâtiment…

Atteindre les objectifs de Paris, cela signifie déclasser massivement du capital installé… Je ne me hasarderai pas à chiffrer cette masse. Elle est considérable et incontestablement cela veut dire aussi un choc massif sur les capitalisations financières, avec en ricochet un très fort risque sur les gestionnaires d’actifs et les fonds d’assurance et de retraite. On peut toujours croire que la magie du marché remplacera 1 pour 1, le capital détruit…. Mais on le sait aussi, historiquement, quand il faut produire un effort massif d’investissement, en peu de temps, avec un retour sur investissement à très long terme, ce sont les États qui sont en première ligne.


Croire que le marché va tout résoudre, est un pur phantasme. Il faut bien alors se l’avouer : il n’y aura pas de transition écologique sans désordre et sans de violents krachs financiers. Si les prix ne font pas le job, c’est la crise qui le fera."

 

Je renvoie à ce film : 

"L'illusion verte"

 

Et à ces anciens articles : 

"Capitalisme et écologie"

"L'écologie intégrale"

Ecologie et économie

Vers la transition

"Ecologie, éthique et anarchie." (politique)

"Renaissance écologique" de Julien Dossier

Par Le 26/01/2020

La fresque de Julien Dossier et Johann Bertrand d’Hy pour représenter une ville et une campagne durables.

La fresque de Julien Dossier et Johann Bertrand d’Hy pour représenter une ville et une campagne durables.

(JULIEN DOSSIER, JOHANN BERTRAND D'HY / RENAISSANCE ECOLOGIQUE)

Partir d'une œuvre de la renaissance italienne pour imaginer un monde moins carboné face au changement climatique. C'est la démarche originale entreprise par Julien Dossier dans son livre Renaissance écologique (Actes Sud, 2019). L'auteur, qui dirige le cabinet de conseil Quattrolibri et s'est notamment occupé de la stragérie zéro carbone de la ville de Paris, a réalisé, avec l'aide du dessinateur Johann Bertrand d'Hy, une version contemporaine de L'Allégorie des effets du bon gouvernement, peinte par Ambrogio Lorenzetti en 1338.

Ambrogio Lorenzetti, Les Effets du Bon gouvernement dans la ville, 1337-1339. Fresque de la Salle des Neuf du Palais Publique de Sienne.

En y illustrant "24 chantiers pour le monde de demain", le Nantais propose une vision de la transition écologique pour limiter les effets du réchauffement climatique en cours. Avant son intervention au sommet Change Now, jeudi 30 janvier, au Grand Palais à Paris, franceinfo a interrogé cet expert de la ville durable sur sa démarche.

 
 

Franceinfo: Qu'est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans une adaptation de la fresque de Lorenzetti ?

Julien Dossier : C'est l'expérience de l'après-sommet mondial des villes durables en 2013 et de l'après-stratégie zéro carbone de la ville de Paris. Dans les deux cas, nous avions une information riche. Mais comment la communiquer ? Comment faire vivre un rapport technique de 367 pages de manière à enclencher une dynamique de transition ? Tout cela pose la question de la diffusion de la connaissance.

Sur le réchauffement climatique, l'information factuelle existe depuis plusieurs décennies. Nous ne manquons pas d'informations pour décrire les effets du changement climatique sur la planète et son origine humaine. Force est de constater que notre cerveau ne réagit pas de manière rationnelle sur ce sujet-là. Nous n'avons pas une traduction pratique de ce qu'on apprend, de ce qu'on comprend... Pour engager des changements de trajectoire, il faut sortir de la pure démonstration logique et toucher d'autres registres. Dans la fresque de Lorenzetti, on voit un monde résilient et quand on analyse les composantes de cette fresque, on a les clés de la transition pour aujourd'hui.

Selon vous, pourquoi la rationalité ne suffit-elle pas face au réchauffement climatique ?

C'est une question qu'on peut poser à tous les fumeurs, qui savent lire "Fumer tue" et qui pourtant prennent un paquet de cigarettes. Il y a un poids de l'habitude, une dépendance par rapport à un mode de vie qui fait qu'on ne change pas de manière radicale. Radicale, pas dans le sens violent, mais dans le sens d'aller à la racine, de toucher les fondements du système qu'on doit aujourd'hui faire bouger. Je pense qu'il y a en partie un problème d'imagination, de marge de manœuvre et d'émotion.

Nous sentons que les sujets sont graves, mais nous espérons ne pas être touchés. Nous nous sentons à l'abri, nous croyons que nous n'avons pas besoin de changer. Ce raisonnement-là est de moins en moins vrai parce que les ramifications des catastrophes climatiques finissent par nous toucher : qualité de l'air, sécheresses, inondations.

Dans votre livre, vous critiquez la vision communément admise du mur vers lequel nous nous dirigeons, ainsi que la notion d'effondrement soudain. Vous écrivez : "Comme dans une pièce de Beckett, nous attendons une forme d’effondrement qui ne viendra pas". Pourquoi ces notions ne vous conviennent pas ?

Nous nous construisons une image de l'effondrement à la manière d'Hollywood, qui livre des films comme Blade Runner 2049Mad Max ou Wall-E. Dans ces films, on nous montre un monde qui s'est effondré, qui ne marche plus du tout, une vision post-apocalyptique. Ces films disent qu'il y a eu une catastrophe planétaire, un événement unique, qui a eu des conséquences sur toute la planète. Cette vision hollywoodienne nous fait attendre une grande catastrophe, un événement qui va tout casser. Cet imaginaire nous empêche de regarder ce qui est en train de se passer, en Australie ou en Amazonie, ce qui s'est déjà passé et qui devrait nous alerter. Il ne s'agit pas d'attendre une crise ultime, parce qu'en attendant, nous ne sommes pas à l'œuvre pour résoudre les crises actuelles.

Votre livre enjoint le lecteur à se lancer dans une véritable transition écologique. Par où commencer ?

Il faut entrer dans une approche segmentée, pour ne pas proposer de solutions uniformes. Quelqu'un sous la contrainte d'une mobilité subie, qui manque de moyens pour investir, rénover sa maison ou se nourrir autrement ne va pas avoir la même réponse que quelqu'un qui a les moyens de faire tout cela. Nous avons besoin d'avoir une réponse diversifiée, adaptée aux circonstances de chacun.

Le point commun qui va peut-être réunir tout le monde, c'est de consacrer du temps à ce sujet. On peut l'utiliser pour s'informer ou pour changer ses habitudes de transport. Vous pouvez par exemple vous dire, au début, que vous consacrez 15 minutes pour la planète par semaine. Ce quart d'heure, vous pouvez l'allouer à des temps de trajet. Je peux accepter 15 minutes de plus sur mon temps de trajet, divisé par cinq jours actifs, cela fait 3 minutes que je peux consacrer à attendre que quelqu'un vienne me chercher si je fais du covoiturage.

Sur la question écologique, il y a un grand débat entre les gestes individuels et les actions collectives, d'associations ou d'entreprises. Certains se disent : "Cela ne sert à rien que je change mon comportement tant que telle entreprise continue d'extraire des énergies fossiles." Dans votre ouvrage, vous plaidez pour l'action individuelle. Pourquoi ?

Nous avons besoin d'agir sur tous les fronts, de se saisir des moyens dont on dispose, là où on en dispose. Pour moi, l'objectif, c'est de rendre chaque instant que nous vivons dédié à cette urgence climatique. Quand ces choix se traduisent à l'échelle individuelle, agissons à l'échelle individuelle : le contenu de notre assiette, la façon dont on utilise notre temps... Chercher à s'informer sur ces questions-là plutôt que de regarder des vidéos de chats sur internet, c'est un choix individuel.

Ensuite, il y a des actions qui nous engagent dans notre capacité à être parent d'élève, électeur, employeur ou investisseur. C'est le fait de réunir l'action de plusieurs personnes et d'unir nos forces qui donne du sens à ce que chacun d'entre nous peut faire. A l'échelle d'un groupement d'entreprises, on peut parler de covoiturage, d'espace de coworking avec un impact significatif sur un bassin de vie de centaines de milliers de personnes. A plus petite échelle, nous pouvons agir à l'échelle d'un quartier, dans une cage d'immeuble, dans une fête d'école, dans une salle de spectacle. Tous ces leviers-là nous permettent de gagner en impact. 

Pour vous, il n'y a donc pas de petits gestes ?

Il faut cibler l'efficacité, ne pas se tromper d'ordre de grandeur. Dans son livre L'énergie durable : Pas que du vent ! (De Boeck, 2015), David MacKay rappelle que quand on débranche un chargeur de téléphone pour éviter de consommer de l'électricité, on touche 0,5% de la consommation du foyer par jour. C'est très bien de le faire, mais l'essentiel est ailleurs. Il y a également une différence entre les "projets petits pas", qui nous font pédaler comme des hamsters dans une roue mais qui ne nous font pas avancer d'un pas, et les "actions premier pas".

Dans le livre, je prends cette image de la craie. Dans une école, un matin, cette craie permet de tracer dans la cour les voies de circulation qui mènent à l'école. Nous pouvons localiser l'habitat des enfants qui vivent à moins de 500 mètres et dans la matinée, nous avons organisé un pédibus [un ramassage scolaire à pied], que nous pouvons mettre à l'œuvre dans l'après-midi.

Après avoir fait cette matinée à la craie, l'étape suivante, c'est de trouver des solutions pour des enfants qui habitent à plus de 500 mètres de l'école. Là, nous avons besoin d'équipements, de vélos, de triporteurs, de trottinettes. Il faut le temps de les acheter, il faut libérer des moyens.

Il faut donc éviter de se dire : "C'est bon, je fais déjà des efforts, je peux m'arrêter là" ?

Il ne faut pas se mentir. J'ai reçu quelques semaines après les fêtes de Noël un message d'un ami, qui disait "Voilà, je suis parti à Oman, maintenant, j'aimerais compenser mon voyage en avion. Qu'est-ce que tu recommandes ?" Je lui ai recommandé un mécanisme de compensation, la location de parcelles forestières dans lesquelles du carbone est séquestré, mais surtout j'ai répondu en disant qu'il est urgent de lire le résumé pour décideurs du rapport spécial du Giec à 1,5°C. Puis, je l'ai invité à poser la question de savoir s'il fallait continuer aujourd'hui de planifier des voyages dans des destinations comme celle-là. N'avons-nous pas d'autres formes d'actions de loisir plus proches de nous qui permettent de se passer de l'avion ? 

Il ne s'agit pas de 'renoncer à', il s'agit d'apprendre à aimer autre chose et de se tourner vers d'autres désirs, d'autres sources de plaisir et de découverte.

La compensation peut être un véritable outil. Mais si c'est une simple excuse pour se donner bonne conscience en prenant l'avion pour aller faire la fête à Marrakech, c'est honteux.

Il y a un autre discours, que l'on entend chez les personnes qui rechignent à changer leurs habitudes pour tenir compte de la crise climatique. C'est celui qui consiste à dire : "L'innovation technologique nous sauvera." A l'inverse, dans votre fresque, vous ne proposez que des techniques qui existent déjà. Vous ne croyez pas à cet argument de l'innovation ?

Non. D'abord, parce que nous manquons de temps. Il faut prendre la mesure de l'inertie du déploiement des nouveautés. Quand on parle d'innovation dans le secteur aérien, on parle de quelques pourcents de la flotte de 2050 qui pourra envisager de bénéficier des véritables améliorations techniques. Mais l'immense majorité des avions qui voleront en 2050, s'ils volent encore, existent déjà. Soit ils sont déjà en service, soit ce sont ceux qu'on sort des lignes en ce moment. Ces avions-là ne sont pas compatibles avec les objectifs de neutralité carbone. Inverser la tendance sur des systèmes techniques, c'est long et nous manquons de temps.

La deuxième partie de la réponse, c'est que nous créons des complexités en allant vers des systèmes techniques qui supposent une extraction de matière première, de la consommation d'énergie pour les distribuer et des technologies, y compris numériques, pour en suivre la maintenance... Sur ces variables-là, il y a de forts risques d'approvisionnement : nous manquons de ressources minières en métaux et en terre. Il va y avoir des tas de blocages dans le déploiement de ces technologies. Par exemple, il faut prendre la mesure de la consommation de données de solutions automatisées. Quand on parle de la voiture autonome, c'est le patron d'Intel qui indiquait que les données pour un million de voitures sont équivalentes à celles de 3 milliards de personnes. Nous ne pouvons pas imaginer un déploiement à grande échelle de ces technologies-là. Nous ne ferions que transformer le problème du climat en un problème d'énergie. Nous devons être sobres dans les solutions qu'on utilise et augmenter nos chances de réussite en utilisant ce qu'on maîtrise.

Sur la gauche de votre fresque, vous avez dessiné votre ville durable. Quelles sont ses caractéristiques ?

Il y a une double urgence dans les villes. Nous ne sommes pas seulement dans une urgence d'atténuation des émissions, mais aussi d'adaptation. Quand il a fait 40 °C à Paris l'été dernier, nous pouvons imaginer que les étés prochains ne vont pas être tellement plus froids. Nous devons privilégier des solutions de végétalisation et de déminéralisation des villes pour réduire l'effet "îlot de chaleur". Cela pose une question sur l'aménagement et sur la gestion du foncier. Aujourd'hui, on voit du foncier et on se dit : "Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir bâtir dessus ?". Demain, il faudra regarder cela autrement. C'est sur ces espaces-là qu'on va devoir se poser la question de "Comment faire pousser des arbres ?" Nous avons besoin d'arbres : un arbre, c'est trois climatiseurs en ville. Une approche par le végétal a énormément de vertus : elle participe à l'adaptation au changement et réduit la consommation d'énergie.

Cette notion de proximité est aussi un vecteur de lien social. Les villes sont un véritable creuset de mobilisation, on peut se sentir efficace, on se fait confiance les uns les autres dans un réseau urbain de proximité. On croise des visages connus, on est fidèle à tel ou tel commerçant, on peut partager l'effort, il est plus facile dans cette proximité d'adopter des modes de vie type "zéro déchet" où il est normal d'arriver dans un magasin avec des emballages que nous apportons, parce que ça fait partie d'un mode de vie qu'on partage ensemble. Cela crée aussi des débouchés pour des producteurs à proximité des villes qui, aujourd'hui, cherchent à améliorer leurs revenus en vendant en direct ou en réduisant les distances de transport.

