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Coronavirus : un autre point de vue

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 24/03/2020

Les avis les plus importants sont à mes yeux, ceux émanant du milieu scientifique. Ils sont parfois opposés, parfois contradictoires, mais ils sont en général argumentés et normalement, dépassionnés...

En voici un autre : 

https://lundi.am/Entretien-avec-un-jeune-retraite-de-la-recherche-pharmaceutique?fbclid=IwAR1zT9JbnP6nY3_M5IOZJgnAGISIiU1IaNewjxqNnwMAVZYR0ukVph0reEE

ENTRETIEN AVEC UN JEUNE RETRAITÉ DE LA RECHERCHE PHARMACEUTIQUE

« Ce qui préside à la gestion de cette crise sanitaire n’obéit pas à une logique de santé, mais à des impératifs économiques, c’est-à-dire politiques. »

paru dans lundimatin#235, le 23 mars 2020

APPEL À DONS

Face aux accès de conspirationnisme qui fleurissent à chaque fois qu’une population en danger se trouve réduite à l’impuissance, face à un amateurisme gouvernemental qui ne trouve que les coups de menton autoritaires pour refouler l’évidence de ses propres errements et accuse sa propre population de la « mise en danger la vie d’autrui » dont il est lui-même l’artisan, nous avons choisi de nous tourner vers un médecin ami de lundimatin qui, après une carrière de généraliste, a passé trente ans à développer plusieurs des molécules-phares de l’industrie pharmaceutique française. Jeune retraité, nous avons jugé qu’il était assez détaché des intérêts de ses anciens employeurs pour nous livrer une analyse dessillée de la situation comme des pistes thérapeutiques possibles.

Question : Bonjour, docteur. Pour commencer nous aimerions comprendre comment se déroule le développement d’une molécule jusqu’à parvenir à un médicament. Dans quelle temporalité se situe-t-on ?
La logique d’un protocole de recherche en pareille situation est très simple : elle est empirique. Les chercheurs extrapolent a) à partir des expériences passées sur des virus similaires quel produit antiviral pourrait avoir un effet sur le covid 19 ; en suivant cette piste, ils testent des produits antiviraux plutôt récents ; c’est ce qui amène à tester le remdesivir, qui a été testé chez l’animal contre le virus Ebola ou le Kaletra, qui est utilisé dans les trithérapies contre le VIH ; b) à partir de l’expérience passée, quel produit connu, ou non connu comme spécifiquement antiviral, pourrait être utile et c’est comme cela que la combinaison Plaquenil-Zithromax a été choisie empiriquement et testée sur quelques patients. Les essais thérapeutiques se déroulent, eux, à partir d’un rationnel théorique. Dans un contexte de recherche normal, on commence par tester le produit en biologie : les virus en culture d’abord puis sur un tissu animal infecté enfin sur des espèces animales in vivo (souris, rats, lapins, cochons, chiens, singe). Si les résultats sont positifs, on passe chez l’homme. On teste d’abord la toxicité du produit chez des volontaires sains (jusqu’à 30 volontaires) en augmentant les doses pour connaître le seuil de toxicité puis, en ayant une valeur sur la concentration tissulaire non toxique chez le volontaire sain, on teste le produit sur des tissus humains infectés par le virus. Une fois toutes ces données analysées, on passe chez le malade avec un essai non comparatif sur 20 à 30 patients avec 1 ou 2 doses de produit pour connaître la réaction du malade (les paramètres que l’on mesure peuvent être l’état de santé du malade en général ou un paramètre secondaire comme la charge virale) ; c’est l’essai préliminaire qu’a fait le professeur Raoult. Si tout est positif et cohérent, on monte un essai comparatif avec 2 ou 3 doses de produit pendant une ou deux semaines, en fonction de la durée de vie du produit dans l’organisme, avec si possible un groupe placebo. Par exemple, dans un essai en double aveugle (c’est-à-dire que ni le médecin ni le malade ne connaissent les doses testées), on va tester 1 mg deux fois par jour pendant une semaine chez 20 patients, 5 mg chez 20 autres patients, 10 mg chez 20 autres et un placebo chez 20 derniers patients. Ces essais préliminaires sont faits chez des patients plutôt solides. Ainsi, on détermine la dose optimale que l’on va tester ensuite en double aveugle contre placebo ou un produit de référence (s’il en existe) dans une population plus nombreuse (quelques centaines de patients ) et moins sélective (jeunes, vieux, hommes, femmes, etc.). On parle alors d’essais de phase III. On fait en général 2 ou 3 essais pour être sûrs des résultats. En situation normale, les essais chez l’homme durent plusieurs années. En cas d’urgence sanitaire, le processus est le même avec moins de malades dans chaque essai et une prise de risque plus grande. Pour un produit classique qui deviendra un médicament, il se passe en moyenne 10 ans entre le début de la recherche biologique et la fin des essais thérapeutiques. En urgence pour un produit nouveau, cela prendra une à deux années. Pour un produit sur le marché depuis des décennies, un à trois mois peuvent suffire. Les produits testés actuellement (en dehors du Plaquenil) sont nouveaux, en général issus des centres de recherche qui sont majoritairement anglo-saxons mais les Européens, Indiens et Chinois sont aussi actifs.
Et concernant les vaccins ?
Pour les vaccins, le process est identique mais plus long car le temps de production des anticorps pour chaque personne testée est variable (une à quelques semaines voire mois) et la production d’anticorps plus ou moins intense selon le patient. Même en cas d’urgence sanitaire, il faut compter un à deux ans pour mettre au point un vaccin contre une nouvelle maladie. Il faut savoir que les efforts de recherche sur les précédentes épidémies du même type sont en général menés par les milieux académiques plus que par l’industrie pharmaceutique, sauf lorsqu’une population occidentale est aussi atteinte comme pour le SIDA. C’est que les épidémies similaires touchaient plus souvent des pays « en développement », et donc des populations pauvres, peu solvables qui n’intéressent pas beaucoup l’industrie privée a priori. C’est terrible, mais c’est ainsi. Dans les vingt dernières années, on a vu s’imposer une répartition tacite des axes de recherche : au public, toujours moins financé, la recherche fondamentale ; au privé la recherche appliquée, qui aboutit à la commercialisation de médicaments. Dans le cas présent, il y a fort à parier que, des populations riches étant concernées et la clientèle étant mondiale, la course de vitesse entre firmes va accélérer tous les protocoles de recherche, car il faut savoir que c’est le premier qui arrive sur le marché qui, classiquement, définit le prix du médicament.
Pourquoi l’essentiel des molécules mises à l’essai en France sont-elles américaines ?
Parce que c’est là que se trouvent le plus grand nombre de centres de recherche. C’est là qu’est l’argent. À part Sanofi et Mérieux, il n’y a pas de compétiteur français de taille dans ce domaine. Dès qu’un chercheur obtient des résultats significatifs en France, il est courtisé par l’industrie américaine qui lui offre des ponts d’or et des moyens de recherche sans commune mesure.
Que pensez-vous de la piste chloroquine / azythromycine ?
Je ne suis pas un spécialiste de la question. Tout ce que je peux dire, c’est que l’hydroxychloroquine est un antipaludéen de synthèse de plus de 20 ans d’âge, l’azythromycine, un antibiotique de type macrolide également bien connu, capable de bien se concentrer dans les poumons avec une activité bactéricide moyenne. Les autorités ne veulent pas s’engager pour l’heure à promouvoir ce type d’association car les essais formels, bien structurés n’ont pas encore été menés comme pour un produit pharmaceutique classique et que se pose dès lors pour elles un problème de responsabilité juridique (ce qui n’empêche nullement que les médecins y aient recours sans attendre, plutôt que de regarder mourir leurs patients). Par ailleurs, l’industrie pharmaceutique qui non seulement a l’oreille de tous les ministres de la santé depuis des lustres mais détient aussi tous les moyens de développement n’est sûrement pas intéressée pour faire un plan de développement long et coûteux pour un produit peu cher et, qui plus est, « génériquable » (5 euros la boîte de 30 comprimés de Plaquenil). Tant que la recherche et le développement seront entre les mains d’intérêts privés eux-mêmes soumis aux cours boursiers, ce seront tendanciellement les opportunités de marché qui détermineront les axes de développement clinique, et tant que l’on persistera dans la voie d’une privatisation rampante de l’hôpital public par l’imposition d’une logique comptable d’inspiration manageriale, les choix thérapeutiques seront plutôt guidés par des options budgétaires que par le souci strict de la santé du patient.
Pourquoi tout ce débat absurdement passionné autour du professeur Raoult quand ce qui est en jeu est une piste thérapeutique ?
J’ai connu le professeur Raoult. Il est de ma génération. C’est un éminent chercheur en virologie clinique, au parler rude, à la forte personnalité. Son tort est de ne pas donner dans les mœurs de cour qui sont habituellement la norme dès lors que l’on s’élève, en France, dans l’échelle hiérarchique. Il dit ce qu’il pense d’un point de vue purement scientifique, quitte à provoquer, sans se soucier de la politique. Il avait déjà critiqué la ligne officielle d’imposition des onze vaccins par Agnès Buzyn. Autant dire qu’il accumule les crimes de lèse-majesté. Là, il s’est permis de critiquer la stratégie d’ensemble, effectivement aberrante, du gouvernement. Voilà qui est impardonnable. À la fin, il y a de grandes chances que l’option qu’il défend finisse par devenir la doxa gouvernementale : on va dépister en masse et traiter précocement ceux chez qui il n’y aura pas de contre-indication à l’hydroxychloroquine, simplement parce qu’il n’y a pas d’autre piste thérapeutique à court terme. Tout le tort de cette situation revient au gouvernement : à force d’incurie, d’impréparation, de déni, il a fini par produire un effet de panique dans la population qui se rend compte qu’il n’y a pas de pilote à bord. Et ce n’est certainement pas Jérôme Salomon, qui depuis ses trente ans fréquente plus les milieux ministériels que les paillasses, qui pourrait l’être. Rien n’est plus stressant que de voir ces gouvernants se donner des airs d’assurance martiale alors qu’il est patent qu’ils ne font que bricoler et inventer des éléments de langage à même de couvrir l’étendue de leurs propres manquements. Rien n’est plus contre-productif que de prétendre que tout est sous contrôle alors que chaque jour atteste de combien l’on est débordé. Comment ne pas avoir des montées d’angoisse quand un secrétaire d’Etat certifie face caméra que non, il n’y a pas de pénurie de masque, alors que ses propres collègues ont renoncé à le nier ? Le confinement, qui est le prix à payer par la population pour la branquignolerie et l’avidité de ses dirigeants, conduit logiquement à tourner tout cela en rond dans sa tête. Ce qui est criminel chez nos gouvernants, c’est leur façon de simuler qu’ils font autre chose qu’improviser, de faire croire qu’ils gouverneraient quoi que ce soit dans cette affaire. Cette situation de détresse où chacun se rend compte que sa vie se trouve entre les mains d’une bande d’incapables qui en rajoutent dans l’arrogance produit logiquement le besoin de trouver un sauveur. Et puisque la politique a déçu, on se tourne logiquement vers la science. Le Pr Raoult est le candidat idéal pour cet investissement affectif déplacé qu’il n’a lui-même pas demandé. Il faut redescendre et revenir au fond du débat. Celui-ci est simple : selon les standards classiques de développement d’un produit anti-infectieux, le Plaquenil n’a pas encore fait les preuves solides de son efficacité ; à ce stade, c’est une hypothèse de travail prometteuse mais à confirmer ; il faut prendre sereinement les quelques semaines de test nécessaires pour la valider. Ensuite, la capacité de production suivra sans problème. Il faut procéder avec méthode, malgré l’anxiété liée à la situation.
Pourquoi, d’après vous, a-t-on renoncé si tôt à une politique de dépistage de masse qui aurait permis d’isoler les porteurs du virus et de les traiter précocement plutôt que d’en venir à traiter chacun, indistinctement, comme un pestiféré potentiel ?
Au départ, je n’ai pas bien compris non plus, puis je me suis informé. Cela paraîtra absurde, et peut donner l’impression que, sous les apparences d’un pays à la modernité clinquante, se cache une réalité digne du Tiers-Monde. Les autorités ont produit toutes sortes d’arguments pour camoufler la triste et misérable vérité : au départ, c’est à cause du manque de masques pour protéger les préleveurs (infirmières à domicile, techniciens et biologistes des laboratoires de biologie médicale) ! Les biologistes de ville ont été, comme souvent, les grands oubliés des personnels de santé alors que les laboratoires d’analyses de biologie médicale sont ceux qui prélèvent et réalisent les diagnostics. Ils n’étaient même pas dans la première liste officielle des personnels de santé pour l’attribution des masques donc : sans protection de leur personnel, impossible de prélever. Quand le problème des masques a été plus ou moins réglé, il y a eu un manque notoire de milieu de transport (éprouvettes spécifiques car il faut un milieu qui ne détruit pas les virus prélevés, des écouvillons du malade au labo d’analyse). Puis, quand ce problème a été réglé, il y a eu pénurie de tests disponibles. Par ailleurs, le dosage fait appel à la biologie moléculaire dont beaucoup de labos de ville n’ont pas la pratique ni le matériel. Ensuite, il y a la complexité relative de l’examen pour un diagnostic fiable dès le début des symptômes (et même avant) qui est fait en biologie moléculaire (c’est un examen spécialisé, ce n’est pas une glycémie ; il ne se fait donc pas sur n’importe quel automate), donc certains labos ont à s’équiper. Il faut préciser que le test est très fiable à condition que le prélèvement nasal soit très précautionneux afin d’éviter des faux négatifs. Enfin, et je dirais surtout au vu de la logique de ceux qui nous gouvernent, il faut savoir que le test a le malheur d’être remboursé par la sécurité sociale. Tester 67 millions de personnes à un centaine d’euros le test coûterait « un pognon de dingue ». C’est ici toujours la même logique comptable, gestionnaire et pour tout dire économique qui nous a mené dans ce cul-de-sac sanitaire, et qui empêche que l’on en sorte. C’est triste à dire, mais ce qui préside à la gestion de cette crise sanitaire n’obéit pas à une logique de santé, mais à des impératifs économiques, c’est-à-dire politiques.
Qu’est-ce que vous inspire la situation ?
Ce qui me paraît scandaleux, c’est que depuis cinquante ans toutes les épidémies de ce type, malgré des extensions et des cinétiques variables, obéissent au même schéma : elles naissent le plus souvent en Asie pour se répandre ensuite à la faveur de la circulation mondiale des marchandises et des personnes ; or on n’a pas été foutus, quand en début janvier les premières nouvelles nous sont parvenues de Chine, d’envoyer immédiatement une équipe pour aller au contact et prendre la mesure de ce qui se passait à Wuhan, qui ne manque pas de connexions avec la France, ni d’ailleurs ensuite en Corée du Sud. Ces messieurs de la santé publique ont préféré rester à la cour, dans leurs ministères et manger dans les bons restaurants plutôt que de prendre le risque de sortir de leur milieu de culture et affronter la situation sur le terrain. On a là un symptôme sûr d’une organisation sociale sub-claquante. Depuis vingt ans que les risques de pandémie virale, bactériologique ou parasitaire se précisent, aucun plan concerté mondial n’a été vraiment mis sur pied ; les études sur ces pandémies, leur pourquoi et la résolution de ces crises, certainement parce qu’on les croyait réservées aux pauvres, sont justement le parent pauvre de la recherche mondiale (seule la Chine a investi massivement dans ce domaine) ; il n’y a aucune cellule d’alerte multidisciplinaire capable d’étudier le phénomène immédiatement sur place dès le début de chaque épidémie et de donner des recommandations à mettre en œuvre rapidement avant sa propagation élargie. En théorie, malgré la destruction organisée de l’hôpital public, notre organisation sanitaire est en mesure de circonscrire une pareille épidémie à condition qu’elle soit très réactive. Cela revêt une importance d’autant plus grande que de telles pandémies ont vocation à se répéter du fait de la mobilité internationale des humains et des marchandises, d’une population toujours plus nombreuse, de la concentration de celle-ci dans les villes, de la paupérisation induite par la logique capitaliste, du ravage écologique et de l’absence de toute éducation sanitaire de masse. À moins que tout cela ne cesse..."
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Coronavirus : la chloroquine

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 24/03/2020

Oui, je sais, je ne parle plus que du coronavirus...En même temps, ça concerne plus d'un milliard d'individus et on en fait partie...Et c'est une situation éminemment compliquée.

Le professeur Raoult et la chloroquine, par exemple.

Je connais un tout petit peu les procédures d'AMM (autorisation de mise sur le marché) pour un médicament, les trois phases expérimentales indispensables pour parvenir à décrocher ce graal, la complexité extrême et la rigueur absolue qui est réclamée par les instances de contrôle etc et...

Dans le cas de la chloroquine, rien n'est validée par la démarche scientifique reconnue comme étant la seule valable. On est dans le flou artistique le plus complet. 

Alors, venant d'une sommité comme celle du professeur Raoult, on peut se dire que l'urgence lui donne raison mais il n'en reste pas moins, que pour être objectif, on se doit d'écouter les analyses contradictoires. 

Celle-ci reprend l'essentiel.

N'importe quelle société médicale qui aurait présenté un dossier comme celui-là se serait fait dézinguer dans les grandes tailles et aurait ruiné sa réputation à tout jamais. 

J'ai vu également à quel point le professeur Raoult s'est fait laminer dès le début et j'imagine un peu l'effet que ça a dû faire sur lui...On ne parle pas d'un étudiant ou d'un novice...

Il ne s'agit donc pas ici de chercher à comprendre les rouages de cet imbroglio politico-scientifique entre Buzyn, son mari ex patron de l'Inserm, Raoult, les labos qui bossent pour sortir un traitement et tout ce qu'on ne peut même pas imaginer et qui est très éloigné du seul objectif sanitaire, il s'agit juste de comprendre que les procédures suivies dans le cas de la chloroquine sont obsolètes dans le cadre scientifique.

Maintenant, je connais également des cas de sociétés qui ont été dézinguées par les instances de contrôle pour des détails mineurs qui ne s'accordaient pas avec les protocoles alors que le traitement en lui-même était fiable, avec une toxicité nulle, et que toutes les études faites étaient positives, sauf...un point...Et ce point envoyait l'ensemble aux calandes grecques (c'est très long de refaire une phase expérimentale) et avec l'obligation de trouver de quoi payer de nouveau des études considérablement chères (ce qui conduit parfois la société elle-même à disparaître ou à prendre un retard considérable avant de pouvoir se financer...) ...

Donc, je ne sais pas ce qui se passe derrière tout ça mais je sais un peu à quel point tout cela est extrêmement complexe et rigoureux.

Trop ou pas assez, je n'ai pas les compétences pour le dire.

J'espère que la chloroquine sera efficace pour les malades. Pour le reste, j'essaie juste de rester objectif : cette étude scientifique n'est pas valable mais je suppose que le professeur Raoult sait ce qu'il fait et que ça marchera sur le plus grand nombre.

 

 

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Coronavirus : redistribuer les cartes

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 24/03/2020

Redistribuer l'argent, pour être plus clair. 

"L'opportunité de transformation". J'en ai déjà parlé ici. 

Rien n'est réglé sur la crise sanitaire elle-même, les conflits d'intérêt, les règlements de compte, les magouilles, les dysfonctionnements, les Busyn et consorts, les masques de protection, les respirateurs, le délabrement des services hospitaliers, le personnel qui il y a quelques mois était aspergé de gaz lacrymo et matraqué et qui aujourd'hui est encensé par les politiques...il y aurait tant à dire encore...

Mais, il adviendra un moment où la crise sanitaire sera réglée (avant la suivante) et où il faudra affronter la crise économique. Et celle-là va durer encore plus longtemps et aura des répercussions pendant des années, ne serait-ce qu'en raison de l'endettement des Etats. 

Donc, il va falloir réfléchir sérieusement à ce qu'on veut désormais. Rétablir le système au mieux, alors qu'il montre actuellement toutes ses failles, ou élaborer et organiser un système différent.

Des initiatives émergent. En voici une :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/coronavirus-covid-19-crise-va-redistribuer-cartes-collectif-prone-transition-ecologique-sociale-1805292.html

 

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Le collectif "Il faut sauver" lance une pétition pour que la crise sanitaire actuelle soit l'occasion de repenser notre système économique. Composé entres autres de scientifiques, il souhaite que les aides financières versées par le gouvernement aillent en direction des initiatives locales. 

Par Flore CaronPublié le 24/03/2020 à 15:49

"Nous souhaitons saisir l’opportunité de cette crise sanitaire et économique sans précédent pour transformer notre système en profondeur". Telle est la phrase d'introduction de la pétition lancée par le collectif "Il faut sauver", composé de scientifiques, de fonctionnaires, d'étudiants, d'entrepreneurs, d'entreprises, de municipalités, etc. Ses membres considèrent la crise sanitaire actuelle comme "une opportunité pour effectuer un virage écologique et social" sur le plan politique. La pétition a, pour l'heure, recueilli plus de 250 signatures. 

Pour 
Nicolas Plain, scientifique et réalisateur du film documentaire "Il faut sauver les Alpes", deux options s'offrent au gouvernement. "Soit on continue d’appliquer les vieilles recettes, on essaie de mettre des pansements sur le système actuel pour le faire repartir et ne pas tomber dans la récession. Par exemple, nationaliser Air France, qui repose beaucoup sur le pétrole pour fonctionner. Mais on repartirait dans un système qui n’est pas viable pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et respecter l’accord de Paris, considère-t-il. Soit on se dit que c’est l’opportunité pour faire une transition écologique et sociale. On pourrait lancer des secteurs comme l’industrie locale moins intensive, les transports décarbonée ou l’agriculture biologique."

 


Des "recettes" partagées

"'Il faut sauver' est un collectif informel mais on est en train de le formaliser", explique Nicolas Plain. Un site internet est notamment en cours de création. L'objectif est d'en faire "un marmiton [site de recettes de cuisine, NDLR]" des initiatives locales. "Il y a plein de solutions que les personnes ont créées après de longues années de réflexion. Nous, on va mettre en open source toutes ces idées et les citoyens n’auront plus qu’à se servir."

Parmi ces "recettes", se trouve par exemple celle de la 
"remorque partagée". Un système qui permet à plusieurs producteurs locaux de fonctionner ensemble : ils se partagent une remorque avec laquelle ils partent faire les marchés. Et à chaque fois, un seul producteur s'y rend pour vendre les produits de tout le monde. "En un an, les quatre producteurs qui ont lancé ce système ont économisé 1000 heures de travail et 2,2 tonnes de CO2 par an", affirme le scientifique. 

Pour lui, les aides versées actuellement par le gouvernement en raison de la crise sanitaire devraient se tourner vers ce type d'initiatives au lieu d'aider un système qui, selon lui, n'est pas pérenne. Le ministère de l'Economie a en effet affiché à plusieurs reprises son soutien envers les entreprises. "Face à l’épidémie du Coronavirus Covid-19, le gouvernement est en solidarité totale avec les entreprises et leurs salariés, et continuera d'être pleinement mobilisé dans les jours et les semaines à venir", 
est-il notamment inscrit sur le site du gouvernement. Bercy a notamment annoncé mardi 17 mars que 45 milliards d’euros d'aides seraient consacrés aux entreprises et aux salariés. Concernant Air France, qui devrait voir son activité diminuer de 90 % dans les prochaines semaines, le gouvernement envisage plusieurs solutions dont la nationalisation de la compagnie aérienne ou encore le versement d'aides publiques.

