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La vie au soleil

Par Le 21/07/2020

Dans ce numéro, "Jusqu'au bout" et "Kundalini" sont commentés sous la plume de Franck Dit Bart.

Je le remercie chaleureusement ainsi que la directrice de publication.

Je n'ai jamais eu un tel article, aussi complet et enthousiaste. Un immense bonheur.

Un extrait :

"A présent, intéressons-nous à deux romans de Thierry Ledru, un écrivain accompli, suivi, soutenu et encouragé par une éditrice attentive et complice de son travail d’écriture hors norme, depuis déjà sept publications aux éditions du 38. Saluons au passage, le courage de son éditrice, qui de son propre aveu, a toujours considéré le roman « Kundalini » comme « un ovni littéraire ».

Il anime un blog : http://la-haut.e-monsite.com/ depuis 2009. Il aime prendre de la hauteur, retracer son ressenti autour de l’actualité présente et de ses romans. Ses sujets d’intérêts sont multiples et sans œillères comme son œuvre littéraire. Il n’écrit pas au départ pour plaire.

En ce qui concerne les deux romans qui nous occupent, il s’agit de deux pavés d’environ 450 pages chacun format livre, qui prouvent que l’auteur aime filer doux l’éloge de la lenteur à travers ses héros. Ils ne sont jamais pressés de s’accomplir mais s’alanguissent au rayonnement lumineux de la nature qui les accompagne et les éclaire. Thierry se fiche des catégories littéraires et chérit les mélanges des genres sans être bridé dans aucun carcan. Il écrit comme il respire, car pour lui : « ça répond à un besoin vital. Une nourriture spirituelle. (…) L’essentiel c’est de ne pas se trahir ». (in son interview)

Le naturisme ne représente pas l’élément principal mais y a sa place malgré tout. Ne vous attendez pas à croiser Thierry Ledru gambiller au sein de vos villégiatures naturistes préférées. Il est foncièrement allergique à la foule et aux lieux organisés dédiés au nu collectif. Il leur préfère les étendues sauvages en solitude et altitude mais pas seulement. A tel point d’ailleurs qu’il éprouve quelques difficultés à définir le naturisme qu’il conçoit et pratique « Je ne sais pas quel terme conviendrait à mon expérience. Nudisme ou naturisme ou spiritualisme dénudé ». (in son interview)"

 








 

 

La Vie au Soleil

5 h · 

 

L’image contient peut-être : une personne ou plus, océan, nuage, texte et eau

Les bienfaits de la crise

Par Le 20/07/2020

"Dans l'épreuve, ne cherche pas l'adversaire, cherche l'enseignement". Mikao Usui

Monde d'après : l'Ecologie territoriale au cœur du plan de relance

 

https://www.actu-environnement.com/ae/news/tribune-christophe-bouillon-apvf-transition-ecologique-territoires-35841.php4

En se mobilisant pour assurer les services essentiels pendant la crise sanitaire, les territoires prouvent leur pragmatisme qui serait bien utile à la transition écologique. Pour Christophe Bouillon, il est temps de leur en donner les moyens.

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Monde d'après : l'Ecologie territoriale au cœur du plan de relance

Christophe Bouillon
Président de l'APVF

   

« C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l'écoute pas ». Ces mots, prononcés par Victor Hugo il y a deux siècles déjà, conservent tout leur sens aujourd'hui. Comme une nouvelle mise en garde de la nature, cette crise est venue rappeler à l'Homme ses limites. Causée par l'action de l'Homme sur son écosystème, cette crise sanitaire, mais aussi économique, écologique et politique, doit nous inciter à repenser notre façon de faire de l'écologie. Une fois de plus, les territoires ont répondu aux hésitations et à l'inertie étatique par la réactivité, l'agilité et l'inventivité. Le plan de relance est une bonne occasion et peut-être la dernière, pour mettre les territoires au cœur de la transition écologique.

Un modèle à bout de souffle…

En plus d'avoir rappelé une nouvelle fois à l'Homme ses limites, cette crise a montré les défaillances de notre modèle jacobin qui accorde peu de place aux acteurs locaux.

Alors même que nous pensions en avoir fini avec les épidémies mortelles, ( il faudrait lire davantage les revue scientifiques alors...)

un virus est venu déstabiliser profondément l'ensemble de la planète en l'espace de quelques semaines seulement. Cette épidémie a montré, une fois de plus, les limites de notre modèle de développement fondé sur la mondialisation incontrôlée, le réchauffement climatique et la détérioration de notre écosystème, qui favorisent l'essor des épidémies.

Mais cette crise décentralisée a également mis en lumière les limites de notre modèle centralisé où la grande partie des décisions sont prises depuis Paris. Les difficultés, voire les contradictions des pouvoirs publics nationaux, n'ont cessé de contraster avec le pragmatisme et la réactivité des acteurs locaux. Sur les masques, le dépistage ou encore la gestion des commerces, les élus locaux ont été aux avant-gardes comblant même, dans certains cas, les lacunes et les absences du pouvoir central. Dans de nombreux territoires, des initiatives locales ont vu le jour pour produire des équipements pour les soignants, soutenir l'activité économique locale, approvisionner en produits frais les habitants ou encore maintenir la collecte sélective et le tri des déchets.

Cette crise doit nous inciter à repenser la transition écologique en France. C'est justement dans cette optique que l'Association des petites villes de France (APVF) a fait plusieurs propositions pour une écologie territorialisée. (lien PDF)

Repenser l'écologie de demain

Dans sa contribution au « Monde d'Après », l'APVF a proposé une nouvelle vision de l'écologie qui place les territoires au cœur du nouveau système. Pour le « Monde d'Après », il est urgent de donner les clés de la transition écologique aux territoires, les clés financières mais aussi techniques. C'est pourquoi l'APVF réclame l'affectation d'une part des recettes de la fiscalité carbone aux collectivités territoriales pour soutenir leur action en faveur de la transition écologique mais aussi le renforcement du fonds chaleur de l'Ademe et des dispositifs de soutien à la filière biogaz. Mais ce soutien financier sera insuffisant s'il ne s'accompagne pas d'un volet technique, notamment pour les plus petites collectivités moins dotées en ingénierie. Il est donc urgent de renforcer le rôle et les moyens d'organismes, comme le Céréma, et de territorialiser l'Ademe afin d'en faire le véritable « bras armé » de la transition écologique dans les territoires.

Pour le « Monde d'Après », il faut aussi co-construire une « industrie verte » au service des territoires. Une industrie qui sera fondée sur les filières d'avenir à forte valeur ajoutée locale comme le biogaz, les réseaux de chaleur ou l'économie circulaire. Pour relancer l'activité dans nos territoires tout en répondant aux objectifs climatiques, il faut conditionner les aides aux entreprises à des engagements environnementaux et locaux.

Produire différemment implique de consommer différemment. Les territoires doivent être mis au cœur du nouveau modèle de consommation. L'APVF propose pour cela la mise en place d'un grand plan pour soutenir les circuits courts et les agriculteurs locaux, mais également la relocalisation de nos chaînes de production dans nos territoires afin de garantir notre indépendance alimentaire et soutenir nos producteurs locaux. Enfin, et car l'action publique doit montrer l'exemple, il faut réorienter la commande publique vers les circuits courts.