Dans les villes, il y a évidemment un stock de bâtiments à rénover. Il y a trop de copropriétés privées qui n'ont pas les moyens de financer leur rénovation. Nous pouvons nous poser la question de la mutualisation des opérations entre les copropriétés solvables et celles qui ne le sont pas. Il y a des questions de redistribution évidentes et d'engagements financiers de la part de grands investisseurs.

Dans la ville que vous dépeignez, la différence frappante avec les métropoles actuelles est l'absence de voitures. Est-ce réaliste ?

Cette fresque est une allégorie. Nous évoquons des fonctions, nous ne cherchons pas une représentation totalement réaliste. De manière générale, dans les villes, l'enjeu pour moi se résume à une question de relocalisation. Avoir une diversité de fonctions, commerces et ressources à proximité, c'est la clé. C'est cela qui nous permet d'avoir un choix de modes de déplacement beaucoup plus riche et beaucoup moins carboné. Si nous avons 15 minutes à pied pour faire tout ce dont on a besoin, à aucun moment nous allons sentir le besoin d'avoir une voiture.

Au centre de votre fresque, il y a une série de bâtiments que vous appelez "la membrane" et qui sépare la ville de la campagne. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

C'est important de revenir sur l'équilibre général de la composition. C'est un grand rectangle, divisé en deux avec, à parts égales, une partie urbaine avec des usages en ville et une partie rurale, avec des usages à la campagne. Pour moi, il est essentiel d'avoir cela en tête, nous sommes dans un système mutuellement dépendant : la partie urbaine a besoin d'une partie naturelle pour produire à manger. C'est là où l'essentiel de l'alimentation des villes se passe. Sans campagne, il n'y a pas de céréales, de bétail, de fruits ou de légumes. Les villes ne peuvent pas fonctionner seules, elles ne disposent pas de la surface nécessaire intra-muros pour cultiver du blé ou de forêts permettant de créer des charpentes pour les ossatures bois.

Ensuite, la zone de frontière n'est pas une séparation, qui oppose l'un à l'autre, mais une zone qui construit l'alliance entre ces deux grands systèmes. Ces zones frontières sont des zones où l'on va retrouver des implantations industrielles, là où on va avoir la rencontre de la main-d'œuvre qui vient des villes et des matières premières acheminées de l'extérieur. C'est aussi là où on va stocker des réserves, qui vont être des silos à grains, des chambres froides... Ce sont des zones ressources qui sont dans des interfaces entre partie urbaine et partie rurale. On y voit également une gamme de solutions de transport : un tram-fret pour transporter passagers et marchandises, du covoiturage, des pistes cyclables aménagées pour des triporteurs, pour nous permettre de sortir de "l'autosolisme", cette façon d'être seul dans sa voiture à moteur thermique.

A droite, vous dessinez une campagne où l'on voit beaucoup de cultures et peu d'élevages. Dans votre monde durable, l'alimentation est donc moins carnée que dans le nôtre ?

Je me suis référé aux travaux de Solagro, un projet qui s'appelle Afterres 2050. C'est la traduction dans le milieu agricole des objectifs de l'accord de Paris. Nous savons que la bascule d'une alimentation d'origine carnée à une alimentation d'origine végétale est beaucoup plus sobre en ressources. Il faut sept fois plus de ressources en surface pour produire la même quantité de protéines animales que de protéines végétales. Nous devons donc réduire massivement les émissions en réduisant notre consommation de viande. Il s'agit d'accompagner cette bascule avec une émergence d'une alimentation qui utilise beaucoup plus les céréales et les légumineuses.

L'animal est présent dans cette fresque, pour rappeler qu'on a besoin de matière organique pour fertiliser le sol. Le réchauffement climatique pose la question du bon dimensionnement de la place de l'animal. 

Aujourd'hui, nous avons développé une surconsommation de viande, des mêmes morceaux, nous pensons steak, rumsteak, gigot, blanc de poulet, nous sous-utilisons une grande partie de l'animal. C'est une source de perte d'efficacité.

Il faut multiplier le nombre de bêtes pour faire le même nombre de côtes de bœuf, nous avons des pratiques alimentaires qui ne sont pas efficaces. Le mode d'élevage intensif, souvent hors-sol, dépend de l'importation de tourteaux de soja venant principalement du Brésil, sur des sols conquis sur la forêt primaire en Amazonie. Il y a des effets en cascade qui sont provoqués pour répondre à une tendance actuelle d'extension des élevages en stabulation [des élevages en espaces restreints et clos], avec des circuits d'animaux qui donnent le tournis. J'ai en tête, dans la Loire, des installations qui font venir des veaux d'Italie pour les faire pâturer quelque temps en France, puis les faire repartir. Ce sont des norias de camions derrière.  

Ce n'est pas visible dans la fresque, mais vous défendez dans votre livre une agriculture sans pesticides. Que répondez-vous à ceux qui estiment que nous ne pouvons pas nourrir l'ensemble de la population sans l'agrochimie ?

Ce qui est frappant, c'est de constater que l'opposition entre pro et anti-pesticides est aujourd'hui très stérile. Nous avons d'un côté une mesure de la productivité à l'hectare sur une récolte : si je charge mon sol en engrais et que je mets tel traitement chimique, j'obtiens tel rendement. Mais ces gens-là oublient de calculer l'impact élargi de ce genre de techniques, comme le phénomène des algues vertes en Bretagne. Nous n'avons pas imputé aujourd'hui le coût et l'impact de pertes de biodiversité sur les pratiques agricoles. Nous n'imputons pas les externalités négatives au prix du kilo ou au prix à l'hectare. 

De l'autre côté, nous avons une mesure de la valeur sur un temps long. Dans l'agroécologie, on a besoin de mesurer la stabilité des écosystèmes sur des temps plus longs, pas seulement sur une saison, mais sur cinq, dix, quinze saisons. On ne mesure pas la même chose sur des horizons de temps différents. J'espère qu'on pourra arriver à un débat apaisé en se mettant d'accord sur les termes du débat. Aujourd'hui, nous n'avons même plus les termes du débat en commun, donc nous avons, forcément, deux visions du monde.

Dans votre fresque, on voit des panneaux solaires en ville, des éoliennes à la campagne, un barrage, un méthaniseur agricole... Est-ce que vous croyez à un scénario 100% énergies renouvelables ? Nous en sommes très éloignés aujourd'hui.

Nous en sommes très loin. Mais, en même temps, nous avons de très nombreuses sources, dont l'Ademe, qui ont fait des modélisations de scénarios 100% énergies renouvelables. On a tendance dans le débat français à se concentrer sur les débats du côté de l'offre et à minimiser le potentiel de la transformation de la demande. Or la proximité est un facteur d'efficacité énergétique. Nous allons réduire les distances et simplifier les outils qu'on va utiliser. Si on se déplace en marchant ou à vélo, le déplacement est beaucoup moins consommateur d'énergie.

Dans cette fresque, l'homme se consacre à un autre objectif que l'accumulation matérielle, donc nous consommons beaucoup moins.

Mais ce n'est pas une vision de décroissance : dans cette fresque, il y a énormément de choses à faire. C'est une vision de plein-emploi, de production pour mettre en œuvre cette transition.

Par exemple, dans cette fresque, il y a un mur à pêches, qui est un véritable réservoir d'efficacité énergétique. C'est un mur de briques qui permet de stocker la chaleur du soleil dans la journée et de la restituer sur une plage élargie. On optimiste la captation du rayonnement solaire, chaque fruit bénéficie d'un maximum d'apport d'énergie du soleil et on coupe le vent, on protège la plante des effets des vents froids en hiver. Cela permet de produire des fruits plus au nord et de ne pas en faire venir de loin. Le cumul de ces actions montre qu'on a un réservoir de réduction de consommation d'énergie considérable.

Dans votre livre, vous plaidez pour un "strict encadrement" de l'économie de marché et pour "une puissance publique forte". Un changement qui risque d'être combattu par les milieux économiques. Comment opérer cette transition ?

Il y a aujourd'hui une tension qui se crée entre des pratiques d'un ancien temps et celles qui sont largement souhaitées et portées par la société. Mais nous avons des alliés économiques qui sont en train de faire basculer les décisions, notamment les investisseurs de long terme, comme les fonds de pension ou les caisses de retraite, qui doivent prendre en compte le climat dans l'impact de leurs investissements, à horizon dix, vingt ou trente ans. Ce sont ces acteurs qui ont été les premiers à peser sur les décisions de désinvestissement dans le charbon. Nous sommes aujourd'hui en train d'élargir le périmètre aux hydrocarbures. 

Il faut lire en détail la lettre de Larry Fink, le patron de BlackRock très décrié par ailleurs, quand il prescrit aux patrons des entreprises dans lesquelles son entreprise investit un reporting de leurs actions en fonction de la compatibilité vis-à-vis de l'accord de Paris. Des groupes aujourd'hui très loin de la question vont se retrouver fragilisés pour continuer leurs activités. C'est une première tendance. 

Par ailleurs, certains acteurs ont pris la mesure des risques sur les activités dont ils dépendent. Il faut écouter Pierre-Emmanuel Taittinger, qui dit : "Moi, en tant que producteur de champagne, je suis directement impacté par ces évolutions et la continuité de mon activité est en cause."

La crise des "gilets jaunes", déclenchée par la taxe carbone, a montré qu'il y avait un énorme enjeu d'acceptabilité sociale sur ces questions. Dans votre livre, vous faites le diagnostic d'un déficit démocratique sur ces sujets. Comment le combler ? 

L'objectif est de devenir collectivement des citoyens actifs et de s'emparer de ce sujet. Il faut regarder étroitement les programmes des candidats aux élections municipales et faire le tri entre celles et ceux qui auront établi l'état d'urgence climatique comme premier point du programme et ceux qui ne seront pas compétents. Nous devons dépasser un moment où nous attendons que les solutions viennent des élus ou du gouvernement, nous devons nous considérer comme coacteurs de ce changement. Soyons actifs, ne soyons pas consommateurs."

Promoteurs immobiliers contre population locale

Par Le 25/01/2020

Ce qui me sidère dans ce projet, c'est de voir que la contestation locale ajoutée à celle du Conseil régional pourraient ne pas suffire à annuler définitivement les volontés des promoteurs immobiliers (et des banques qui les soutiennent ).

Comment est-il possible de passer outre une telle contestation, avec des arguments aussi soildes et incontestables ? Comment est-il possible que la puissance financière puisse encore se faire entendre ? C'est avec ce genre d'exemples qu'on réalise à quel point les volontés marchandes ont depuis bien longtemps pris le pas sur le bon sens et à quel point les volontés locales de protection et de développement réfléchi n'ont que peu de pouvoir...Le Conseil régional s'oppose au projet, c'est à dire également la voix populaire puisqu'il s'agit d'élus. Elus contre promoteurs... Affaire à suivre...

(En France, le conseil régional est l'assemblée délibérante des régions. Il gère les affaires de la région. Il exerce des compétences notamment dans le domaine des lycées, des transports dits « régionaux » (transport express régional) et de l'action économique. Depuis 1986, ses membres sont élus au suffrage universel direct pour six ans. Son président exerce les fonctions exécutives.)

PETITION :

https://www.change.org/p/les-citoyens-des-communes-du-grand-chambord-contre-le-projet-d-urbanisation-d-un-espace-agricole-et-naturel-le-chambord-country-club?

 

 



https://lareleveetlapeste.fr/un-village-de-luxe-touristique-veut-artificialiser-400ha-dans-une-zone-natura-2000-en-sologne/?fbclid=IwAR0RGlPeKojUrErcSzd_FYUU43-qvTYNlkj76ylAml7pQhxuSX3qhEI5hFA

Un village de luxe touristique veut artificialiser 400ha dans une Zone Natura 2000 en Sologne

 

 

« La Sologne ne doit pas devenir, plus encore qu’elle ne l’est déjà, une réserve pour touristes ou résidents aisés venant consommer de la nature. S’arrêter aux 220 emplois potentiels ne peut ni justifier l’implantation de ce projet, car il est trop impactant pour le territoire et parce que la privatisation d’une zone naturelle classée au profit d’une offre touristique et de loisirs réservée à une élite n’est pas acceptable. »

24 janvier 2020 - Laurie Debove

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A la Ferté-Saint-Cyr, les promoteurs du projet « Chambord Country Club » veulent créer un immense complexe touristique de luxe sur 400ha dans une zone classée Natura 2000. Cela fait pourtant dix ans que la population locale s’oppose au projet, une mobilisation s’organise face à la ténacité des promoteurs.

Un village de luxe en circuit fermé

Le « Chambord country club » prévoit la construction d’un golf de 27 trous, 565 résidences de luxe, des piscines, des tennis et un centre équestre, sur la commune de la Ferté-Saint-Cyr, à quinze kilomètres du château de Chambord, en pleine forêt de Sologne. Ce projet entièrement privé a un coût estimé de 400 millions d’euros. Le but : capter les touristes les plus fortunés qui viennent visiter les châteaux de la Loire.

Ce projet de complexe touristique vise ainsi une population très spécifique (chasseurs, golfeurs, parisiens et retraités), les maisons allant être vendues entre 500 000 et 1,5 million d’euros. Bernard Saunier, gérant de Saneo qui porte le projet, estime que « 20 % des propriétaires devraient y habiter à l’année, soit un minimum de 1.500 € par an et par maison de recette fiscale supplémentaire » pour la Mairie. Ce complexe de luxe promet de créer plus de 200 emplois à terme, un argument que réfute le Conseil régional Centre-Val de Loire.