 

Créer de nouveaux types d'emplois

"Au lieu de mettre des millions pour sauver Air France, on pourrait mettre des millions pour créer de nouveaux types d’emplois et accélérer la transition écologique et sociale, estime quant à lui Nicolas Plain. Il faut qu'on fasse confiance aux organismes et aux institutions locaux. Il faut qu’on redonne l'argent à ceux-là parce que ce sont des acteurs clefs de cette transition."

"Cette crise va redistribuer les cartes. Il va y avoir des sociétés qui vont avoir du mal à fonctionner, des personnes qui vont perdre leur travail, etc. Mais l’idée c’est vraiment de créer de nouveaux types d’emplois", affirme Nicolas Plain. Avant la crise on voyait déjà un virage. Les citoyens avaient de plus en plus envie de s’engager pour ces questions-là. À présent, soit on continue notre chemin et on va droit dans le mur soit on s'engage dans un système plus pérenne."

 

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THÈME : Coronavirus (13)

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 22/03/2020

MARS 2020

Inutile de présenter le thème...

Je me suis dit qu'il était temps que je compile avant de ne plus m'y retrouver. On est loin de la sortie...

 

Coronavirus et pangolin

Coronavirus : Mise en quarantaine

A propos du coronavirus (1)

A propos du coronavirus (2)

Coronavirus et économie

Coronavirus et les scientifiques

Coronavirus et végétarisme

Coronavirus et baisse de la pollution

Coronavirus : Pénurie de médicaments

Coronavirus : juste une alerte de plus.

Coronavirus : vers un confinement total ?

Monologue du coronavirus

Coronavirus : Détresse respiratoire sévère

Coronavirus : Une interrogation...

Coronavirus : USA

Coronavirus : masques de protection

Coronavirus : soutenir les scientifiques.

Coronavirus : le Professeur Raoult

Coronavirus : Concours Lépine gouvernemental...

Coronavirus : constat et état des lieux

Coronavirus : responsabilités de l'Etat.

Coronavirus : le milieu médical

Coronavirus : Le professeur Raoult contre l'ANSM.

Coronavirus : l'argent, le profit, la rentabilité...

Coronavirus : redistribuer les cartes

Coronavirus : la chloroquine

Coronavirus : un autre point de vue

Coronavirus : collaborateur du professeur Raoult.

Coronavirus : les héros de l'hôpital

Coronavirus : "J'ai la rage"

Coronavirus : Raoult, Levy, Buzyn

Coronavirus : le savon et le lavage des mains

Coronavirus : chloroquine et les autres...

Coronavirus : et après ?

Coronavirus : refus pour des tests

Coronavirus : l'état et la chloroquine

Coronavirus : Aux USA

Coronavirus : Confinement.

Coronavirus : Surveiller les ordonnances

Coronavirus : dette des Etats.

Coronavirus : "Monsieur le Président"

Coronavirus : crise écologique

Coronavirus : immunité collective

Coronavirus : USA, diabète, NASH...

Coronavirus : confinement et emprisonnement des animaux

Coronavirus : à propos des masques...

Coronavirus : la guerre des masques

Coronavirus : confinement et vie sauvage

Coronavirus : Méditation planétaire

Coronavirus : l'immunité collective

Coronavirus : Vietnam

Coronavirus : Chine, le risque de deuxième vague.

Coronavirus : Du sang sur les mains.

Coronavirus : pénurie de médicaments

Les risques de crise en 2019

Liberté du confinement.

Coronavirus : tuto pour un masque maison

Coronavirus : le savoir-faire français.

Coronavirus et biodiversité

Coronavirus et décroissance

Coronavirus : un confinement particulier

Coronavirus : Justice populaire

Coronavirus : Immunité collective (3)

Coronavirus : Marie Tabarly et le confinement

Coronavirus : Récession

La Nature en lanceur d'alerte

Coronavirus : Simplicité volontaire

Coronavirus : Le système bancaire

Coronavirus : statistiques des personnes à risques.

Coronavirus : Anticipation

Coronavirus : Medef et économie

Coronavirus : P4 et autres centres secrets

Coronavirus : Témoignage de Jane Goodall

Coronavirus : déconfinement des personnes à risques

Coronavirus : Fermeture des écoles

Coronavirus : Medef et économie (2)

Coronavirus : Un autre message présidentiel

Confinement : Amazon et librairies.

Confinement et économie locale

Coronavirus : Une simulation en octobre 2019

Confinement et escalade

Coronavirus : Déconfinement en Europe

Coronavirus et Triangle de Karpman

Coronavirus : ouverture des écoles

Coronavirus : Une analyse élargie...

Coronavirus : "On verra bien"...

Coronavirus : Immunité chez les enfants

Coronavirus : Ordre des médecins et ouverture des écoles

Coronavirus : Ecole.

Coronavirus : Ecole (2)

Coronavirus : Ecole (3)

Coronavirus : "Négligences, mensonges et désinvolture"

Coronavirus : Zoonose (1)

Coronavirus : Budget des hôpitaux

Coronavirus : Pétition

Coronavirus : "Autorisé / Interdit

Coronavirus : Les masques...

Coronavirus : Sport et système immunitaire

Coronavirus : Economie locale

Coronavirus : Zoonose (2)

Coronavirus : Professeur Raoult suite et resuite...

Coronavirus : Complexité du déconfinement.

Coronavirus : Une seule certitude

Coronavirus : Les affamés.

Coronavirus : le savoir-faire français

Coronavirus : Pétition pour la montagne

Processus démocratique pour le monde d'après

Coronavirus : Quelle consommation pour demain ?

Coronavirus : Ecole (3) : Refus d'ouverture

Coronavirus : Ecole (4) : Comité scientifique

Coronavirus : Effondrement.

Coronavirus : Ecole (6). Les maires réfractaires

Coronavirus : L'avis d'un anthropologue : Jean-Dominique Michel

Les prochaines pandémies

Les prochaines pandémies (2)

"Propositions pour un retour sur Terre"

Coronavirus : Edgar Morin

Privés de nature

"La dangerosité de l’hydroxychloroquine: une fable politico-médiatique?"

Coronavirus : Les Amérindiens

Stratégie de la peur

Coronavirus : L’administration française

Coronavirus : Inextricable

Bande de porcs

Les bienfaits de la crise.

Les prédictions de Didier Raoult

Coronavirus : Mise au point

Vibrio Choleare

Coronavirus : état des lieux officiel

La culture pendant le covid

Covid et chercheurs.

Covid et école

Un vaccin contre le covid

Juste une question

Les alertes existaient.

Les pillards

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Retour vers le passé.

Hôpital et contraintes budgétaires

Business is business

Crise, dette, croissance

Je suis un vilain complotiste

Impact de la crise sur les enfants

Passeport vaccinal

Passeport vaccinal (2)

Communication du pouvoir

Défenses immunitaires et industrie agroalimentaire

Zoonoses et dérèglement climatique

La croissance sans la croissance

Eradication de la variole

Le rapport Meadows (1972)

Intervention d'une généticienne.

Et si...

"Il vaut mieux prévenir que guérir"

C'était en 2017.

Coronavirus : info gouvernement

Le variant sud-africain

 

 

 

 

 

 

 

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Coronavirus : l'argent, le profit, la rentabilité...

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 22/03/2020

Juste pour information parce que ça restera, je pense, assez confidentiel...Vu que c'est partout pareil...Le capitalisme libéral dans toute son horreur. Il ne reste plus qu'aux états à nationaliser tout ce qui concerne la protection sanitaire et l'affaire sera réglée. Oui, je sais, je rêve, ça n'arrivera jamais...

 

pour info:
https://www.levif.be/actualite/europe/coronavirus-en-pleine-crise-epidemique-une-entreprise-italienne-vend-500-000-tests-aux-etats-unis/article-normal-1267229.html


Coronavirus : en pleine crise épidémique, une entreprise italienne vend 500 000 tests aux Etats-Unis
20/03/20 à 15:52

Produits par une compagnie de Brescia, en plein coeur de la zone la plus sévèrement touchée par l'épidémie, les tests auraient pu subvenir aux besoins de toute la moitié nord du pays. A la place, ils ont été vendus aux Etats-Unis, écrit le quotidien italien La Reppublica

En France, Emmanuel Macron a parlé d'une "guerre" contre le coronavirus. Une guerre, oui. Mais une guerre d'un genre nouveau. Tous contre tous, sans alliances. Les nations et leurs dirigeants semblent être revenus à la logique du chacun pour soi. Chacun use de ses propres moyens pour s'assurer les armes qui permettront de lutter contre la propagation du virus : kits de tests, gants, masques, appareils respiratoires.

C'est dans ce contexte que mercredi l'Amérique a célébré en grande pompe l'arrivée sur le sol de l'Union de plus de 500 000 tests permettant de diagnostiquer le coronavirus. Un stock impressionnant. En comparaison, l'Italie, depuis le début de l'épidémie, n'en a pas fabriqué plus de 100.000. Sauf que justement l'avion qui a assuré cette livraison providentielle provenait... de la base militaire américaine d'Aviano, en Vénétie. Il y avait donc en Italie une réserve colossale de kits de tests, a quelques kilomètres de l'épicentre de l'épidémie qui met à genoux le pays depuis près d'un mois. Des tests dont les hôpitaux italiens manquent cruellement et dont ils ont besoin pour endiguer le mal qui touche la péninsule.

L'annonce de cette livraison transatlantique a été faite sur Instagram par un compte du ministère des armées montrant également une photo de l'avion et de sa cargaison. Un post très vite supprimé. Mais la nouvelle a été ensuite confirmée par un général du Pentagone, Paul Friedrichs, qui, alors qu'il expliquait lors d'un point presse le fonctionnement d'un test standard, a admis que les Etats-Unis en avaient importé d'Italie.
. © Capture d'écran Instagram

Le demi-million de tests en question a été fabriqué par l'entreprise Copan Diagnostics à Brescia, la ville qui se trouve en ce moment-même en première ligne de la lutte contre le nouveau coronavirus; L'ambassadeur américain en Italie Lewis Einsenberg l'a confirmé au journal La Repubblica : "Nous nous réjouissons que Copan Diagnostics continue d'assurer la production de tests en quantité suffisante pour l'Italie tout en assurant les ventes à l'étranger, et les Etats-Unis continueront d'acheter des tests à des entreprises italiennes selon les nécessités et les quantités disponibles."

"Nous n'étions pas tenus de prévenir les autorités italiennes"

Sauf que justement, non. L'Italie n'a pas de tests en quantité suffisante, au contraire. Tous les jours des milliers de personnes se voient expliquer qu'elles ne seront pas testées et doivent simplement rester chez elles en attendant l'apparition éventuelle de symptômes graves. Même les membres du personnel soignant qui sont en première ligne depuis le début de la pandémie et donc les plus à risques de contracter le virus n'y ont pas droit. Ils se demandent légitimement ce qui a pu mener à la situation dans laquelle une entreprise italienne a vendu à un autre pays plus de tests qu'il n'en a été utilisé dans une péninsule qui est désormais le pays ou le coronavirus a causé le plus de décès.

Copan Diagnostics a assuré que "tout a été fait à la lumière du jour. Nous n'étions pas tenus de prévenir les autorités italiennes. Ces tests sont un produit qui est en vente libre, et nous sommes une entreprise leader qui exporte dans le monde entier. D'ailleurs tous ces tests ont été achetés non pas par le gouvernement américain mais par des clients et distributeurs privés. Ils n'ont été acheminés par un vol militaire que parce qu'il n'y avait pas de vols commerciaux disponibles."

Une explication dont on peut légitimement douter compte-tenu des informations qui circulent sur les méthodes agressives du gouvernement américain pour se fournir en moyens de lutte contre le virus. La Maison Blanche est ainsi soupçonnée d'avoir offert une somme mirobolante au laboratoire allemand CureVac pour obtenir l'exclusivité du vaccin expérimental contre la maladie Covid-19. En ce moment-même, des ventes aux enchères ont lieu partout dans le monde ou notamment des masques et des appareils respiratoires sont vendus à des prix exorbitants. Un enjeu économique où c'est le plus fort qui gagne. Comme lors d'une guerre. Mais une guerre où chacun combat pour soi. Sans alliances.

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Coronavirus : Le professeur Raoult contre l'ANSM.

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 22/03/2020

J'ai déjà écrit ici ce que je pense de ce professeur. 

Il est évident que la période n'a rien à voir avec les épisodes précédents, que les protocoles de mise sur le marché d'un médicament sont obsolètes dans un tel contexte. 

J'imagine combien tous les patrons de laboratoire doivent haïr ce trublion ce soir...Des milliards qui risquent de leur passer sous le nez avec une "vulgaire" chloroquine à quelques centimes la molécule...De toute façon, il suffit de voir comment le professeur Raoult a été "dézingué" dans les médias et même par une partie du milieu scientifique pour comprendre qu'il dérange fortement... Je rappelle par exemple que l'ex ministre Buzyn a qualifié la chloroquine de toxique alors qu'elle est utilisée à une échelle mondiale depuis des décennies. Je rappelle également que son mari était le patron de l'Inserm et que maintenant, il bosse pour le gouvernement... C'était en 2018 mais rien ne disparaît sur le net...Et on va encore dire que je suis "complotiste"...Non, je suis extrêmement méfiant. C'est différent. 

https://www.ouest-france.fr/politique/gouvernement/le-mari-d-agnes-buzyn-nomme-au-conseil-d-etat-alors-qu-il-est-medecin-6012813

Le mari d’Agnès Buzyn nommé au Conseil d’État, alors qu’il est médecin

Yves Levy, ancien président de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), a été nommé "conseiller d’État en service extraordinaire" par le gouvernement lors du conseil des ministres du mercredi 10 octobre. Une nomination qui a été pointée du doigt car Yves Levy se trouve être le mari de la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Le professeur Didier Raoult, le 26 février 2020, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Le professeur Didier Raoult, le 26 février 2020, à Marseille (Bouches-du-Rhône). (GERARD JULIEN / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le 22/03/2020 | 19:10
publié le 22/03/2020 | 19:10

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DIRECT. Coronavirus : un retour en classe le 4 mai est le "scénario privilégié", indique le ministre de l'Education nationale

L'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, dirigé par le professeur Didier Raoult à Marseille, assure le dépistage de toutes les personnes "fébriles" qui s'y présentent, à rebours des consignes nationales, a-t-il annoncé dimanche 22 mars dans un communiqué.

IHU Méditerranée Infection@IHU_Marseille

 · 4 h

Communiqué de l'IHU Méditerranée Infection du 22/03/2020https://www.mediterranee-infection.com/epidemie-a-coronavirus-covid-19/ …

IHU Méditerranée Infection@IHU_Marseille

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15:55 - 22 mars 2020

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Le fait qu'il soit possible de se faire tester directement à cet IHU, alors que les autorités en France ont fait le choix de réserver les tests à certaines populations (fragiles, âgées, femmes enceintes, etc.), a été évoqué sur les réseaux sociaux ces derniers jours dans de nombreux messages, dont certains montraient en outre de longues files d'attente devant le bâtiment.

Traitement à la chloroquine

"Nous avons décidé pour les tous les malades fébriles qui viennent nous consulter, de pratiquer les tests pour le diagnostic d'infection à Covid-19", précise l'IHU. Dans un communiqué, l'Agence régionale de santé rappelle pourtant qu'"en phase épidémique, le principe est de ne plus tester systématiquement".

En outre, les médecins signataires du communiqué de l'IHU, dont le Pr Didier Raoult, annoncent que tous les patients atteints du Covid-19, "dont un grand nombre peu symptomatiques ont des lésions pulmonaires au scanner", sont traités par l'association d'hydroxychloroquine - un dérivé de la chloroquine, une molécule utilisée contre le paludisme - et d'azithromycine. "Dans les cas de pneumonie sévère, un antibiotique à large spectre est également associé", ajoutent les médecins.

"Nous pensons qu'il n'est pas moral que cette association ne soit pas incluse systématiquement dans les essais thérapeutiques concernant le traitement de l'infection à Covid-19 en France", écrivent-ils. Depuis l'apparition du nouveau coronavirus en Chine, le Pr Raoult défend l'usage de la chloroquine contre la maladie, s'attirant les critiques de nombreux autres spécialistes, qui estiment notamment que les essais qu'il mène à l'IHU auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires. Le gouvernement a de son côté salué des essais "prometteurs", et annoncé mardi qu'ils allaient être étendus."

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Coronavirus : le milieu médical

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 22/03/2020

C'est  effarant, consternant, dramatique. 

Comment un "état providence" peut-il avoir sabordé à ce point le secteur médical dans son ensemble ? Il n'y a même pas d'égalité quant aux soins. On le sait. "Eux", les nantis ne manqueront de rien. Et les médecins, les infirmières, les chirurgiens, l'ensemble du personnel hospitalier, eux qui consacrent leurs vies aux autres, ils se retrouvent comme des tireurs sénégalais en première ligne avec des fusils datant de Napoléon III...

J'espère de tout coeur qu'il y a aura des conséquences politiques, que personne n'oubliera, même lorsque la sitation sera sous contrôle, que les plaintes en justice seront reçues, que des têtes tomberont car elles ont du sang sur les mains. 

Rappelons-nous aussi que le personnel hospitalier a été maltraité par les forces de l'ordre quand elles ont manifesté. Les images sont là, les témoignages sont innombrables. 

Il ne faudra rien oublier.

 

Manque de masques, de blouses, d'appareils respiratoires, de moyens : une cinquantaine de médecins renommés de la région Auvergne-Rhône-Alpes signent une lettre ouverte pour s'inquiéter de l'épidémie de coronavirus Covid-19. Photo d'archive. / © A. Marchi / MaxPPP
Manque de masques, de blouses, d'appareils respiratoires, de moyens : une cinquantaine de médecins renommés de la région Auvergne-Rhône-Alpes signent une lettre ouverte pour s'inquiéter de l'épidémie de coronavirus Covid-19. Photo d'archive. / © A. Marchi / MaxPPP

PARTAGES

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"Le gouvernement fait-il vraiment la guerre au coronavirus?" C'est ainsi que débute la lettre ouverte, signée par 52 médecins, chirurgiens, urgentistes etc, renommés qui refusent de "choisir entre un malade grave que nous allons soigner et un très grave que nous allons laisser mourir."

Par Renaud GardettePublié le 21/03/2020 à 11:27 Mis à jour le 21/03/2020 à 16:51

Ils sont chefs de services, urgentistes, réanimateurs, chirurgiens etc : une cinquantaine de médecins renommés ont signé une lettre ouverte pour alerter et réclamer plus de moyens, plus de masques, plus d'appareils respiratoires, d'organisation et de transparence pour faire face à l'épidémie de coronavirus Covid-19.
 

"Chaque jour ça s'aggrave"


Une responsable de service, anonyme, et signataire de la tribune, nous a livré son témoignage aux bords des larmes par téléphone pour alerter sur l'absence de masques protecteurs dans son établissement de la région.

"Notre direction compte les masques. Ceux qui sont vraiment protecteurs sont réservés pour les cas de Covid-19. Et pour les autres, au lieu de les changer régulièrement, on nous dit qu'il faut les économiser. Donc on les garde. Chaque jour les choses s'aggravent, et ça va devenir dramatique. Je suis très très inquiète. En réunion, on les garde. Et avec les patients, on ne les change que 2 fois, pas plus. Il n'y a qu'au bloc opératoire que l'on arrive encore à les changer à chaque intervention. Mais pour combien de temps?"

Des renforts de masques ont été promis officiellement: "Je ne comprends pas qu'il n'y en ait déjà plus. Pourquoi on n'en a pas plus? On nous en promet, mais vont-ils arriver avant le début du pic de l'épidémie? On espère qu'ils vont arriver."

 

La lettre ouverte



Ils réclament un dépistage systématique pour tous, tout en s'interrogeant: "pourquoi certains ministres, footballeurs et princes ont droit à ce dépistage systématique sans symptômes clairs, mais pas le grand public ?" comme le fait remarquer un des signataires, qui préfère rester anonyme.

 

"Le gouvernement fait-il vraiment la guerre au coronavirus? " 


Dans leur lettre ouverte, les médecins sonnent la charge.

"Alors que nous manquons déjà de lits de réanimation, de masques, de respirateurs, de bras, la loi d’urgence sanitaire prise par le gouvernement mercredi 18 mars donne tous les droits aux préfets, aux employeurs pour remettre en cause le code du travail et les statuts de la fonction publique. Etait-ce réellement l’urgence? Mais rien sur les usines réquisitionnées pour fabriquer masques, respirateurs.

Rien sur la réouverture des lits nécessaires.

Rien sur le dépistage systématique qui a fait ses preuves en Allemagne et en Corée du Sud."


Les médecins signataires s'inquiètent du manque de logistique, pour déployer tous les moyens nécessaires face à l'épidémie. 

 

"Où sont les masques? "


"Qu'en est-il aujourd'hui, dans notre pays de cette logistique nécessaire pour gagner le combat contre le coronavirus? Le pouvoir exécutif semble en décalage entre les annonces rassurantes, la volonté affichée de transparence et la réalité du terrain que les soignants font remonter sans cesse et de tous lieux. Deux exemples, ils sont aussi simples que vitaux.

Alors que depuis des années les structures hospitalières sont matériellement asphyxiées par les enveloppes budgétaires, on nous annonce la fabrication de masques sans que soient donnés d'éléments précis: combien sont produits? Où? Quels délais? Quels moyens de livraison? Quels modes de distribution?

 

"De 26.000 lits à 13.000 lits"



Alors que depuis des années, les politiques gouvernementales ont supprimé des milliers de lits de réanimation et soins intensifs (passant d'environ 26.000 lits à 13.000), le pouvoir exécutif nous annonce la mise en oeuvre de moyens exceptionnels. Soit, mais la logistique étant cruciale, la confusion est mortelle: combien de respirateurs sont en cours de fabrication?

A ce jour, quel préfet est en mesure de répondre aux soignants qui sont sur le front?

La responsabilité, l'urgence, du gouvernement est de fournir les armes et les moyens de combattre. La transparence est d'en rendre compte précisément.

Nous médecins, refusons de devoir choisir entre un malade grave que nous allons soigner et un très grave que nous allons laisser mourir.

Nous médecins refusons d’exposer nos équipes avec des recommandations qui ne reposent pas sur les données acquises de la science mais sur les possibilités réduites de recours aux meilleurs soins (...).

Ils ont considérablement détruit notre système hospitalier depuis des années et des années. Nous ne pouvons pas attendre la fin de l’épidémie c’est maintenant tout de suite qu’il faut prendre les mesures pour le rétablir. Et pour cela on ne peut compter que sur la mobilisation en direction du gouvernement.
" 

 

Des masques périmés depuis 2001


Selon nos informations, actuellement, au CHU de Grenoble (Isère), 95 lits de réanimation auraient été installés, dédiés uniquement au Covid-19. L'hôpital attend donc le pic de l'épidémie, avec pour l'instant 2 malades soignés sur place. Cette organisation a pu voir le jour grâce à "une bonne entente avec les cliniques privées" nous dit-on.

Mais sur le renfort de matériel : rien. "Les appareils respiratoires en renfort, on n'a pas vu la queue d'un seul" déplore un médecin anonyme.