Changer de politique et de méthode

Rien ne serait pire que de construire un demain similaire à aujourd'hui. C'est pourquoi notre mobilisation doit être totale pour réclamer un changement de politique mais aussi de méthode. Le plan de relance ainsi que le projet de loi 3D (décentralisation, différenciation, déconcentration) reportés, sont des occasions à saisir pour accélérer la décentralisation de nos politiques environnementales.

Pour relever le défi écologique, il faut penser local pour agir global et partir de ce qui se fait au sein même des territoires. La différenciation défendue par le projet de loi 3D est aussi l'occasion d'adapter l'action publique aux besoins du territoire. Enfin, les collectivités ont besoin d'un partenaire solide pour relever le défi de la transition écologique. Sans les collectivités, l'État n'est rien, mais sans l'État, les collectivités ne peuvent pas tout non plus. Pour répondre à l'urgence climatique, il faut une mobilisation générale publique/privée, locale/centrale…

Espérons que la crise sonnera le tocsin de cette mobilisation !

Chronique proposée par Christophe Bouillon, président de l'APVF, Maire de Barentin

 

Climat : Le problème de l'eau.

Par Le 17/07/2020

LA FRANCE À L'EPREUVE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

https://www.senat.fr/rap/r18-511/r18-5112.html#toc46

Cette partie du rapport met en évidence les impacts présents et futurs du réchauffement climatique sur la vie quotidienne de nos concitoyens et sur celle des territoires.

Le réchauffement climatique est dès maintenant visible. Au-delà de statistiques alarmantes mais pas toujours simples à appréhender, il s'inscrit de façon tangible sur une carte de France dont il redessine progressivement la physionomie.

Ces premiers stigmates ne sont pourtant que les prémisses de bouleversements de plus grande ampleur. Même s'il existe encore d'importantes marges de progrès dans le domaine des sciences du climat et dans la compréhension des effets des dérèglements en cours, de nombreuses études scientifiques et rapports de prospective permettent d'anticiper clairement les principales tendances et d'en mesurer les conséquences futures pour l'homme et la nature. Ici ou là, pour certains territoires ou activités, le changement climatique créera quelques opportunités à saisir. Cependant, globalement, ce sont bien les effets négatifs pour la santé, l'économie et la sécurité des biens et des personnes qui vont l'emporter.

I. LES MANIFESTATIONS DU DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE SONT DÉJÀ PERCEPTIBLES ET VONT CONTINUER À S'AGGRAVER

A. LE PRÉSENT : LES SIGNES DU RÉCHAUFFEMENT GLOBAL DÉJÀ VISIBLES EN FRANCE

1. Les principales manifestations des dérèglements climatiques
a) Une France plus chaude

2018 est l'année la plus chaude jamais enregistrée en France, devant 2014 et 2011. Au-delà de ce record historique de température moyenne, l'année 2018 se caractérise aussi par une séquence inédite de neuf mois consécutifs au-dessus des normales. Plus largement, depuis le début des années 2000, les records de température moyenne annuelle se succèdent : sur les dix années les plus chaudes jamais enregistrées, neuf se sont produites après l'an 2000. Sur la période 1959-2009, la tendance observée est un réchauffement d'environ +0,3°C par décennie.

Au-delà de la hausse des températures annuelles moyennes, le réchauffement climatique se traduit aussi par des périodes de forte chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses :

- le nombre de journées estivales (définies comme les journées où la température maximale dépasse 25°C) est en augmentation. Sur la période 1959-2009, cette hausse est comprise entre quatre et cinq jours par décennie, avec quelques différences régionales (la hausse est plus faible sur le littoral Atlantique et maximale dans le Sud-Ouest) ;

- les vagues de chaleur recensées depuis 1947 à l'échelle nationale ont été deux fois plus nombreuses au cours des trente-quatre dernières années que sur la période antérieure. Les cinq vagues de chaleur les plus longues et quatre des cinq les plus sévères se sont produites après 1982. La canicule observée en France en 2003 reste cependant encore un événement exceptionnel.

b) Une transformation du régime des précipitations

Il ne s'est pas produit d'évolution marquée des précipitations moyennes annuelles depuis 1959. Globalement, la France ne semble être ni plus ni moins arrosée que par le passé. Toutefois, cette stabilité apparente est trompeuse : elle masque des changements très significatifs du régime des pluies à l'échelle régionale. On observe en effet une augmentation tendancielle de la moyenne des précipitations sur une grande moitié Nord (surtout le quart Nord-Est) et, à l'inverse, une baisse tendancielle au Sud, particulièrement marquée dans le Sud-Est1(*).

La stabilité constatée au niveau de la moyenne nationale masque également des changements très importants de la distribution des chutes de pluies au cours de l'année :

- en hiver, il s'est produit une hausse légère des précipitations sur la moitié Nord du pays et une baisse marquée dans la moitié Sud ;

- au printemps, les pluies sont en baisse marquée sur le quart Sud-Est du pays et en augmentation marquée ailleurs (particulièrement sur le quart Nord-Est) ;

- en été, on observe une légère augmentation des précipitations sur une grande moitié Nord du pays et une baisse dans la moitié Sud, baisse qui est très accentuée sur le pourtour méditerranéen ;

- en automne, il se produit une nette augmentation des précipitations dans le Massif Central et dans l'Est et une légère baisse ailleurs, baisse plus accentuée sur le pourtour méditerranéen.

En ce qui concerne les précipitations extrêmes, en particulier les épisodes dépassant le seuil de 200 mm en 24 heures, il apparaît qu'elles sont de plus en plus intenses et de plus en plus fréquentes sur le pourtour méditerranéen. Concernant plus particulièrement l'intensité, les maxima annuels de cumuls quotidiens sont en hausse de +22 %, avec cependant une forte incertitude de cette mesure en raison de la variabilité interannuelle très forte de ce type de phénomène (l'intensification se situe dans une fourchette qui va de +7 % à +39 %).

c) La montée du niveau de la mer

La montée du niveau de la mer est l'un des phénomènes majeurs associés au réchauffement climatique. Plus la température de la mer s'élève, plus l'eau se dilate. Par ailleurs, le réchauffement climatique provoque la fonte des glaces terrestres situées dans l'Antarctique, le Groenland et les glaciers de montagne. Cette eau de fonte se déverse dans les océans, ce qui en élève le niveau. Globalement, depuis 1870, le niveau de la mer s'est élevé de 20 cm. Alors qu'il montait au XXe siècle à la vitesse de 1,7 mm par an, son rythme de hausse est désormais deux fois plus rapide. Depuis 25 ans, le niveau moyen des océans a augmenté de près de 8,3 cm (soit + 3,2 mm par an).

d) En ce qui concerne les tempêtes et les cyclones

L'analyse des phénomènes de vents violents ne permet pas de mettre en évidence une tendance indiscutable. La comparaison des surfaces affectées par les tempêtes majeures recensées en métropole depuis 1980 fait ressortir une forte variabilité interannuelle, mais pas de tendance claire.