« La Sologne ne doit pas devenir, plus encore qu’elle ne l’est déjà, une « réserve » pour touristes ou résidents aisés venant « consommer de la nature ». S’arrêter aux 220 emplois potentiels ne peut pas justifier l’implantation de ce projet, car il est trop impactant pour le territoire et parce que la privatisation d’une zone naturelle classée au profit d’une offre touristique et de loisirs réservée à une élite n’est pas acceptable. D’autres alternatives pour l’emploi pourraient exister, qui feraient de la biodiversité et de son respect un atout pour le territoire. » exprime ainsi le Conseil régional Centre-Val de Loire dans ses voeux

Crédit : Wilmotte & Associés

Même son de cloche pour les habitants de la Ferté-Saint-Cyr qui s’opposent au projet dans la pétition mise en ligne. Pour eux, ce village de luxe est inutile car « des maisons non reprises se meurent dans les villages voisins ». Surtout, alors que tout est pensé pour que les gens restent et consomment sur place, ce village de luxe en circuit fermé ne va pas inciter ses touristes à dépenser à l’extérieur.

L’artificialisation des sols et usage de l’eau

Proposé une première fois en 2009, le projet avait été rejeté par le tribunal administratif suite à la plainte des habitants locaux qui ne voulaient pas voir la forêt de Sologne déboisée. En effet, à l’heure où la sixième extinction de masse est en cours et où l’on sait que l’artificialisation des sols en est la première cause, comment justifier de dénaturer 400 hectares de forêt pour des habitations secondaires et touristiques ?

Crédit : Wilmotte & Associés

« La Sologne est déjà mitée par des projets comme ça ! Ce projet vient se rajouter à plein d’autres, il y a déjà 4 golfs dans un rayon de 25km, et l’un d’entre eux aura même une clôture commune avec le Chambord Country Club ! La Forêt de Sologne est la plus grande zone Natura 2000 d’Europe mais tout le monde met des grillages sur sa propriété ce qui empêche la libre circulation des espèces donc il y a une bataille pour lutter contre l’engrillagement, et ce projet ne va pas arranger la situation. » explique, pour La Relève et La Peste, Charles Fournier, vice président du conseil régional et président du groupe écologiste qui s’oppose au projet

Le Conseil Régional Centre Val de Loire a ainsi voté un nouveau schéma régional d’aménagement du territoire qui fixe la neutralité foncière à 2040. Il est également très préoccupé par les ressources en eau que va nécessiter ce complexe touristique de luxe, notamment les 75 000m3 par an destiné à la pelouse du golf. Un choix de consommation d’eau qui n’est pas en accord avec la réalité de la région qui a été soumise à des interdictions totales de prélèvements d’eau en juillet 2019. Et ces pénuries risquent de se répéter de plus en plus chaque année, la crise climatique étant déjà un « assèchement climatique » en France.

La proximité de la centrale nucléaire pose également question aux élus pour la sécurité des vacanciers en période de haute fréquentation, si jamais la zone devait être évacuée. Face à la polémique, le château de Chambord a demandé à ce que son nom soit retiré du projet, dans lequel il n’intervient pas.

Dans les prochaines semaines, une enquête publique va être lancée sur l’aspect environnemental du projet. De son côté, le Conseil Régional est déterminé à utiliser tous les instruments légaux pour empêcher ce projet « du vieux monde » de voir le jour.

"Session du 19 décembre 2019

Vœu présenté par le groupe écologiste Chambord Country Club : la biodiversité en Sologne ne doit pas être sacrifiée pour un projet immobilier Abandonné en 2014 après un recours en justice de riverains contre le permis d’aménager, le projet de complexe résidentiel, golfique et touristique de luxe Chambord Country Club, au lieu-dit Les Pommereaux, sur les communes de La Ferté-Saint-Cyr et Saint-LaurentNouan dans le Loir-et-Cher, est de retour.

Ce projet privé, coûtant un demi-milliard d’euros, prévoit, sur un terrain de 400 hectares, un ensemble résidentiel de 565 maisons, un hôtel cinq étoiles de 54 chambres, un golf de 27 trous sur 160 hectares, un centre équestre, une piscine et des terrains de tennis. Il est situé sur le site Natura 2000 le plus important d’Europe et qui fait l’identité de la Sologne. La société SANEO, qui porte le projet, entend faire démarrer les travaux en 2021. L’objectif de réduction de l’artificialisation des terres est au cœur des ambitions du SRADDET sur lequel le Conseil régional a travaillé depuis plus d’un an.

Il s’agit là d’un enjeu déterminant pour notre avenir, tant pour protéger la biodiversité en grand danger que pour préserver nos terres agricoles. Nous sommes entrés dans la sixième extinction de masse des espèces, très largement d’origine anthropique. C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter de voir notre biodiversité s’effondrer et laisser à penser que cette perte, lorsqu’elle est causée par des projets comme celui du Chambord Country Club, peut être compensée.

Force est de constater que la compensation écologique, inscrite dans la loi depuis 1976, n’empêche pas la perte de biodiversité. D’abord parce qu’elle ne prend que très rarement en compte la biodiversité dite « ordinaire ». Ensuite parce qu’elle est une compensation structurelle (un habitat ou X espèces) et non fonctionnelle (les fonctions ou les services écologiques fournis). Enfin, parce qu’elle repose sur des mesures d’impacts qui ne regardent que les espèces présentes à un instant T dans le milieu et non les dynamiques qui pourraient être à l’œuvre. Il y a une rupture de continuité, incompatible avec un état écologique préservé et permanent. Le sujet est donc tout sauf comptable.

Les promoteurs du Chambord Country Club se targuent d’une augmentation de 8 % du boisement du site après travaux par rapport à la situation initiale, mais le bon état naturel ne se mesure pas ainsi, à coup de pourcentage de compensation. Ce projet, qui se drape d’apparences « vertes », artificialiserait en réalité des terres agricoles et des zones forestières sur un site Natura 2000 et perturberait intensément l’écosystème. Quel sens donner à ce type de site si nous revenons dessus et que nous ne les protégeons pas ?

Par ailleurs, la zone a été entièrement inondée en 2016. La pression humaine (l’objectif est d’accueillir 2 000 personnes en saison haute) serait incompatible avec les limites naturelles du site. La biodiversité risquerait d’être irrémédiablement perdue, la réhabilitation d’un deuxième forage d’eau laissant présager une forte pression sur la ressource en eau, sans compter la perturbation de l’équilibre hydrologique de cette zone humide.

A cela s’ajouteraient d’autres nuisances : à terme, en situation de pointe le week-end (hors période estivale), le surcroît de fréquentation estimé est d’environ 420 véhicules par jour. C’est également incompatible avec les objectifs de mobilité posés par le SRADDET.

Alors qu’un golf classique de 18 trous consomme 50 000 m3 d’eau à l’année, celui-ci serait de 27 trous. Après la sécheresse de l’été dernier, cette perspective ne semble là aussi pas raisonnable. Ce nouveau golf viendrait également s’ajouter à d’autres sites déjà dédiés à cette pratique en Sologne : le golf des Bordes à Saint-Laurent-Nouan situé à seulement un kilomètre, mais aussi deux golfs à La Ferté-Saint-Aubin, un autre à Marcilly-en-Villette, un à Ardon…

D’un point de vue social, ce projet de plus de 500 maisons se vendant entre 500 000 et 1,8 million d’euros pour les plus luxueuses, interroge. Assurément, l’écrasante majorité des Solognots n’y auront pas accès. La Sologne ne doit pas devenir, plus encore qu’elle ne l’est déjà, une « réserve » pour touristes ou résidents aisés venant « consommer de la nature ». S’arrêter aux 220 emplois potentiels ne peut ni justifier l’implantation de ce projet, car il est trop impactant pour le territoire et parce que la privatisation d’une zone naturelle classée au profit d’une offre touristique et de loisirs réservée à une élite n’est pas acceptable. D’autres alternatives pour l’emploi pourraient exister, qui feraient de la biodiversité et de son respect un atout pour le territoire.

Au 21ème siècle, un tel projet inutile ne se justifie pas et va à l’encontre des urgences climatiques et sociales portées par la Région Centre-Val de Loire dans le cadre du SRADDET ou dans celui de la COP régionale. En conséquence, le Conseil régional Centre-Val de Loire, réuni le 19 décembre 2019 à Orléans : • exprime son désaccord avec le projet Chambord Country Club en Sologne qui va dans le sens contraire des ambitions de réduction de l’artificialisation des terres au cœur des ambitions du SRADDET ; • portera ce point de vue lors de l’enquête publique prévue au premier semestre 2020.

THÈME : Nature (10)

Par Le 24/01/2020

Le dixième regroupement d'article

J'aurais sans doute dû commencer par celui-là d'ailleurs étant donné que sans cette Nature, il n'y aurait rien d'autre...

 

 

 

La Nature

Une amitié (Nature)

La nature de la Nature (philosophie)

Nourrir l'Humanité entière (Nature)

Cash Investigation sur les pesticides 

Cash Investigation ; Pesticides (2) 

La nature et l'homme (spiritualité)

Raison et nature (spiritualité)

La Nature et la Grâce (spiritualité)

L'émerveillement. (Nature)

De notre responsabilité

Biodiversité

Biodiversité : KOKOPELLI

Biodiversité et monde agricole

Biodiversité et stations de montagne

Syndrome de manque de nature

Nous et la nature

Pollution des mers (Nature)

Fascinante Nature. (Nature)

L'amour de la Nature (spiritualité)

Nature et comportement (spiritualité)

Nature (philosophie)

Nature contre Capitalisme (spiritualité)

Nature et fonction

L'âme de la Nature (spiritualité)

L'eau de la Terre (Nature)

L'eau et la conscience (Nature)

Aimer la Terre (spiritualité et Nature)

Conscience animale (Nature)

Terra Incognita

Sur le spécisme.

Sur les poissons (Nature)

La vie autour d'un point d'eau (Nature)

La Terre Mère

La vie des arbres ( Nature)

Véganisme, végétarisme (Santé, Nature)

L'agriculture contre nature (Nature)

Une imagination illimitée (Nature)

L'incommensurable Univers ( Nature)

L'habituation (Nature)

Collaborateurs ou réfractaires ? (humanisme et nature)

Retours de flammes (Nature)

Les Kogis et la Nature

les Kogis : Le message des derniers Hommes

Le réchauffement climatique, un mythe ?

Climat et pauvreté

"Si le climat était une banque..."

Climat et apprentis sorciers.

"Les criminels du climat" (Nature)

Le piège climatique

Dérèglement climatique

Le pergélisol

Méthane et climat

Réfugiés climatiques

Réchauffement climatique

Réchauffement climatique(2)

Incendies et climat.

Incendies au Canada

Réchauffement climatique en Corse

"La bataille du climat"

Climato-sceptique : arguments et objections

Sciences étonnantes : réchauffement climatique

Changement climatique : depuis 30 ans

Réchauffement climatique : mécanisme et évolution

Climatiseurs et dissonance cognitive

Jean Jouzel, climatologue

Dépression climatologique

Climat : dernier rappel.

Climat : toujours plus chaud

Changement climatique : un aperçu.

Face à l'urgence climatique, les "J'accuse"...

"Je suis le climat"

Un climat de guerre

Pour les climato-sceptiques

Sciences et vie : le climat en France

Sciences et vie : la guerre de l'eau

Le changement climatique dans les Alpes

Urgence climatique et croissance

Changements climatiques et épisodes méditerranéens

Zoonoses et dérèglement climatique

Covid et changement climatique

Réchauffement climatique et menaces planétaires

Michael Shellenberger et la peur climatique

Le catastrophisme climatique

"L'écomodernisme"

Un climato-sceptique

Un climato-sceptique (2)

Enjeux philosophiques du changement climatique 

Philosophie et réchauffement climatique

Analyse des arguments climato-sceptiques

François Couplan, ethnobotaniste

Questions-réponses sur le rapport du GIEC

Lutte contre le réchauffement."Capitalisme et écologie"

"Ecologie, éthique et anarchie." (politique)"

La Terre est vivante" James Lovelock

Les scénarios du GIEC

Le GIEC

Gaïa : de la mythologie à nos jours

Inondations et agricultures (Nature)

Inondations et zones humides

"L'urgence écologique"

Damien Dekarz, philosophe de la nature

"Les soulèvements de la Terre"

Protection de la nature

 

 

 

THÈME : Survivalisme (7)

Par Le 20/01/2020

Le septième regroupement d'articles.

Survivalisme, effondrement, collapsologie, biodiversité, changement climatique, entraide, simplicité volontaire, décroissance...

Tout est lié et l'idée même du survivalisme n'aurait pas lieu d'être sans les crises environnementales.

Il s'agit donc d'établir des constats puis d'anticiper sur les actes nécessaires.

Le survivalisme n'est aucunement une volonté de retour à un âge préhistorique ou à l'émergence de communautés refermées sur elles-mêmes mais de la constitution d'une humanité consciente que le point d'équilibre est atteint...Et que le basculement aurait des effets dévastateurs.

Certains scientifiques considèrent d'ailleurs que le basculement a déjà eu lieu...

 

Le survivalisme (1)

Le survivalisme (2)

Le survivalisme (3)

Le survivalisme (4)

Le survivalisme (5)

Le survivalisme (6)

Isabelle Attard : "L'anarchie n'est pas le chaos"

Entraide et survivalisme

Compilation des données sur le survivalisme

"Ecologie, éthique et anarchie." (politique)

"L'entraide, un facteur de l'évolution" de Kropotkine

"L'effondrement et la joie"

Une mosaïque d'effondrements

Sur le survivalisme

"Survivre", web série

Collapsologie: Pablo Servigne

Collapsologie : désastre, mode d'emploi

Collapse : L'effondrement

"Les criminels du climat" (Nature)

Changement climatique : depuis 30 ans

Changement climatique : un aperçu.

Survivre au "progrès".

Anticipation du déclin.

Anticipation du désastre

Augmentation des températures

Arthur Keller : sur l'effondrement

Incendies et climat.

Épuisement des ressources naturelles

Vivre hors réseaux (simplicité volontaire)

Simplicité volontaire (humanisme)

Simplicité volontaire

Sciences étonnantes : réchauffement climatique

Réfugiés climatiques

Quels enfants laisserons-nous à la planète? (humanisme)

Réchauffement climatique : mécanisme et évolution

Projet Décroissance

Pour la décroissance

Sur l'effondrement

Le réchauffement climatique, un mythe ?

Climat : dernier rappel.

Climat : toujours plus chaud

Climat et apprentis sorciers.

Climatiseurs et dissonance cognitive

Climato-sceptique : arguments et objections

Le piège climatique

Dépression climatologique

Décroissance contre "vouloir d'achat".