Des masques FFP2 ont été distribués samedi 21 mars au matin dans le service d'un hôpital de la région: "Ils sont périmés depuis 2001! Le coton s'effiloche de partout..." alerte un responsable. "Les infirmières étaient plutôt en colère."

Des discussions seraient toujours en cours pour répartir les appareils respiratoires et le matériel nécessaire entre les cliniques privées et les hôpitaux publics de la région.

 

"Je comprends la colère"



Dans une conférence de presse samedi 21 mars, Olivier Véran ministre de la Santé dit "comprendre la colère" des soignants. Il indique que l'Etat dispose d'un stock de 86 millions de masques, dont 5 millions FFP2. 70 millions de masques ont déjà été distribués depuis février.

Par ailleurs les autorités ont commandé "250 millions de masques" qui seront livrés progressivement.

Dans les 15 jours à venir, une distribution massive doit être organisée pour tous les professionnels de santé avec une répartition par quotas, selon les métiers.

Pour les médecins de ville et les pharmaciens, ce sera 18 masques par semaine. Les services des urgences devraient être approvisionnées en masques FFP2. Les centres de secours doivent recevoir 50 masques par semaine, et par structure. 

 

Les pharmaciens lancent le système D : un appel aux dons


Alors que le confinement général n'en est qu'à ses premiers jours, c'est déjà le système D pour fournir de l'aide aux infirmières ou aux médecins de villes qui manquent de tout.

Une pharmacie du 3e arrondissement de Lyon se propose de faire le relais entre les entreprises qui auraient du matériel à donner, faute de travail, et les soignants.

"On cherche des sur-blouses et des charlottes surtout" nous précise sa responsable qui restera anonyme. "On a des orthophonistes ou des gens qui ne travaillent pas qui nous donnent ce qu'ils ont, des masques, des gants etc." nous dit-elle. "Les infirmières manquent de sur-blouses surtout, on essaye d'en acheter en plastique, pour l'alimentaire. On n'a pas le droit de les vendre bien-sûr en tant que pharmacie, donc on les donne. On essaye de trouver des solutions. On peut essayer de faire le relais! Les charlottes de chantier ou de cantine aussi sont intéressantes. Il doit y en avoir quelque-part." 


Des habits alimentaires pour les infirmières? Selon cette responsable, les soignants en ont tellement besoin aujourd'hui qu'elles affirment : "c'est mieux que rien". 

 

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Coronavirus : responsabilités de l'Etat.

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 22/03/2020

https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-crise-du-coronavirus-va-etre-analysee-comme-lune-des-plus-grandes-defaillances-de-letat_fr_5e74d161c5b6f5b7c542be09?utm_hp_ref=fr-

La crise du coronavirus va être analysée comme l'une des plus grandes défaillances de l'État

Il y a eu imprévoyance caractérisée puisque prévenue en janvier, la direction générale de la santé n’a pas jugé utile de commander des millions de masques, de gants, de gels hydroalcooliques et de tests.

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  • Corinne LepageAvocate, ancienne ministre de l'Environnement, députée européenne de 2009 à 2014, Présidente de CAP21/Le Rassemblement Citoyen

Face à la propagation du coronavirus et pour désengorger l'hôpital Emile Muller de...

SEBASTIEN BOZON VIA GETTY IMAGES

Face à la propagation du coronavirus et pour désengorger l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, un hôpital militaire de campagne est installé et des soldats français patrouillent lors de son installation, le 20 mars 2020, au quatrième jour de confinement.

Nous savons tous que la confiance est le socle de la démocratie et que sans confiance dans la parole publique, il ne peut y avoir de débat démocratique. Cette défiance qui se généralise a pour corollaire la montée du populisme, le développement massif des fake news ou du complotisme.

Ce que nous avons vécu depuis le début de l’année en ce qui concerne la crise du coronavirus sera très probablement analysé comme une des plus grandes défaillances qui puissent être reprochée à notre État, non seulement sur le plan du fonctionnement démocratique pour les raisons que l’on indiquera ci-dessous, et sur le plan tout simplement de la protection des personnes physiques qui demeure le premier objectif d’un État. On rappellera que le droit à l’intégrité de la personne est le premier des droits de l’Homme.

Une politique d’imprévoyance caractérisée

Une politique de déni de la gravité de la situation qui a fait assimiler le Covid-19 à une “grippette” ce qu’il n’était évidemment pas et qui conduit à écarter les scénarios les plus pénalisants connus dès l’origine mais considérés comme improbables. C’est une violation majeure du principe de précaution qui, en présence d’un risque incertain mais dont les conséquences pouvaient être gravissimes, exige que les mesures de précaution soient prises, ce qui n’a pas été le cas. Cette politique de déni a non seulement eu des conséquences très graves sur les mesures prises mais également sur l’état d’esprit de notre population et notamment tous les moins de 70 ans qui ont considéré qu’ils ne risquaient rien, puisque c’était la doxa officielle. D’où “le retard à l’allumage” de la prise de conscience y compris après l’annonce de mesures de confinement, sans que le mot ne soit utilisé par le chef de l’État.

Le droit à l’intégrité de la personne est le premier des droits de l’Homme. Il y a eu violation majeure du principe de précaution.

Une politique d’imprévoyance caractérisée puisque prévenue courant janvier, la direction générale de la santé n’a pas jugé utile de commander des millions de masques, de gants, de gels hydroalcooliques et bien sûr de tests. Cette politique gravement fautive a mis en danger des centaines de milliers de personnes voire davantage à commencer par les soignants qui ne disposent même pas des moyens de se protéger! C’est stupide et criminel alors même que les considérations budgétaires n’auraient même pas dû être prises en compte, non seulement parce qu’il s’agissait de la vie des gens mais encore parce que le rapport coût/avantage était évidemment en sens inverse.

Une politique de communication biaisée

Une politique de communication biaisée est mise en place, destinée à cacher cette erreur de départ d’une part et l’imprévoyance d’autre part. Dire depuis des semaines, et bien avant que nous arrivions en phase 3, que les tests étaient inutiles et devaient être réservés aux cas les plus graves. De même, nous voyons bien que les pays du monde qui ont mis en place des tests à très grande échelle ont des taux de létalité plus faibles (0,2% en Corée du Sud et en Allemagne).

Même si effectivement seuls les masques FFP2 protègent totalement, affirmer que les autres masques ne servaient à rien a été contre-productif et ne servait à répondre qu’à la pénurie actuelle. Les masques doivent aujourd’hui être destinés aux personnels les plus exposés faute de préparation, alors que les masques simples sont des facteurs de diminution du risque avant confinement et désormais pour les sorties autorisées, à commencer par les publics les plus vulnérables, les travailleurs les plus exposés... Du reste dans les pays voisins, ces masques semblent être considérés comme un minimum. 

Enfin, des décisions d’une parfaite incohérence puisque pour des raisons politiciennes et non de santé publique (car les raisons de santé publique ne pouvaient conduire qu’à une décision différente) les élections municipales ont été maintenues. Ainsi, nos concitoyens se sont-ils vus conspués pour avoir pris le soleil dimanche alors même qu’ils étaient vivement encouragés à aller voter le même jour. Comment pouvoir croire à un danger majeur lié à la rencontre des autres lorsque l’État lui-même vous invite à aller voter, sans du reste la plupart du temps protéger convenablement les membres des bureaux de vote? Alors, aujourd’hui, l’État sanctionne le défaut de confinement, car le confinement intégral est devenu une nécessité absolue. Mais n’est-il pas responsable en premier chef des difficultés avec lesquelles nos concitoyens se plient à cette discipline? Certes, l’appel au civisme est nécessaire et même indispensable. Mais il ne peut y avoir de civisme sans respect absolu par l’État des règles d’honnêteté, de transparence dans la prise de décision et de mise en place des moyens nécessaires à la sauvegarde des personnes. Or, si les moyens nécessaires à la sauvegarde de l’économie sont mis en place, ceux nécessaires à la sauvegarde des personnes ne le sont toujours pas. 

Aujourd’hui, l’État sanctionne le défaut de confinement. Mais n’est-il pas responsable en premier chef des difficultés avec lesquelles nos concitoyens se plient à cette discipline?

Ce sont donc les bases du pacte démocratique et républicain qui sont à refonder tant en ce qui concerne les priorités qu’en ce qui concerne le mode de gouvernance. C’est évidemment valable pour les deux parties. 

Les citoyens non respectés

Du côté citoyen, le sens de la responsabilité doit évidemment être développé. Mais, cela signifie un mode de gouvernance refondu. Il repose tout d’abord sur une profonde solidarité entre les concitoyens, à l’opposé des divisions qui n’ont fait que s’accroître au cours des dernières années. Solidarité et interdépendance sont une évidence. Cela signifie d’une manière générale, qu’il ne pourra plus être possible dans l’avenir de considérer que l’avis des citoyens dans les différentes procédures de concertation, consultation ou autres enquêtes publiques diverses et variées sont sans intérêt. La considération et le respect des citoyens doit être un impératif et la co-construction devenir une habitude. On ne peut pas en même temps appeler à la responsabilité, au civisme, au rôle essentiel du citoyen et l’oublier ultérieurement. 

Du côté des gouvernants, la gouvernance est à réinventer. Information ne signifie pas communication et toute information doit être exacte et véridique. La confiance implique d’admettre que le décideur public peut avoir un doute, une ignorance, une difficulté et qu’il est préférable de l’admettre plutôt que de la camoufler dans une communication qui entretient la défiance. La question des priorités doit impérativement être revue. Il est évident que la priorité absolue donnée à la réduction du déficit budgétaire a été tragique pour l’hôpital et le service public sanitaire. Et de plus, ce choix se révélera très probablement à long terme comme infiniment plus coûteux pour les dépenses publiques que ne l’aurait été le maintien à niveau élevé du service public hospitalier. Le même constat peut être fait dans d’autres services publics comme la police, la justice et même dans une certaine mesure l’éducation. Le retour aux besoins fondamentaux d’une Nation, à un service public digne de ce nom (ce qui ne signifie pas que tout doit être dans le service public) sera une exigence évidente.

Le principe de précaution ignoré

L’utilisation du principe de précaution, qui en l’espèce a été manifestement ignoré puisque les scénarios les plus pénalisants -qui se révèlent les bons, malheureusement- ont été écartés, probablement pour des raisons budgétaires et des erreurs de jugement. C’est précisément parce que l’on peut se tromper qu’il est essentiel, en cas d’incertitude avec des risques graves de prendre toutes les mesures de précaution qui peuvent l’être même si elles se révèlent ultérieurement inutiles. Il est clair que le principe de précaution a très mauvaise presse dans certains milieux économiques, à Bercy et dans les hautes sphères du pouvoir. Il serait très utile que le droit soit appliqué et que ce principe qui a une valeur constitutionnelle, rappelé par le conseil constitutionnel récemment, soit effectivement appliqué.

On ne peut pas en même temps appeler à la responsabilité, au civisme, au rôle essentiel du citoyen et l’oublier ultérieurement.

Enfin, le mode de prise de décision lui-même est interpellé. Le conseil scientifique qui entoure le président de la République pour ses décisions est une excellente initiative. Mais, on peut s’interroger sur la manière dont la décision relative au maintien des élections a été prise car le président de ce comité a paru particulièrement évasif à ce sujet. La différenciation entre évaluation du risque et gestion du risque est absolument essentielle et la gestion ne peut être que l’affaire du politique, qui en prend la responsabilité sur la base de l’évaluation faite par les experts.

Bien d’autres sujets pourraient être abordés et le seront dans les jours et les semaines qui viennent. 

Le drame du COVID 19 laissera plus que des traces. Le Président de la République a parlé de rupture à juste titre. Ce n’est qu’à ce prix que la confiance pourra de nouveau avoir un sens et une réalité.

À voir également sur Le HuffPost: Du mal à respecter le confinement? Un psychiatre vous explique pourquoi

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Coronavirus : constat et état des lieux

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 21/03/2020

 

Il y a vraiment beaucoup de choses intéressantes à lire sur le net dans cette période. Et on a tout notre temps pour ça...Etablir un constat, faire un état des lieux, tenter des projections...Essayer déjà d'identifier les erreurs commises, se réjouir des décisions efficaces, se concerter, échanger, comparer les expériences, écouter les scientifiques, les soutenir sans aucune arrière-pensée, sans aucun espoir mercantile...Hum, sur ce dernier point, je pense qu'on en est loin...Un virus planétaire qui envoie l'économie du monde à la cave, qui fort probablement reviendra dès qu'il pourra, dès que l'occasion se présentera...C'est un ticket de loto sans précédent pour les laboratoires pharmaceutiques...Elle est là d'ailleurs la guerre, une guerre économique...

 

 

Anthropo-logiques

 

 

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/18/covid-19-fin-de-partie-305096.html

Être humains en 2020, mais quelle histoire !

     
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mercredi 18 mars 2020 10h42*

 

Covid-19 : fin de partie ?!

 

Telle était la tonitruante affirmation proférée le 26 février dernier par le meilleur infectiologue au monde (selon le classement expertscape), accueillie pourtant avec scepticisme et même sarcasmes par la communauté scientifique. Trois semaines plus tard, la réalité est en train de lui donner raison. Révélant au passage que nous aurions à peu près tout faux face au virus. Ce qui est en fait une excellente nouvelle !

Nous voici donc nous dit-on en « état de guerre ». Nouveauté certes pour nos générations qui (sauf pour les plus anciens) n’ont connu que des temps de paix. L’Europe est sous un quasi-couvre-feu, avec une restriction massive des libertés individuelles et une casse économique et sociale qui promet d’être dramatique. Les discours des chefs d’état s’enflamment à qui mieux mieux: nous sommes « attaqués », l’ennemi est « invisible », « sournois », « redoutable » mais nous en viendrons à bout ! Ce genre de vocabulaire paraît d’un autre âge. La réalité est plus prosaïque : nous subissons la contamination à large échelle par un virus qui est un pur produit de la rencontre entre la bêtise humaine (l’entassement dans des cages d’animaux sauvages de diverses espèces dans des marchés insalubres…) et de l’inventivité du vivant. La bestiole a donc franchi la barrière inter-espèces et s’est propagé à partir de là entre humains. Ce n’est pas une guerre, nous ne pourrons jamais vaincre ou éradiquer cette créature. Nous prémunir contre ses dégâts si, puis nous aurons à apprendre à vivre avec elle. Ce qui réclame une autre intelligence que celle des slogans martiaux sanitaires…

Précaution liminaire

Je l’ai dit et le répète : en ces temps de mobilisation collective, nous avons tous à respecter scrupuleusement les mesures qui sont imposées. Même si on doute de celles-ci ou qu’on les trouve inadaptées, aucun d’entre nous ne peut se donner le droit de suivre sa propre idée. Cette compliance -que je n’ai cessé de prôner- m’habite inconditionnellement.

Par contre, cette obéissance civile ne doit surtout pas conduire à une interdiction de penser ou de parler. Nous vivons des temps hautement traumatiques, avec des dégâts sur la population qui seront considérables. Donner sens à ce que nous vivons, nous renseigner, oser poser des questions est non seulement un droit inaliénable mais aussi une nécessité vitale !

J’ai lu passablement de commentaires ironiques sur le nombre soudain de virologues ou d’épidémiologies amateurs s’exprimant sur les réseaux sociaux, ce que je peux comprendre. Mais je pense à l’inverse que plus les citoyennes et citoyens s’intéresseront à ce qui nous arrive, plus ils s’informeront ou même se documenteront, mieux cela nous aidera à mettre en dialogue ce que nous vivons, ce qui essentiel à la fois pour notre santé psychique individuelle et notre résilience collective.

On m’a parfois objecté que j’avais une responsabilité en tant que scientifique, que les analyses que je pouvais faire (toutes pertinentes qu’elles soient) risquaient d’être mal interprétées ou pousser les gens à faire n’importe quoi. Je le rappelle donc : nous avons tous à suivre sans discuter les instructions des autorités. Et abstenons-nous strictement de toute automédication, en particulier en ce qui concerne les substances que je mentionnerai plus loin. Utilisées hors suivi médical strict, elles peuvent en effet être dangereuses. Ceci posé, allons-y !

D’où je parle…

Je suis anthropologue de la santé et expert en santé publique. Mon métier consiste depuis plus de 30 ans à étudier les pratiques des soins et les dispositifs sanitaires. J’arrive à un âge où l’on sait (hopefully) qu’on n’est pas le nombril du monde et (sauf exception) qu’on n’a pas inventé le fil à couper le beurre. J’ai quelques références dans mon domaine, comme celle d’être (malgré  l'embarrassante immodestie de ce propos) un des meilleurs connaisseurs actuels des processus de salutogenèse et de rétablissement ainsi que des déterminants de la santé. Ce qui m’a valu d’être invité à enseigner dans une quinzaine de programmes universitaires et de hautes écoles en santé (Facultés de médecine de l’UNIGE et de l’UNIL, EPFL, IHEID, Universités de Montréal, Fribourg, Neuchâtel, etc.) J’ai exercé ma profession hors des milieux académiques, préférant agir au sein des politiques de santé ainsi que sur le terrain. J’ai créé différents dispositifs socio-sanitaires innovants, en particulier en santé mentale, dont certains font encore référence aujourd’hui.

Je m’excuse pour ce petit étalage. C’est le prix à payer pour me prévaloir d’une (modeste) compétence quant à ce que je vais maintenant avancer.

Banal ou pas banal ?

Depuis le début de l’émergence du coronavirus, je partage mon analyse qu’il s’agit d’une épidémie  banale. Le terme peut choquer quand il y a des morts, et a fortiori dans la crise sanitaire et la dramaturgie collective hallucinée que nous vivons. Pourtant, les données sont là : les affections respiratoires habituelles que nous vivons chaque année font bon an mal an 2'600'000 morts à travers le monde. Avec le Covid-19, nous en sommes, au quatrième mois, à 9'000 décès, et avec le pays initialement le plus touché qui est parvenu à juguler l'épidémie. Nous sommes très très loin d'avoir un effet statistiquement significatif au regard de la mortalité habituelle et en particulier de la surmortalité saisonnière.

Je l’ai dit et je le répète : le même traitement politique ou journalistique appliqué à n’importe quel épisode de grippe saisonnière nous terrifierait tout autant que l’épidémie actuelle. Comme la mise en scène (avec décompte en live des victimes) de n’importe quel problème sanitaire d’envergure, qu’il s’agisse des maladies cardiovasculaires, des cancers ou aux effets de la pollution atmosphérique nous ferait frissonner d’effroi tout autant et même infiniment plus !

Nous savons aujourd’hui que le Covid-19 est bénin en l'absence de pathologie préexistante. Les plus récentes données en provenance d'Italie confirment que 99% des personnes décédées souffraient d'une à trois pathologies chroniques (hypertension, diabète, maladies cardiovasculaire, cancers, etc.) avec un âge moyen des victimes de 79,5 ans (médiane à 80,5) et très peu de pertes en-dessous de 65 ans.

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 Les quatre plus grands facteurs à l'origine des maladies chroniques étant :

- La malbouffe.

- La pollution.

- Le stress.

- La sédentarité.

Les maladies chroniques seraient évitables à 80% si nous nous donnions les moyens de protéger la population plutôt que de sacrifier sa santé au profit d'intérêts industriels. Nous avons depuis des décennies accordé des facilités coupables à des industries hautement toxiques au détriment du bien commun et de la santé de population (pour un développement de ce constat, se référer à l’article suivant).

Il faut oser le dire : ce n’est pas le virus qui tue (il est bénin pour les personnes en bonne santé), ce sont les pathologies chroniques qu’on a laissé se développer depuis des décennies.

Stats et probas en folie

Il y a un autre problème : les taux en particulier de complications et de mortalité qu’on nous brandit sous le nez jour après jour ne veulent rien dire. En l’absence de dépistage systématique de la population, nous n’avons aucune donnée fiable à laquelle référer les données dont nous disposons (nombre de cas déclarés et de décès).

C’est un classique en épidémiologie : si vous ne dépistez que les morts, vous parviendrez à 100% de taux de mortalité ! Si vous ne testez que les cas critiques, vous en aurez moins mais encore beaucoup plus qu’en réalité. Si vous dépistez beaucoup, vous aurez beaucoup de cas alors que si vous dépistez peu, le nombre de cas sera faible. La cacophonie actuelle ne permet juste pas d’avoir la moindre idée de la progression réelle du virus et de sa diffusion.

Les estimations les plus crédibles laissent penser que le nombre de personnes déclarées est très largement inférieur (dans un facteur allant  selon les meilleures estimations jusqu'à 1/47) au nombre de personnes réellement infectées, dont à peu près la moitié ne se rendra même pas compte qu’elle a contracté le virus. Pour un redoutable tueur, il est parfois plutôt sympa…

Nous n’avons donc à ce stade aucune idée de l’ampleur réelle de la propagation du virus. La bonne nouvelle est que les données réelles (en particulier les taux de complications et de mortalité) ne peuvent être que largement inférieures à ce qui est couramment avancé. La mortalité réelle, comme annoncé dans un précédent article, doit en fait s'établir au plus à 0,3% et probablement encore moins. Soit moins du dixième des premiers chiffres avancés par l’OMS.

Les dernières statistiques en provenance de Chine évaluent à 800'000 le nombre de personnes infectées (et donc très probablement immunisées) pour 3'118 décès. Soit effectivement un taux de mortalité de 3/1000.

Fin du monde ou pas ?!

Pareillement, les projections qui sont faites pour imaginer le nombre de morts possibles sont rien moins que délirantes. Elles reposent sur un « forçage » artificiel et maximal de toutes les valeurs et coefficients. Elles sont faites par des gens qui travaillent dans des bureaux, devant des ordinateurs et n’ont aucune idée ni des réalités de terrain, ni de l’infectiologie clinique, aboutissant à des fictions absurdes. On pourrait leur laisser le bénéfice de la créativité et de la science-fiction. Malheureusement, ces projections, littéralement psychotiques, font des dégâts massifs.

Mon expérience en santé mentale me fait éviter strictement les expressions toutes faites comme « schizophrénie » ou « psychose », qui sont à peu très toujours utilisées abusivement et d’une manière désobligeante pour les personnes concernées. Médicalement, la psychose se caractérise par des distorsions cognitives, perceptuelles et affectives entraînant une perte de contact avec la réalité. Ici, le terme est hélas pleinement indiqué.

J’en appelle à mes collègues de la Faculté de médecine et autres instituts universitaires pour qu’ils arrêtent de produire et de colporter des modélisations fausses et anxiogènes. Ces experts se protègent en reconnaissant par précaution de langage le caractère outrancier de leurs formalisations, les journalistes le mentionnent scrupuleusement (c’est à leur crédit), on n'en construit pas moins diligemment un sentiment de fin du monde qui non seulement n’a absolument pas lieu d’être, mais de surcroît est lui-même profondément nocif !

On peut certes donner crédit à nos dirigeants d’envisager le pire du pire du pire sur la base de ces élucubrations pour ne surtout pas prendre le moindre risque qu’il se produise. En attendant, on construit une hallucination -collective- sur la base de chiffres qui ne veulent rien dire.  La réalité, à nouveau, est que cette épidémie est largement moins problématique et dangereuse que ce qui est affirmé, le visionnement de la première vidéo référencée en fin d’article donnera au lecteur (ou la lectrice) les éléments nécessaires à comprendre le bien-fondé de cette affirmation.

Oui, mais tous ces morts et ces services engorgés ?!