Pour les cyclones, le manque de recul historique et de données fiables collectées sur longue période ne permet pas non plus de tirer de conclusions fermes concernant d'éventuelles tendances liées au changement climatique global. La fréquence des cyclones dans l'Atlantique nord semble avoir augmenté fortement dans les années 2000 et la latitude à laquelle ils atteignent leur intensité maximale semble avoir migré vers le Nord. Toutefois, il n'est pas possible pour l'instant de distinguer statistiquement l'impact du changement climatique des effets de la variabilité naturelle du phénomène.

2. Des modifications climatiques qui commencent à transformer la physionomie des territoires

Il est très parlant de représenter les transformations climatiques qui affectent la France en les projetant sur des cartes, de manière à souligner que, derrière des donnée statistiques, ce sont bien des territoires qui se transforment.

a) Les cartes du réchauffement de la France

Tous les départements métropolitains ont vu leur température moyenne s'élever fortement depuis cinquante ans - la hausse étant plus marquée dans les départements de l'Est.

Les lignes d'isothermes et d'iso-ETP2(*) se sont déplacées de 250 km vers le nord et les lignes d'iso-aridité et d'iso climats méditerranéens ont progressé de 100 à 130 km.

b) Une partie Sud en voie d'aridification

La France est ainsi en voie d'aridification dans son Sud et de méditérranéisation dans sa partie intermédiaire. La région de Montpellier, où la température moyenne estivale s'est accrue de 2,3°C en 30 ans, est passée de la catégorie climatique « méditerranéen subhumide » à la catégorie « méditerranéen semi-aride »3(*). Valence est désormais passée en climat méditerranéen, tout comme Toulouse et Millau. Montélimar tend vers une future aridification. Le climat de Mende, qualifié jusqu'alors de « tempéré humide », est désormais considéré comme « tempéré subméditerranéen ».

c) Des territoires de montagne où le climat change en « accéléré »

La montagne se caractérise d'abord par un réchauffement plus rapide et plus marqué qu'ailleurs. Ce réchauffement atteint +2°C environ depuis 1950 dans les Alpes, qui sont la région qui se réchauffe le plus en France. Le réchauffement est plus prononcé au printemps qu'en été avec une hausse de +2.6°C. Si le réchauffement en hiver et en automne est moins marqué, il reste cependant conséquent (+1.6°C).

Source : C. Chaix, H. Dodier, B. Nettier « Comprendre le changement climatique en alpage », 2017

Ce réchauffement a des effets spectaculaires sur les glaciers, dont l'épaisseur et la superficie sont en recul. Les relevés effectués sur plusieurs glaciers des Alpes et des Pyrénées montrent une très sensible détérioration depuis la deuxième moitié des années 1980. La perte d'épaisseur annuelle dépasse désormais 20 mètres pour les glaciers d'Ossoue, de Saint-Sorlin et pour la Mer de glace.

Le réchauffement se traduit également par une baisse tendancielle très marquée de l'enneigement, particulièrement sous le seuil des 1800 mètres d'altitude4(*), et une fonte des neiges plus précoce (avec un impact sur le régime des cours d'eau). Les hauteurs de neige sont soumises à une très forte variabilité interannuelle et sont aussi très liées au contexte topographique (altitude, exposition, pente...), ainsi qu'à la latitude (à altitude égale, les massifs les plus septentrionaux conservent plus facilement une couverture neigeuse importante). Néanmoins sur les soixante dernières années, malgré ces facteurs de variabilité, la tendance au moindre enneigement est nette.

d) Des territoires littoraux particulièrement exposés

Les territoires littoraux peuvent subir un recul du trait de côte, dont les causes sont multiples, encore imparfaitement connues, mais auquel le réchauffement global de la planète contribue néanmoins de façon croissante5(*).

Le recul du trait de côte n'est cependant pas un phénomène généralisé à l'ensemble du littoral. Ce n'est pas non plus un phénomène linéaire dans le temps. Dans le cas de la côte Aquitaine, les observations réalisées sur plusieurs sites montrent la variabilité du phénomène. Un site comme celui de Truc Vert n'a pas connu d'érosion depuis 1950, tandis que le trait de côte à la Pointe de Grave a avancé de 400 mètres depuis les années 1970. Inversement, le trait de côte a très fortement reculé à Saint-Trojan, à la Côte Sauvage, à la Pointe de la Négade ou à la Flèche Cap-Ferret, mais selon une dynamique propre à chacun de ces sites (voir graphique suivant).

Si l'on observe les choses au niveau national, il ressort, selon les données du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), que 27 % du littoral français est en érosion (46 % des plages de sables et à galets ; 23 % des côtes rocheuses6(*)). Les territoires métropolitains les plus sensibles à ce phénomène sont les côtes de l'Aquitaine, de la Vendée, de la Corse et du Languedoc-Roussillon. Ces phénomènes sont aussi particulièrement marqués dans certains territoires ultramarins. On pense bien sûr notamment aux atolls du Pacifique.

Source : AcclimaTerra, Le Treut, H. (dir). Anticiper les changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine. Pour agir dans les territoires. Éditions Région Nouvelle-Aquitaine, 2018, p.320


* 1 Les données sont consultables en ligne sur le portail de Météo-France, Climat HD.

* 2 ETP : évapotranspiration

* 3 Le climat « méditerranéen semi-aride » est un climat où les précipitations sont, certaines années, insuffisantes pour y maintenir les cultures et où l'évaporation excède souvent les précipitations. Le rapport P/ETP annuel est < 0,5.

* 4 La variabilité interannuelle est forte, mais la tendance très nette.

* 5 Il semble que la variabilité du trait de côte s'explique principalement, au cours des dernières décennies, par le bilan sédimentaire et la variabilité des épisodes de tempête.

* 6 BRGM, Risques littoraux et changement climatique, nov. 2014.

La dépendance envers l'Asie

Par Le 17/07/2020

Un exemple de plus. Est-ce qu'on verra venir des solutions ? Est-ce que l'installation d'usines sur le territoire français est envisagée ? Est-ce nous allons rester dépendant de la Chine et autres pays asiatiques ? Sans parler de l'empreinte carbone de ce mode de locomotion "écologique" quand on pense que les pièces traversent les océans...

Les magasins de vélos font face à la pénurie après le boom post-Covid

 

Publié le  , modifié le 

De notre envoyé·e spécial·e Adrien Hemard

vélo marchand Versailles
Antoine Jacquot dans son magasin de vélos à Versailles | AH

En termes cyclistes, on appellerait cela une fringale. Après des semaines de sur-activité depuis le début du déconfinement, les magasins de vélos subissent un véritable coup de frein. La faute à la pénurie de vélos neufs et de pièces détachées. Deux raisons à cela : la pandémie de Covid-19 qui a paralysé les usines du monde entier et l’explosion de la pratique cycliste qui a découlé de cette crise sanitaire. Conséquence : les magasins de vélos sont à l’arrêt, ou presque.