Croissance intérieure, décroissance extérieure.

Crime contre la planète.

Face à l'urgence climatique, les "J'accuse"...

Le plastique, bombe à retardement.

Création de communautés

"Planet of the humans" de Michael Moore

Laurent Testot : collapsologue

"Collapsus : changer ou disparaître"

Impact de la crise sur les enfants

Damien Dekarz

Damien Dekarz, philosophe de la nature

Barnabé Chaillot, géotrouvetou

Solastalgie ou éco-anxiété

Du haut de cette pyramide...

Do it yourself

Do it yourself (suite)

Une humanité malade d'elle-même

Jean-François Brient : De la servitude moderne

Crise, dette, croissance

L'accoutumance à la normalité

Les pillards

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Une serre six pieds sous terre

Une société psycho-toxique.

La dialectique du pire

"Le survivaliste" (mise à jour)

La marginalité et la normalité.

Changements climatiques et épisodes méditerranéens

"Derrière nos écrans de fumée"

Cotation de l'eau en bourse

Jardin-Forêt : Une Alternative à l'Agriculture

Climat : Le problème de l'eau.

Günther Anders : l'obsolescence de l'homme

Urgence climatique et croissance

"Penser à l'envers" avec André Gorz

L'illusion du recyclage

Les plantes sauvages

Le potager de Bernard Bertrand

Changer tout

La dilution de responsabilité

Le "nous" et le "chacun"

L'histoire de l’obsolescence programmée

Le jardin forêt ou forêt comestible

Stratégie de la peur

La permaculture ou l'éloge de la simplicité.

Le bon sens paysan, autrefois...

Création de communautés

"Propositions pour un retour sur Terre"

Les prochaines pandémies

Les prochaines pandémies (2)

Coronavirus : Zoonose (1)

Coronavirus : Zoonose (2)

Walter Lipmann : la fabrication du consentement

Manipulation des masses.

Le message prémonitoire des Indiens d'Amérique

Coronavirus et décroissance

Document de la CIA : "Comment sera le monde en 2025 ?"

Elisée Reclus : une philosophie de la nature

Le Wei Chi : l'opportunité de transformation

Mathieu Auzanneau : Pic de pétrole

La lassitude de l'apocalypse

Formatage et soumission

"L'effondrement : inéluctable ?" Vincent Mignerot

Devenir survivaliste

Blog : la résilience

Les survivalistes dans le collimateur.

John Seymour et l'autosuffisance

Autopsie de l'économie.

Zoonoses et dérèglement climatique

Autonomie alimentaire

Arthur Keller : un lanceur d'alerte

Pandémie mondiale : scénario de 2016

Réchauffement climatique et menaces planétaires

"L'écomodernisme"

La diversité du mouvement survivaliste.

A tous les "illuminés"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

THÈME : Amour (6)

Par Le 14/01/2020

Le sixième regroupement d'articles

L'amour dans mes romans

L'amour : récapitulatif

L'amour de la Nature (spiritualité)

L'amour divin

L'amour du silence.

L'amour en otage (spiritualité)

L'amour entre les peuples. (humanisme)

L'amour et le besoin (spiritualité)

L'amour et le besoin (2) (spiritualité)

L'amour et le besoin (3) (sexualité sacrée)

L'Amour et le juste milieu.

L'amour inconditionnel (spiritualité)

L'amour philosophique

L'Amour révélé

L'Amour véritable

A CŒUR OUVERT : l'amour

KUNDALINI : Le territoire de l'amour

JUSQU'AU BOUT : l'Amour

LES ÉVEILLÉS : sur l'amour

Aimer

Aimer la Terre (spiritualité et Nature)

Amour et séduction.

Amour et sexualité (sexualité sacrée)

"L'amour de la sagesse" (spiritualité)

La confiance, l'amour, la force.

Le couple et l'amour conscient (sexualité sacrée)

Le chemin de l'amour conscient (sexualité sacrée)

La réalité de l'amour (sexualité sacrée)

Une lettre d'amour...

Là-Haut : " A Blandine, mon amour"

Dans le territoire de l'amour (spiritualité)

Les cinq étapes de l'amour (spiritualité/sexualité sacrée)

Le silence de l'amour (spiritualité)

Etre en amour. (spiritualité/sexualité)

Sportifs par amour

En amour.

Textes sur l'Amour

Textes sur l'amour : mise à jour

"TOUS, SAUF ELLE" : Aimer l'amour.

"TOUS, SAUF ELLE" : Entre chaos et amour

Ocytocine, amour et Kundalini

Insuffler l'amour dès le premier instant.

De l'amour

Diffuser l'amour.

Krishnamurti et l'amour.

Arnaud Desjardins : sur l'amour

Eric Barret : sur l'amour

L'amour : récapitulatif

Faire l'amour.

Sur les langages de l'amour

Le cerveau amoureux

 

A CŒUR OUVERT : publication

Par Le 11/01/2020

Le 7 ème roman publié.

Inutile de dire combien j'en suis heureux.

Pour les précisions et des extraits, c'est ici : A CŒUR OUVERT

Mille mercis encore une fois à Anita Berchenko et aux éditions du 38 pour cette nouvelle publication. 

LES ÉDITIONS DU 38

 

Un infarctus. Le cœur de Paul Laskin se brise. À l'hôpital, il apprend qu'il est en sursis. Pas de greffon humain disponible, alors l'implantation d'un cœur artificiel lui est proposée. Un concentré de technologie, alimenté par une batterie électrique. Le suivi se fait par informatique, les données collectées en direct sont analysées par les chirurgiens.

Paul n’a pas le choix. Il accepte l'opération. Il accepte d’être un cobaye.

Il n'est qu'au début du chemin. Des phénomènes incompréhensibles, une rupture totale, inexplicable, sa personnalité qui change du tout au tout, un questionnement qui prend forme. Et des craintes récurrentes. Une dépendance aussi à la source d’énergie constituée par les batteries de son cœur artificiel.

Tout n’est pas prévisible avec l’intelligence artificielle, les circonstances peuvent aller à l’encontre de la technologie, et la Vie, elle-même, peut révéler sa Toute-Puissance.

Mais malgré tout, Paul démarre un cheminement intérieur qui le mène vers la lumière, à la source de tout, au cœur du réel. Et l’amour comme un cadeau.

« La nuit avant l’opération, j’ai eu une interrogation insistante. Puisque la rumeur publique dit que l’amour est dans le cœur, qu’en sera-t-il lorsque je vivrai avec un cœur artificiel ? Où l’amour sera-t-il logé ? Est-ce qu’il ira se nicher dans mon cerveau ? Et puis, quelle est la part de vérité de cette interprétation ? Pourquoi faudrait-il qu’il soit caché dans notre cœur ? »


Retrouvez tous les titres de Thierry Ledru ICI

Thierry Ledru

Thierry Ledru vit en Savoie. Après un BAC litté/philo, il est tout de suite entré à l’école Normale, en Bretagne. Passionné par l’escalade et l’alpinisme, il est allé vivre dans les Alpes.

« J’ai eu la chance immense d’avoir un prof de français et une prof de philo extraordinaires. J’adorais lire et écrire et peu à peu ils m’ont permis d’avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d’un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain. Krishnamurti, Ouspensky, Platon, Gurdjieff, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Gandhi, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Prajnanpad, Vivekananda, Sri Aurobindo, London, Moitessier, Arséniev, tout ce qu’ils m’ont fait connaître ! Tout ce que je leur dois ! J’écrivais des nouvelles, ils les lisaient, les critiquaient, m’encourageaient. Ils disaient tous les deux qu’un jour je serai édité. »

Dans ses romans, Thierry Ledru pousse ses personnages à l’extrême d’eux-mêmes, il les confronte à des questionnements et à des événements qui les font avancer, leur ouvre un cheminement intérieur que le lecteur emprunte à leur suite avec un grand bonheur.

 

Son blog : Là-Haut

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Steve Cutts : the turning point

Par Le 10/01/2020

Est-ce qu'il serait utile de commenter ? 

 

Australie

Par Le 10/01/2020

Les scientifiques l'avaient annoncé mais leurs prédictions allaient à l'encontre du maintien de la croissance économique. Le capitalisme, le néo-libéralisme, le système politique qui appartient aux puissants, aux lobbies et à ceux qui profitent de leurs mannes financières, le chantage à l'emploi, les désirs consuméristes des populations, l'idée que l'avoir doit l'emporter sur le développement de l'être au détriment même de la vie, tout cela nous conduit au désastre. L'Australie apparaît aujourd'hui comme un laboratoire expérimental, une vue en accéléré des prochaines décennies sur tous les continents. 

Ce que les scientifiques avaient annoncé en Australie n'a pas été entendu. La pire des choses serait de ne pas écouter ce qu'ils disent aujourd'hui pour l'ensemble de la planète. 

 

https://nuage1962.wordpress.com/2020/01/09/il-y-a-12-ans-un-rapport-avait-prdit-la-saison-dincendies-qui-ravage-laustralie/

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/clive-hamilton-en-australie-nous-devrons-faire-le-deuil-de-l-avenir_6025370_3232.html?fbclid=IwAR3A3jpUdsGQlXH42Yj-XrGHgjlxOHmkhEzwz2ZPe8iL3eWmCiA8bvzlV9A

Clive Hamilton : « En Australie, nous devrons faire le deuil de l’avenir » !!! Dans une tribune au « Monde », le philosophe australien Clive Hamilton dit sa rage face au déni des dirigeants de son pays, qui refusent d’admettre que le réchauffement climatique soit à l’origine des terribles feux de forêt ravageant l’Australie.

Tribune. On croirait l’apocalypse. Une catastrophe nationale est en train de se produire, qui, chaque jour, crée de nouveaux chocs. « Le ciel est en feu », « Une telle rapidité et une telle furie », « On dirait une zone de guerre ». Voilà quelques-unes des phrases employées pour saisir la violence des incendies par ceux qui les combattent.
Cela fait maintenant trois mois que le feu ravage des terres déjà grillées par la sécheresse et des arbres assoiffés par des vagues de chaleur précoces [l’été débute en décembre dans l’hémisphère Sud]. La surface de forêt rasée à ce jour est six fois supérieure à celle de la forêt amazonienne détruite pendant toute l’année 2019. Une superficie équivalente à celle de la Belgique a été réduite en cendres.
Le sud du littoral de la Nouvelle-Galles du Sud, à cette période de l’année plein à craquer de familles en vacances, est en train d’être évacué alors qu’une localité après l’autre disparaît sous les flammes. Dans l’Etat de Victoria, des milliers de personnes se sont retrouvées piégées sur une bande de terre coupée du continent par le feu et la marine a été mobilisée pour les secourir par bateau.

1 milliard d’animaux ont déjà péri
Le nombre d’animaux qui ont déjà péri est estimé à 1 milliard. Des colonies entières de koalas ont été réduites à néant. Des renards et des chats errants attendent aux abords des fronts de flammes que de petits mammifères et reptiles en fuite leur courent tout droit dans la gueule.
Et cela fait des semaines que Canberra, pour l’heure épargnée par les flammes, suffoque sous un épais manteau de fumée provenant des gigantesques incendies qui ravagent l’est et le sud-est de la capitale. Depuis des jours, la ville affiche l’indice de pollution le plus élevé de toutes les métropoles du monde, un indice plus élevé que celui de New Delhi ou de Pékin, avec des niveaux souvent dix à vingt fois supérieurs aux seuils jugés dangereux.
La journée du samedi 4 janvier a été la plus chaude depuis l’existence des relevés de températures, avec 44 °C à Canberra. A Penrith, en banlieue de Sydney, le thermomètre a atteint la température écrasante de 49°C, une chaleur qui coupe le souffle rien qu’à y penser.

Une bête qui sillonne le pays
Ces feux ont quelque chose de fou. Des pompiers chevronnés racontent n’avoir jamais rien vu de la sorte. Nous ne disposons pas des concepts ni de l’expérience qui nous permettraient de saisir ce qui est en train de se passer. Les Australiens qui ne combattent pas les feux et ne participent pas aux secours regardent les images médusés. Les incendies des étés précédents étaient un spectacle, un spectacle que l’on regardait en sécurité, de son salon, en ville. Mais pas cette fois.
Le spectacle s’est métamorphosé en une bête qui sillonne le pays en détruisant tout sur son passage. Les incendies créent des phénomènes météorologiques alors qu’ils traversent les forêts. Les personnes qui restent pour défendre leur propriété contre le feu parlent de gigantesques murs de flammes qui projettent des pluies de braises, lesquelles enflamment tout alentour. Un rugissement de trains de marchandises se fait entendre, tandis que les animaux hurlent.
Les Australiens, qui ne prêtaient jusque-là pas attention aux discours des climatologues du monde entier, observent ces scènes avec horreur. Ce que nous redoutions est en train de se produire ; mais nous pensions que nous aurions encore deux ou trois décennies avant d’avoir l’impression de vivre l’apocalypse. Or, l’avenir est arrivé, et ce que les prochaines années ont à nous apporter nous remplit d’effroi.
Le pays aux mains des climatosceptiques
L’ampleur de la catastrophe est telle qu’il est impossible de nourrir un quelconque sentiment de satisfaction à l’idée d’avoir eu raison. Mais il est également impossible de faire taire la rage ressentie à l’encontre des responsables politiques et des lobbyistes du charbon [l’extraction de la houille est un secteur important en Australie] qui font semblant de prendre les avertissements des scientifiques au sérieux ou les traitent de chimères.
Ces incendies nous envoient un message : « Voilà ce que la terre fait lorsque l’homme consomme des énergies fossiles à tout-va et réchauffe la planète. »
Lire aussi Incendies : l’Australie évalue les dégâts après une des pires journées depuis le début de la crise
Cela fait des années que l’on nous dit que, parmi les pays industrialisés, l’Australie est le plus exposé aux conséquences du réchauffement climatique. Or, le gouvernement australien est aux mains de climatosceptiques qui ne reconnaîtront pas que ces incendies infernaux surviennent plus souvent et avec plus de violence à cause du réchauffement mondial. Notre gouvernement s’oppose à des réductions plus massives des émissions mondiales de CO2 et encourage activement le développement de la colossale mine de charbon du groupe Adani dans le Queensland.
Je pensais autrefois que des catastrophes manifestement causées par le changement climatique feraient tomber les murs psychologiques du déni. Mais je me trompais. Il est à présent clair que ceux qui sont dans le déni regarderaient le pays entier partir en fumée plutôt que d’admettre qu’ils avaient tort. Leurs maisons peuvent brûler, leurs familles finir calcinées qu’ils continueraient de trouver le moyen de nier les preuves du

Traumatisme
Le premier ministre conservateur, Scott Morrison, contraint par la colère des Australiens de rentrer des vacances qu’il passait à Hawaï tandis que le pays brûlait, déploie tous les talents qu’il a développés au cours de sa précédente carrière dans le marketing pour pointer du doigt des facteurs autres que le changement climatique.
En 2019, 23 anciens responsables de services de gestion de situations d’urgence et d’incendies se sont regroupés et ont tenté d’obtenir un rendez-vous avec le premier ministre pour l’avertir des catastrophes sur le point de se produire et de la nécessité de s’y préparer. Les catastrophes sont bien plus désastreuses qu’ils ne le pensaient et ils ont peur. Mais le premier ministre a ignoré leurs demandes de rendez-vous.
Et maintenant ? Difficile de savoir comment le traumatisme s’exprimera quand les feux se seront éteints et que le pays commencera à se relever. Certes, il y aura la gratitude pour les pompiers qui se sont battus jusqu’à l’épuisement. Il y aura l’aide aux personnes traumatisées et la détermination de reconstruire les vies brisées.