C’est hélas le vrai point noir : s’il n’y avait pas ces cas graves, l’épidémie serait insignifiante. Il se trouve qu’elle entraîne des complications rares mais redoutables. Comme me l'écrivait le Dr Philippe Cottet, en première ligne aux HUG : « il faut le dire, les pneumonies virales sont rarissimes d’habitude en Suisse. Elles ont un tableau clinique fruste et d’évolution parfois fulminante, dont les signes annonciateurs sont difficilement identifiables face aux cas plus bénins. C’est un réel challenge clinique, sans compter le nombre de cas simultanés... »

C’est l’existence de ces cas graves (estimés de manière absurde à 15% des cas, probablement en réalité 10 fois moins) qui justifie que l’on ne s’en remette pas simplement à l’immunité de groupe. On nomme ainsi ce processus par lequel chaque personne qui contracte le virus et n'en meurt pas s’immunise, la multiplication des immunisés conduisant à un effet collectif de protection immunitaire…

En l’absence -jusqu’à il y a peu- de traitement pour protéger ou guérir les personnes à risque, le choix de laisser l’immunité se construire en laissant circuler le virus est apparu comme étant trop dangereux. Le risque pour les personnes vulnérables est tel qu’il s’avèrerait éthiquement indéfendable de prendre cette direction, du fait de la gravité des conséquences possibles.

C'est une des difficultés de la santé publique : la médecine comme le journalisme travaillent dans le cas particulier. En médecine, c'est pour cela par exemple qu'il n'y a pas "remède-miracle". Chaque personne sera susceptible de réagir différemment à un traitement.

En journalisme, on cherche à illustrer une thématique avec des cas particuliers, en montrant donc des images et paroles souvent choquantes. En santé publique, on n'agit pas à ce niveau "narratif" singulier. On collecte des données pour voir les contours exacts d'une problématique. Ainsi en Italie, seuls 7 des 2'500 premiers décès concernaient des personnes âgées de moins de 50 ans. Ces cas existent, mais ils sont heureusement marginaux.

Un possible motif d'inquiétude en revanche est cette affirmation qu'il y aurait des personnes jeunes en quantité non négligeable atteintes de pneumonie et placées sous assistance respiratoire. Elles semblent heureusement survivre, mais c'est bien le nombre de lits en soins intensifs qui est dès lors à risque de poser problème si l'encombrement des services der réanimation se poursuivaient.

C’est dans ce paradoxe compliqué entre la très grande innocuité du virus pour l'immense majorité des gens et sa dangerosité extrême dans certains cas que nous sommes trouvés coincés. Nous avons alors adopté des mesures absolument contraires aux bonnes pratiques : renoncer à dépister les personnes possiblement malades et confiner la population dans son ensemble pour enrayer la diffusion du virus. Mesures à vrai dire moyenâgeuses et problématique puisqu’elles ne ralentissent l’épidémie qu’au risque de phénomènes de rebond potentiellement encore pires. Et qu’elles enferment tout le monde alors qu’une faible minorité seulement est concernée. Toutes les recommandations en santé publique sont à l’inverse de dépister le plus de cas possibles, et de confiner uniquement les cas positifs le temps qu’ils ne soient plus contagieux.

Le confinement général constitue un pauvre pis-aller face à l'épidémie dès lors qu’on manque de tout ce qui permettrait de lutter efficacement contre elle…

Pourquoi en est-on arrivé là ? Simplement parce que nous avons défailli à mettre d’emblée en place les bonnes réponses. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est emblématique de ce naufrage : alors que la Corée, Hong-Kong et la Chine en faisaient la priorité absolue, nous avons été d’une passivité invraisemblable à organiser la mise à disposition de quelque chose de techniquement simple.

Les pays mentionnés ont mis à profit l’intelligence artificielle notamment pour identifier les chaînes de transmissions possibles pour chaque cas positifs (avec les smartphones, on peut par exemple faire l’inventaire des déplacements et donc des contacts que les personnes infectées ont eu avec d’autres personnes dans les 48h précédent l’apparition des symptômes).

Enfin, nous avons réduit de manière importante la capacité de nos hôpitaux au cours de la décennie écoulée et nous retrouvons en manque de lits de soins intensifs et de matériel de réanimation. Les statistiques montrent que les pays les plus touchés sont ceux qui ont réduit massivement les capacités des services de soins intensifs.

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Rien de tout ceci n’a été pensé, alors que le risque de pandémie est un risque sanitaire majeur. La vérité, c’est que nous avons été complètement dépassés. C’est évidemment plus facile de jouer sur les métaphores guerrières que de reconnaître notre tragique impréparation…

Fin de partie ?!

Le premier expert mondial en matière de maladies transmissibles s’appelle Didier Raoult. Il est français, ressemble au choix à un Gaulois sorti d’Astérix ou un ZZ top qui aurait posé sa guitare au bord de la route. Il dirige l’Institut hospitalier universitaire (IHU) Méditerranée-Infection à Marseille, avec plus de 800 collaboratrices et collaborateurs. Cette institution détient la plus terrifiante collection de bactéries et de virus « tueurs » qui soit et constitue un des meilleurs centres de compétences en infectiologie et microbiologie au monde. Le Pr Raoult est par ailleurs classé parmi les dix premiers chercheurs français par la revue Nature, tant pour le nombre de ses publications (plus de deux mille) que pour le nombre de citations par d’autres chercheurs. Il a suivi depuis le début du millénaire les différentes épidémies virales qui ont frappé les esprits et noué des contacts scientifiques étroits avec ses meilleurs collègues chinois. Parmi ses hauts faits, il a découvert des traitements (notamment avec la chloroquine…) qui figurent aujourd’hui dans tous les manuels d’infectiologie au monde.

Le 26 février, il publiait donc une vidéo retentissante sur un canal en ligne (comprenant le mot « tube ») pour affirmer : « Coronavirus, fin de partie ! »

La raison de son enthousiasme ? La publication d’un essai clinique chinois sur la prescription de chloroquine, montrant une suppression du portage viral en quelques jours sur des patients infectés au SARS-CoV-2. Des études avaient déjà montré l’efficacité de cette molécule contre le virus en laboratoire (in vitro). L’étude chinoise confirmait cette efficacité sur un groupe de patients atteints (in vivo). Suite à cette étude, la prescription de chloroquine fut incorporée aux recommandations de traitement du coronavirus en Chine et en Corée, les deux pays qui sont le mieux parvenus à juguler l’épidémie…

La chloroquine est une molécule mise sur le marché en 1949, largement utilisée comme antipaludique. Tous les voyageurs des pays tropicaux se souviendront des comprimés de nivaquine (un de ses noms commerciaux) qui leur étaient prescrits à titre préventif contre la malaria. Ce remède a ensuite été remplacé par d’autres pour certaines zones géographiques, restant en usage pour certaines destinations.

L’hydroxychloroquine (nom commercial : plaquenil) a quant à elle été préparée en 1955 et présente une hydroxylation sur un des deux groupes éthyle de la chaine latérale.

 

So what ?!

Pourquoi vous parler de cela ? Eh bien parce que le Pr Raoult et ses équipes sont les meilleurs spécialistes actuels au monde de l’utilisation de la chloroquine. Il avait notamment eu l’idée géniale de l’essayer contre des bactéries intracellulaires (qui pénètrent les cellules comme les virus), en particulier les Ricksettia. L’IHU de Marseille dispose donc d’une expérience clinique et pharmacologique sans équivalent quant à l’usage de cette molécule.

La chloroquine a également démontré une puissante efficacité thérapeutique contre la plupart des coronavirus, dont le redouté SRAS de sinistre mémoire. Raoult trouva donc dans l’essai clinique chinois la confirmation que la chloroquine était aussi indiquée contre le Covid-19.

Il fut toutefois accueilli comme un cheveu sur la soupe, ses confrères dénigrant d’emblée sa proposition. Les journalises du Monde allèrent même jusqu’à qualifier sa communication de « fake news », accusation reprise sur le site du ministère de la santé pendant quelques heures avant d’être retirée.

Le Pr Raoult obtint pourtant dans la foulée l’autorisation de conduire un essai clinique sur 24 patients dans son service et fut appelé à faire partie du comité pluridisciplinaire de 11 experts formé en mars par l'exécutif français, afin "d'éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au coronavirus".

Les résultats de l’essai clinique étaient attendus avec impatience, en premier chef par votre serviteur. Nous savons la prudence requise face à de substances prometteuses et l’importance de ne rien avancer avant que la recherche confirme ou non une hypothèse La science n’est ni divination ni magie, elle est observation, test, puis le cas échéant validation.

Les résultats de son étude clinique sont sortis hier, confirmant l’obtention d’effets thérapeutiques spectaculaires. La méthodologie est robuste, puisque l’IHU de Marseille a pu comparer la négativation du portage viral chez les patients qui ont suivi le protocole avec des patients d’Avignon et de Nice qui n’ont pas reçu le traitement.

« Ceux qui n’ont pas reçu le Plaquenil [médicament à base d’hydroxychloroquine] sont encore porteurs à 90 % du virus au bout de six jours, tandis qu’ils sont 25 % à être positifs pour ceux qui ont reçu le traitement », explique le professeur Raoult.

Mais ça ne s’arrête pas là :  l’IHU Méditerrannée- Infection conseille (comme d’autres) depuis longtemps de donner concomitamment un antibiotique dans les infections virales respiratoires « parce qu’elles se compliquent surtout de pneumopathies. Donc tous les gens qui présentaient des signes cliniques qui pouvaient évoluer vers une complication bactérienne de pneumopathie, on leur a donné de l’Azithromycine. Il a été démontré que ça diminue les risques chez les gens qui ont des infections virales. L’autre raison, c’est que l’Azithromycine a montré en laboratoire qu’elle était efficace contre un grand nombre de virus, bien que ce soit un antibiotique. Donc quitte à choisir un antibiotique, on préférait prendre un antibiotique efficace contre les virus. Et quand on compare le pourcentage de positifs avec l’association hydroxychloroquine et Azithromycine, on a une diminution absolument spectaculaire du nombre de positifs. » ajoute-t-il.

 

Portage viral ?

Une étude publiée dans la revue Lancet le 11 mars avait entretemps révélé une donnée nouvelle mais essentielle : le temps de portage viral (durée entre le début et la fin de l’infection- et donc de contagiosité possible) s’avère supérieur à ce que l’on croyait, avec une durée moyenne de 20 jours. Avec l’association hydroxychloroquine / azithromycine, cette durée est réduite à 4-6 jours.

La réduction drastique du temps de portage viral donne non seulement l’espoir de traiter les cas critiques, mais aussi de réduire le temps nécessaire à une personne infectée pour ne plus être contagieuse. Et donc présente des perspectives énormes pour prévenir la propagation du virus. Cette nouvelle est bien sûr la meilleure nouvelle que l’on pouvait attendre. Les autorités et les scientifiques l’ont donc accueillie avec joie penserez-vous…

Eh bien que nenni ! Les réactions qui se sont fait entendre disputaient dans un premier temps la bêtise à la méchanceté.

Certes, ni les études chinoises, ni l’essai clinique marseillais n’a valeur de preuve (« evidence ») selon les critères de la recherche scientifique. Une réplication des résultats par d’autres équipes est requise, sans même parler d’une étude randomisée en double-aveugle, le top of the pop des méthodologies de recherche.

Mais diable ! nous sommes dans une situation d’urgence. La chloroquine est un des médicaments les mieux connus et les mieux maîtrisés (en particulier par l’IHU de Marseille). On peut donc tabler sur une très solide expérience relative au sujet de sa prescription. Se réfugier derrière un intégrisme procédural est éthiquement indéfendable dès lors qu’on parle d’un médicament qu’on connaît par cœur, qui a déjà démontré son efficacité sur d’autres coronavirus, confirmée sur celui-ci par deux essais cliniques, et alors que des vies sont en jeu jour après jour !

Raoult a relevé avec ironie qu’il n’était pas impossible que la découverte d’un nouvelle utilité thérapeutique pour un médicament tombé de longue date dans le domaine public soit décevant pour tous ceux qui espèrent un prix Nobel grâce à la découverte fracassante d’une nouvelle molécule ou d'un vaccin… sans oublier la perspective des dizaines de milliards de dollars de revenus à prendre, là où la chloroquine ne coûte littéralement rien.

Célébration des soignants !

Depuis quelques jours, la population confinée s’exprime chaque jour pour rendre hommage aux soignants et les soutenir dans les circonstances éprouvantes qu’ils vivent. Il s’agit d’une belle expression de solidarité, évidemment méritée par des professionnel-les remarquables d’abnégation et d’engagement, au front de cette lourde souffrance et de ce nouveau danger.

Dans les cercles des sommités, les choses sont hélas en général moins reluisantes. La recherche et l’autorité médicales sont aussi souvent faites de mesquineries, de manipulations, de malhonnêtetés ou d’abus en tous genres, ainsi que de pitoyables mais violents combats d’ego.

Sur BFM TV, le Dr Alain Durcadonnet cassait aussitôt du sucre sur le dos de Raoult en rappelant qu’une conclusion scientifique se publiait dans des revues scientifiques et non pas par vidéo… Ceci alors, que dans sa communication, le Pr Raoult (le chercheur français qui, rappelons-le, a le plus publié dans les revues scientifiques dans son domaine) venait évidemment de préciser que l’article décrivant son essai clinique avait été envoyé pour publication à une revue à comité de lecture. Cette anecdote montrant le niveau, comme les suivantes.

Le 1er mars, bien après la publication du premier essai clinique chinois, le directeur général de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, disait ainsi au micro d’Europe 1 : "La chloroquine marche très bien dans une éprouvette, mais n’a jamais marché chez un être vivant", ce qui était déjà parfaitement faux !

Dans les retours de la presse nationale, l’insistance est mise lourdement sur le risque du surdosage avec la chloroquine, effectivement toxique au-delà de 2 gr/jour en l’absence de comorbidité somatique. Les chinois ont privilégié des doses de 2x 500 mg/jour pendant leur essai. Raoult et son équipe, trouvant ce dosage excessif, préférant opter pour 600mg/jour. L’objection est donc d’une consternante vacuité- rappelons que nulle équipe clinique ne connaît mieux cette molécule que celle de Méditerranée-Infection. Cela reviendrait à dire à une équipe de neurologues au sujet du Dafalgan : ouh là là, attention, il peut être toxique s’il est mal utilisé, donc ce n’est vraiment pas une bonne idée d'envisager de traiter les maux de tête avec ce médicament !

On invoqua (si, si, lisez la presse !) les risques liés à une utilisation prolongée, là où le traitement proposé dure en moyenne 6 jours.  L’IHU dispose de surcroît de l’expérience de prescriptions exceptionnelles au long cours (jusqu’à deux ans !) dans le cadre du traitement de certaines bactéries intracellulaires. On a beau savoir qu’il est bon d’être charitable avec son prochain, des fois la bêtise combinée à la malhonnêteté rendent la chose ardue...

D’autres insistèrent (et insistent encore) sur le fait qu’on ne peut tirer de conclusions définitives sur la base d’essais cliniques. Ce qui est tout-à-fait juste dans l’absolu mais s’applique mal au cas présent, étant donnée la parfaite connaissance de cette molécule ! Situation absurde résumée ainsi par Raoult : « Il y a une urgence sanitaire et on sait guérir la maladie avec un médicament que l'on connaît parfaitement. Il faut savoir où on place les priorités. » Face à la réalité de l'épidémie, il préconise d’arrêter de s'affoler et de détecter les malades sans attendre que leur cas s'aggrave pour mieux les traiter.

Le problème va plus loin…

La solitude de la compétence extrême ?! Raoult explique comment Emmanuel Macron est venu le chercher après sa première annonce publique du 26 février et l’étrange expérience qui a été depuis la sienne dans le cercle d’experts qui conseille le martial président. A la question posée par un journaliste de Marianne : « Y êtes-vous  entendu ? », il répond : « J'y dis ce que je pense, mais ce n'est pas traduit en acte. On appelle cela des conseils scientifiques, mais ils sont politiques. J'y suis comme un extra-terrestre. »

C’est sa certitude, évidemment inconfortable pour les autorités : avec les mesures prises actuellement contre l’épidémie, on marche sur la tête. Nos pays ont renoncé (contrairement aux Chinois et aux Coréens) au dépistage systématique au profit d’un confinement dont le Pr Raoult souligne qu’il n’a jamais été une réponse efficace contre les épidémies. C’est un réflexe ancestral de claustration (comme à l’époque du choléra et du Hussard sur le toit de Giono). Confiner chez eux des gens qui ne sont pas porteurs du virus est infectiologiquement absurde- le seul effet d’une telle mesure est de détruire l’économie et la vie sociale. Un peu comme bombarder une ville pour en éloigner les moustiques porteurs de malaria…

La seule voie qui fasse sens selon lui est de confiner les porteurs du virus uniquement, et de les traiter en cas de besoin soit pour éviter de terribles complications comme celles que l’on voit, soit pour réduire le temps pendant lequel elles sont contagieuses.

En Suisse comme en France (et partout en Occident), la décision prise est de confiner les gens chez eux, malades ou non. Quand ils sont malades, on attend qu’ils aillent mieux puis (du fait de la durée de portage viral), on les laisse ressortir alors qu’ils sont en fait encore contagieux ! Les personnes à risque, elles, développent parfois des complications, en particulier une détresse respiratoire aiguë qui les conduit aux urgences. Elles viennent alors engorger les services de soins intensifs, et, pour certains malades, y mourir alors qu’affirme Raoult, on aurait pu les traiter avant !

Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés.

La seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs et/ou les traiter, tout comme les cas à risque puisque c’est possible, comme on le voit en Chine et en Corée, qui ont intégré l’association de dépistages massifs avec la prescription de chloroquine dans leurs treatment guidelines.

Ni Hong Kong ni la Corée, deux territoires qui ont connu les plus faibles taux de mortalité face au Covid-19 n’ont imposé de confinement aux personnes saines. Elle se sont simplement organisées différemment.

La décadence de l’Occident

Elle est hélas criante et révélée ici dans toute sa crudité… Nous disposons d’une médecine de qualité, mais d’une santé publique moyenâgeuse. Le leadership technologique et scientifique est passé à l’Extrême-Orient depuis longtemps déjà, et notre nombrilisme intellectuel nous fait souvent nous raccrocher aux lanternes du passé plutôt qu’à la science d’aujourd’hui.

Des tests systématiques seraient faciles à instaurer, pour autant qu’on en fasse une priorité sanitaire et que l’on s’organise, ce que les Coréens ont fait en un temps record. En Europe, nous avons été complètement dépassés, comme si nous vivions dans un autre temps. Les autorités comprennent maintenant qu’il s’agit d’une priorité absolue -suivant en cela les recommandations insistantes de l’OMS.

Produire les tests ne présente aucune difficulté :« C’est de la PCR [réaction en chaîne par polymérase] banale que tout le monde peut faire, la question c’est l’organisation, pas la technique, ce n’est pas la capacité de diagnostic, nous l’avons, commente Raoult. C’est un choix stratégique qui n’est pas celui de la plupart des pays technologiques, en particulier les Coréens qui font partie, avec les Chinois, de ceux qui ont maîtrisé l’épidémie en faisant dépistage et traitement. On est capables dans ce pays comme n’importe où de faire des milliers de tests et de tester tout le monde. »

Certes, des régimes politiques plus disciplinés ou même autoritaires ont un avantage de compliance sociale, mais la question n’est pas là. Le problème, c’est bien nous. La France s’enfonce dans des polémiques sans fin avant même que qui que ce soit ait ouvert la bouche, pendant que son jupitérien président s’envole dans des pérorations antiques sur l’« état de guerre » en se contemplant dans un miroir… Dans notre pays, le Conseil fédéral a réagi sans agitation ni malice, mais en donnant comme toujours l’impression qu’on le réveillait déplaisamment de sa sieste.

Bref, pour notre pays qui se targue de sa qualité d’innovation et de biotech, c’est encore un peu la fête au village…

Le changement c’est maintenant ?!

Heureusement, on peut espérer que le vent change vite et bien. Le ministère de la santé français vient de mandater le CHU de Lille pour un essai visant à répliquer les résultats obtenus à Marseille. Rappelons que des essais probants ont déjà été menés en Chine et en Corée -mais en France on tient en général que ce qui vient de l’étranger est indigne du génie français.  Quelques services hospitaliers et leurs médecins-chefs sont capables d’envisager qu’ils se sont trompés, c’est par exemple le cas du Pr Alexandre Bleibtreu de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui a tweeté récemment avec humour :

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L’intérêt pour la chloroquine est désormais mondial avec des équipes travaillant aux quatre coins du monde. Si l’efficacité aujourd’hui très probable du médicament se confirme, ce sera un major game-changer.

Une fois les personnes à risque de complications diligemment traitées, les innombrables infections bénignes dues au SARS-CoV-2, que nous serons très nombreux à vivre, pourvoiront l’immunité de masse qui ravalera cette « pandémie » au rang de sale mésaventure.

Le dépistage de masse est désormais enfin une priorité sanitaire. Le temps d’organiser la capacité d’analyses des laboratoires, nous y aurons tous progressivement droit. Le laboratoire Sanofi vient par ailleurs de proposer au gouvernement français de produire gratuitement un million de de doses de chloroquine.

Et si la molécule ne tenait pas ses promesses ? C’est bien sûr une hypothèse possible, même si elle est à ce stade peu probable. D’autres médicaments sont actuellement en voie d’examen, notamment des antiviraux connus (comme le Favipiravir) testé en Chine également avec des premiers résultats cliniques encourageants. Selon une nouvelle tombée ce matin :

"La Chine a achevé une recherche clinique sur le favipiravir, un médicament antiviral présentant une bonne efficacité clinique contre le nouveau coronavirus (COVID-19).

Le favipiravir, médicament antigrippal dont l'utilisation clinique a été approuvée au Japon en 2014, n'a provoqué aucune réaction adversaire évidente dans l'essai clinique, a révélé Zhang Xinmin, directeur du Centre national du développement biotechnologique de Chine relevant du ministère des Sciences et des Technologies, lors d'une conférence de presse.

Le favipiravir a été recommandé aux équipes de traitement médical et devra être inclus le plus vite possible dans le plan de diagnostic et de traitement du COVID-19, a-t-il fait savoir."

Ce qui est frappant autour de la chloroquine, c’est la religiosité du débat que cette option provoque  -un classique toutefois en science. Raoult est décrit comme une espèce de gourou (malgré ses états de service scientifiques remarquables) et on décrit la « croyance » en ce médicament comme étant l’attente d’un « remède-miracle » qui égarerait les gens en faisant miroiter des « espoirs impossibles ».

Heureusement, il reste une démarche qui s’appelle la science et qui vise justement à passer du registre des opinions (chacun voit le monde à sa manière) au savoir (ce que l’on a éprouvé, vérifié et validé indépendamment des opinions personnelles).

Si les résultats obtenus à Marseille et Chine se démentent, alors l'hallucination collective dans laquelle nous sommes engoncés se poursuivra, avec de très lourdes conséquences sur notre société, nos mode de vie, notre santé psychique et sociale. Si en revanche ils se confirment, on aura fait un pas de géant pour sortir de cette lourde gonfle, et ce sera alors bel et bien « Fin de partie ! pour le Covid ». Nous aurons appris bien des choses au passage.