En deux mois, on a vendu autant qu’en huit mois classiques. C’est de la folie”, assure Antoine Jacquot, marchand de vélo à Versailles. Et en entrant dans son atelier, on a aucun mal à le croire : le téléphone n’arrête pas de sonner, et toutes les cinq minutes, un client apparaît dans la boutique. Et le commerçant versaillais est loin d’être le seul : un rapide tour dans les grandes enseignes suffit à s’en rendre compte. Des rayons vides, des carnets de commandes pleins à craquer et des ateliers obligés de refuser des réparations car débordés : depuis le déconfinement, l’industrie du vélo roule à plein régime. Seul sport autorisé pendant un moment, et surtout moyen de transport privilégié pour éviter les transports en commun, le vélo est en plein boom en France. A tel point que les professionnels ont du mal à suivre.

Le coup de la panne des usines

On n’était absolument pas préparés, on est en pleine pénurie. Aujourd’hui le client qui vient au magasin ne peut avoir que ce qu’il y a en rayon, les stocks sont épuisés. Il ne reste que des vélos tailles XS ou XL, que peu de monde peut utiliser”, confie Antoine, entre deux coups de téléphone. A Paris, du côté de Bastille où les marchands de vélos ont pignon sur rue, Daniel Ferraz confirme : “Dix jours après le déconfinement, je n’avais plus rien en stock. Pire, nos fournisseurs ont appelé pour dire qu’ils ne savaient pas comment faire, qu’ils étaient eux aussi à sec”. A tel point que même les pièces les plus basiques comme les pneus ou chambres à airs sont devenus rares : “On est ravitaillé au compte-goutte. Et les prix augmentent, puisque la demande explose et aussi parce que ce sont les produits européens que l’on trouve encore, c’est-à-dire des choses plus haut de gamme et donc plus chères”, éclaire Daniel.

Daniel Ferraz dans son atelier de vélos à Bastille, dans le 11e arrondissement de Paris
Daniel Ferraz dans son atelier de vélos à Bastille, dans le 11e arrondissement de Paris © AH

Que ce soit chez Antoine à Versailles ou Daniel à Bastille, la pénurie n’est pas visible en magasin. Pourtant, les deux commerçants la sentent bien. “Le redémarrage n’a pas été progressif du tout : on a pris une énorme vague d’un coup. On faisait 15 à 20 réparations par jours contre 5 à 10 en temps normal”, témoigne Daniel. Problème : en parallèle de ce rythme infernal, le réapprovisionnement en pièces détachées était impossible. Et pour cause : la plupart viennent d’Asie et notamment de Chine, où les usines tournent au ralenti après des semaines d’arrêt. Conséquence : les délais de livraison explosent. “Pour les pièces venues d’Europe, ça va à peu près. On a des fournisseurs qui avaient de gros stocks, notamment un grossiste à Nantes”, se rassure Antoine. Mais pour Daniel, la situation est plus compliquée : “Même nos fournisseurs européens d’Espagne, d’Italie et du Portugal sont à l’arrêt. On a dû faire des échanges avec les collègues, on se serre les coudes, mais cela ne suffit pas”, dit-il en pointant du doigt un vélo un attente d’un modèle de pneu depuis plusieurs jours.

La petite Reine veut reprendre son trône

Outre ce qu’ils appellent “l’effet Covid”, les deux marchands ont aussi surfé sur l’aide de 50 euros de l’Etat pour réviser les vélos : “Les gens ont tous ressorti leur vieux vélo pour bénéficier de l’aide. Certains confrères ont fini par arrêter de faire profiter de l’offre parce qu’ils étaient débordés et n’avaient plus de temps pour s’occuper de leurs clients habituels. Je comprends tout à fait : comment vous expliquez à un habitué qu’il va devoir attendre 3 semaines pour une bricole ? Vous risquez de le voir aller chez un concurrent”, regrette Daniel.

A Versailles, une autre aide a considérablement boosté les affaires d’Antoine : celle de l’Île-de-France qui finançait les vélos électriques jusqu’à 500 euros : “Sur 10 ventes, on vend 5 vélos électriques. Les gens profitent de l’aide et surtout ils ont compris que c’était un super moyen de transport pour éviter ceux en commun et aller au travail sereinement”, apprécie le marchand versaillais. Ainsi, à une clientèle familiale pour qui le vélo est un loisir, a succédé une clientèle professionnelle pour qui le vélo est un moyen de transport : “Pendant les grèves, les gens ont peu pris le vélo mais aujourd’hui, cela n’a rien à voir. C’est du jamais vu, même pour mon père qui fait ce métier depuis 40 ans. Le monde du vélo est en plein re-développement”, assure Antoine. A Bastille, Daniel illustre: “Quand j’ai ouvert ici en 2000, on était 13 marchands. Au lancement du vélib en 2007, on était plus que 3. Et là, on est 6. Au delà de l’effet Covid, le vélo est en plein essor, notamment les vélos électriques et pliants”.

Antoine Jacquot dans son magasin à Versailles avec son modèle le plus vendu : un vélo à assistance électrique
Antoine Jacquot dans son magasin à Versailles avec son modèle le plus vendu : un vélo à assistance électrique © AH

Plus qu’une simple mode, les deux hommes - comme de nombreux professionnels du milieu - croient au début d’une nouvelle ère pour le cyclisme. Antoine développe : “Ce n’est que le début de cette dynamique. La France a toujours été un pays de vélo loisirs, elle est en train de se mettre au vélo utile. Les pouvoirs publics l’ont compris aussi et investissent enfin”.  S’ils n’ont pas eu le temps d’anticiper cette accélération subite du phénomène, les marchands de vélo entendent bien en profiter. Mais avant cela, il va falloir rétablir l’approvisionnement de leurs enseignes. 

“Il faut au moins 6 semaines pour que les pièces arrivent d’Asie, 3 semaines minimum pour l’Inde. Mais là, on ne sait pas si leurs usines tournent à 100% ou pas, donc on a aucune visibilité", peste Daniel. “Avant la fin de l’année, je ne vois rien de positif. Quand on appelle les fournisseurs, ils ne peuvent pas se projeter et donc nous non plus. En temps normal, je peux anticiper le travail sur plusieurs mois, là on a une visibilité sur une semaine voire deux, pas plus.”  Selon Antoine, “les choses reviendront à la normale en novembre, pas avant. On aura les nouveaux modèles d’ici là. Pour l’instant, les gens les commandent sans savoir le prix, le modèle, les couleurs…” Et Daniel de conclure : “Aujourd’hui, on a retrouvé une charge de travail normale mais pas les conditions qui vont avec puisqu’on n’a toujours pas les pièces, et on ne sait pas quand on les aura...” 

 

De notre envoyé·e spécial·e

Urgence climatique et croissance

Par Le 17/07/2020

J'ai bien conscience que ce blog n'a plus grand-chose à voir avec les premières années. 

Des textes liés à la spiritualité, il n'y en a quasiment plus.

Et je n'ai aucunement envie d'y revenir avec la même importance.

Il me suffit de parcourir les archives pour constater à quel point désormais cette démarche n'est pas d'actualité. L'urgence n'est pas là. Et en même temps, je suis convaincu qu'il n'y a que la dimension spirituelle qui puisse inverser le cours des choses.

Il faut une prise de conscience et elle ne passe par le mental. Le mental ne doit être que l'ouvrier qui applique et met en oeuvre ce que la spiritualité a conçu. Toutes les résistances actuelles sont générées par le mental. Le mental est individualiste et il entretient le désastre, il le nourrit. Il ne peut pas en être le soignant. J'ai lu quelques passages de l'intervention du nouveau premier ministre et ce qui est certain, c'est que cette conscience planétaire n'est pas de son ressort.