Une vague de dégoût
Mais on peut aussi s’attendre à une vague de dégoût envers ces responsables politiques qui nous ont si magistralement trahis, et à une poussée de militantisme en faveur d’un changement.
Au-delà de tout cela, il y aura le deuil. Le deuil de ceux qui ont péri, des villes détruites, des magnifiques forêts carbonisées et désormais silencieuses, des innombrables oiseaux et autres animaux calcinés ou morts de faim parce que leur habitat a été détruit.
Des étendues de terre ont été transformées en paysages fumants et noircis, à Quaama, dans l’État de la Nouvelle-Galles du Sud, le 6 janvier. SAEED KHAN / AFP
Mais nous devrons aussi faire le deuil de quelque chose de plus difficile à définir : la mort de l’avenir. Ces incendies, comme les catastrophes causées à travers le monde par le changement climatique, font voler en éclats notre vision du monde. D’une façon ou d’une autre, nous devons commencer à imaginer un nouvel avenir sur une terre de plus en plus chaude, une terre de plus en plus hostile à la vie humaine.

(Traduit de l’anglais par Valentine Morizot)
Clive Hamilton est philosophe, professeur d’éthique publique à l’université Charles-Sturt à Canberra (Australie) et ancien membre du Conseil australien sur le changement climatique. Il est notamment l’auteur de « Requiem pour l’espèce humaine » (Presses de Sciences Po, 2013) et des « Apprentis sorciers du climat » (Seuil, 2013).

Thierry Casasnovas : Régénérescence

Par Le 09/01/2020

"Thierry Casasnovas partage ici des clés de régénération qu’il a testées sur lui-même alors qu’il était entre la vie et la mort suite à des habitudes de vie inappropriées : conseils naturels, alimentation, hygiène de vie, repos... Et si on écoutait notre corps? Car celui-ci est bien plus intelligent qu’on ne le croit! Thierry vit dans la région catalane. Il a suivi des études scientifiques et obtenu une maîtrise de physique nucléaire.

A 33 ans, il se retrouve entre la vie et la mort, son organisme épuisé par des habitudes de vie inappropriées. C’est alors un véritable déclic pour lui : Il modifie radicalement sa façon de vivre, se plonge dans des études scientifiques de physiologie et chimie organique, à la recherche de clés de la régénération et de la bonne santé. Après les avoir appliquées à lui-même, il propose depuis plusieurs années des conseils naturels en alimentation et en hygiène de vie, via sa chaîne Youtube, des rencontres et des stages."

 

Et voilà ce que ça donne ensuite...

 

Thierry Casasnovas - RGNR

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La police de la pensée se déchaîne !

L’image contient peut-être : 1 personne, texte

Il faudrait donc penser que tous les gens qui commentent cette vidéo sont des déglingués, des hurluberlus hallucinés, et que Thierry Casasnovas est un gourou, dangereux et sectaire. Et donc, que je suis, moi aussi, un halluciné déglingué étant donné que j'écoute toutes ses vidéos et que je les applique depuis plusieurs années. 

 

«Vous ne réalisez pas à quel point il est difficile d'exposer la vérité dans un monde rempli de gens qui ne sont pas conscients de vivre dans le mensonge»

Christophe Dietrich : un maire en lutte

Par Le 09/01/2020

La vidéo est très claire. Ce maire et ses administrés, avec l'aide d'une bonne partie de la population, a décidé de lutter fortement, avec une détermination totale, contre les individus qui considèrent que la nature est un lieu approprié pour y dévserser leurs déchets. Déchets industriels, gravats, alimentaires. 

De nombreuses vidéos sont déjà publiées et montrent l'ampleur de la tâche.

Ici, aussi, il nous arrive de tomber sur ce genre d'ordures ( Je parle des individus...) et des déchets qu'ils jettent. J'ai déjà, à plusieurs reprises, dénoncer ces gens à la gendarmerie. 

Personnellement, je trouve que la verbalisation et même le retour des déchets à l'envoyeur sont des mesures insuffisantes. ce que je souhaiterais, systématiquement, lorsque le sfaits sont avérés, sans le moindre doute, c'est qu'un article soit publié dans le journal local, avec la photo et l'identité des individus. J'ai déjà eu une discussion en ce sens avec un maire et un gendarme et les deux m'ont répondu que cela risquait de conduire à "une vindicte populaire" qui pourrait porter atteinte aux membres de la famille. Une "vedenta" qui irait bien trop loin.

Oui, je le reconnais. C'est un risque. Maintenant, il convient de voir les choses à plusieurs niveaux. 

1) Les enfants de ces individus sont déjà impactés par le comportement de leurs parents (bien souvent le père). L'exemple qu'ils reçoivent est désastreux et on peut craindre qu'il sera suivi par les mêmes comportements. Il me suffit de voir le nombre de cartons à pizza, canettes de coca cola, bouteilles de bière, dans les fossés lorsque je fais du vélo. Il s'agit là principalement d'une population jeune.

2) Si cette vindicte populaire venait à représenter une menace réelle, les pollueurs réfléchiraient davantage (si jamais cela leur est accessible...) Que la population, et non seulement, les forces de l'ordre, tiennent un rôle de maintien de l'ordre, personnellement, je n'y vois aucun problème. D'autre part, le maire mentionne à diverses reprises, dans d'autres vidéos, que la plupart du temps, les plaintes qu'il dépose ne donnent rien. Classée sans suite. La question est donc de savoir si nous devons, nous population des communes, baisser les bras et espérer que la "justice" agira ou si avons le devoir de prendre les choses en main...

3) La nature, elle-même, n'a évidemment aucun moyen de lutte. Elle n'est qu'une victime. Et nous ensuite. Est-ce qu'il est acceptable que des centaines de personnes soient concernées et qu'elles ne puissent agir contre un nombre limité de crétins parce qu'il serait trop dangereux de demander à la population de se faire entendre ? 

Personnellement, c'est un état de fait qui m'insupporte. La violence faite à la nature et à ceux qui souhaitent en bénéficier est bien plus grave que la vindicte populaire. Le rappel à la loi serait de toute façon valable dans les deux sens et les individus qui agiraient violemment avec les pollueurs seraient eux-mêmes poursuivis. 

La situation la plus grave à mes yeux serait de voir un enfant de crétin agressé ou harcelé en représailles des comportements pollueurs du père. Evidemment que ça serait inacceptable. Et je le condamnerais tout autant. 

Il n'en reste pas moins que ce "risque" devrait être dans toutes les têtes de ces crétins qui balancent leurs déchets dans les torrents, les fossés, les marais, les zones naturelles, comme si rien n'y avait d'importance. Ceux-là, je les hais.  

 

 

DERNIERES NOUVELLES DU FRONT

 

Christophe Dietrich
21 décembre 2019, 13:54 ·
DÉPÔTS SAUVAGES DE DÉCHETS : ENFIN LE BOUT DU TUNNEL.

Après plus de cinq années de lutte contre les dépôts sauvages de déchets, l’assemblée nationale a enfin pris les bonnes mesures.

Alors que le gouvernement refusait catégoriquement de donner les pouvoir nécessaires au maires, c’est une députée LREM (et oui tout arrive!) qui est allée à l’encontre du gouvernement pour reprendre les mesures que je propose depuis 5 ans pour donner enfin aux maires la possibilité de lutter efficacement contre ce fléau.

Alors que le gouvernement n’avait autorisé que l’identification des auteurs par vidéoprotection lors de l’étude du texte au sénat, les députés, eux, sont allés beaucoup plus loin en reprenant ce que je défends depuis plus de 5 ans :

- Une amende forfaitaire de 1500 euros
- La possibilité de confiscation du véhicule ou de mise en fourrière
- La vidéo verbalisation de ceux qui abandonnent les déchets n’importe où.

Même s’il reste encore quelques étapes avant le vote solennel à l’assemblée nationale, il est peu probable que le gouvernement ose un retour en arrière. Il semblerait que le drame de Signes l’été dernier ait servi d’électrochoc pour enfin parvenir à des mesures concrètes et efficaces.

Il est dommage qu’une fois encore , alors que des maires se sont mobilisés depuis 5 ans partout en France , il ait fallu un drame pour que le gouvernement nous donne enfin les moyens de lutter efficacement et éradiquer un fléau contre lequel ni la loi, ni la justice, n’étaient en mesure de nous protéger.

Je remercie nos sénateurs Jérôme Bascher, Edouard Courtial et notre député Maxime Minot qui ont défendu avec vigueur des propositions que ni le gouvernement, ni la majorité à l’assemblée nationale ne voulaient mettre en œuvre jusqu’ici .

Peu importe qui a porté ces amendements, ce qui compte c’est le résultat, peu importe que cette députée LREM s’approprie le travail des autres, chacun sait de toute manière qu’une fois encore ce sont les maires qui ont été les plus efficaces.

Je suis heureux et fier que laigneville, petite ville de 5000 habitants, ait su porter ce débat au niveau national et qu’elle ait en plus éradiqué sur son sol la quasi totalité des dépôts sauvages de déchets. Je suis fier des Laignevillois qui se sont investis eux aussi dans la préservation de notre environnement local et quotidien."


 

Comme quoi ce sujet me touche, il est en scène dans les premières pages de "JUSQU'AU BOUT " Il n'est rien de dire que les méthodes "réparatrices" du personnage principal seront radicales...


"Écraser les pédales, pousser la machine dans ses derniers retranchements, jusqu’à l’extase de l’épuisement, appuyer toujours plus fort, sans répit, vider la nausée des jours, s’étourdir et ne plus penser, s’enfuir.

Pierre longeait la côte au milieu de la lande. Un sentier étroit qui dominait des falaises. Le vent charriait des nuées salées. Le ronronnement des vagues diffusait dans l’air une symphonie exaltée. La vitesse ajoutait à ce chant épique un souffle rageur. Quelquefois des descentes escarpées débouchaient sur une plage, des criques serties dans des écrins de rochers. L’océan agité se dentelait d’écume, des flocons duveteux arrachés par les vents du large.

Écraser les pédales. La bave aux lèvres, les battements cardiaques comme des percussions déchaînées, un tempo assourdissant, le courant de son sang, l’énergie arrachée des enceintes musculaires, tout le corps en action, les yeux exorbités sur les pièges du chemin, l’équilibre maintenu sur le fil du rasoir, cette impression de voler, cette force magnifiée, la vie comme un rêve, s’extraire de la fange, briser le flux continu des pensées, entrer dans l’absence, plonger en soi comme dans un gouffre lumineux.

Un raidillon escarpé, des cailloux, une ornière, les doigts crochetés sur le guidon, deviner l’itinéraire, écraser les pédales, ne rien lâcher, maintenir la tension, calciner les forces, exploiter les résidus, cracher les cendres dans des flots de sueur, descendre encore, descendre encore dans les profondeurs des fibres, explorer les filons dans les moindres recoins, arracher l’énergie, parcourir les galeries, ne rien oublier, ne rien oublier, écraser les pédales.

Il passa le haut de la bosse.

À cent mètres, devant lui, un tracteur. Une remorque. Une silhouette dressée.

Une cassure dans l’absence.

Garder la vitesse.

Il s’approcha.

Un homme. Il tenait une pelle. Des gravats qui volaient.

Mauvaise intuition. La colère qui montait. Il devinait déjà.

Il ralentit. Calmer son souffle, récupérer un peu. Il connaissait la suite.

L’homme l’entendit, il tourna la tête et reprit sa tâche. Un sac de toile qu’il vidait, des déchets épars, des plastiques que le vent emportait.

La remorque surplombait le vide. Un chemin venant de la route conduisait à la falaise.

Dérapage. Il avala sa salive.

Un regard sur le chargement. Des briquettes rouges en miettes, du placoplâtre, polystyrène, plastique, fils électriques, tuyaux…Un artisan. Bleu de travail, une carrure de poids lourd.

Le dégoût.

« Bonjour, pourquoi vous balancez tout ça ici ? »

La colère dans la voix. Impossible de se retenir.

Un regard interrogateur du bonhomme. Plein de mépris. La remorque comme le piédestal de sa connerie. Il se redressa, prit appui sur le manche de la pelle.

« Eh, oh, t’es qui toi ? T’es pas d’ici alors t’as rien à dire. Je travaille moi. »

La honte d’être surpris. Des yeux mauvais, le teint rougeaud, la moustache en bataille, la casquette vissée comme une appartenance, un signe de reconnaissance.

« Putain, mais c’est dégueulasse.

- À la première tempête, y’aura plus rien alors tu m’emmerdes pas. »

Un con. Un de plus. Il en a tellement vus.

Le dégoût.

« Ça va juste partir un peu plus loin, ça sera éparpillé mais ça ne disparaîtra pas. Y’en a partout des saloperies.