Hommage aux autorités

Il n’est pas dans mes habitudes d’être complaisant avec les autorités. J’ai trop souvent vu les ravages de la flatterie et de la veulerie (comme de la critique gratuite ou du procès d'intention) pour tomber dans le piège. Ici, on entend bien des critiques qui me semblent injustes. Oui, notre système de santé n’en est pas vraiment un, on a une industrie de la maladie – ce qui n’est pas pareil. Oui, nos réponses sanitaires sont incroyablement poussiéreuses et même dépassés. Oui, le Conseil fédéral a des godasses de plomb -ce a aussi d'ailleurs parfois ses avantages.

Mais je tiens à dire mon sentiment que la réaction des autorités fédérales et cantonales a été proportionnée à ce que nous savions et ne savions pas. Il est facile de dire qu’il aurait fallu fermer les frontières il y a un mois dans un monde où la menace était encore peu visible et où nous aurions été les seuls à le faire.

Tout fermer conduit inévitablement à un désastre économique et social. En l’absence des moyens d’appliquer la meilleure stratégie (dépistage – confinement – traitement), recourir à un « lock-down » est une mesure archaïque et peu efficace, mais la seule qu'il était possible de prendre.

A Genève en particulier, le Conseil d’Etat (avec MM. Mauro Poggia et Antonio Hodgers en première ligne) a été solide, humain, rassurant, et clair, agissant avec calme et un indéniable sens de la proportionnalité.

Une fois l'urgence passée, il faudra bien en revanche que les responsables sanitaires et politiques rendent des comptes sur la manière dont ils se seront révélés totalement pris de court par un risque sanitaire parfaitement identifié, avec une situation en l'occurrence très peu grave par rappor

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Coronavirus : Concours Lépine gouvernemental...

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 21/03/2020

 

Non mais franchement, ils n'ont honte de rien...Ca fait des années que la recherche et l'innovation sont bridées par des coupes budgétaires dantesques. Léo, notre benjamin est en doctorat écologie et il est dégoûté, à se demander si ça vaut le coup d'aller jusqu'au bout...

Et là, le gvt nous sort un concours Lépine sur le covid...
à mettre en lien avec ceci : 
https://universiteouverte.org/…/coronavirus-la-science-ne-…/

Coronavirus : soutenir les scientifiques.

"Dans mon équipe, nous avons participé à des réseaux collaboratifs européens, ce qui nous a conduits à trouver des résultats dès 2004. Mais, en recherche virale, en Europe comme en France, la tendance est plutôt à mettre le paquet en cas d’épidémie et, ensuite, on oublie. Dès 2006, l’intérêt des politiques pour le SARS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. L’Europe s’est désengagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable. Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheur·ses de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain. Avec des collègues belges et hollandais·es, nous avions envoyé il y a cinq ans deux lettres d’intention à la Commission européenne pour dire qu’il fallait anticiper. Entre ces deux courriers, Zika est apparu…"

 

https://www.defense.gouv.fr/aid/appels-a-projets/appel-a-projets-lutte-covid-19?fbclid=IwAR2f-xkXzWHG5ZHrFMgniqzLyI7SD5s3v8Swa7wSPkykVORA_NgQjbmrzT8

Appel à projets de solutions innovantes pour lutter contre le COVID-19   

Mise à jour  : 19/03/2020 - Direction : AID

Cet appel à projets du ministère des Armées, lancé par l’Agence de l’Innovation de Défense (AID), dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre le COVID-19, vise à disposer de propositions pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Il porte sur la recherche de solutions innovantes, qu'elles soient d’ordre technologique, organisationnel, managérial ou d’adaptation de processus industriels, qui pourraient être directement mobilisables afin de : protéger la population, soutenir la prise en charge des malades, tester la population, surveiller l’évolution de la maladie au niveau individuel et l’évolution de la pandémie, ou aider à limiter les contraintes pendant la période de crise.

Important : les projets devront être d’une maturité technologique suffisante pour être employables pendant l’actuelle pandémie. Ces solutions innovantes devront être facilement et rapidement reproductibles et s'appliquer à l'échelle de l'ensemble du territoire national dans l'enveloppe budgétaire définie. 

Un budget de 10 000 000€ TTC est prévu pour cet appel à projets, qui vise à financer un à plusieurs projets d’intérêt.  

Pour permettre le soutien d’un maximum de projets prometteurs, sauf exceptions dûment justifiées, les projets retenus par cet appel à projets ne seront pas cumulables avec les financements flash mis en place par l’UE ou l’ANR : 

  • Appel à projets de l’Agence nationale pour la recherche (ANR) :

https://anr.fr/fr/detail/call/appel-a-projets-flash-covid-19/

  • Appel à projets de la Commission européenne :

https://ec.europa.eu/info/news/startups-and-smes-innovative-solutions-welcome-2020-mar-13_en

   

Les propositions de réponse sont attendues et évaluées au fil de l'eau jusqu’au 12 avril 2020. Les propositions tardives pourront être étudiées mais les chances de succès seront fortement réduites. 

    

Ce que nous recherchons 

   

Nous avons identifié un certain nombre de domaines et de situations concrètes pour lesquels nous pressentons des améliorations possibles : 

  • Protections individuelles ou collectives, soignants et populations (e.g. masques, « hygiaphones de fortune », concepts innovants de protection, de barrières, techniques de recyclage, Do It Yourself, etc.) ;
  • Gestion de la distance de sécurité entre individus ;
  • Automatisation de tâches pour le prélèvement, le nettoyage du matériel ou des salles ;
  • Facilitation du déploiement d’hôpitaux de campagne en soutien aux populations ; 
  • Gestion de crise, aiguillage, structuration/modularité des chaînes de prise en charge (e.g. gestion logistique, RH, etc.) ;
  • Production de nouvelles solutions de décontamination pour tout type de surface, pour petits et grands matériels, pour les espaces de vie, etc. ;  
  • Capacité de production en masse de solutions de décontamination ; 
  • Soutien à la prise en charge médicale (production du matériel ou traitement manquant, concept de recyclage, de détournement ou autre idée permettant de pallier ces manques) ;
  • Détection du virus dans l’environnement ; 
  • Diagnostic et autodiagnostic rapide et conduite à tenir associée - dépistage massif - dépistage participatif ; 
  • Gestion de l’impact psychologique individuel et sociétal (communication et sensibilisation sur la crise et l’épidémie, amélioration de la perception du risque d’épidémie, gestion de l’après crise, etc.) ;
  • Facteurs de limitation des déplacements et lutte contre la transgression ;
  • Amélioration du travail à distance (outils de continuité numérique, sécurisation, etc.) ;
  • Amélioration de la vie en isolement à domicile (numériques mais aussi hors solutions numériques) ;
  • Autres thèmes dûment argumentés.

   

Nous ne sommes pas seulement intéressés par des technologies nouvelles ; le caractère innovant des propositions pourra consister à réorienter des technologies ou des processus industriels existants (par exemple détourner une usine de production de parfum pour en faire du gel hydroalcoolique).

Nous acceptons les propositions provenant de tous types d’opérateurs : académiques, petites, moyennes entreprises, entreprises de taille intermédiaire, grands groupes. Des groupements constitués de ces différents types d’opérateurs seront possibles. En fonction du vecteur de financement ou d’acquisition utilisé, des restrictions sur l’origine ou la taille des opérateurs économiques pourront être appliquées.

Les propositions internes des personnels civils et militaires du ministère des Armées sont également les bienvenues.

   

Ce dont nous ne voulons pas

   

Votre proposition ne doit pas proposer une innovation en cours de maturation qui n’a aucune chance d’être employée pour lutter contre l’actuelle pandémie.

       

Contenu de la proposition

    

Compte tenu de l'urgence du projet, la présentation et les justificatifs devront être les plus concis et précis possibles. La proposition doit contenir les documents suivants :

  • le descriptif technique de la solution proposée et le cas d’usage (utilisateur, situation d’emploi) auquel cette solution répond.
  • le plan projet comprenant :
    • Un planning des développements et de la mise en service identifiant les jalons et les livrables permettant de suivre l’avancement du projet ; 
    • Une décomposition du prix de la proposition, en distinguant le cas échéant la part financée par le ministère des Armées et d’autres sources de financement. Le déposant pourra utilement proposer des éléments optionnels dans sa proposition.
  • Un document de justification explicitant l’apport du projet pour chacun des 3 critères d’évaluation infra (impact, crédibilité, calendrier).

Le dossier total ne dépassera pas 30 pages.

     

Sélection des projets d'intérêt

      

Critères obligatoires

Les propositions seront analysées au regard des critères obligatoires ci-dessous :

  • La solution proposée s’inscrit dans le périmètre de l’appel à projets (cf. « Ce que nous recherchons » et « Ce dont nous ne voulons pas ») ;
  • La proposition contient un plan projet ;
  • La proposition justifie l’intérêt du projet pour chacun des trois critères d’évaluation présentés infra.

Seules les propositions remplissant l’ensemble des critères obligatoires seront analysées au fil de l’eau lors de la sélection des projets.

     

Critères d'évaluation

Un comité d’évaluation impliquant différents experts du ministère des Armées évaluera les propositions au fur et à mesure de leur réception. Les évaluateurs ne sont pas autorisés à entrer en contact avec les déposants concernant leur proposition. Les évaluateurs ne pourront utiliser les informations contenues dans les propositions qu’aux seules fins de l’évaluation.

Cette évaluation sera fondée sur les 3 critères suivants :

  • Impact : les bénéfices anticipés (pour la population, les cycles de décision, les personnels de santé…) ;
  • Crédibilité : tout élément de preuve, scientifique ou technique, permettant de confirmer la faisabilité du projet ;
  • Calendrier : délai de mise en œuvre de la solution.

Le choix de financer une proposition est fondé sur les résultats d’évaluation, sur le coût de chaque proposition vis-à-vis du budget disponible et sur des considérations d’ordre stratégique pour la personne publique.

Les déposants dont la proposition n’aura pas été retenue pourront demander un avis synthétique sur leur proposition. 

    

Modalités pratiques

   

Budget et contractualisation 

L’AID prévoit un budget total de 10 000 000 € TTC, visant à financer entre un et plusieurs projets.   

     

Date limite de remise des propositions 

Les propositions de réponse sont attendues et évaluées au fil de l'eau jusqu’au 12 avril 2020. Les propositions tardives pourront être étudiées mais les chances de succès seront fortement réduites. 

  

Les propositions émises par les opérateurs économiques (personnes morales) doivent être déposées à l’adresse suivante : 

https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/appel-a-projets-aid-covid-19

Les propositions émises par les personnels civils et militaires du ministère des Armées (personnes physiques) doivent être déposées à l’adresse suivante : 

https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/appel-a-projets-aid-covid-19-innovateurs-minarm 

Un accusé sera transmis dès réception de la proposition.

Important : en remettant son dossier, le déposant accepte sans réserve les conditions de l’appel à projets.

     

Questions

Vous pouvez poser toute question relative à l’appel à projets via l’adresse suivante : 

agenceinnovation.dir.fct(a)intradef.gouv.fr

 

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Coronavirus : le Professeur Raoult

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 21/03/2020

Là, très clairement, "il en a gros"

Il suffit de regarder la méthode suivie par la Corée du sud pour voir qu'il a raison. 

Diagnostic de très grande ampleur et traitement. Le confinement total n'est du coup pas nécessaire. Ce qui est indispensable, c'est un confinement ciblé. 

Oui, mais en France, il n'y avait pas de tests en grande nombre, donc pas moyen d'isoler et de traiter les personnes contaminées. 

  • SAMEDI 21/03/2020 à 07H22 - Mis à jour à 14H18
  • | SANTÉ
  • | MARSEILLE,ÉDITION MARSEILLE

Coronavirus : "Je ne suis pas un outsider, je suis en avance", entretien avec le professeur marseillais Didier Raoult

Entre matamore et maths à mort, l'infectiologue revient sur les critiques et les enjeux du moment

Par Alexandra Ducamp

Le patron de l'IHU est convaincu de la pertinence de l'hydroxychloroquine pour traiter les patients atteints de Covid-19.
Le patron de l'IHU est convaincu de la pertinence de l'hydroxychloroquine pour traiter les patients atteints de Covid-19.PHOTO GEORGES ROBERT

Il n'en démord pas. Malgré l'écho donné à la défiance politique et médicale concernant son essai clinique, le patron de l'IHU est convaincu de la pertinence de l'hydroxychloroquine pour traiter les patients atteints de Covid-19. Malgré la psychose médiatique et son décompte mortuaire quotidien, il le répète : on a plus de chance de mourir d'autre chose que du virus chinois. Alors qu'hier soir le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy appelait solennellement à une stratégie de dépistage massif, Didier Raoult, lui, l'avait préconisée et mise en place dès l'arrivée des premiers rapatriés de Wuhan. Dans les couloirs de l'IHU, on glisse que dans cette crise sanitaire, "il a mis ses couilles sur la table". L'histoire dira si le détonnant Pr Raoult avait raison. Rencontre.

627 morts en une journée et 40 000 cas de Covid-19 en Italie, on n'en est plus à la "grippette" dont vous parliez il y a quelques semaines...
Pr Didier Raoult : Vraisemblablement, vous ne comprenez pas du premier coup. Toutes les situations doivent être mises en perspective. Sur quelle maladie infectieuse toute la presse s'est-elle excitée l'année dernière ? La rougeole. À la fin, il y a eu 1 000 cas avec un mort et il y avait une annonce tous les jours dans les médias. Le monde de l'information vit dans un monde parallèle au mien, celui de l'observation. On est passé d'une exagération à une déconnection. Il y a dans le monde 2,6 millions de morts d'infections respiratoires par an, vous imaginez que les 5 000, 10 000 ou même 100 000 vont changer les statistiques ?

On ne parle pas de statistiques, on parle d'êtres humains, de populations entières confinées...
Pr Didier Raoult : De quoi voulez-vous parler d'autres ? Les gens meurent, oui. La plus grande surmortalité de ces dernières années en France, c'était en 2017 : 10 000 morts supplémentaires en hiver, on ne sait pas même pas si c'est de la grippe. 10 000 morts, c'est beaucoup. Mais là, on en est à moins de 500. On va voir si on arrive à en tuer 10 000, mais ça m'étonnerait.

L'argument statistique est donc le seul prisme...
Pr Didier Raoult : À Marseille, nous avons diagnostiqué 120 cas positifs, il y avait deux morts de plus de 87 ans. Ils mourraient aussi l'année dernière. Sur 100 prélèvements de gens qui ont une infection respiratoire, ce sont plutôt des cas graves, quand on teste 20 virus et 8 bactéries, il y en 50 % dont on ne sait pas ce qu'ils ont, c'est notre grande ignorance. Pour tous les autres, il y a 19 virus saisonniers, qui tuent aussi. Les coronavirus endémiques tuent plus ici que le chinois. Je confronte en permanence les causes de mortalité dans toute la région à cette espèce de soufflet anxiogène qui monte : pour l'instant, on a plus de chance de mourir d'autres choses que du Covid-19. Le grand âge, les comorbidités et la prise en charge tardive sont des facteurs de mortalité. C'est peut-être inentendable, mais c'est la réalité. La seule chose qui m'intéresse sont les datas, les données brutes. Les données vont rester, les opinions, elles, changent... Je ne dis pas l'avenir, mais je ne suis absolument pas terrifié.

"Dans mon monde, je suis une star mondiale"

Comment expliquez-vous la situation dans l'est de la France ?
Pr Didier Raoult : Je suis scientifique, c'est ce qui manque dans ce pays ; une grande partie du monde politique et administratif réagit comme vous (les médias, NDLR). Nous, nous ne devons pas réagir comme ça. Les seules données qui m'intéressent ce sont les données d'observation, je n'ai pas d'opinion. Il n'y a que la presse qui parle de ce qui se passe dans l'Est, moi, je n'ai pas de données. Pour l'Italie, on disait pis que pendre, j'ai reçu une analyse, c'est comme ailleurs, ce sont des gens de plus de 75 ans. Les Japonais ont fait un très beau modèle expérimental en confinant les croisiéristes assez âgés sur le Diamond Princess. On a bien vu que c'était contagieux, 700 l'ont chopé. Mais en dépit d'une population très fragile, il n'y a eu qu'1 % qui sont morts. C'est la réalité observée. Quand il y aura 1 000 morts dans l'Est, je dirai oui, c'est grave.

Et aussi Le vrai du fake : "Le coronavirus circule-t-il vraiment dans l'air ?"

Vous êtes en permanence à contre-courant du discours...
Pr Didier Raoult : Ce n'est pas parce qu'il y a quelques personnes qui pensent certaines choses à Paris, que je suis à contre-courant. Dans mon monde, je suis une star mondiale, je ne suis pas du tout à contre-courant. Je fais de la science, pas de la politique. Les maladies infectieuses, ce n'est pas très compliqué, c'est diagnostic et traitement. C'est le B-A ba, si les gens ne connaissent pas le B-A ba des maladies infectieuses ou de la chloroquine qui s'apprend en troisième année de médecine, je n'y peux rien. Je vais pas refaire l'éducation de ceux qui refont le monde sur les plateaux-télé. Je me fous de ce que pensent les autres. Je ne suis pas un outsider, je suis celui qui est le plus en avance. La vraie question est : comment ce pays est arrivé dans un tel état que l'on préfère écouter les gens qui ne savent pas que plutôt ceux qui savent ?

24 patients sont suivis dans l'essai clinique, combien de personnes ont été traitées depuis...
Pr Didier Raoult : On en a traitées d'autres mais je ne vous dirai pas combien. J'en informerai d'abord le ministère.

Après six jours de traitement, la charge virale de 75% des patients est négative, sont-ils pour autant guéris ?
Pr Didier Raoult : Ils sont guéris du virus. Mais si vous avez des lésions pulmonaires, elles ne disparaîtront pas en trois jours. Nous ne savons pas pour le moment non plus si, une fois guéri, vous pouvez retomber malade, cela n'a pas été décrit par les Chinois qui ont deux mois d'avance sur nous.

Quid des 25 % qui sont toujours positifs ? Leur situation s'aggrave-t-elle comme on le dit autour des 7e et 8e jours ?
Pr Didier Raoult : Nous n'avons pas eu d'aggravation dans les cas traités mais nous ne voyons pas de gens dans des états graves. Pour l'instant, les cas graves sont ceux qui ne sont ni détectés, ni traités et qui arrivent avec une insuffisance respiratoire très grave. Ils vont directement en réanimation et ils vont mourir là-bas. Si on dépiste et que l'on traite les gens précocement il y a forcément plus de chance de les sauver que 48 heures avant la phase terminale.

Votre stratégie depuis le début de l'épidémie est de mobiliser tout l'IHU pour faire du dépistage massif, pourquoi, cela n'a pas été une stratégie nationale dès l'origine ?
Pr Didier Raoult : Ce n'est pas ma stratégie, c'est du bon sens. Je ne sais pas pourquoi ce n'est pas une stratégie nationale, c'est un choix politique. Moi, je fais mon devoir, point final. Je fais ce que je dois faire, je joue ma partition dans une pièce. Mais ce n'est pas moi qui ai inventé le théâtre, ni le texte. Je suis le seul à avoir une pensée classique sur les maladies infectieuses alors que tout le monde perd ses nerfs...

Quid des effets secondaires du traitement à l'hydroxychloroquine ?
Pr Didier Raoult : Ce qu'on dit sur les effets secondaires est tout simplement délirant. Ce sont des gens qui n'ont pas ouvert un livre de médecine depuis des années. Plus d'un milliard de gens en ont bouffé, les personnes qui souffrent de lupus en prennent pendant des décennies... Je connais très bien ces médicaments, j'ai traité 4 000 personnes au Plaquénil depuis 20 ans. Ce n'est pas moi qui suis bizarre, ce sont les gens qui sont ignorants. On ne va pas m'apprendre la toxicité de ce médicament.

Le gouvernement a annoncé élargir les essais sur l'hydroxychloroquine mais par des équipes indépendantes de la vôtre, pourquoi ?
Pr Didier Raoult : C'est normal. Jusqu'il y a 30 ou 40 ans, en faisant face à des maladies qu'on soignait mal ou pas, la méthodologie, on s'en foutait un peu. Le premier type qui avait une infection à staphylocoque, on lui donnait de la pénicilline, il était guéri et tout le monde était content. Au fur et à mesure où l'on a été de plus en plus compétent, il a fallu faire des études en double aveugle, puis rendre publiques des données pour ne pas qu'il y ait des tricheurs, notamment en raison des enjeux financiers. Aujourd'hui, on sait par les Chinois que le portage moyen du virus est de 20 jours. Nous, nous avons les moyens de mesurer la charge virale, on voit qu'elle baisse, donc c'est que ça marche. On n'avait pas besoin de groupe témoin. Je suis content de l'élargissement des essais avec des médicaments, qui marchent, je suis juste un docteur. Si vous avez des doutes sur ma crédibilité, ce n'est pas mon problème. Il y a des gens soignés dans le monde entier, je ne me sens pas plus responsable des malades de Paris que de Corée. Ce seront les plus intelligents qui seront le mieux soignés. Je n'essaie pas d'être arrogant. Si les gens ne veulent pas regarder les chiffres, je n'y peux rien. Nous avons réalisé les 2/3 des tests de France, on a mis en place une machine de guerre. Après, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif.

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Coronavirus : soutenir les scientifiques.

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 20/03/2020

Cette crise met en lumière l'énorme malaise qui touche le milieu scientifique depuis des années. Un malaise très profond quant à leur considération.

Aujourd'hui, les scientifiques sont appelés à la rescousse par les gouvernements mais ils savent très bien que la raison profonde de ce nouvel intérêt est purement économique. Le coronavirus est en train de mettre par terre la croissance mondiale. Je lis pas mal de documents éménant des milieux financiers et la puissance de cette crise financière dépasse tout ce qui a déjà été vécu dans les crises précédentes et personne n'est capable, aujourd'hui, de présager des dégâts. Des millions d'emplois sont menacés sur l'ensemble de la planète, des centaines de milliers d'entreprises, des banques qui risquent d'imploser (il faut voir les graphiques boursiers sur six mois, c'est apocalyptique...)

Les scientifiques sont donc écoutés et vénérés pour mettre un terme à ce virus. Sauver des vies. Sauver l'économie. Eviter un chaos social. Des milliards ont déjà été débloqués aux USA et en Europe, en Chine, au Japon. De l'argent comme si ça tombait du ciel. De l'endettement pour des décennies et avec une économie qui restera considérablement impactée par cette crise...Personne ne sait où on va.

Les scientifiques sont donc aujourd'hui vénérés parce qu'ils détiennent peut-être la sortie de crise sanitaire et donc économique. Le coronavirus les a rappelés aux bons souvenirs des gouvernants. Ils ne se font aucune illusion. Ils souffrent depuis bien trop longtemps des restricitons budgétaires pour croire encore aux paroles politiciennes. 

Léo, notre benjamin, est en doctorat, en écologie. Tout ce qu'il nous dit de l'Université et du milieu de la recherche est à pleurer. Ils travaillent tous avec des moyens de plus en plus limités et des contraintes de plus en plus fortes. A en arriver à penser que toutes ces années d'études sont inutiles, qu'elles ne mèneront à rien...La même souffrance que les personnels hospitaliers qui savent qu'ils n'ont plus les moyens de soigner correctement. 