"Le chef du gouvernement a dit croire “en la croissance écologique” mais “pas à la décroissance verte”, "

https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-plan-de-castex-pour-la-croissance-ecologique-pas-la-decroissance-verte_

Et pourtant, à la lecture du dossier ci-dessous, issu du Sénat, on pourrait penser que les choses évoluent positivement.

Nous sommes dans le cas d'une dissonance cognitive de haut de gamme, à l'échelle de la société toute entière...D'un côté, "l'urgence climatique" et de l'autre "le maintien de la croissance", le maintien de notre confort de vie, de nos biens, de nos richesses, de nos modes d'existence. 

"La dissonance cognitive se caractérise par un malaise psychologique lorsque les pensées et les actes sont contradictoires et que l’un implique la négation de l’autre ; un inconfort psychologique lorsque le comportement, les convictions ou les croyances sont remises en question."

 

Il ne s'agit donc pas d'interroger les politiques sur leurs projets mais prioritairement de nous engager individuellement dans cette décroissance. Cette décroissance est perçue chez beaucoup comme le retour à la caverne. C'est évidemment absurde et n'a rien à voir avec la réalité de ce qui est proposé. La décroissance n'est pas un retour à des temps révolus mais le projet d'un temps nouveau pour que le futur soit possible. 

J'ai lu l'intégralité de ce dossier. Et je ne comprends pas que des gouvernements puissent encore parler de "croissance". Et ça n'est pas parce qu'ils y ajoutent "vert" que ça résoud les problèmes. Le problème, c'est la croissance ; pas sa couleur. 

https://www.senat.fr/rap/r18-511/r18-511.html?fbclid=IwAR3X_xz4DaRwIJkMNOrUqcZ2pWpu7WneoMe71aL35mZUzNbbnp44Mvs6QH8

Adapter la France aux dérèglements climatiques à l'horizon 2050 : urgence déclarée

 

Repères ?

16 mai 2019 :Adapter la France aux dérèglements climatiques à l'horizon 2050 : urgence déclarée( rapport d'information )

Commander ce document

Rapport d'information n° 511 (2018-2019) de MM. Ronan DANTEC et Jean-Yves ROUX, fait au nom de la Délégation sénatoriale à la prospective, déposé le 16 mai 2019

Disponible au format PDF (6,2 Moctets)

Synthèse du rapport (586 Koctets)

Coronavirus : On en est où ?...

Par Le 16/07/2020

Je me pose les mêmes questions et je n'ai pas plus de réponses...

"

La psychose entretenue autour du Covid-19 devient étrange, elle n'a plus aucun rapport avec le nombre de décès et de cas, sur lesquels on ne communique soudainement plus. Après le tabou sur le profil des personnes vulnérables, voici carrément le tabou sur les indicateurs faisant office de juge de paix. La réalité est que ces indicateurs sont en chute libre. Éluder à ce point ces faits est invraisemblable.

Que se passe-t-il ? Des hypothèses parmi d'autres, n'hésitez pas à répondre ou compléter.

1) Après que les médias, le gouvernement et une majorité de médecins aient annoncé l'apocalypse sanitaire, on ne veut pas admettre que le virus soit en train de décliner voire de mourir, alors qu'il y a de plus en plus de "relâchement". Il n'y a pourtant pas de mal à admettre qu'on ait pu se tromper, au contraire.

2) Après avoir annoncé que seul un vaccin pouvait nous sortir de ce pétrin, et mis des milliards sur la table pour le développer, on ne veut pas admettre que nos défenses naturelles, l'immunité croisée, les tests, le traçage et l'isolement des malades, et notre civisme puissent suffire (pour précision, je suis totalement pro-vaccin, par exemple lorsque cela permet d'éradiquer la polio ou la rougeole... et pointer des conflits d'intérêt ne relève pas du conspirationnisme).

3) Le risque de mutation saisonnière est réel, mais on continue de nous infantiliser au lieu de faire de la pédagogie pour expliquer plus précisément comment éviter un rebond alors que le nombre de cas et de morts s'approche de zéro : quelles mesures exactes ? qui ? quand ? où ? pourquoi ?"

Covid-19 : Pas de panique, regardez les courbes des décès

 

Jean-Marc Dupuis
L'Échelle de Jacob
mar., 14 juil. 2020 20:05 UTC

Les médias et les gouvernants continuent à tout faire pour maintenir la psychose autour du Covid-19.
nbvgfr


Bye bye

Mais plutôt que de les écouter, et de paniquer, je vous recommande de suivre les chiffres réels des décès liés au Coronavirus sur un site publiant les données officielles, comme par exemple : www.worldometers.info/coronavirus

Vous verrez que, contrairement à ce qu'on entend partout, vous pouvez désormais dormir sur vos deux oreilles au sujet du Covid-19, si vous habitez l'Europe. L'épidémie est terminée selon tous les critères d'une épidémie terminée, c'est-à-dire que le Covid-19 ne fait pas plus de morts qu'une maladie orpheline. On n'a donc plus le droit de parler d'épidémie.

Voici la courbe du nombre de morts en France ("Daily Deaths" veut dire "décès par jour" ) :

 

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Depuis le 15 mai, soit deux mois environ, l'épidémie aurait dû être officiellement déclarée terminée.

Voici les chiffres de la Suisse :

 

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Attention, les chiffres paraissent plus élevés que ceux de la France, mais c'est l'échelle de gauche qui n'est pas la même. En Suisse, les barres les plus élevées correspondent à environ 70 morts par jour, tandis qu'en France, elles correspondent à 1400 morts par jour (20 fois plus).

On voit donc que, depuis le 15 mai, il n'y a quasiment plus de morts en Suisse liés au Covid-19, et la population a raison de ne plus se stresser pour cela ( le stress tue ! ).

Voici les chiffres de la Belgique :

 

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Et vous retrouvez le même phénomène dans tous les pays européens. Voici, pour vous en convaincre, l'Italie :
 

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Et voici l'Espagne :
 

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La "remontée des infections" qu'on vous annonce pour vous terroriser dans les médias ne s'accompagne d'aucune remontée du nombre de décès, très probablement parce que le virus perd de sa virulence ( de sa dangerosité ), ce qui est tout à fait normal. On sait en effet que les nouveaux virus sont dangereux mais s'affaiblissent avec le temps, tout en devenant plus contagieux.

Pourquoi les Autorités veulent-elles imposer à nouveau les masques, les mesures de distanciation, voire des reconfinements partiels ou totaux ?

Je n'en sais rien. J'avoue ne strictement rien comprendre à la façon dont cette crise est gérée. Je connais les diverses théories du complot qui circulent, liées à Big Pharma, aux vaccins et autres, et peut-être sont-elles justifiées. Tout ce que je peux dire est que je n'ai, pour ma part, aucune explication dont je puisse être assez sûr pour vous en parler ici.