- Putain, mais fous-moi la paix. Je paie mes impôts ici alors je fais ce que je veux. »

La pelle qui reprenait sa tâche. Indifférence totale.

« J’en ai marre de tous ces cons dans votre genre qui salopent la nature, j’en ai marre des gens qui se croient tout permis. Et si j’allais vous dénoncer aux flics du coin ?»

Les jambes tremblotantes, les mains moites, l’envie de frapper, de le jeter dans le vide, qu’il s’écrase au milieu de sa merde, que la haine nourrisse ses forces, qu’elle soit son arme.

La pelle qui s’arrête. Le visage qui se tourne.

« Et si je te foutais ma pelle dans la gueule ? Ça te dirait ça ? Allez, casse-toi et laisse-moi bosser, j’ai pas que ça à foutre.

- Comment vous vous appelez ?

- Mais t’es vraiment con toi hein ? T’as pas compris ce que j’ai dit !! Casse-toi !! Mon beau-frère, il est chez les flics, t’imagine même pas comment il va te recevoir !! »

Un éclat de rire. Son pus cérébral jeté à la figure.

Il ne pouvait rien. Le dégoût.

Il contourna la remorque.

Nouvelle pelletée.

Une arme à feu. Lui exploser le crâne, regarder gicler en l’air la viande putride de ce cerveau infâme.

« Sale con. »

Ecraser les pédales.

« Casse-toi, pauvre pédé !! »

L’insulte suprême. Il l’a tellement entendue. À croire que seuls les pédés sont capables de respecter la nature."

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Médaille des Arts et Lettres refusée

Par Le 08/01/2020

Après Blanche Gardin, un nouvel artiste a lui aussi décidé de refuser la médaille des Arts et Lettres. Il s’agit de Wilfrid Lupano, scénariste de BD à l’origine des albums des Vieux Fourneaux. Une décision qui, là aussi, ne manque ni d’audace, ni de panache.

Comme pour Blanche Gardin, ce refus est à nouveau politique. Wilifrid Lupano s’en est expliqué dans une lettre publique adressée à Franck Riester, ministre de la Culture. En somme : pas question pour lui d’être honoré par un gouvernement dont la politique fiscale, budgétaire, migratoire, écologique et sécuritaire heurte ses convictions et ses valeurs.

Cette lettre, directe et sans concession, la voici :

 

Monsieur le ministre,
À ma très grande surprise, vous m’avez adressé la semaine dernière un courrier pour m’annoncer que vous me décerniez le grade de chevalier des arts et lettres.
Je vous remercie de cette délicate attention, mais j’ai bien peur de devoir refuser cet « honneur ».
Déjà, spontanément, je n’ai jamais été très excité par les médailles. Pierre Desproges disait « les décorations, c’est la libido des vieux ». Je me plais à penser que je n’en suis pas encore là. Il y a cependant des distinctions plus réjouissantes que d’autres, et celle-ci a l’inconvénient, monsieur le ministre, d’être remise par un représentant politique.
Or, comment accepter la moindre distinction de la part d’un gouvernement qui, en tout point, me fait honte ?
Car oui, il s’agit bien de honte.
J’ai honte de ce que votre gouvernement fait des services publics, au nom du refus dogmatique de faire payer aux grandes entreprises et aux plus grosses fortunes les impôts dont elles devraient s’acquitter. « il n’y a pas d’argent magique » martèle votre leader. Il y a en revanche un argent légal que monsieur Macron refuse d’aller chercher pour ne pas déplaire à ceux qui ont financé sa campagne.
J’ai honte, lorsque j’entends monsieur Castaner s’indigner que l’on puisse « s’attaquer à un hôpital », comme il l’a fait récemment, alors que c’est bien votre gouvernement qui fait le plus de mal aux services de santé, et pas trois gilets jaunes qui cherchent à se mettre à l’abri au mauvais endroit. J’ai honte de ce gouvernement qui en supprimant l’ISF, a divisé par deux les ressources des associations qui prennent à leur charge les plus faibles, les plus démunis, les laissés pour compte, à la place de l’état.
J’ai honte lorsque votre gouvernement refuse d’accueillir l’Aquarius et ses 160 réfugiés qui demandent de l’aide, et encore plus honte lorsque monsieur Castaner, encore lui, accuse les ONG qui tentent par tous les moyens de sauver des vies d’être « complices » des passeurs.
J’ai honte lorsque je vois la police « escorter » les militants de Génération Identitaire après leur coup de com’ au col de Briançon pour les « protéger » contre les militants favorables à l’accueil des réfugiés. Certains de ces derniers furent d’ailleurs interpelés, alors que tous les membres de Génération Identitaire sont rentrés chez eux fêter leur coup de publicité.
J’ai honte de votre politique indigne d’accueil des migrants, et en particulier des mineurs isolés. Le gouvernement auquel vous appartenez a accéléré le rythme des expulsions, voté l’allongement à 90 jours de la période de rétention pour les étrangers en situation irrégulière. De la prison, donc, pour des personnes n’ayant commis aucun crime, hommes, femmes, enfants, nouveaux nés. Pendant ce temps, des préfets plusieurs fois condamnés pour non-respect du droit d’asile sont maintenus en poste.

Pour de sordides calculs électoraux, le gouvernement auquel vous appartenez foule aux pieds tous les principes philosophiques et moraux qui sont à la base de la constitution et de l’histoire de ce pays, et passe à côté du sens de l’Histoire. Soyez certain que l’Histoire s’en souviendra.
J’ai honte de l’incapacité de ce gouvernement à prendre en compte l’urgence écologique, qui devrait pourtant être le seul sujet à vous préoccuper vraiment. En dehors d’effets d’annonce, rien dans les mesures prises depuis deux ans n’est à la hauteur des enjeux de notre époque. Ni sur la sortie des énergies fossiles, ni sur le développement du bio, des énergies renouvelables ou la condition animale. Votre gouvernement reste le loyal service après-vente des lobbies, de l’industrie agroalimentaire, des laboratoires, des marchands d’armes…
J’ai honte, monsieur le ministre, de ce gouvernement mal élu ( le plus mal de la l’histoire de la cinquième république) qui ne tient plus que par sa police ultra violente.
J’ai honte de voir, depuis des mois, partout en France, éclater des yeux, exploser des mains ou des visages sous les coups de la police, de Notre Dame des Landes aux Champs-Elysées, à Toulouse, Biarritz, Nantes. Le monde entier s’alarme de la dérive sécuritaire de votre gouvernement, de l’utilisation abusive d’armes de guerre dans le maintien de l’ordre, mais vous, vous trouvez que tout va bien.
Je pense à Maxime Peugeot, 21 ans, et à sa main arrachée par une grenade dans un champ de Notre Dame des Landes. Qu’est-ce qui pouvait bien menacer à ce point la sécurité de la France, dans ce champ à vache du bocage breton, pour qu’on en arrive à faire usage d’une telle violence ? 2500 gendarmes, une opération de guerre à plusieurs millions d’euros menée pour détruire une trentaine de cabanes en bois (« il n’y a pas d’argent magique »…) et procéder à une dizaine d’expulsions… Je pense à Lola Villabriga, 19 ans, défigurée à Biarritz par un tir de LBD que rien ne justifiait et qui vit désormais avec des plaques d’acier dans la mâchoire, alors que c’était sa première manifestation. Je cite deux noms, mais vous le savez sûrement, ils sont aujourd’hui des centaines. Suivez le travail de David Dufresne si le sujet vous intéresse.
Comme vous le voyez, nous avons peu de points communs, politiquement. Et dans un monde où les distinctions culturelles seraient remises par le milieu culturel lui-même, sans intervention du politique, j’aurais accepté celle-ci avec honneur et plaisir. Mais il n’y a pas de geste politique qui ne soit aussi symbolique, et je sais déjà que si un jour j’atteins l’âge avancé où on prend son pied à exhiber ses breloques, j’aurais bien peu de plaisir à me rappeler que celle-ci me fut remise par le représentant d’un gouvernement dont j’aurais si ardemment souhaité la chute et la disgrâce.
Passons malgré tout une bonne journée,
Wilfrid LUPANO

Sciences et vie : la guerre de l'eau

Par Le 08/01/2020

Sud-Est : en 2070, une guerre de l'eau pourrait avoir lieu

 

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Sud-Est : en 2070, une guerre de l'eau pourrait avoir lieu

© B. BOURGEOIS

Par YVES SCIAMA, VINCENT NOUYRIGAT, FIORENZA GRACCI, THOMAS CAVAILLÉ-FOL. ILLUSTRATIONS YANNICK MONGET (VUES D'ARTISTE), BRUNO BOURGEOIS (CARTES) ET MIKO KONTENTE (INFOGRAPHIES)

Ce sera sûrement la région la plus impactée par le réchauffement. Certes, l'identité régionale est déjà largement façonnée par la chaleur : les 5 millions d'habitants qu'elle compte sont habitués à vivre sous un climat typiquement méditerranéen, marqué par des étés secs et des hivers doux. Mais l'avenir leur promet des étés encore plus secs et encore plus chauds. Or, dans cette région où l'activité est dominée par le tourisme et la fruiticulture, cela promet de fortes tensions autour des ressources en eau. Et que vont devenir les fameuses plages de la Côte d'Azur, particulièrement vulnérables à la montée de la mer ? Comment vont évoluer les colères du ciel, déjà incroyablement violentes ? Depuis les premiers reliefs des Alpes jusqu'aux rives de la Méditerranée, c'est toute la région qui paraît menacée.

Tout indique qu'une guerre de l'eau va avoir lieu

Verra-t-on, d'ici à la fin du siècle, des guerres de l'eau enflammer tout l'arc méditerranéen ? Mille conflits du type de celui de Sivens semer la discorde ? Des pelleteuses creuser canaux et barrages sous la protection des CRS, des commandos d'opposants saboteurs, une ruineuse guérilla juridique pour se répartir les dernières gouttes du précieux liquide ? C'est en tout cas le scénario catastrophe que les responsables du quart sud-est de la France s'efforcent de déminer. En cherchant dès maintenant à mettre en place les pare-feu qui permettront de gérer les extrêmes tensions sur l'eau annoncées.

Sachant que ce scénario catastrophe, objectivement, ne manque pas de réalisme : d'ores et déjà, la région est en tension hydrique permanente.

"40% des bassins sous notre juridiction sont déjà en déficit structurel, avertit Laurent Roy, directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. C'est-à-dire qu'ils sont en crise chaque année, qu'il n'y a plus d'eau dans les rivières, et qu'il faut faire intervenir les préfets, appuyés par la police de l'eau, pour procéder à des arbitrages. La crise est en passe de devenir la norme…"

ÉCONOMIES ET AMÉNAGEMENTS

La hausse des températures sur le pourtour méditerranéen, de l'ordre de 1,5 °C en un siècle, a bien sûr contribué à cette situation. De plus, la région ne cesse de se peupler depuis quatre décennies : près de 50 000 nouveaux arrivants chaque année, un afflux que l'Insee ne voit que légèrement ralentir à l'avenir.

Par ailleurs, la région a une tradition agricole, beaucoup d'irrigation et un tissu industriel gourmand en eau. Enfin, l'attractivité touristique de la côte, essentielle pour l'économie, fait doubler voire tripler la population des communes littorales en été, créant un énorme appel d'eau… précisément au moment où il y en a le moins dans les rivières et les nappes phréatiques. Ces 31 millions de visiteurs annuels ont en outre de plus en plus d'exigences : désormais, hôtels et hébergeurs se doivent de proposer une piscine, et les parcs aquatiques ainsi que les golfs ont prospéré, y compris dans des endroits notoirement arides…

Mais, à en croire les projections, les tensions actuelles ne sont rien relativement à ce qui va advenir. La continuation de la hausse des températures ne fait plus aucun doute, et un réchauffement de l'ordre de 1,5 °C supplémentaire dans les prochaines décennies est acté. Ce qui n'est pas encore joué, c'est l'horizon de la fin de siècle, pour lequel, dans le scénario le plus "émetteur", les chercheurs prévoient des hausses de température de l'ordre de 5 °C à Avignon !

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© INRA /EMMAH/UMR 1114 - P .ALLARD/RÉA - AGENCE DE L'EAU

Le réchauffement frappe des ressources en eau déjà critiquesLa nappe de la plaine de la Crau se réduira d'ici à 2030 Si l'urbanisation et l'industrialisation impactent la ressource en eau, le climat va lui aussi aggraver la situation.

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

L'évolution de la pluviométrie, quant à elle, est plus difficile à prévoir ; mais une baisse perceptible en été se dessine. Tout au plus les modèles montrent-ils, sous réserve, une hausse modeste des pluies hivernales.

Résultat, le débit des rivières va baisser en été (en fait, de mai à octobre), notamment à cause de la disparition de la neige -on parle dès le milieu du siècle de -30 % pour le débit estival du Rhône, et de -50 % pour la Durance (qui fournit 60 % de l'eau consommée en PACA…).

Que faire ? Le maître mot, bien sûr, c'est économiser. Il revient en leitmotiv dans la bouche de Laurent Roy, dont l'agence veut réduire de 20 % les prélèvements, en demandant à chacun de faire un effort. Mais les agriculteurs, d'ores et déjà, réclament plus d'aménagements (retenues d'eau, canaux…) et la possibilité de puiser davantage dans des rivières et des nappes souvent exsangues, dont on vient de voir qu'elles baisseront encore. Les aménagements ne sont pas tabous, leur répond l'Agence de l'eau, mais ils sont très coûteux et ne prendront pas forme sans concertation et économies en contrepartie. Des économies obtenues, par exemple, en généralisant le goutte-à-goutte ainsi qu'en recourant à des cultures moins assoiffées.

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© INRA /EMMAH/UMR 1114 - P .ALLARD/RÉA - AGENCE DE L'EAU

Les recherches qui mesurent l'influence de la sécheresse sur les plantes agricoles, comme ici à l'Inra, fourniront des solutions visant à économiser l'eau de la région.