Ces scientifiques qui sont écoutés aujourd'hui ne le sont que parce que la crise est réelle. Tout ce qui relève de l'anticipation liée au dérèglement climatique, aux atteintes à la biodiversité, à toutes les études qui mettent en avant l'impact dévastateur de l'exploitation humaine, tout cela n'est toujours pas pris en considération. Pourquoi ? Parce que la crise en'est pas encore suffisamment visible. Parce qu'elle n'impacte pas l'économie, qu'elle ne menace pas la paix sociale. Alors, les gouvernants font des colloques ,des conférences, ils discutent et rentrent chez eux parce que finlament, l'économie tourne encore meme si les températures montent inexorablement. Tout ce que les scientifiques expliquent depuis plus de trente ans ne relève pas d'un virus. C'est une projection dont on ne parvient pas à estimer clairement l'échéance ultime. Sauf qu'à vouloir attendre l'échéance, on s'enlève la possibilité de régler le problème. Il n'y aura pas de vaccin au réchauffement climatique. Une fois la machine emballée, personne ne pourra l'arrêter. 

Quand j'ai commencé à parler de "survivalisme" sur ce blog et de tout ce que ça implique comme changement d'attitude, le compteur journalier des visites a dégringolé de 50 % en quelques mois.

Depuis le début de l'année et encore plus depuis le début de cette crise sanitaire, le compteur s'affolle à la hausse.

De la même façon, je lis sur le net de plus en plus de gens qui en parlent. Non pas dans des termes apocalyptiques, avec entassement d'armes au fond d'un blockaus mais dans une dynamique spirituelle de décroissance et d'anticipation.  Avec l'arrivée du covid19 aux USA, les ventes d'armes ont explosé. Ici, ce sont les ventes de papier toilette, de sac de riz, de pâtes... Tout cela relève juste de la peur et de l'absence de réflexion.

De notre côté, nous vivons confinés, depuis bien longtemps. Par choix. La consommation est réduite au minimum. Nos journées ne changent pas aujourd'hui de ce qu'elles étaient il y a une semaine, en dehors du fait que nous ne pouvons plus monter sur les sommets...

 

« Quand un virus émerge, on demande aux chercheurs de trouver une solution pour le lendemain, ensuite on oublie »

 

PAR BRUNO CANARD/UNIVERSITÉ OUVERTE 20 MARS 2020

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Bruno Canard, directeur de recherche au CNRS, travaille depuis vingt ans sur les coronavirus. Avec très peu de moyens. Il est en colère contre les pouvoirs publics qui se sont désengagés de ces grands projets de recherche, et dont on semble (re)découvrir aujourd’hui le caractère vital pour nos sociétés alors qu’Emmanuel Macron annonce « augmenter de 5 milliards d’euros notre effort de recherche ».

« Je suis Bruno Canard, directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille. Mon équipe travaille sur les virus à ARN (acide ribonucléique), dont font partie les coronavirus.

En 2002, notre jeune équipe travaillait sur la dengue, ce qui m’a valu d’être invité à une conférence internationale où il a été question des coronavirus, une grande famille de virus que je ne connaissais pas. C’est à ce moment-là, en 2003, qu’a émergé l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et que l’Union européenne a lancé des grands programmes de recherche pour essayer de ne pas être pris au dépourvu en cas d’émergence. La démarche est très simple : comment anticiper le comportement d’un virus que l’on ne connaît pas ? Eh bien, simplement en étudiant l’ensemble des virus connus pour disposer de connaissances transposables aux nouveaux virus, notamment sur leur mode de réplication.

Cette recherche est incertaine, les résultats non planifiables, et elle prend beaucoup de temps, d’énergie, de patience. C’est une recherche fondamentale patiemment validée, sur des programmes de long terme, qui peuvent éventuellement avoir des débouchés thérapeutiques. Elle est aussi indépendante : c’est le meilleur vaccin contre un « scandale Mediator-bis ».

L’Europe s’est désengagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable

Dans mon équipe, nous avons participé à des réseaux collaboratifs européens, ce qui nous a conduits à trouver des résultats dès 2004. Mais, en recherche virale, en Europe comme en France, la tendance est plutôt à mettre le paquet en cas d’épidémie et, ensuite, on oublie. Dès 2006, l’intérêt des politiques pour le SARS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. L’Europe s’est désengagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable. Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheur·ses de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain. Avec des collègues belges et hollandais·es, nous avions envoyé il y a cinq ans deux lettres d’intention à la Commission européenne pour dire qu’il fallait anticiper. Entre ces deux courriers, Zika est apparu…

La science ne marche pas dans l’urgence et la réponse immédiate

Avec mon équipe, nous avons continué à travailler sur les coronavirus, mais avec des financements maigres et dans des conditions de travail que l’on a vu peu à peu se dégrader. Quand il m’arrivait de me plaindre, on m’a souvent rétorqué : « Oui, mais vous, les chercheur·ses, ce que vous faites est utile pour la société… Et vous êtes passionnés ».

Et j’ai pensé à tous les dossiers que j’ai évalués.

J’ai pensé à tous les papiers que j’ai revus pour publication.

J’ai pensé au rapport annuel, au rapport à 2 ans, et au rapport à 4 ans.

Je me suis demandé si quelqu’un lisait mes rapports, et si cette même personne lisait aussi mes publications.

J’ai pensé aux deux congés maternité et aux deux congés maladie non remplacés dans notre équipe de 22 personnes.

J’ai pensé aux pots de départs, pour retraite ou promotion ailleurs, et aux postes perdus qui n’avaient pas été remplacés.

J’ai pensé aux 11 ans de CDD de Sophia, ingénieure de recherche, qui ne pouvait pas louer un appart sans CDI, ni faire un emprunt à la banque.

J’ai pensé au courage de Pedro, qui a démissionné de son poste CR1 au CNRS pour aller faire de l’agriculture bio.

J’ai pensé aux dizaines de milliers d’euros que j’ai avancé de ma poche pour m’inscrire à des congrès internationaux très coûteux.

Je me suis souvenu d’avoir mangé une pomme et un sandwich en dehors du congrès pendant que nos collègues de l’industrie pharmaceutique allaient au banquet.

J’ai pensé au Crédit Impôt Recherche, passé de 1.5 milliards à 6 milliards annuels (soit deux fois le budget du CNRS) sous la présidence Sarkozy.

J’ai pensé au Président Hollande, puis au Président Macron qui ont continué sciemment ce hold-up qui fait que je passe mon temps à écrire des projets ANR.

J’ai pensé à tou·tes mes collègues à qui l’ont fait gérer la pénurie issue du hold-up.

J’ai pensé à tous les projets ANR que j’ai écrits, et qui n’ont pas été sélectionnés.

J’ai pensé à ce projet ANR Franco-Allemande, qui n’a eu aucune critique négative, mais dont l’évaluation a tellement duré qu’on m’a dit de la re-déposer telle quelle un an après, et qu’on m’a finalement refusé faute de crédits.

J’ai pensé à l’appel Flash de l’ANR sur le coronavirus, qui vient juste d’être publié.

J’ai pensé que je pourrais arrêter d’écrire des projets ANR.

Mais j’ai pensé ensuite aux précaires qui travaillent sur ces projets dans notre équipe.

J’ai pensé que dans tout ça, je n’avais plus le temps de faire de la recherche comme je le souhaitais, ce pour quoi j’avais signé.

J’ai pensé que nous avions momentanément perdu la partie.

Je me suis demandé si tout cela était vraiment utile pour la société, et si j’étais toujours passionné par ce métier ?

Je me suis souvent demandé si j’allais changer pour un boulot inintéressant, nuisible pour la société et pour lequel on me paierait cher ?

Non, en fait.

J’espère par ma voix avoir fait entendre la colère légitime très présente dans le milieu universitaire et de la recherche publique en général. »

Bruno Canard, directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille

Cette tribune a été initialement publiée sur le site Université ouverte, le 4 mars 2020. Université ouverte est un site qui regroupe « des outils pour la mobilisation de l’enseignement et de la recherche, sur la précarité des étudiante·s comme des travailleur·ses, sur la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche et sur les retraites ».

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Coronavirus : masques de protection

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 19/03/2020

Voilà la confirmation de ce que j'écrivais précédemment...Si rien ne change après cette crise, vraiment, ça sera à désespérer des "élites"...

 

Depuis plusieurs années, la France s'en est remise aux capacités industrielles de la Chine, aux dépens de la production nationale. L'Asie, fort logiquement, n'a pas pu maintenir ses exportations dans une période de crise continentale, d'où la situation de pénurie actuelle. Olivier Véran a d'ailleurs souligné que "les crises sanitaires pouvaient parfois entraîner des crises industrielles", en référence aux fabricants chinois défaillants.

Ce retard à l'allumage français a donc plusieurs explications, résume Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Ce dernier estime notamment que "les difficultés d'approvisionnement n'ont pas été suffisamment anticipées" et que "cette histoire de coronavirus va remettre en question certains aspects de la mondialisation" en ce qui concerne la capacité française à produire du matériel sanitaire en période de crise."

Les hôpitaux sont sous tension et réclament davantage de matériel pour protéger le personnel soignant. Les approvisionnements en masques sont serrés et l'Etat a dû relancer à la hâte la fabrication de ces précieuses protections.

Un patient sous assistance respiratoire est transféré à l\'hôpital de Strasbourg (Bas-Rhin), le 16 mars 2020.
Un patient sous assistance respiratoire est transféré à l'hôpital de Strasbourg (Bas-Rhin), le 16 mars 2020. (PATRICK HERTZOG / AFP)
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Fabien MagnenouFrance Télévisions

Mis à jour le 19/03/2020 | 18:07
publié le 19/03/2020 | 17:37

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DIRECT. Coronavirus : le bilan en Italie atteint 3 405 morts et dépasse désormais celui de la Chine

"Nous avons assez de masques aujourd'hui pour permettre aux soignants d'être armés face à la maladie et de soigner les malades, a assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran, mardi 17 mars sur France Inter. Mais en fonction de la durée de l'épidémie, nous ne savons pas si nous en aurons suffisamment à terme." La question du matériel sanitaire est cruciale pour combattre l'épidémie de Covid-19. Face à la trop faible quantité de stocks disponibles, l'inquiétude est palpable dans les couloirs des hôpitaux, d'autant que les vols et les disparitions compliquent encore la donne (12 500 masques au CHU de Montpellier...).

>> Retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de coronavirus dans notre direct

"Je sais qu'il y a des problèmes de masques qui me remontent, et qui sont ubuesques", a notamment déclaré sur franceinfo Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il faut distinguer les masques chirurgicaux, destinés aux malades pour protéger leur entourage, et les masques respiratoires dits "FFP2", qui protègent le porteur contre l'inhalation d'agents infectieux. Dans un courrier adressé à une élue, que franceinfo a pu consulter, un médecin hospitalier de Grenoble (Isère) livre par exemple cet édifiant constat.

Les stocks sont très faibles. Aussi, en prévision, les équipes d'hygiène nous demandent de ne pas jeter les masques en fin de journée qui sont récupérés pour pouvoir être réutilisés après stérilisation, si la situation tourne à la catastrophe.un médecin de Grenoble à une élue

L'épidémie est certes inédite, mais comment la France en est-elle arrivée à cette situation de pénurie ?

En mai 2009, lors de l'épidémie de grippe A (H1N1), les stocks de masques FFP2 relevant du ministère de la Santé étaient évalués à 580 millions d'unités (dont 229 millions étaient périmés) : 463 millions pour le stock stratégique et 117 millions pour le stock des établissements de santé. Le Sénat, il est vrai, faisait alors mention de "difficultés" dans le suivi du "stock national santé", éparpillé dans 72 sites en France. Au mois de juin de la même année, 400 millions de masques FFP2 supplémentaires avaient été commandés, précisait alors un rapport (document en pdf) du sénateur centriste Jean-Jacques Jégou.

Un masque de type FFP2 photographié à l\'Institut Robert Koch de Nuremberg (Allemagne), le 28 février 2020. Ce matériel \"coque\" ou en \"bec de canard\" est utilisé par les professionnels de santé pour les protéger contre l’inhalation d’agents infectieux.
Un masque de type FFP2 photographié à l'Institut Robert Koch de Nuremberg (Allemagne), le 28 février 2020. Ce matériel "coque" ou en "bec de canard" est utilisé par les professionnels de santé pour les protéger contre l’inhalation d’agents infectieux. (DANIEL KARMANN / DPA / AFP)

Deux ans plus tard, en 2011, "une grande concertation a été organisée" pour déterminer le matériel dont la France avait besoin en cas "de nouveaux épisodes viraux", expliquait Olivier Véran, le 3 mars dernier. Le ministre de la Santé affirmait que ces réflexions n'avaient alors pas débouché sur la mise en place d'une réserve de masques FFP2. En résumé, si le ministre explique qu'"il n'y a pas de stock d'Etat" pour les FFP2, la France dispose tout de même, début mars, d'une réserve de 145 millions de masques chirurgicaux (anti-projections) – le ministre évoque désormais 100 millions d'unités.

Assemblée nationale✔@AssembleeNat

"Prévoir et se préparer, c'est indispensable et nécessaire": @doorjean (LR) se félicite du plan de prévention, mis en œuvre depuis 2004 et demande au Gvt quel est l'état de tous les masques FFP2 et des respirateurs commandés en 2006 #DirectAN #QAG

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16:26 - 3 mars 2020

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Mais "que sont devenues les commandes des masques FFP2 et chirurgicaux [passées en 2009] ?", s'interroge le député LR Jean-Pierre Door, contacté par franceinfo. "Ces dernières années, il n'y a pas eu d'épisodes nécessitant leur utilisation et j'aimerais donc savoir ce que sont devenus les achats." Nous avons transmis la question à Jérôme Salomon, directeur général de la Santé. Mardi, lors de son point de situation quotidien, ce dernier a expliqué qu'il existait des stocks stratégiques "de masques chirurgicaux", sans toutefois mentionner des réserves nationales de FFP2.

Beaucoup d'entreprises et d'institutions ont des masques de cette époque, qui sont parfois de type FFP2. Ces entreprises peuvent les mettre à disposition et certaines l'ont fait.Jérôme Salomon, directeur général de la Santé

Contactée à ce sujet, Santé publique France n'a pas encore répondu à nos questions sur les ressources disponibles en masques FFP2. La direction générale de la Santé n'a pas apporté d'explication plus détaillée après notre requête.

Un stock de 600 millions de masques FFP2 en 2011

Ce problème mérite un coup d'œil dans le rétroviseur. Le 1er juillet 2011, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) émettait un avis (document en pdf) sur la stratégie à adopter concernant les stocks de masques respiratoires. L'idée était la suivante : il convenait d'équiper en FFP2 les professionnels de santé tandis que les masques chirurgicaux étaient recommandés pour les professions de la vie générale (éboueurs, boulangers…).

Après les commandes post-grippe A (H1N1), les stocks étaient alors au plus haut et le ministre de la Santé de l'époque, Xavier Bertrand, n'a pas eu besoin de passer de nouvelles commandes. La France disposait en effet de 600 millions de masques FFP2, en phase avec "la valeur cible fixée", selon cet extrait d'une note confidentielle de la direction générale de la santé datée du 27 juillet 2011, que franceinfo a pu récupérer.

Extrait d\'une note confidentielle de la Direction générale de la santé du 27 juillet 2011.
Extrait d'une note confidentielle de la Direction générale de la santé du 27 juillet 2011. (FRANCEINFO)

Les réserves sont donc immenses mais, problème, ces masques équipés d'une membrane filtrante et d'élastiques ont une durée de vie évaluée à quatre ou cinq ans. Un nouveau fonctionnement a donc été mis en place pour la suite : la question des stocks de masques est gérée chaque année par le ministre de la Santé lors de l'examen du projet de loi santé. Il convient d'en assurer la continuité, pour éviter l'obsolescence du parc.

Le tournant a lieu en 2013, avec la "nouvelle doctrine" du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui considère notamment que "le recours systématique aux masques de protection respiratoire de type FFP2 a montré ses limites en termes d'efficacité car la gêne voire la difficulté respiratoire liées à leur port, conduisent à un faible taux d'utilisation", peut-on lire dans ce document. Ce changement de modèle est évoqué deux ans plus tard dans un rapport sénatorial : "Le stock national géré par l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires [Eprus] concerne désormais uniquement les masques de protection chirurgicaux à l'attention des personnes malades et de leurs contacts." Ce stock est géré depuis 2016 par Santé publique France et correspond aux 100 millions d'unités récemment évoquées par Olivier Véran.

Produire et/ou acheter en urgence

Par ailleurs, "la constitution de stocks de masques de protection des personnels de santé [notamment FFP2] sont désormais à la charge des employeurs". La nouvelle doctrine suppose donc de ne pas "renouveler certains stocks arrivant à péremption", car la responsabilité est désormais transférée "vers d'autres acteurs", à savoir les établissements de santé et médico-sociaux pour leurs personnels. Dans une logique d'harmonisation, ceux-ci font toutefois des points réguliers avec la direction générale de la santé (DGS).

Cette mission relevant désormais des établissements, les réserves d'Etat en FFP2 ont donc fondu année après année. Mais au-delà des stocks, qui ont une durée de vie limitée, ce sont surtout les capacités de production qui priment, explique à franceinfo un bon connaisseur du dossier. La France a désormais besoin de 50 millions de masques chaque semaine, contre quatre à cinq en temps normal. Dans ce contexte, un stock de 600 millions de masques ne représente donc qu'une avance d'une dizaine de jours. Le plus important est d'être en mesure de produire ou d'acheter vite. Et beaucoup.

Aurait-il alors fallu passer des commandes massives il y a plusieurs semaines, dès le début de l'épidémie ? Autre problème ! Depuis plusieurs années, la France s'en est remise aux capacités industrielles de la Chine, aux dépens de la production nationale. L'Asie, fort logiquement, n'a pas pu maintenir ses exportations dans une période de crise continentale, d'où la situation de pénurie actuelle. Olivier Véran a d'ailleurs souligné que "les crises sanitaires pouvaient parfois entraîner des crises industrielles", en référence aux fabricants chinois défaillants.

Ce retard à l'allumage français a donc plusieurs explications, résume Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Ce dernier estime notamment que "les difficultés d'approvisionnement n'ont pas été suffisamment anticipées" et que "cette histoire de coronavirus va remettre en question certains aspects de la mondialisation" en ce qui concerne la capacité française à produire du matériel sanitaire en période de crise.

Quand vous avez des patients intubés, vous ne pouvez pas leur mettre un masque pendant les soins. Si les médecins ne peuvent s'en protéger avec des masques FFP2, c'est une catastrophe..Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF à franceinfoà franceinfo

Face à ces difficultés, la France a finalement passé "les commandes publiques les plus massives qui soient" auprès de "quatre grandes entreprises sur le territoire national" capables de confectionner les masques. Il leur a été demandé "de fonctionner jour et nuit, H-24 et sept jours sur sept", a expliqué le ministre de la Santé. Contacté, le groupe Kolmi-Hopen est littéralement débordé et n'a pas pu nous répondre. "Nous avons une demande pour 350 millions de masques de la part des distributeurs européens, expliquait déjà fin janvier son PDG, Gérald Heuliez, à Ouest-France. Inutile de vous dire qu'on ne peut la satisfaire."

L\'entreprise Kolmi-Hopen consacre désormais l\'intégralité de son activité à la production de masques.
L'entreprise Kolmi-Hopen consacre désormais l'intégralité de son activité à la production de masques. (KOLMI-HOPEN)

Pour rattraper le retard, le Premier ministre, Edouard Philippe, a également réquisitionné début mars par décret "l'ensemble des stocks et productions de masques sur le territoire national". Cela concerne à la fois les fameux masques FFP2 et les masques anti-projections, détenus par les personnes privées, morales et par les "entreprises qui en assurent la fabrication ou la distribution". Au début du mois, deux opérations nationales de déstockage ont permis de fournir 25 millions de masques aux personnels de santé.

La plupart des grands CHU, notamment dans les zones où l'épidémie est la plus intense, ont été livrés aujourd'hui [mardi]. Le reste se fera au plus tard [mercredi] matin.Jérôme Salomon, directeur général de la santémardi 17 mars

Pour surmonter ce manque, la débrouille est donc de mise. En Nouvelle-Aquitaine, deux millions de masques périmés issus de stocks de "plusieurs administrations et collectivités" vont être distribués aux médecins libéraux et aux établissements de santé. "L'inquiétude des professionnels de santé est légitime", a reconnu Michel Laforcade, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS). Si le délai de péremption est dépassé, ces masques présentent tout de même "les mêmes garanties" que les autres, a-t-il ajouté, précisant que "la seule fragilité" pouvait se trouver au niveau des élastiques. Le ministère des Armées a également déstocké cette semaine cinq millions de masques chirurgicaux au bénéfice du ministère de la Santé.

Florence Parly✔@florence_parly

Le ministère des Armées livre 5 millions de masques chirurgicaux au @MinSoliSante.

Chaque effort compte.

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22:01 - 18 mars 2020

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Au niveau local, certaines mairies fouillent également dans les armoires : la mairie de Montargis (Loiret), par exemple, va fournir 5 000 masques à l'hôpital local. Jérôme Salomon a également encouragé "les entreprises privées qui en ont encore à les offrir aux hôpitaux" afin d'aider "les professionnels de santé en première ligne". Il a ajouté que les masques étaient des "denrées rares" et "un bien précieux". Personne ne le contredira parmi les professionnels de santé.

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Coronavirus : USA

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 19/03/2020

Quinze jours de confinement...Inévitablement insuffisant.

Les informations tombent les unes après les autres.

Il va falloir apprendre à vivre différemment... Et les conséquences économiques ne sont même pas prévisibles à ce jour. 

Des milliards qui apparaissent aux quatre coins du monde, lancés comme des confettis par toutes les banques centrales. Ils savent où on va et ça n'est pas réjouissant. Mais cet argent n'aura d'utilité qu'à partir du moment où le virus sera circonscrit... Quand ? Beaucoup parlent d'un an désormais. Maintenant, si ces mannes financières ne sont destinées qu'à relancer la machine sans rien y changer, on aura manqué une opportuiné majeure de revoir l'intégralité du système...Jusqu'à la prochaine fois. 

https://news.yahoo.com/u-virus-plan-anticipates-18-190626012.html?.tsrc=daily_mail&uh_test=2_15

U.S. Virus Plan prévoit une pandémie de 18 mois et des pénuries généralisées
Un plan du gouvernement fédéral visant à combattre le coronavirus a averti les décideurs la semaine dernière qu’une pandémie « durera 18 mois ou plus » et pourrait inclure des « vagues multiples », ce qui entraînerait des pénuries généralisées qui nuiraient aux consommateurs et au système de santé du pays.

Le plan de 100 pages, daté de vendredi, le jour même où le président Donald Trump a déclaré une urgence nationale, décrit un sombre pronostic pour la propagation du virus et décrit une réponse qui activerait les agences à travers le gouvernement et pourrait employer des pouvoirs présidentiels spéciaux pour mobiliser le secteur privé Parmi les « décisions fédérales clés supplémentaires » énumérées parmi les options pour Trump était d’invoquer la Loi de 1950 sur la production de défense, une loi de l’époque de la guerre de Corée qui autorise un président à prendre des mesures extraordinaires pour forcer l’industrie américaine à accroître la production d’équipement et de fournitures essentiels comme des ventilateurs, des respirateurs et des équipements de protection pour les travailleurs de la santé.