Reste une certitude : dire la vérité sur cette épidémie est dangereux. Cela vous expose à être banni des réseaux sociaux. Mes lettres ne peuvent, bien souvent, plus être partagées sur Facebook, sous prétexte qu'elles comporteraient des fausses informations, ce qui est absolument infondé.

Mais c'est ainsi, depuis que le monde est monde... Un très ancien proverbe afghan disait déjà : « Si quelqu'un dit la vérité, donne-lui un cheval, il en aura besoin pour s'enfuir.»

On voit que rien n'a changé.

A votre santé !

Günther Anders : l'obsolescence de l'homme

Par Le 15/07/2020

GÜNTHER ANDERS  premier mari de Hannah Arendt.
 

Gunther-Anders.jpg (495×495)

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. »

Günther Anders, "L’Obsolescence de l’homme", 1956

Le changement climatique dans les Alpes

Par Le 13/07/2020

Je trouve effarant que des gens en arrivent encore à nier l'évidence. Comme si toutes les études (que bien souvent, ils ne lisent pas) n'étaient que des tissus de mensonges, des graphiques inventés, des statistiques faussées, des scientifiques payés par des entreprises intéressées par le marché de l'écologie, etc etc...

Voilà un exemple d'une étude.

"Aïe, c'est trop long, trop compliqué, trop scientifique etc etc"

Oui, tout ça est exact, c'est une lecture qui réclame de la concentration. De la curiosité aussi. L'envie de savoir. L'envie de ne pas être ignorant des faits. 

 

 

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET SES IMPACTS DANS LES ALPES

Le changement climatique actuel est clairement visible dans les Alpes. Ces impacts sont nombreux et marqués dans les territoires de montagne, tout en relief, et de ce fait très contraints par les conditions climatiques qui changent avec l’altitude. Les changements des paramètres climatiques ont donc de fortes incidences sur l’environnement physique mais également sur le monde vivant.

L’évolution déjà constatée du climat

Des changements rapides du climat sont enregistrés à l’échelle de la planète depuis le début de l’ère industrielle. Cette évolution se caractérise par une augmentation des températures, un changement du régime des précipitations et une augmentation de la fréquence et intensité des évènements extrêmes (vagues de chaleur, sécheresses).

 

  RUBRIQUES

Depuis le début du 21ème siècle, les records de température s’accumulent démontrant un réchauffement global à l’échelle de la planète :

- Seize des dix sept dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées
- 2016 est l’année de tous les records : année la plus chaude jamais enregistrée et 8 mois sur 12 de cette année détiennent le record de température depuis le début des mesures.

Température annuelle Suisse, MétéoSuisse, changement climatique, CREA Mont-Blanc

Températures moyennes annuelles en Suisse © Météo Suisse

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À l’échelle des Alpes, l’accroissement des températures annuelles de 2°C au cours du 20ème siècle est 2 fois plus important qu’à l’échelle de l’hémisphère nord, ou même qu’à l’échelle de la France (+1,4°). Ce réchauffement observé depuis le début de l’ère industrielle s’accentue depuis les années 1980 avec actuellement une augmentation des températures de 0,5°C par décennie. Cette hausse équivaut à la différence de température que l’on observe entre deux altitudes séparées par 100 m de dénivelée. A ce rythme là, pour rester dans les mêmes conditions de température, il faudrait donc monter de 100m de dénivelée tous les 10 ans. C’est bien tout le challenge pour la biodiversité que d’arriver à suivre le rythme de cette évolution climatique.

Le réchauffement est amplifié en montagne car la hausse des températures induit une réduction des zones couvertes de glace ou de neige qui réfléchissent les rayons du soleil, alors remplacées par des zones de roches sombres qui au contraire accumulent la chaleur.

Le régime des précipitations ne montre pas de tendance globale d’évolution au cours du 20ème siècle mais en revanche des changements contrastés existent entre les régions et les saisons. Depuis 1960, une diminution importante des précipitations hivernales est observée dans le sud de la France contrairement à une augmentation dans le Nord. Pour les Alpes situées au carrefour de deux régimes climatiques, atlantique et méditerranéen, on observe de fortes différences locales. Par exemple, la baisse des précipitations en été est plus marquée dans la partie sud des Alpes.

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Évolution des précipitations entre 1959 et 2009 © MétéoFrance

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Le climat futur

Les changements déjà observés depuis le début du 20ème siècle ne feront que s’accentuer dans le futur au moins jusqu’en 2030, ensuite cela dépendra de notre capacité à réduire très rapidement ou non nos émissions de gaz à effet de serre.

Les modèles climatiques construits d’après les observations passées permettent de prédire l’évolution du climat et de ses impacts sur l’environnement jusqu’en 2100. Les différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre prédisent tous un accroissement des températures. En France cette augmentation est estimée entre 2 et 5°C en 2100 par rapport au début du 21ème siècle (source MeteoFrance). A l’échelle des Alpes, le scénario moyen prédit une hausse des températures moyennes annuelles de l’ordre de 3,3°C d’ici 2100 par rapport à la période 1960-1990 (1).

Le changement du régime des pluies à l’horizon 2100 indique une baisse de 20% des précipitations en été, avec un changement plus marqué dans le sud des Alpes, et une hausse de 10% des précipitations en hiver (1).

L’accentuation des évènements extrêmes comme les vagues de chaleur en été et l’intensité des sécheresses pourrait avoir plus de conséquences pour le monde vivant que l’évolution moyenne des températures ou précipitations. Un été sur deux en 2100 dans les Alpes devrait être au moins aussi chaud que l’été caniculaire de 2003. Des évènements de précipitations intenses devraient se produire en automne et dans la partie nord des Alpes avec une intensité jusqu’à + 30% à la fin du siècle (1).

Isotherme 0° C Modélisation des températures futures © CREA Mont-Blanc

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Au Mont-Blanc, la modélisation des températures de juillet, le mois le plus chaud, montre qu’il faudra monter de 700m pour trouver les mêmes conditions en 2100. Par exemple, l’isotherme zéro degré passerait de 3380m actuellement à 4080m en 2100.

Les conséquences du changement climatique sur les terrains de montagne

Les conséquences des changements de température et des variations des précipitations sont déjà bien visibles en montagne : retrait marqué des glaciers, réduction de l’enneigement à moyenne altitude, remontée en altitude du permafrost et déficit en eau des sols plus fréquent.

Déplacer le curseur central sur l'image et comparez la photo d'Argentière et de son glacier en 1890 © Amis du Vieux Chamonix
avec celle prise  par les chercheurs du CREA Mont-Blanc en 2015 © CREA Mont-Blanc

before

after

  RUBRIQUES

Retrait glaciaire

L’une des conséquences les plus évidentes du changement climatique dans les Alpes est le recul des glaciers. Avec des températures plus élevées, les glaciers de moyenne altitude subissent une forte récession. Les glaciers des Alpes ont perdu 30 à 40% de leur surface et la moitié de leur volume depuis 1850 avec une perte supplémentaire de 10 à 20% de leur volume restant depuis 1980. Des études ont estimé que 52% des petits glaciers suisses vont disparaître dans les 25 prochaines années. Les moraines mises à jour suite au retrait glaciaire sont l’objet d’une forte dynamique de colonisation par la végétation. Les territoires de montagne subissent donc un changement majeur de leurs paysages.