Les industriels, de leur côté, travaillent à des process moins gourmands en eau, mais l'industrie agroalimentaire, par exemple, a besoin de beaucoup laver, tout comme l'électronique de pointe, ou la pétrochimie autour de l'étang de Berre. Pas question d'être au chômage technique en été ! Quant aux collectivités locales, elles ont certes fait des progrès : leurs prélèvements ont baissé de quelques pour-cent. Mais l'augmentation de la population sera forcément problématique, et les indispensables dépenses à engager pour refaire les réseaux (parfois si vétustes qu'ils perdent 70 % de leur eau !) sont onéreuses.

BESOIN D'UN DÉBIT MINIMUM

Et attention, pas question de trop puiser dans ce qui restera du débit des rivières pour satisfaire les besoins. D'abord parce que, écologiquement, un débit minimum est nécessaire pour ne pas transformer les cours d'eau en déserts, mais aussi parce que les protecteurs de l'environnement sont devenus aussi prompts à manifester que les agriculteurs. Et puis il y a le tourisme, qui s'effondre si les lacs sont vides (Serre-Ponçon, Sainte-Croix) et les rivières à sec. Sans oublier la navigation et les centrales nucléaires, qui ont besoin d'un débit minimum sur le Rhône. Tout comme certains agriculteurs : "Lorsque le débit du Rhône est trop faible, l'eau salée remonte et je ne peux plus pomper pour irriguer", indique Dario Viola, riziculteur à Arles.

40 % des bassins sous notre juridiction sont déjà en déficit structurel - LAURENT ROY Directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© INRA /EMMAH/UMR 1114 - P .ALLARD/RÉA - AGENCE DE L'EAU

LAURENT ROY Directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse40 % des bassins sous notre juridiction sont déjà en déficit structurel

Alors, pourra-t-on éviter la guerre de l'eau ? Localement, on veut croire que c'est possible, et on anticipe. La région PACA a commencé à réfléchir au problème il y a déjà dix ans, et a mis sur pied un comité d'experts, le GREC-PACA, qui vient de livrer un rapport intitulé Une Région face au changement climatique"L'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse est la première de l'Hexagone à avoir adopté un plan d'adaptation au changement climatique, dès mai 2014", rappelle de son côté Laurent Roy, qui insiste sur le fait qu'une gouvernance irréprochable sera essentielle pour éviter des catastrophes comme Sivens. "Il faut absolument que tout le monde soit autour de la table, et qu'on développe à fond la solidarité", renchérit Annick Delhaye, vice-présidente du conseil régional PACA.. Dans ce but, sa région a créé l'Agora (Assemblée pour une gouvernance opérationnelle de la ressource en eau et des aquifères), instance "d'échange et de coordination", autrement dit de déminage, qui vient de prendre ses fonctions après une vaste consultation régionale. "Et puis nous pouvons nous appuyer sur une culture de l'eau très ancienne, espère l'élue. Le premier canal d'irrigation sur la Durance date du XIIe siècle !"

Cette culture du partage et de la gestion de l'eau suffira-t-elle à garantir la cohésion sociale lorsque tous les voyants seront au rouge ? En tout cas, insiste Laurent Roy, "il y a une prise de conscience incontestable, et nous voyons des initiatives d'économie d'eau partout - chez les industriels, les particuliers, les agriculteurs" … D'ailleurs, la consommation d'eau n'augmente plus sur le bassin, elle aurait même baissé de quelques petits pour-cent depuis 2009.

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© Y.MONGET

-30%

C'est la baisse du débit estival du Rhône envisagée pour la moitié du siècle. En cause : la disparition de la neige et la baisse de la pluviométrie.

Le stock de poissons va diminuer et se diversifier

"La Méditerranée est une des régions marines qui se réchauffe le plus rapidement", ont prévenu cet été un groupe de climatologues, pointant un réchauffement 2 à 3 fois plus rapide que celui de l'océan global, lié principalement à son caractère fermé. Avec quelles conséquences pour les 1 500 navires de pêche et les 4 000 emplois de marins de la région ? Une équipe de scientifiques grecs a comparé sur plus de 20 ans les statistiques de pêche et les relevés de température. Résultat ? "60 % des espèces présentaient des taux de capture étroitement corrélés à la température, la grande majorité d'entre elles se raréfiant les années chaudes, montrant une baisse de 44 % en moyenne."  Du côté des gagnants : l'anchois, la crevette et le sar. Dans les perdants se trouvent le merlu, le pilchard, le mérou ainsi que les mollusques (calmars, seiches, poulpes, coquillages). La recette de la bouillabaisse devra s'adapter…

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© SOURCE : CLIMATE DYNAMICS , 2015

Et la Corse ?

"La Corse est trop petite pour être vue dans les modèles climatiques, avoue Véronique Ducrocq, du CNRM. Mais on prévoit une augmentation du nombre d'événements de précipitations intenses. De près de 10 % pour 2 °C." La clémentine, par exemple, risque de perdre de son acidité et de sa couleur, pièces maîtresses de son indication géographique protégée. Il est envisagé de modifier l'irrigation, la fertilisation ou la variété.

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© F .GUIZIOU/HEMIS.FR - E.GAILLARD/REUTERS - M.KONTENTE

Vers des colères du ciel toujours plus violentes

"Nous sommes tout de même le seul bassin de l'Hexagone où les inondations font chaque année des morts !" rappelle Laurent Roy, directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. "Les 'épisodes méditerranéens', dont les pluies cévenoles font partie, constituent les phénomènes météorologiques les plus violents de la France métropolitaine, et produisent les pluies les plus intenses d'Europe", renchérit Samuel Somot, spécialiste du climat méditerranéen au CNRM, le laboratoire de recherche de Météo-France. Des déluges qui s'abattent en outre sur des reliefs tourmentés, capables d'accélérer et de concentrer les flots - les plus modestes rivières se transformant en de monstrueux torrents. Les inondations à Cannes, Nice et Antibes au début du mois d'octobre dernier l'ont tragiquement rappelé.

Qu'adviendra-t-il s'il fait plus chaud ? A Météo-France, on reste prudent. "Pour représenter ces phénomènes, avertit Samuel Somot, il faut des modèles d'une précision géographique de l'ordre de 2 km, que nous n'avons pas encore." Mais les travaux existants indiquent une intensification de "quelques pour-cent par degré de réchauffement, jusqu'à 10 % par degré si l'on prend les pires simulations". Logique : la hausse des températures chargera en vapeur d'eau et en énergie les nuages au-dessus de la Méditerranée. Sur les reliefs de cette région, qui ne cesse de se construire et s'imperméabiliser, des pluies de 1 000 mm/ jour sont alors envisageables. Une violence typiquement tropicale, à ce jour inconnue sur le Vieux Continent.

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© F .GUIZIOU/HEMIS.FR - E.GAILLARD/REUTERS - M.KONTENTE

Le signe avant-coureur…Le 4 octobre dernier, à Cannes, des pluies torrentielles provoquent de meurtrières inondations.

Des fruits venus d'ailleurs

Pêches, abricots, cerises… Les vergers du Languedoc-Roussillon prennent une drôle de tournure.

En cause : des hivers toujours plus doux. "Les arbres n'accumulent pas assez de froid et la levée de leur dormance ne s'effectue plus dans de bonnes conditions, explique Inaki Garcia de Cortazar, ingénieur à l'Inra (Avignon). Cela va se traduire par une diminution du taux de bourgeons viables et surtout un étalement excessif de la floraison."

Des décalages qui perturbent la pollinisation, voire brisent la concordance de floraison entre deux variétés devant s'inter-polliniser…

Les scientifiques craignent des chutes de rendement. Et il faut s'attendre, au moment de la récolte, à des fruits de maturité très inégale - avis aux saisonniers. Les consommateurs devront aussi revoir leurs critères : sous l'effet des canicules de juillet-août, l'initiation des bourgeons de l'année suivante connaît des ratés et donne naissance à des fruits malformés ; les cerisiers, notamment, produisent des fruits doubles, quasi invendables.

La Camargue ne pourra peut-être pas être sauvée

C'est quasi inéluctable : un jour, les vagues prendront le dessus. Certes, pour le moment, la mer ne s'élève que de 2,1 mm/an en Camargue.

Mais elle aura pris 50 cm à 1 m en 2100 : profitant des tempêtes, elle enjambera alors les digues et inondera les salines, prés-salés et rizières de ce delta du Rhône, royaume plat de la biodiversité méridionale.

Faut-il opérer un repli stratégique et rendre cette terre sauvage aux flamants roses ? Ou faut-il la protéger contre vents et marées ?

Pour l'instant, on ignore lesquels de ses 150 000 ha seront submergés et à quelle fréquence. "Nous allons affiner nos modèles de l'écoulement local pour préciser l'impact des digues, épis ou brise-lames", indique Alexis Stépanian, du BRGM. Ces ouvrages existent déjà à Saintes-Maries-de-la-Mer, (2 500 habitants sur 15 000 Camarguais). Car bien avant la montée de la mer, la perte progressive des sédiments charriés par le Rhône a fait reculer le trait de côte (4 m/an depuis 1895 !). "Ces vingt dernières années, 20 millions d'euros ont été investis pour protéger Saintes-Maries, et les travaux continuent", rassure Roland Chassain, son maire.

Combien de temps cette lutte sera-t-elle économiquement soutenable ? Le géomorphologue François Sabatier (université Aix-Marseille) n'est pas très optimiste : "L'impact de l'élévation de la mer sera incomparable aux problèmes affrontés jusqu'ici." Et se murer derrière des digues rocheuses de plus en plus élevées ne semble pas si efficace : "Si elles freinent le recul des plages, elles empirent l'érosion sous-marine ! Leurs fondations, privées de sable, peuvent alors céder lors d'une tempête." Au Parc naturel régional de Camargue, on a choisi la stratégie opposée : "Sur un site de 6 500 ha autrefois exploité par les salins, on a laissé digues et épis s'enfoncer, explique Delphine Marobin (chargée de mission littoral). Résultat : l'érosion suit son cours, mais la dynamique naturelle des échanges hydrauliques est rétablie." Reconnectés à la mer, étangs et marais ont vu le retour de l'anguille, pour le bonheur des pêcheurs. Mais tout le monde ne pourra pas être gagnant…

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© SOURCE : PARC NATUREL RÉGIONAL DE CAMARGUE

Au-revoir grives et merles noirs

Ces oiseaux hivernaient en France 8 années sur 10 il y a trente ans mais se font rares aujourd'hui. Avec les hivers plus doux, grives et merles noirs restent plus longtemps dans leur région d'origine : Pays-Bas, Pays baltes et Scandinavie.

Sud-est : +2,5 °c en 2070 : le réchauffement risque de bouleverser la région dans toutes ses dimensions

© SHUTTERSTOCK - M.KONTENTE

Les plages de la Côte d'Azur en danger

A raison de 30 cm/an, l'érosion menace les petites criques. "Normalement, la dynamique du littoral ferait simplement reculer ces plages, explique François Sabatier (université Aix-Marseille). Mais adossées à une falaise ou à un parking, elles ne peuvent se retirer et sont vouées à disparaître !"

Pénurie de truffes !

"Le diamant noir est fragile, explique Michel Tournayre, président de la Fédération française des trufficulteurs, il ne résiste ni aux longues sécheresses, ni aux épisodes ultra-pluvieux, qui semblent devenir la norme." L'avenir repose sur la trufficulture.

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© SHUTTERSTOCK - M.KONTENTE

 

Sciences et vie : le climat en France

Par Le 08/01/2020

L'article date de 2015. Depuis cette date, tous les ans, ,nous connaissons "l'année la plus chaude"... Projections sur les fournaises à venir.

https://www.science-et-vie.com/nature-et-enviro/climat-le-tour-de-france-des-regions-48435

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Climat : le tour de France des régions

Nul ne l'ignore : la planète se réchauffe. La planète, d'accord ; mais en France ? Concrètement ? Si les prévisions d'une hausse des températures se vérifient, que se passera-t-il… en Bretagne ? Dans les Alpes ? A Paris ? Dans le Nord et l'Est ? Le long du pourtour méditerranéen ? Région par région, notre rédaction s'est mobilisée pour recenser tous les effets attendus du réchauffement, au cas par cas. A la clé ? Tout ce qui risque de changer localement, dans tous les secteurs, où que l'on habite en France. De quoi savoir à quoi s'attendre et anticiper l'avenir. Car une chose est sûre : des défis vont se poser.

SOMMAIRE

Climat : le tour de France des régions

Climat : en 2070, la France devrait gagner 2,4 degrés Par PAR VINCENT NOUYRIGAT AVEC PIERRE-YVES BOCQUET, THOMAS CAVAILLÉ-FOL, FIORENZA GRACCI, ANGÉLIQUE LE TOUZE, ALEXANDRA PIHEN, YVES SCIAMA, CAROLINE TOURBE ILLUSTRATIONS YANNICK MONGET (VUES D'ARTISTE), BRUNO BOURGEOIS (CARTES) ET MIKO KONTENTE (INFOGRAPHIES)

Climat : en 2070, la France devrait gagner 2,4 degrés

Il suffit de prêter un peu attention à tel ou tel signe étrange dans le paysage, à cette anomalie qui bouscule de vieux adages bien ancrés. L'évidence saute alors à la figure : le réchauffement climatique mondial est en train de transformer la France.

Patrimoine L'érosion des monuments historiques pourrait s'accélérer Virus L'émergence de maladies tropicales comme la dengue est à redouter Bassin hydrographique L'eau pourrait devenir un problème Transports Les réseaux ferroviaire et routier risquent de Par VINCENT NOURYGAT, YVES SCIAMA, CAROLINE TOURBE, THOMAS CAVAILLÉ-FOL

Ile-de-France : en 2070, des chaleurs dignes du sud de l'Espagne

Ni trop froid l'hiver ni trop chaud l'été… les 12 millions de Franciliens sont habitués à vivre sous un climat typiquement modéré. Mais voilà : d'ici à la fin du siècle, ils vont voir les températures s'élever de 2 à 4 °C, avec un climat qui deviendra comparable à celui que connaît actuellement Cordoue, dans le sud de l'Espagne ! Comment adapter les infrastructures et les matériaux urbains à des vagues de chaleur répétées pour lesquelles ils n'ont pas été conçus ? Des pénuries en eau sont-elles à craindre ? Des maladies...