« Des pénuries de produits peuvent se produire, ce qui a une incidence sur les soins de santé, les services d’urgence et d’autres éléments de l’infrastructure essentielle », a averti le plan. « Cela comprend des pénuries potentiellement critiques de diagnostics, de fournitures médicales (y compris l’ÉPI et les produits pharmaceutiques) et de personnel à certains endroits. » L’EPI fait référence à l’équipement de protection individuelle.

Le plan se poursuit : « Les gouvernements des États et les administrations locales, ainsi que les infrastructures et les communications essentiellesLe plan, qui était non classifié mais portant la mention « À l’usage officiel seulement // Non pour distribution ou diffusion publique », a été communiqué au New York Times alors que Trump intensifiait ses efforts pour freiner la propagation du virus. Après des semaines à minimiser la gravité de la pandémie, affirmant qu’elle disparaîtrait miraculeusement, Trump a commencé à adopter un ton plus sobre lors d’une conférence de presse vendredi annonçant l’urgence nationale." 

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Coronavirus : Détresse respiratoire sévère

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 19/03/2020

Pour réaliser ce ce que ça signifie. 

Ce qui m'interroge encore plus sur la gestion de cette crise et les avis divergents dans le milieu scientifique. L'impression de plus en plus incompréhensible que nous n'avons pas été clairement informés. Et que les gouvernements n'ont pas voulu porter atteinte à l'économie de façon radicale. Sauf que maintenant, le mal est encore plus sévère.

 

Hugo Clément

7 h · 

Témoignage de Caroline Aliane, victime d'une détresse respiratoire sévère en 2010, alors qu'elle était âgée de 39 ans et enceinte. Elle souhaite témoigner pour vous alerter sur ce que traversent aujourd'hui les personnes touchées par une forme grave de coronavirus.
La lecture est éprouvante, mais indispensable. Merci Caroline pour ce texte coup de poing.

TEMOIGNAGE :

"Ben on ne va quand même pas rester enfermés ?", voilà ce que j'ai entendu.
Balades en famille à pied, à vélo. Ben quoi faut pas déconner après 6 mois de flotte, il fait enfin beau...
Même pas peur !
Dans le Bas-Rhin, les médecins des hôpitaux alertent déjà : ils ont déjà été confrontés au choix des personnes à mettre sous respirateur, donc à celles qu'on laisse mourir.
Sympa de devoir dire à une famille "Désolés, on a préféré choisir la femme qui n'a qu'un gosse que celle qui en a 3", ou "On comprend bien madame mais votre mari a 10 ans de trop par rapport au monsieur d'à côté."
PLUS ASSEZ DE RESPIRATEURS ARTIFICIELS.
Ils sont obligés de transférer des malades via des hélicoptères de l'armée.
Toujours pas peur ?

Alors c'est quoi une détresse respiratoire sévère ?
Ce sont tes poumons qui se détériorent à une vitesse grand V. Tu sais, un peu comme une plante qui se fane filmée en accéléré.
D'abord tu respires mal, puis de plus en plus mal. Et t'as mal, tu ne peux plus bouger le haut de ton corps. Non non, parce que toute ta poitrine te fait mal, tu n'arrives plus à te tourner dans ton lit. Et quand tu tousses, la vache, t'as l'impression que tes poumons vont se décoller. Alors tu vas à l'hosto quand c'est plus "gérable".
Tu as une radio par jour, pour suivre l'état de tes poumons. Tu as besoin de 2 personnes pour te soulever, te retourner, te surélever du lit, parce que tu as tellement mal, que tu ne peux plus bouger, ni même prendre appui. Tu craches du pus, des trucs verts quoi, puis du sang, et là, c'est pas bon du tout. Les médecins essayent de te mettre une VNI respiratoire (Ventilation non invasive). C'est tout simple, c'est un masque qui respire à ta place, et toi t'es réveillé. On arrive à te le mettre le 2e jour, parce que le 1er, tu t'es tellement affolé à l'idée d'oublier ta respiration pour laisser la machine le faire à ta place que les médecins ont laissé tomber (surtout une belle désaturation). Non mais t'as vraiment cru que ce serait easy ?
Au passage tu ne communiques plus qu'avec une ardoise Veleda parce que tu ne peux plus parler, puis tu peux de moins en moins écrire, et de manière de plus en plus illisible, parce que tu n'as même plus la.force de tenir un stylo, plus de préhension, de muscles. Promis si j'ai une photo je la rajouterai. Le reste désolée, j'ai pas d'images quel dommage.
Pis ça marche pas, ça va pas mieux du tout, et même ça empire. DETRESSE RESPIRATOIRE SÉVÈRE.
Toujours pas peur ?
Alors, y'a un gentil monsieur avec sa blouse qui te dit qu'il va falloir t'endormir. Il emploie des mots gentils pour pas que tu aies peur, mais tu comprends que tu vas être mis dans un coma artificiel, vue la douleur ressentie, ce putain d'air qui ne passe plus, ces tentatives de soins sans effet, tous ces médecins qui te regardent d'un air grâve. À ce moment là, tu penses que tu vas tout simplement mourir.
Et toi, tu dors, tu "comates"... pendant ce temps-là, ta famille te voit bleu, te voit marron, gris même, entendent qu'il vaut mieux rester près de toi parce que demain, ben on ne sait pas, et que c'est bien que tu aies arrêté de fumer sinon tu serais déjà mort, et que si tu t'en sors, tu auras peut-être besoin d'une trachéotomie à vie.
Pis dis donc, miracle, ça va mieux. Comme plein de malades du COVID-19.
T'as moins peur là hein ?
Ben ouais, sauf que tu te réveilles de ton coma, et ça dure 3 jours ! 3 jours où tu es dans le pâté total, attaché parce que tu essayes d'arracher tes tuyaux (parce que tu ne captes plus rien). Et tu baves, et tu baves encore, pendant des heures sur ton oreiller, sur toi, devant tes proches que tu entends seulement.
Puis on vient te dire qu'on va te désintuber. Putain ils sont combien autour de moi ? 4 ? 5 ? Pour ça ?
Ah ben oui... je comprends, deux qui te tiennent, un qui te désintube, les autres trou de mémoire, ils te pardonneront. Mais alors ça fait mal ce gros tube qui ressort, et qu'est ce que tu dégueules, un véritable jet ! De quoi tu sais pas, mais un jet énorme.
Après ça, surpriiiiise, tu ne peux plus parler, t'as une corde vocale HS.
Après quelques jours, on essaye de te réalimenter à base de mixé. T'as déjà goûté un veau aux olives mixé toi ? Bah.. prends une boite pour chat, c'est pareil.
Mais bon, tes poumons vont mieux et iront mieux maintenant, même si les médecins pensent qu'il y aura des séquelles. Séquelles, à ton âge ? Ben merde, t'es jeune !
Puis on te réapprend à t'asseoir d'abord, à te tenir debout sans tomber dans les pommes, et à marcher le cul à l'air dans les couloirs, avec juste une blouse transparente ouverte dans le dos, pas même nouée (pas question de pyjama en réanimation, ni de prendre le temps, à l'essentiel), tu n'es vraiment plus à une humiliation près. Et comme tous les soignants sont contents de te voir debout, ben ils te regardent tous dans le couloir, avec ton cul à l'air (bon en fait à poil). Mais rassure toi, t'as pas la force de râler, ni l'envie, parce que tu n'es plus qu'une mécanique qui tente de mettre un pied devant l'autre, et tu es tellement reconnaissant...
Non, tu n'es plus à une humiliation près... parce qu'avant celle-là (j'ai oublié le plus drôle), tu as appris à demander le "bassin". On te met une sonde urinaire mais je t'assures que tu n'arriveras pas à te retenir de chier pendant 3 semaines. Tu essayes, mais un jour tu le réclames ce "bassin", en demandant pardon... ce putain de bassin. Quant à la sonde, faut qu'elle soit bien mise, sinon tu te pisses dessus, parce que tu ne te sens même plus pisser. Alors donc non, tu n'es plus à une humiliation près.
Puis tu réalises ce qu'est ton corps : un truc informe qui pèse 40 kg (pour 1m71) sans plus aucun muscle, à cause du curare qu'on t'a filé, avec des poils de 3 cm de long, partout. Et là tu pleures, si si... parce que trop c'est trop.
Ensuite vient la rééducation pulmonaire, la rééducation orthophonique, et un jour tu rentres chez toi (au bout de 51 jours).
Rassuré ? Moins peur maintenant ?
Bon, tu oublieras que ton cerveau marchera mieux que ton corps, alors parfois quand tu presseras le pas, tu te casseras la gueule la tête la première devant chez toi, comme une grosse merde, parce que l'oxygène, ben il ne circule plus assez vite dans ton corps.
Alors tu continues tes rééducations, puis tu mettras un an à te remettre de tout ça, physiquement, parce que moralement c'est autre chose. Tu auras peur chaque soir, enfin peur, t'auras des angoisses, des vraies, celles qui font que tu as peur de ne pas te réveiller si jamais tu t'endors. Ça passe, plus ou moins selon les sujets.
Les "autres" traumatismes ? Ça dépendra de toi. Il y en a qui choisissent de VIVRE, de comprendre ce qu'est LA VIE, et de tout relativiser.
C'est "juste" ça, une détresse respiratoire sévère. Juste ça. Tu veux tenter ? Allez ?
Alors putain de bordel de merde, quand tu vois ces chiffres galopant de l'Italie dont nous prenons le chemin (si si rappelle toi les leurs il y a quelques jours, relis le début), arrête de sortir dehors si ce n'est pas une sortie NÉCESSAIRE. Ne me dis pas "Ben je ne vais quand même pas rester enfermée ?".
Si si, tu vas rester enfermée, et ne prendre aucun risque pour foutre la paix aux hôpitaux, parce que 15 jours, ou même un mois dans ta putain de petite vie à regarder le temps qui passe, c'est très certainement moins contraignant que de te retrouver sur un.lit d'hôpital, ou à la morgue, si tu n'as pas la chance de profiter de ce formidable respirateur artificiel.
Quant aux autres, tes voisins, tes copains, ta famille, ils s'en porteront mieux aussi, parce que risquer de se choper cette saloperie de COVID-19 à cause d'un con qui ne se sent pas concerné, c'est vraiment pas terrible. Faudrait voir à penser collectif, parce qu'à force de se balader, on va nous confiner tout court (faudra pas pleurer), et ça va durer encore plus longtemps.
Maintenant si t'as toujours pas compris, la posologie c'est relire 3 fois avant chaque coucher."

 

Cette vidéo explique également que seul le port de masque par l'ensemble de la population restait l'option optimale. Sauf qu'il n'y a pas assez d'entreprises fabriquant ces fameux masques. Il n'y a qu'à voir la pénurie dans le milieu médical lui-même...Conclusion : développer dans le pays lui-même, et non à l'autre bout de la planète, les entreprises chargées de la fabrication des "barrières virales", masques et gants. 

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A CŒUR OUVERT : Commentaire (1)

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 19/03/2020

Coeurouvertwhite

5,0 sur 5 étoiles Un roman émouvant

Commenté en France le 16 mars 2020

Format: Broché

Le commentaire de Martine :
C’est un roman émouvant qui nous permet de connaître un homme qui, après un infarctus, voit sa vie chamboulée. Quand la vie nous réserve de ces surprises qui bouleversent et dérangent tout, il va décider de tout laisser et partir pour se retrouver. Il va faire une rencontre qui va lui permettre d’apprendre à se connaître, et accepter les imprévus de la vie.
C’est un drame émouvant qui va puiser au fond de soi et des choses essentielles, tout en prenant le temps de vivre chacun des moments qui se présentent à lui. Le dénouement de la relation des deux protagonistes va permettre d’essayer de saisir chaque moment qu’ils partagent. C’est une belle histoire qui pose un regard réaliste sur la société actuelle.
Une bonne lecture, un bon moment à connaître nos protagonistes. Thierry Ledru nous trace un beau tableau de cheminement personnel, quand on perd nos repères, on doit se retirer et retrouver un sens à sa vie. Je vous recommande cette lecture qui ouvre le lecteur à la réflexion sur son propre vécu, sur l’amour, sur l’intériorité, sur les dépendances, sur les énergies positives, etc.

 

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Confinement : Amazon et librairies.

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 18/03/2020

"Amazon n’est absolument pas limité par les nouvelles mesures, et c’est un vrai problème", déplore Frédéric Siméon

"Amazon n’est absolument pas limité par les nouvelles mesures, et c’est un vrai problème", déplore Frédéric Siméon - Valentino BELLONI / Hans Lucas

CULTURE

Pandémie

Les libraires face au confinement : "Si Amazon récupère notre chiffre d'affaires, ce sera une catastrophe"

Propos recueillis par Copélia Mainardi

Publié le 17/03/2020 à 17:00

  • ​Frédéric Siméon, libraire indépendant, est contraint comme ses confrères de fermer boutique. Il commente les annonces du gouvernement, leurs conséquences, et la menace monopolistique d'Amazon dans un contexte chaotique qui est aussi l'occasion de lire et relire notre bibliothèque, d'inventer de nouveaux livres et d'une lenteur nouvelle.

Marianne : Comment avez-vous vécu les premières annonces gouvernementales qui remontent à samedi dernier ?

Frédéric Siméon : Il était au départ difficile de savoir si seuls les bars et restaurants étaient concernés par les mesures ou si celles-ci touchaient la totalité des commerces. Nous avons passé vingt-quatre heures à « naviguer à vue », à échanger sur les réseaux de libraires pour déterminer au mieux l’état des lieux et la marche à suivre. Le dimanche, nous avons fermé « La Flibuste », notre librairie, mais en maintenant un service de « drive » ; les clients ont pu venir chercher des livres commandés sur internet au préalable. Puis nous avons progressivement décidé de fermer complètement, au fur et à mesure de ce qui nous parvenait ; le SLF - Syndicat des Libraires de France - a notamment communiqué de manière claire que même le « drive » ou la livraison restaient des services dangereux pour la transmission du virus et présentaient un risque sanitaire.

Que pensez-vous de ces mesures ? Sont-elles conséquentes ou trop radicales ?

Notre colère ne porte pas sur les mesures annoncées mais sur la manière dont elles ont été transmises, notamment le moment choisi pour les communiquer. Une annonce un samedi soir à 20h30, d’une mesure applicable immédiatement, a rendu les choses très difficiles pour les commerces fragiles que nous sommes. Le milieu des libraires s’attendait de toute façon à une fermeture très prochaine, mais nous avons eu tellement de monde vendredi et samedi dernier - samedi les ventes étaient presque aussi hautes qu’en période de Noël - que nous avons misé sur cette dernière semaine qui devait permettre aux gens de finir de s’approvisionner.

Nous avons donc recommandé les stocks écoulés, - notamment dans le secteur jeunesse, dévalisé - : tout ceci en vain. Si nous avions su ne serait-ce que jeudi, en même temps que pour les universités et écoles, qu’une fermeture générale était prévue ce week-end, nous aurions pu nous organiser en intelligence, et des précautions auraient été prises chez les clients comme chez les commerçants. Ces mesures radicales sont bien évidemment justifiables dans le fond mais nous contestons ce côté « deux poids deux mesures », ces annonces en différé ; appliquer les consignes de sécurité en fermant boutique me paraît parfaitement nécessaire mais j’ai du mal à comprendre pourquoi une telle chose n’a pas été plus anticipée et annoncée de manière plus directe et cohérente.

Auriez-vous souhaité voir les librairies requalifiées en « commerce de première nécessité » et ainsi rester ouvertes ? Vendre des livres en temps de confinement, est-ce une activité d’utilité publique ?

Très honnêtement, je ne crois pas. Contenir la crise sanitaire passe avant tout, et c’est ce que nous avons tenté de communiquer aux gens, en leur expliquant qu’ils pourraient toujours relire les mêmes livres, créer leurs histoires, inventer de nouveaux récits… Le contexte impose une fermeture totale et c’est normal ; la question porte à présent sur les accompagnements mis en place derrière, pour nous qui ne sommes pas des grosses surfaces. Si la Fnac ferme, ces salariés passeront tous automatiquement en chômage partiel, ce qui n’est pas notre cas, en tant qu’indépendants. Ou bien il aurait fallu penser un système de livraison pour compenser mais ceci aurait nécessité une organisation très en amont, pour assurer un sérieux et des mesures sanitaires sécurisées, ce qui n’a pas été le cas.

Comment gérer la menace que représente Amazon ? L’union de certaines librairies, via des plateformes en ligne comme lalibraire.com par exemple, peut-elle offrir une solution intéressante ?

C’est ce sur quoi nous avons vraiment tenté de communiquer ces derniers jours ; Amazon n’est absolument pas limité par les nouvelles mesures, et c’est un vrai problème. S’ils récupèrent notre chiffre d’affaires, en plus d’une concurrence déjà intolérable et scandaleuse en temps normal, ce sera une catastrophe… Et pas seulement pour les librairies : c’est toute la chaîne du livre qui se verra durablement affectée. Amazon, qui fonctionne par algorithmes, impose une forme de normalisation culturelle qui pénalise durement les petites maisons d’édition, qui se voient mises au ban puisque leur travail est habituellement relayé surtout par des plus petites structures. Et les plateformes de librairies en ligne, si elles sont une initiative très louable, ne représentent pas une alternative suffisamment efficace ; toutes les librairies ne sont pas dessus. Les petites librairies indépendantes comme la nôtre ne peuvent pas proposer des services de paiement en ligne et d’expédition ; les clients devraient payer des frais de port, ce qui augmenterait considérablement les prix, et les services d’expédition nécessiteraient une logistique trop coûteuse à gérer.

Economiquement, quelles sont vos principales inquiétudes pour les semaines à venir ?

La charge la plus lourde est celle des frais fixes - le loyer, l’électricité, l’assurance… Autant de choses sur lesquelles il est impossible d’obtenir compensation. Pour les commandes de livres annulées, des négociations sont en cours au niveau de la branche pour repousser les échéances et/ou organiser des retours de livres invendus - ce qui devra attendre la réouverture, puisqu’aujourd’hui les retours sont tous bloqués. La perte en termes de chiffre d’affaires va être conséquente. Nous étions actuellement à 20.000 hors taxes et aurions donc pu espérer 40.000 à la fin du mois de mars, c’est autant voire plus qui sera perdu en avril ; on s’attend donc à un trou de 50 ou 60.000 euros en fonction de la durée du confinement, et personne n’est préparé à faire face à un tel manque à gagner. Même si des négociations sont en cours à différents niveaux au ministère de la culture, ce chiffre d’affaires est perdu et irrécupérable. Et pourtant, il y a toujours pire en matière de précarité et nous ne sommes pas les plus à plaindre. « La Flibuste » est une petite structure indépendante composée de quatre personnes seulement, qui se doit de trouver ses propres solutions : deux d’entre nous peuvent encore bénéficier d’aides de Pôle Emploi pendant quelques mois, un de nos salariés en CDD pourra être mis en chômage partiel… mais le troisième co-gérant, qui ne peut toucher aucune compensation, devra être payé par nos soins.

Que préconisez-vous désormais ?

« N’allez surtout pas sur Amazon, économisez, et quand on pourra rouvrir, venez acheter 3 fois plus de livres qu’avant ! ». Et c’est plutôt bien reçu. Il faut aussi relire les livres sur l’éloge de la paresse, de la lenteur… Et sortir de l’actualité : on vit toujours dans l’urgence et dans le présent immédiat, mais pour la littérature, ça n’a pas de sens. Soyez patients, se procurer la dernière nouveauté n’est pas indispensable, et quand nos portes ouvriront à nouveau, vous serez ravis de rattraper votre retard ! Je ne peux pas dire grand-chose de plus : si certains veulent malgré tout continuer à acheter, qu’ils le fassent chez des réseaux de libraires indépendants bien sûr, mais à mon sens, ça ne sert pas à grand-chose à l’heure actuelle, et mieux vaut se dire qu’un mois ou deux sans nouveaux livres, ça n’est pas dramatique. Des siècles plus tard, les classiques n’ont toujours pas disparu : dans deux mois, les livres seront toujours là… et les libraires aussi, je l’espère !

https://www.marianne.net/culture/les-libraires-face-au-confinement-si-amazon-recupere-notre-chiffre-d-affaires-ce-sera-une?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20200317&_ope=eyJndWlkIjoiY2FhMDdlNTBkNjE4ZGEwZjliODc1YTUxMzA2ZmE5NmEifQ%3D%3D&fbclid=IwAR2tY2-SIWMwuK89iTs5hlmj9qO_enUrN0OtPPFEfsq2FhoM1GvaX5u0JGs

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Coronavirus : Une interrogation...

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 16/03/2020

J'ai relu tous les articles que j'avais compilés depuis le début de ce virus en Chine. Des articles concernant la France et d'autres à l'étranger, des articles émanant des milieux scientifiques, économiques, financiers.

Autant les milieux économiques ont parlé d'une seule voix, très rapidement, et ont prévenu des dangers considérables que ce virus contenait pour le maintien d'une économie stable, à défaut d'être en croissance, autant le milieu scientifique regorge d'avis très contradictoires.

"Pas de danger, une létalité nullement inquiétante, une contamination qui ne peut avoir de conséquences que sur des personnes âgées ou frappés déjà par des pathologies sévères etc etc..."

Et d'autres affirmant que "ce virus était bien plus grave que la grippe saisonnière, que son émergence soudaine n'avait pas permis d'en identifier les particularités, qu'aucun traitement n'en viendrait à bout dans l'immédiat, que les services de santé risquaient d'être submergés, que la létalité pourrait aisément dépasser celle de la grippe saisonnière etc etc"

J'ai eu du mal au début à croire que ce virus pouvait atteindre une part importante de la population mondiale avec des conséquences funestes. J'ai toujours pensé par contre que l'impact sur l'économie serait gigantesque.

Il s'avère que la dangerosité du virus est réelle et surtout que le seul moyen de le contrer passe par ce confinement que nous allons connaître, tout comme d'autres pays le vivent déjà.

Les personnes diabétiques sont plus exposées que les autres. Trois millions en France, vingt-neuf millions aus USA. Avec un taux de létalité de 3 %, personne n'a envie de faire le calcul...C'est effrayant...

L’OMS déclare que le taux de létalité mondial du coronavirus est de 3,4%, un chiffre à la hausse

 Stéphanie Schmidt 5 mars 2020

https://trustmyscience.com/oms-taux-letalite-coronavirus-revu-a-la-hausse/

Est-ce le virus qui est réellement surpuissant ou nos services de santé qui ne peuvent pas suivre en raison du délabrement engagé depuis bien longtemps dans les budgets ministériels ? Est-ce vraiment le virus le seul coupable ou un assemblage bien plus complexe ?

Il est clair également que les concentrations du week end dans les parcs parisiens ou d'autres grandes villes alors que le gouvernement est indubitablement engagé, ça ne plaide pas en faveur du sens de responsabilité de la population et dès lors, effectivement, si tant est que ce virus est redoutable, le gouvernement ne peut procéder autrement. Oui, je sais, le premier tour des municipales aurait dû être reporté dans cette logique... Je ne cherche pas à prendre la défense du gouvernement ( ^^ ) mais en tout cas, je ne suis pas convaincu qu'une telle situation avait déjà été étudiée et planifiée en hauts lieux...Et de toute façon, entre un dossier de mille pages et son application, il y a une marge inévitablement de taille.