L’enneigement

La présence de neige au sol pendant une période plus ou moins longue selon le contexte topographique (altitude, exposition, pente...) est une des principales caractéristiques de la montagne. Elle façonne l’environnement par son pouvoir d’isolation et la constitution d’une importante réserve en eau disponible au printemps.

La hausse des températures hivernales a pour incidence la remontée en altitude de la limite des précipitations tombant sous forme de neige. Dans les Alpes, on constate une réduction des précipitations neigeuses à moyenne altitude depuis 1970 induisant une plus courte période de neige au sol. Pour exemple, dans le massif du Mont-Blanc, la durée du manteau neigeux à moyenne altitude s’est réduite de près d’un mois depuis les années 1970. En haute montagne (>2500 m),  si la quantité de précipitations hivernales est restée stable ces dernières décennies, c'est la hausse des températures printanières et estivales qui a contribué à une fonte accélérée et une diminution de la durée d'enneigement (CREA, source des données Météo-France CNRS, CNRM/CEN).

La durée d’enneigement a une incidence considérable sur la faune et la flore alpine (voir ci-dessous).

Période sans neige en fonction de l'altitude © CREA Mont-Blanc

Période sans neige en fonction de l’altitude © CREA Mont-Blanc 
– source des données Météo-France CNRS, CNRM/CEN

La période sans neige pour le massif du Mont-Blanc a augmenté entre les périodes 1964-75 et 2005-2015 : environ + 25 jours entre 1500 et 2500 m dans le massif du Mont-Blanc. Mais le plus fort changement en proportion de la durée de la période sans neige se situe vers 2500 m (+ 25 %) contre + 21 % à 2300 m et + 12 % à 1500 m (CREA, source des données Météo-France CNRS, CNRM/CEN).

Remontée du permafrost

Le permafrost, sol gelé en permanence, joue un rôle capital dans la stabilité des terrains de montagne et, bien qu’imperceptible, il couvre une surface importante. Dans le massif du Mont-Blanc, 65 % des parois rocheuses situées au dessus de 2300m sont gelées en permanence (5).

Avec la hausse des températures en été, le permafrost fond provoquant une plus forte instabilité des terrains rocheux. Durant les 20 dernières années, le permafrost a disparu dans les faces sud du massif du Mont-Blanc jusqu’à 3300m et le permafrost d'une température supérieure à -2°C est remonté de 3300m à 3850m et ne devrait plus se trouver dans les faces sud d’ici 2100 en dessous de 4300m ou même, d’après les scénarios les plus critiques, totalement disparaitre des faces sud du Mont-Blanc (5).

Déficit en eau du sol

La hausse des températures associée à une réduction des précipitations provoque des sécheresses estivales plus fréquentes et un déficit en eau des sols. De plus, ce phénomène est aggravé par la réduction de l'enneigement. Ces conditions induisent un stress hydrique plus fréquent pour la végétation pendant la période de croissance.

Les impacts sur la faune et la flore alpine

Les effets du changement climatique sur la faune et la flore alpine sont perceptibles et affectent déjà les dates des évènements saisonniers, la distribution spatiale des espèces et leur abondance. La biodiversité arrivera-t-elle à s’adapter au rythme très rapide d’évolution de l’environnement ? C’est tout le défi que les espèces animales et végétales devront résoudre dans un monde déjà très contraint par les activités humaines.

Androsace au Jardin de Talèfre © A. Delestrade

Androsace au Jardin de Talèfre © A. Delestrade

  RUBRIQUES

Les cycles saisonniers

Pour survivre au changement climatique, les espèces ont le choix de migrer pour suivre les conditions climatiques qui leur conviennent, ou bien de changer leur physiologie ou leur comportement saisonnier pour s’adapter aux nouvelles conditions de leur environnement. On observe déjà une tendance générale à l’avancée des évènements saisonniers au cours des 50 dernières années de 2 à 5 jours par décennie pour les plantes et animaux terrestres. Par exemple, l’arrivée des oiseaux migrateurs est avancée au printemps d'environ 15 jours en 30 ans, ou bien la ponte des amphibiens comme le crapaud commun est plus précoce (un mois plus tôt qu'il y a 25 ans sur un site suivi à 1850m en Suisse (8)).

Représentation de l'avancée des évènements saisonniers depuis 1951 © MétéoSuisse

Evolution des dates de débourrement de la végétation en Suisse depuis 1951 ©MétéoSuisse

Pour la végétation, la hausse des températures printanières couplée avec la fonte plus précoce du manteau neigeux permet, pour la majorité des espèces, un développement également plus précoce. De ce fait, la saison de végétation est plus longue et la productivité est meilleure.  Mais pour certaines espèces cette précocité n’est pas toujours un avantage. Pour la myrtille, très sensible au gel, un démarrage plus précoce augmente le risque de dommages liés aux évènements plus fréquents de gel tardif au printemps.

Toutes les espèces ne répondent donc pas de la même façon au changement climatique. Il s’en suit un risque important de désynchronisation au sein de l’écosystème.

Pour les grands herbivores comme le bouquetin, la date de mise bas ne dépend pas des conditions printanières mais plutôt de la date de l’accouplement qui a lieu à l’automne. Les années à hiver et/ou printemps chaud, il en résulte un décalage entre le pic de production de la végétation et les besoins en herbe des bouquetins. Ainsi une mortalité plus importante des jeunes bouquetins est observée dans le Parc National du Grand Paradis les années aux printemps précoces (12).

La distribution des espèces

La présence d’une espèce sur un territoire dépend des conditions climatiques optimales pour son développement mais aussi des caractéristiques du milieu (présence d’humus, durée d’enneigement, d’ensoleillement, etc...) et des interactions avec les autres espèces présentes dans l’écosystème (relation proies/prédateurs, compétition, facilitation). Chaque espèce a ses exigences.

Avec le réchauffement climatique, on observe ces dernières décennies une montée en altitude de la plupart des espèces, de 30 à 100m par décade pour les animaux. Chez les plantes forestières une remontée d’environ 30m a été observée dans les Alpes au cours du 20ème siècle. Des études impliquant des chercheurs des différents massifs européens démontrent une tendance générale à l’augmentation du nombre d’espèces sur les sommets des Alpes. De manière générale, les espèces adaptées aux conditions plus chaudes et venant de plus basse altitude gagneront du terrain contre les espèces alpines adaptées à des conditions froides mais mauvaises compétitrices.

Mais monter en altitude implique une perte de surface disponible étant donné la forme « en pointe » des montagnes. Pour la renoncule des glaciers, espèce spécialiste des marges glaciaires, en 2100 il faudra monter de 1200m pour retrouver les conditions climatiques favorables à l’espèce. Ceci impliquera une perte de 70% de la surface disponible et donc une raréfaction des espèces qui affectionnent les conditions extrêmes. Mais la fonte de la neige et des glaciers pourrait temporiser cette perte en offrant de nouveaux espaces disponibles.

Gradient Habitat

Conditions climatiques et période propice au développement de la végétation en fonction de l'altitude © CREA Mont-Blanc

L’abondance des espèces

Si la variabilité climatique d'une année sur l'autre influence fortement la productivité végétale, les tendances climatiques à long terme permettent des changements graduels dans la structure de la végétation (plus de hauteur, plus de biomasse et une activité chlorophyllienne plus importante). Cette dynamique contribue à un "verdissement" des Alpes, avec une couverture végétale plus importante même en haute montagne.