Urbanisme Lyon n'échappera pas aux fortes canicules Industries Même affaibli, le Rhône va rester une ressource fiable Plantes invasivesL'ambroisie va gagner toujours plus de terrain PâturagesDe nouveaux alpages pour les vaches Stations de sports d'hiver LPar VINCENT NOURYGAT, THOMAS CAVAILLÉ-FOL, A. LE TOUZE

Rhône-Alpes : en 2070, les activités de montagne devront s'adapter

Cette région industrielle et très peuplée (plus de 6 millions d'habitants) va subir une des plus fortes hausses des températures. Si toute la région est impactée, les regards se portent en priorité vers les montagnes, élément incontournable du paysage et poumon économique pour nombre de vallées à l'heure des sports d'hiver. Car les massifs sont aussi les milieux les plus sensibles aux changements : au moindre degré Celsius supplémentaire, l'enneigement, les espèces animales ou végétales se décalent de 150 mètres en...

Rendements céréaliers Face à la chaleur, l'idée d'ombrager les champs de blé est déjà à l'étude Chasse La quantité de gros gibier est vouée à exploser Habitat Les murs des maisons et des édifices risquent d'être fragilisés Forêts Le chêne pourrait finir pPar VINCENT NOURYGAT, THOMAS CAVAILLÉ-FOL, CAROLINE TOURBE

Centre : en 2070, la surchauffe changera son visage

C'est ici que bat le cœur de la France, entre patrimoine séculaire, élevages, forêts et, surtout, grandes cultures. Mais les 6 millions d'habitants de ce Centre élargi vont voir leur climat, qui est actuellement teinté d'influences océaniques et continentales, passer dans une autre dimension en se réchauffant de plus de 2,5 °C à la fin du siècle - et jusqu'à 4 °C selon certains scénarios.Avec quelles conséquences pour les rendements agricoles de cette région, véritable grenier à blé de la France ? Pour ses forêts ? Son...

Nord-Est : en 2070, la douceur du climat bouleversera son identité Par DOSSIER RÉALISÉ VINCENT NOUYRIGAT AVEC PIERRE-YVES BOCQUET, THOMAS CAVAILLÉ-FOL, FIORENZA GRACCI, ANGÉLIQUE LE TOUZE, ALEXANDRA PIHEN, YVES SCIAMA, CAROLINE TOURBE ILLUSTRATIONS YANNICK MONGET (VUES D'ARTISTE), BRUNO BOURGEOIS (CARTES) ET MIKO KONTENTE (INFOGRAPHIES)

Nord-Est : en 2070, la douceur du climat bouleversera son identité

Pour les 12 millions d'habitants du Nord et de l'Est, le réchauffement ressemble plutôt à une bonne nouvelle. Songez qu'en 2080, le climat de Lille sera comparable à celui d'Angers, voire de Toulouse ou de Carcassonne ! Hivers plus doux, étés plus chauds, précipitations maintenues… les conditions seront favorables aux grandes cultures nordistes, voire au tourisme. Mais il ne faut pas oublier que ce territoire industriel et fertile a été en partie gagné sur la mer : la montée du niveau marin sera ici la grande affaire du...

Sud-Est : en 2070, une guerre de l'eau pourrait avoir lieuPar YVES SCIAMA, VINCENT NOUYRIGAT, FIORENZA GRACCI, THOMAS CAVAILLÉ-FOL. ILLUSTRATIONS YANNICK MONGET (VUES D'ARTISTE), BRUNO BOURGEOIS (CARTES) ET MIKO KONTENTE (INFOGRAPHIES)

Sud-Est : en 2070, une guerre de l'eau pourrait avoir lieu

Ce sera sûrement la région la plus impactée par le réchauffement. Certes, l'identité régionale est déjà largement façonnée par la chaleur : les 5 millions d'habitants qu'elle compte sont habitués à vivre sous un climat typiquement méditerranéen, marqué par des étés secs et des hivers doux. Mais l'avenir leur promet des étés encore plus secs et encore plus chauds. Or, dans cette région où l'activité est dominée par le tourisme et la fruiticulture, cela promet de fortes tensions autour des ressources en eau. Et que vont...

Sud-Ouest : plages, vignoble... en 2070, la chaleur altérera la régionPar DOSSIER RÉALISÉ VINCENT NOUYRIGAT AVEC PIERRE-YVES BOCQUET, THOMAS CAVAILLÉ-FOL, FIORENZA GRACCI, ANGÉLIQUE LE TOUZE, ALEXANDRA PIHEN, YVES SCIAMA, CAROLINE TOURBE ILLUSTRATIONS YANNICK MONGET (VUES D'ARTISTE), BRUNO BOURGEOIS (CARTES) ET MIKO KONTENTE (INFOGRAPHIES)

Sud-Ouest : plages, vignoble... en 2070, la chaleur altérera la région

Il fait bon vivre, manger et boire sous le climat océanique aquitain, marqué par un hiver doux, un printemps plutôt humide, ainsi qu'un été chaud et sec. Mais avec une chaleur un peu plus accablante, les 6 millions d'habitants de la région vont se trouver face à de nombreux défis. Comment vont réagir les baies de raisin dans le Bordelais ?Et les peintures des grottes préhistoriques de Dordogne ? Pourra-t-on continuer la culture intensive de maïs, si exigeante en eau ? Tandis que, sur le littoral, la question se pose déjà...

Grand Ouest : + 2°C en 2070, la région pourrait profiter du réchauffementPar DOSSIER RÉALISÉ VINCENT NOUYRIGAT AVEC PIERRE-YVES BOCQUET, THOMAS CAVAILLÉ-FOL, FIORENZA GRACCI, ANGÉLIQUE LE TOUZE, ALEXANDRA PIHEN, YVES SCIAMA, CAROLINE TOURBE ILLUSTRATIONS YANNICK MONGET (VUES D'ARTISTE), BRUNO BOURGEOIS (CARTES) ET MIKO KONTENTE (INFOGRAPHIES)

Grand Ouest : + 2°C en 2070, la région pourrait profiter du réchauffement

Hivers doux, étés sans excès et des précipitations tout au long de l'année : les 13,5 millions d'habitants de la Normandie, de la Bretagne et des Pays de la Loire profitent du régime océanique tempéré par excellence. Problème : l'air frais venant de l'Atlantique aura bien du mal à contrecarrer la hausse des températures. Les Rennais doivent par exemple s'attendre à 45 jours de chaleur supplémentaires (plus de 25 °C) d'ici à la fin du siècle. Avec quels impacts sur la pêche ? Sur l'agriculture ? Sur l'élevage ? Une chose...

DOM-TOM : en 2070, ils seront menacés par les effets océaniques du réchauffementPar 

DOM-TOM : en 2070, ils seront menacés par les effets océaniques du réchauffement

Les tropiques resteront toujours les tropiques ! Toutes les simulations climatiques indiquent en effet que, sur l'ensemble du globe, ce sont dans les deux bandes qui entourent l'équateur que le réchauffement sera le moins marqué. Les habitants des Antilles et de Guyane (plus d'un million de personnes), de la Réunion (850 000), de Nouvelle-Calédonie (250 000), de Polynésie (250 000) ou de Mayotte (200 000) continueront donc à vivre sous les charmes et la dureté du climat tropical. Reste qu'il y fera encore un peu plus...

 

Isabelle Attard : "L'anarchie n'est pas le chaos"

Par Le 06/01/2020

 

Isabelle Attard, docteure en archéozoologie, est l'auteure du livre "Comment je suis devenu anarchiste" dans lequel elle raconte sa déception du fonctionnement de notre système démocratique pour lutter contre les changements qui nous menacent.

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/isabelle-attard-prone-l-anarchie-qui-n-est-pas-le-chaos-mais-l-ordre-sans-le-pouvoir_3728689.html?fbclid=IwAR3RahlTA_QQsUdhouEqJZxW7fPjbUa1ilHeFGS4Zo53gSAHRyQ_LNgyMB0

FRANCEINFO

"Le capitalisme vert basé sur les énergies renouvelables permet de remplacer le capitalisme basé sur les énergies fossiles. Il ne remet absolument pas en question notre système économique", estime Isabelle Attard.

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, comme Antonio Gutteres, le secrétaire général de l'ONU, "sont englués dans le système capitaliste actuel et ne voient pas comment on pourrait en sortir. Alors, ils essaient de le verdir de l'intérieur, ce en quoi je ne crois plus. J'ai essayé quand j'étais députée EELV", assure-t-elle.

L'exemple ukrainien ou syrien

"L'anarchie c'est l'ordre sans le pouvoir. Aujourd'hui, il n'y a pas une catégorie d'hommes et de femmes qui ne souffrent pas de problème de domination. Comment partage-t-on le pouvoir ? Qui prend les décisions en France ?", interpelle l'auteure du livre Comment je suis devenu anarchiste.

"Il faut regarder dans le passé dans des pays ou des régions qui ont fonctionné sur un mode d'autogestion, d'assemblées locales comme en Ukraine en 1917 ou ce qui se passe au nord de la Syrie actuellement avec un système basé sur l'écologie sociale où les femmes ont leur place, les minorités leur mot à dire", propose-t-elle.

"Ce n'est pas parce que ces expériences n'ont pas duré le temps qu'elles n'ont pas réussi. C'est parce qu'elles réussissaient qu'elles ont été matées dans la violence", insiste Isabelle Attard.

"Marche avec les loups"

Par Le 05/01/2020

Après avoir disparu pendant près de 80 ans et malgré les obstacles, les loups sont en train de retrouver leurs anciens territoires. Ce film raconte le grand mystère de la dispersion des loups : comment les jeunes loups quittent le territoire qui les a vus naître, et la façon dont ces aventuriers partent à la conquête de nouveaux territoires. Deux années durant, Jean-Michel Bertrand a mené une véritable enquête pour tenter de comprendre le fonctionnement complexe et erratique de ces jeunes loups, leurs rencontres avec leurs semblables et les opportunités de se mettre en couple.

MARCHE AVEC LES LOUPS Bande Annonce (2020) Documentaire Date de sortie : 15 janvier 2020

https://www.ledauphine.com/economie/2020/01/05/marche-avec-les-loups-le-coup-de-gueule-du-realisateur?fbclid=IwAR26QYO5Dxd0MPlOrnH0cblaECjlQWa9_OYggaQF1DJGY08pIc8XAhirRaU

HAUTES-ALPES

 

"Marche avec les loups" : le coup de gueule du réalisateur

 

La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) avait appelé à une mobilisation “contre” le film “Marche avec les loups” de Jean-Michel Bertrand. Avant de finalement annuler. L’appel de trop ?

Par Sandie BIRCAN - 06:06 | mis à jour à 06:22 - Temps de lecture : 3 min

 | Vu 2362 fois

Trois séances en avant-première du film de Jean-Michel Bertrand “Marche avec les loups” sont programmées ce dimanche au cinéma Le Palace, à Gap, à partir de 13 h 30. La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles avait prévu de tracter “contre” le film ce même jour devant la Chambre d’agriculture. Elle a annulé. Photo archives Le DL

“Appel à mobilisation dimanche 5 janvier 2020 contre le film de Jean-Michel Bertrand Marche avec les loups”, a annoncé ce vendredi 3 janvier sur sa page Facebook la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Hautes-Alpes. Un “post” très commenté qui n’a pas eu l’effet escompté. Ce samedi soir, les quelque 90 commentaires d’internautes fustigeaient la FDSEA et/ou soutenaient le réalisateur champsaurin.

« On ne veut pas empêcher les gens d’aller voir le film »

Le tractage, prévu ce dimanche à 12 h 30 devant la Chambre d’agriculture de Gap alors que le film est diffusé le même jour en avant-première au cinéma Le Palace, a finalement été annulé ce samedi soir. À cause du tollé sur les réseaux sociaux ? « C’est un problème d’organisation », répond Sandrine Hauser, secrétaire générale de la FDSEA 05. Qui explique qu’un tractage aura bien lieu mais « ultérieurement ».

« Dans un département touché par la prédation, où les agriculteurs en souffrent, nous passer un film proloup disant que c’est nous qui ne savons pas faire, que le loup il est joli et qu’il est bon pour l’élevage, on ne peut pas l’entendre. On ne veut pas empêcher les gens d’aller voir le film, on veut leur expliquer notre position », détaille-t-elle.

Des explications qui font bouillir le réalisateur champsaurin de “Marche avec les loups”. « Est-ce qu’ils ont vu le film ? », interroge Jean-Michel Bertrand. Il dénonce une « instrumentalisation ». « A-t-on le droit, en France, de faire des films et de s’exprimer sans avoir des corporatistes qui mettent la pression ? J’ai reçu trois menaces de mort. Dans leur appel à mobilisation, ils ne parlent pas d’expliquer, ils disent “contre le film de Jean-Michel Bertrand”, donc ces gens-là ont un a priori colossal », poursuit-il.

Au-delà des menaces de mort, Jean-Michel Bertrand évoque des pressions qui ont eu lieu lors des dernières rencontres de la Cinémathèque de montagne, à Gap, en novembre. « Il a fallu les remercier de ne pas avoir fait une action. Dois-je les remercier chaque matin quand je me lève ? »

« Les élus qui mettent de l’huile sur le feu et légitiment les actions »

« Lors des séances, je passe mon temps à essayer d’avoir du bon sens et du dialogue. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas moi qui aie fait revenir les loups. Personne ne l’a fait. Il est revenu seul d’Italie à la faveur de l’évolution de notre présence sur le territoire, du retour des ongulés… Il faut arrêter tout ça. Ce qui me tue, c’est que les syndicalistes font leur boulot, les associations proloup font leur boulot. Les élus, dans tout ça, je leur demande d’avoir du discernement. Si un jour j’ai des problèmes avec des extrémistes, je tiendrai en partie responsable les élus qui mettent de l’huile sur le feu et légitiment les actions. »

Pour autant, le réalisateur, qui ne mâche pas ses mots, ne compte pas se laisser impressionner. Bien que souffrant, il sera présent ce dimanche à 13 h 30 à l’avant-première de “Marche avec les loups”. « J’espère que chez les élus, il y en aura un pour prôner le respect du travail de chacun, des réalisateurs comme des éleveurs. »

 

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