Mais j'en reviens aux scientifiques et à mon interrogation principale... Si un consensus s'était fait dès le début de cette épidémie, cela aurait-il contribué davantage à cette prise de conscience de l'urgence dans la population ? Si le milieu scientifique s'oppose dans une situation qui relève du "mystère" pour la majoorité de la population, comment peut-on espérer une attitude solidaire et totale de la population. J'ai mis ici des avis de scientifiques qui ne reconnaissaient pas la nécessité d'un tel emballement. Qu'en pensent-ils désormais ? Disent-ils toujours la même chose ? Je n'en sais rien.

Les réseaux sociaux sont bombardés d'informations à longueur de journée, des informations qui s'opposent, qui exagèrent, qui minimisent, qui extrapolent, qui complotent, qui tournent en dérision etc etc...Il faut passer des heures sur l'ordinateur pour parvenir à lire et à condenser tout ce qui est écrit ou dit...

N'y a-til pas dans nos sociétés ultra connectées un problème de rationalité de l'information ?

Mais comment serait-il possible d'instaurer un canal officiel et de bloquer les autres sans passer immédiatement pour une dictature ? C'est impensable. 

Il ne reste donc qu'une seule solution : la clairvoyance de chacun. La volonté de s'informer et de recouper toutes les informations, aussi laborieux que ça soit, d'user de son sens critique, de son bon sens, de son civisme, de sa lucidité, de sa liberté intérieure... Là aussi, nous sommes rendus à un point de basculement.

 

 

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Monologue du coronavirus

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 16/03/2020

J'adhère à 100 %.

Voilà l'opportunité de transformation. Le coronavirus. Crise sanitaire, crise économique, crise sociale et ... crise spirituelle... Certains n'aimeront pas le terme parce qu'ils le mélangent avec la religion. C'est que le temps de la compréhension n'est pas encore parvenu à leurs esprits. La religion, d'où qu'elle vienne, a de tous temps participé au système qui nous a mené à la situation actuelle. 

Là, je parle de crise de conscience, celle si chère à Krishnamurti. 

« Nous disions combien il était important de provoquer dans l’esprit humain la révolution radicale. La crise est une crise de conscience, une crise qui ne peut plus accepter, aucunement, les vieilles normes, les vieux modèles, les anciennes traditions et, en considérant ce que le monde est maintenant, avec toute la misère, les conflits, la brutalité destructrice, l’agression, et ainsi de suite… l’homme est resté tel qu’il était, il est toujours brutal, violent, agressif, cupide, compétitif, et il a construit une société sur ces bases.

Ce que nous essayons de faire dans toutes ces discussions, ces discours ici est de voir si nous pouvons radicalement apporter une transformation de l’esprit, ne pas accepter les choses telles qu’elles sont, mais de les comprendre, de les étudier, de les examiner. Donnez votre cœur et votre esprit dans tout ce que vous recherchez. Une façon de vivre autrement. Mais ça dépend de vous et de personne d’autre, car dans ceci, il n’y a pas d’enseignant, d’élève, il n’y a pas de chef, ni de gourou, il n’y a pas de maître, pas de sauveur, vous êtes vous-même le professeur, l’élève, vous êtes le maître, vous êtes le gourou, vous êtes le chef, vous êtes tout ! Comprendre, c’est transformer ce qui est. »

Jiddu Krishnamurti

 

MONOLOGUE DU VIRUS

 

« Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence. »

paru dans lundimatin#234, le 16 mars 2020

https://lundi.am/Monologue-du-virus

APPEL À DONS

Faites taire, chers humains, tous vos ridicules appels à la guerre. Baissez les regards de vengeance que vous portez sur moi. Éteignez le halo de terreur dont vous entourez mon nom. Nous autres, virus, depuis le fond bactériel du monde, sommes le véritable continuum de la vie sur Terre. Sans nous, vous n’auriez jamais vu le jour, non plus que la première cellule.

Nous sommes vos ancêtres, au même titre que les pierres et les algues, et bien plus que les singes. Nous sommes partout où vous êtes et là où vous n’êtes pas aussi. Tant pis pour vous, si vous ne voyez dans l’univers que ce qui est à votre semblance ! Mais surtout, cessez de dire que c’est moi qui vous tue. Vous ne mourez pas de mon action sur vos tissus, mais de l’absence de soin de vos semblables. Si vous n’aviez pas été aussi rapaces entre vous que vous l’avez été avec tout ce qui vit sur cette planète, vous auriez encore assez de lits, d’infirmières et de respirateurs pour survivre aux dégâts que je pratique dans vos poumons. Si vous ne stockiez vos vieux dans des mouroirs et vos valides dans des clapiers de béton armé, vous n’en seriez pas là. Si vous n’aviez pas changé toute l’étendue hier encore luxuriante, chaotique, infiniment peuplée du monde ou plutôt des mondes en un vaste désert pour la monoculture du Même et du Plus, je n’aurais pu m’élancer à la conquête planétaire de vos gorges. Si vous n’étiez presque tous devenus, d’un bout à l’autre du dernier siècle, de redondantes copies d’une seule et intenable forme de vie, vous ne vous prépareriez pas à mourir comme des mouches abandonnées dans l’eau de votre civilisation sucrée. Si vous n’aviez rendu vos milieux si vides, si transparents, si abstraits, croyez bien que je ne me déplacerais pas à la vitesse d’un aéronef. Je ne viens qu’exécuter la sanction que vous avez depuis longtemps prononcée contre vous-mêmes. Pardonnez-moi, mais c’est vous, que je sache, qui avez inventé le nom d’ « Anthropocène ». Vous vous êtes adjugé tout l’honneur du désastre ; maintenant qu’il s’accomplit, il est trop tard pour y renoncer. Les plus honnêtes d’entre vous le savent bien : je n’ai d’autre complice que votre organisation sociale, votre folie de la « grande échelle » et de son économie, votre fanatisme du système. Seuls les systèmes sont « vulnérables ». Le reste vit et meurt. Il n’y a de « vulnérabilité » que pour ce qui vise au contrôle, à son extension et à son perfectionnement. Regardez-moi bien : je ne suis que le revers de la Mort régnante.

Cessez donc de me blâmer, de m’accuser, de me traquer. De vous tétaniser contre moi. Tout cela est infantile. Je vous propose une conversion du regard : il y a une intelligence immanente à la vie. Nul besoin d’être un sujet pour disposer d’une mémoire ou d’une stratégie. Nul besoin d’être souverain pour décider. Bactéries et virus aussi peuvent faire la pluie et le beau temps. Voyez donc en moi votre sauveur plutôt que votre fossoyeur. Libre à vous de ne pas me croire, mais je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence. Je suis venu suspendre le fonctionnement dont vous étiez les otages. Je suis venu manifester l’aberration de la « normalité ». « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie à d’autres était une folie »… « Il n’y a pas de limite budgétaire, la santé n’a pas de prix » : voyez comme je fais fourcher la langue et l’esprit de vos gouvernants ! Voyez comme je vous les ramène à leur rang réel de misérables margoulins, et arrogants avec ça ! Voyez comme ils se dénoncent soudain non seulement comme superflus, mais comme nuisibles ! Vous n’êtes pour eux que les supports de la reproduction de leur système, soit moins encore que des esclaves. Même le plancton est mieux traité que vous.

Gardez-vous bien, cependant, de les accabler de reproches, d’incriminer leurs insuffisances. Les accuser d’incurie, c’est encore leur prêter plus qu’ils ne méritent. Demandez-vous plutôt comment vous avez pu trouver si confortable de vous laisser gouverner. Vanter les mérites de l’option chinoise contre l’option britannique, de la solution impériale-légiste contre la méthode darwiniste-libérale, c’est ne rien comprendre à l’une comme à l’autre, à l’horreur de l’une comme à l’horreur de l’autre. Depuis Quesnay, les « libéraux » ont toujours lorgné avec envie sur l’empire chinois ; et ils continuent. Ceux-là sont frères siamois. Que l’un vous confine dans votre intérêt et l’autre dans celui de « la société », revient toujours à écraser la seule conduite non nihiliste : prendre soin de soi, de ceux que l’on aime et de ce que l’on aime dans ceux que l’on ne connaît pas. Ne laissez pas ceux qui vous ont mené au gouffre prétendre vous en sortir : ils ne feront que vous préparer un enfer plus perfectionné, une tombe plus profonde encore. Le jour où ils le pourront, ils feront patrouiller l’armée dans l’au-delà.

Remerciez-moi plutôt. Sans moi, combien de temps encore aurait-on fait passer pour nécessaires toutes ces choses inquestionnables et dont on décrète soudain la suspension ? La mondialisation, les concours, le trafic aérien, les limites budgétaires, les élections, le spectacle des compétitions sportives, Disneyland, les salles de fitness, la plupart des commerces, l’assemblée nationale, l’encasernement scolaire, les rassemblements de masse, l’essentiel des emplois de bureau, toute cette sociabilité ivre qui n’est que le revers de la solitude angoissée des monades métropolitaines : tout cela était donc sans nécessité, une fois que se manifeste l’état de nécessité. Remerciez-moi de l’épreuve de vérité des semaines prochaines : vous allez enfin habiter votre propre vie, sans les mille échappatoires qui, bon an mal an, font tenir l’intenable. Sans vous en rendre compte, vous n’aviez jamais emménagé dans votre propre existence. Vous étiez parmi les cartons, et vous ne le saviez pas. Vous allez désormais vivre avec vos proches. Vous allez habiter chez vous. Vous allez cesser d’être en transit vers la mort. Vous haïrez peut-être votre mari. Vous gerberez peut-être vos enfants. Peut-être l’envie vous prendra-t-elle de faire sauter le décor de votre vie quotidienne. A dire vrai, vous n’étiez plus au monde, dans ces métropoles de la séparation. Votre monde n’était plus vivable en aucun de ses points qu’à la condition de fuir sans cesse. Il fallait s’étourdir de mouvement et de distractions tant la hideur avait gagné de présence. Et le fantomatique régnait entre les êtres. Tout était devenu tellement efficace que rien n’avait plus de sens. Remerciez-moi pour tout cela, et bienvenue sur terre !

Grâce à moi, pour un temps indéfini, vous ne travaillerez plus, vos enfants n’iront pas à l’école, et pourtant ce sera tout le contraire des vacances. Les vacances sont cet espace qu’il faut meubler à tout prix en attendant le retour prévu du travail. Mais là, ce qui s’ouvre devant vous, grâce à moi, ce n’est pas un espace délimité, c’est une immense béance. Je vous désoeuvre. Rien ne vous dit que le non-monde d’avant reviendra. Toute cette absurdité rentable va peut-être cesser. A force de n’être pas payé, quoi de plus naturel que de ne plus payer son loyer ? Pourquoi verserait-il encore ses traites à la banque, celui qui ne peut de toute façon plus travailler ? N’est-il pas suicidaire, à la fin, de vivre là où l’on ne peut même pas cultiver un jardin ? Qui n’a plus d’argent ne va pas s’arrêter de manger pour autant, et qui a le fer a le pain. Remerciez-moi : je vous place au pied de la bifurcation qui structurait tacitement vos existences : l’économie ou la vie. C’est à vous de jouer. L’enjeu est historique. Soit les gouvernants vous imposent leur état d’exception, soit vous inventez le vôtre. Soit vous vous attachez aux vérités qui se font jour, soit vous mettez la tête sur le billot. Soit vous employez le temps que je vous donne maintenant pour figurer le monde d’après à partir des leçons de l’effondrement en cours, soit celui-ci achèvera de se radicaliser. Le désastre cesse quand cesse l’économie. L’économie est le ravage. C’était une thèse avant le mois dernier. C’est maintenant un fait. Nul ne peut ignorer ce qu’il faudra de police, de surveillance, de propagande, de logistique et de télétravail pour le refouler.

Face à moi, ne cédez ni à la panique ni au déni. Ne cédez pas aux hystéries biopolitiques. Les semaines qui viennent vont être terribles, accablantes, cruelles. Les portes de la Mort seront grand’ouvertes. Je suis la plus ravageuse production du ravage de la production. Je viens rendre au néant les nihilistes. Jamais l’injustice de ce monde ne sera plus criante. C’est une civilisation, et non vous, que je viens enterrer. Ceux qui veulent vivre devront se faire des habitudes nouvelles, et qui leur seront propres. M’éviter sera l’occasion de cette réinvention, de ce nouvel art des distances. L’art de se saluer, en quoi certains étaient assez bigleux pour voir la forme même de l’institution, n’obéira bientôt plus à aucune étiquette. Il signera les êtres. Ne faites pas cela « pour les autres », pour « la population » ou pour « la société », faites cela pour les vôtres. Prenez soin de vos amis et de vos amours. Repensez avec eux, souverainement, une forme juste de la vie. Faites des clusters de vie bonne, étendez-les, et je ne pourrai rien contre vous. Ceci est un appel non au retour massif de la discipline, mais de l’attention. Non à la fin de toute insouciance, mais de toute négligence. Quelle autre façon me restait-il pour vous rappeler que le salut est dans chaque geste  ? Que tout est dans l’infime.

J’ai dû me rendre à l’évidence : l’humanité ne se pose que les questions qu’elle ne peut plus ne pas se poser."

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Coronavirus : vers un confinement total ?

Thierry LEDRU Par Thierry LEDRU Le 16/03/2020

Je ne suis pas compétent pour dire aujourd'hui ce qu'il aurait fallu faire il y a quelques jours ou semaines. Ce qui est clair par contre, c'est qu'aujourd'hui, ce virus semble bien plus inquiétant que cette fameuse grippe avec laquelle il était souvent comparé. Est-ce que nous n'avons pas été suffisamment informés ? Est-ce que le milieu scientifique aurait dû s'en tenir à parler d'une seule voix et non par des messages contradictoires ? Est-ce que les politiques auraient dû réagir immédiatement avec une force totale et des injonctions incontestables ? Est-ce que l'armée va être appelée à faire respecter un couvre-feu ? 

Je n'en sais rien. Je n'imaginais pas en tout cas un tel bouleversement...

Le constat est simple maintenant. Le milieu médical est débordé et les images du week end avec des centaines de personnes se regroupant dans des parcs, sur les pelouses, dans des lieux publics, au soleil, tranquillement assis, tous les uns à côté des autres, c'est un appel du gouvernement à un confinement total...

Nous nous occupons de notre voisine, une dame, veuve de 91 ans. Elle a appris ce matin que les personnes qui montent faire le ménage et lui livrent ses courses n'ont plus le droit de travailler... Le niveau de stress est monté d'un sécrieux cran. Elle a le rhume, elle tousse... On passe la voir deux fois par jour. Je viens de descendre à la pharmacie et chez son médecin pour prendre des médicaments. A la pharmacie, toutes les employés ont un masque et il y a une limite au sol à ne pas franchir. Les gens sont invités à rentrer un par un après avoir indiqué s'ils avaient des symptômes. Une ambiance sombre...

Quant à l'impact sur l'économie, celui-là est gigantesque. Aucune crise au XX eme siècle n'a eu cette ampleur. 

On part pour une période qui laissera des traces...

 

 

DIRECT. Coronavirus en France : Macron au 20h ce lundi soir, vers un confinement total ?

 

 

Martin Lemaire, Mis à jour le 16/03/20 11:03
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DIRECT. Coronavirus en France : Macron au 20h ce lundi soir, vers un confinement total ?COVID-19. Un conseil de défense doit se tenir ce lundi midi à l'Elysée alors que la propagation du coronavirus s'accélère en France. Se dirige-t-on vers un confinement général, annoncé depuis plusieurs heures par de nombreuses rumeurs mais démenti jusque-là par l'exécutif ? On fait le point sur les dernières infos en direct.

SOMMAIRE

  • Coronavirus en France
  • Dernières mesures
  • Vers un confinement total ?
  • Morts du coronavirus
  • Nombre de cas

Comment évolue la situation en France ?

Les messages alarmants se multiplient ces dernières heures. Ce lundi 16 mars, le directeur de la santé Jérôme Salomon a évoqué au micro de France Inter une situation qui "se détériore très vite" avec un nombre de cas "qui double tous les trois jours". Dimanche, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, avait avoué sur Franceinfo que l'épidémie allait toucher "probablement" la moitié des Français. Avec plus de 5400 cas recensés dimanche dans le bilan de Santé Publique France, la France est loin de la situation italienne mais l'évolution fait craindre une flambée des cas avec, pour conséquence, un engorgement des hôpitaux. Surtout, la courbe italienne reste proche. Le 7 mars dernier, l'Italie recensait un nombre similaire de cas : 5883. Ce total a depuis explosé pour atteindre 24 000 cas recensés dimanche 15 mars. Les spécialistes alertent en plus sur une sous-évaluation des cas avec sans doute des malades non identifiés, ayant peu ou pas de symptômes (porteurs sains) mais qui peuvent se révéler très contagieux pour leur entourage.

C'est dans ce contexte que Le Monde a pu se procurer dimanche des modélisations confidentielles, réalisées par le groupe de scientifiques qui conseillent l'Elysée. Celles-ci chiffrent en plusieurs centaines de milliers de morts les victimes du coronavirus en France si rien n'était fait. "En l'absence de toute mesure de prévention ou d'endiguement", l'épidémie de Covid-19 pourrait provoquer 300 000 à 500 000 morts. Attention cependant : aussi alarmistes soient-elles, ces modélisations sont purement théoriques et montrent surtout le potentiel destructeur du virus. "Ce scénario a été calculé en retenant les hypothèses de transmissibilité et de mortalité probables les plus élevées, et ce en l'absence des mesures radicales de prévention et d'éloignement social qui viennent d'être prises", précise le journal.

Quelles sont les dernières mesures en France ?

C'est une semaine très particulière qui s'ouvre en France ce lundi. Alors que des rumeurs insistantes sur le web et relayées par plusieurs articles de presse ce matin font état d'un possible confinement qui pourrait être dévoilé et activé en début de semaine par le gouvernement, de premières mesures sont mises en place ce lundi. Comme annoncé jeudi par Emmanuel Macron, ce lundi 16 mars marque la première journée de fermeture des crèches et établissements scolaires (écoles, collèges, lycées ou encore université), contraignant de nombreux parents à organiser la garde de leurs enfants. Samedi, le Premier Ministre Edouard Philippe y ajouté celle des commerces non essentiels (hors services publics, commerces alimentaires ou encore bureaux de tabac) dans le but de diminuer les interactions sociales et la propagation du virus. Dimanche, la ministre des transports Elisabeth Borne a dévoilé le plan de transport mis en place dès ce lundi 16 mars. Elle invite les Français à "limiter leurs déplacements" et annonce une offre de transports réduite dans les jours à venir sur les liaisons longue distance sans "arrêt brutal et complet". Ce lundi, on comptera 7 TGV sur 10 d'après les prévisions de la SNCF. Une offre qui va être peu à peu réduite pour arriver à 1 train sur 2 au cours de la semaine. Les liaisons aériennes vont être réduites. Les aéroports resteront ouverts malgré la fermeture de quelques terminaux à Paris. Jean-Baptiste Djebbari a précisé que le trafic des RER A et B sera normal ainsi que le bus et le tramway. 80% du trafic sera assuré dans le métro. 

Se dirige-t-on vers un confinement de la population en France ?

C'est la rumeur qui a circulé sur nombre de réseaux sociaux dimanche soir avec son lot d'infox, de fake news ou de chaînes caractéristiques de ce genre de situation anxiogène. Chacun a alors un proche, un ami, un proche d'un ami ou plus encore pour "légitimer" cet affolement : La France serait placée en confinement ces prochains jours. Cette rumeur a effectivement été relayée par plusieurs articles de presse ce dimanche soir, notamment dans les colonnes du JDD ou du Parisien ce lundi matin qui fait état de possibles réunions au plus haut sommet de l'Etat et de solutions drastiques pour parvenir à freiner la propagation du virus, les mesures annoncées ces derniers jours n'ayant pas convaincu les Français de limiter leurs déplacements ce week-end. Un conseil de défense doit se tenir à la mi-journée à l'Elysée. Entérinera-t-il des mesures de confinement et lesquelles : un couvre-feu, un confinement total dans certains territoires comme l'Ile de France ou le Grand Est ? Les questions sont nombreuses. Lundi matin, invitée de France Inter, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a évoqué à propos de ce potentiel décret tant évoqué dimanche soir une "fake news". Dans le même temps, des spécialistes de santé appellent les autorités à trancher rapidement et à instaurer un confinement proche de celui mis en place en Italie, notamment à Codogno. Ce lundi matin, Jérôme Salomon a justement évoqué la ville italienne, soulignant à l'antenne de France Inter : "Il y a un signe positif ce matin, en Italie, à Codogno (épicentre de l'épidémie italienne), ça marche".

Combien de morts du coronavirus en France ?

Le site Santé Publique France a publié dimanche soir un bilan actualisé de l'épidémie de coronavirus, recensant 127 morts, un bilan plus lourd que celui dévoilé par le ministre de la Santé lui-même Olivier Véran qui évoquait 120 morts en début de soirée, soit un bilan en hausse de 29 décès sur les 24 dernières heures. Depuis quelques jours, plusieurs médecins et épidémiologistes informent que les formes sévères du virus sont observées dans plusieurs classes d'âge à partir de 30 ans et parfois sur des patients ne présentant aucun problème de santé. C'est le cas du président de la région Grand Est, médecin urgentiste de profession à l'hôpital de Mulhouse qui tirait le signal d'alarme dimanche 15 mars au soir. "Vous savez, nous sommes dans l'œil du cyclone depuis le 1er mars", expliquait-il au Figaro "C'est là qu'on a vu arriver les choses. En dehors de l'Alsace, je crois que les Français ne mesurent pas encore ce que cette crise sanitaire veut dire. C'est terrible. Des jeunes qu'il faut intuber de toute urgence, des personnes âgées balayées en quelques heures, des équipes médicales qui arrivent à saturation complète après 15 jours de mobilisation, des gens en pleurs, des plans nationaux, la peur pour soi et pour ses proches... Quand on est dedans, les choses sont extrêmement compliquées".

Combien y a-t-il de cas de coronavirus en France ?

Communiqué dimanche soir par Olivier Véran sur France 2, le dernier bilan du coronavirus s'élève à 5400 cas, soit 900 cas de plus que la veille. Il serait exactement de 5423 cas selon Santé Publique France. À ce jour, 127 personnes sont décédées et 400 autres se trouvent toujours dans un état grave, notamment au sein des services de réanimation. Le ministre de la santé Olivier Véran a confirmé que la propagation du virus s'était accélérée sur le territoire. "On est ici dans un contexte de gravité certaine avec 400 personnes en réanimation. Nous sommes tous acteurs, la sortie que nous allons annuler, la soirée que nous n'allons pas faire, tout cela est déterminant pour protéger la santé des Français", a-t-il confié dimanche soir sur France 2.

Le nombre de cas de coronavirus dans le pays, communiqué chaque soir de la semaine par le directeur général de la Santé, de plus très incomplet. Alors qu'en Chine des tests de dépistage sont effectués systématiquement, dès les symptômes observés, ils ne sont pas automatiquement menés en France. "Le test est réalisé uniquement en cas de suspicion de la maladie, validée par le Samu et par un infectiologue référent", indique le gouvernement. De nombreux patients dont la santé n'est pas gravement atteinte sont souvent renvoyés chez eux après une simple consultation ou téléconsultation. Ce qui signifie qu'un nombre indéterminé de cas de coronavirus n'est pas comptabilisé dans les bilans officiels et que des patients pourraient véhiculer le virus sans le savoir.

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