Chez les animaux, notamment ceux qui ne régulent pas la température de leur corps (insectes, amphibiens, reptiles), les variations de température ont un impact direct sur leur physiologie. Par exemple, les insectes comme les scolytes, parasites de l’épicéa, directement influencés par la hausse des températures démarrent leurs activités plus tôt au printemps et peuvent ainsi produire un plus grand nombre de générations par an et ainsi accroitre la pression sur leur hôte, l’épicéa, déjà affecté par les épisodes plus fréquents de sécheresse estivale.

Schéma des effets du changement climatique sur l'épicéa en montagne, CREA Mont-Blanc

© CREA Mont-Blanc

Références

1. Gobiet A, Kotlarski S, Beniston M, Heinrich G, Rajczak J, Stoffel M. 2014. 21st century climate change in the European Alps – A review. Science of the total environment 493.

2. Huss M, Fischer M. 2016. Frontiers of Earth Science 4.

3. Durand, Y., Laternser, M., Giraud, G., Etchevers, P., Lesaffre, L., et Mérindol, L.: Reanalysis of 44 yr of climate in the French Alps (1958–2002): methodology, model validation, climatology, and trends for air temperature and precipitation, J. Appl. Meteorol. Clim., 48, 29–449, 2009.

4. Vionnet, V., Brun, E., Morin, S., Boone, A., Faroux, S., Le Moigne, P., Martin, E., and Willemet, J.-M. : The detailed snowpack scheme Crocus and its implementation in SURFEX v7.2, Geosci. Model Dev., 5, 773-791, doi :10.5194/gmd-5-773-2012, 2012.

5. Magnin F, Josnin J-Y, Ravanel L, Pergaud J, Pohl B, Deline P. 2017. Modelling rock wall permafrost degradation in the Mont Blanc massif from the LIA to the end of the 21st century. The cryosphere 11.

6. Rabatel A, Letréguilly A, Dedieu J-P & Eckert N. 2013. Changes in glacier equilibrium-line altitude in the western Alps from 1984 to 2010: evaluation by remote sensing and modeling of the morpho-topographic and climate controls. The Cryosphere 7(5).

7. Yoccoz N.G., Delestrade A. & Loison A. (2010). Impact of climatic change on alpine ecosystem: inference and prediction. Revue de Géographie Alpine 98.

8. Vittoz et al. 2011. Climate change impacts on biodiversity in Switzerland: A review. Journal of Nature Conservation 21.

9. Vitasse Y, Schneider L, Rixen C., Christen D, Rebetez M. 2018. Increase in the risk of exposure of forest and fruit trees to spring frosts at higher elevations in Switzerland over the last four decades. Agricultural and Forest Meteorology 248.

10. Carlson B Z, Corona M C, Dentant C, Bonet R, Thuiller W, & Choler P. 2017. Observed long-term greening of alpine vegetation–a case study in the French Alps. Environmental Research Letters.

11. Choler P. 2015. Growth response of temperate mountain grassland to inter-annual variations in snow cover durations. Biogeosciences, 12(12).

12. Pettorelli N, Pelletier F, Von Hardenberg A, Festa-Bianchet M & Côté S D. 2007. Early onset of vegetation growth vs. Rapid green-up : impacts on juveniles mountain ungulates. Ecology 88.

 

 

Damien Dekarz

Par Le 13/07/2020

C'est le personnage que j'écoute et que je lis le plus dans le domaine de la permaculture.

Incontournable.

Cette vidéo présente son travail.

 

 

Cette vidéo-là fait partie de sa chaîne youtube.

Yuka, cinq ans après.

Par Le 11/07/2020

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

 

En mai 2015, j'ai roulé sur Yuka avec le camping-car.

Yuka, le chien de Marine, notre fille.

Le premier chirurgien rencontré a dit qu'il valait mieux l'euthanasier...

Aujourd'hui, il court en montagne, il court après sa balle, il nage, il aime la vie, à chaque instant.

Tous les soirs, quand il est à la maison, je le masse. Comme je le fais depuis ce jour-là. 

Le matin, après une journée en montagne, il a du mal à se déplier, à faire les premiers pas, il a du mal à uriner.

Et puis, il sort, il va chercher sa balle et il me l'apporte. Et une nouvelle journée de course et de jeu recommence.

Et je suis un peu comme lui. J'ai mal au dos, j'ai mal dans la jambe gauche, j'ai des contractures musculaires, des crampes parfois. Et puis, je lève les yeux vers les sommets et la mécanique se remet en marche.

Et on va marcher. Là-haut.

Yuka m'a appris à aimer chaque pas.

Je luis dois beaucoup, beaucoup. 

 

Yuka. Le jour où...

Yuka...Une semaine après...

Yuka. Un mois après...

Yuka et Marine

Yuka...Noël 2015

Yuka, un an après.

Yuka et moi.

Yuka, enseignant.

 

KUNDALINI : la méditation des pierres

Par Le 11/07/2020

Kundalini web 1

Ils approchèrent et elle comprit. Des galets empilés, dans des architectures improbables, mystérieuses, fascinantes. Comme un peuple en marche, fossilisé en un instant. Des courbes verticales qu’elles n’auraient jamais envisagées, des constructions qui unifiaient dans des arabesques immobiles des galets dansants. L’impression de voir bouger les structures, qu’une infime vibration les animait et créait dans le lieu une chorégraphie insaisissable. Une nature pleinement vivante, observant l’observatrice. Elle sentit autour d’elle des regards curieux et bienveillants.

Elle ne déchiffrait même pas ce qu’elle pensait et ne s’en étonnait plus. Des visions inexplicables, des ressentis jaillis de nulle part, comme un langage ancien, remonté des temps lointains.

« Qu’est-ce qui m’arrive Sat ? J’ai parfois l’impression de ne plus être moi, j’ai des pensées qui viennent et je ne les comprends même pas, j’ai des sensations que je ne reconnais pas, il y a tellement de choses étranges, je ne peux même plus les énumérer. Qu’est-ce qui m’arrive, Sat ? »

Il devina l’inquiétude, il perçut cette rupture dans la voix, ce décrochement empli d’incertitudes, lorsque les mots semblent troubler la parole, lorsqu’ils agissent comme une boisson acide et enrayent les cordes vocales.

Il fallait donner des réponses. Le moment était venu. Il le savait.

« Une autre réalité Maud, c’est tout, l’ouverture des fenêtres, une conscience nouvelle qui prend conscience d’elle-même. Il n’y a rien d’inquiétant là-dedans, sauf si vous décidez d’en tirer des suppositions qui viendront nourrir vos peurs.

-C’est trop flou pour pouvoir me satisfaire. Je suis désolé mais j’ai besoin de comprendre.

-Vous voulez comprendre parce que c’est un fonctionnement archaïque, parce que la dimension intellectuelle sert de références alors qu’elle n’est qu’une partie de la structure. »

Elle sentait monter de la colère, un énervement profond dont elle ne voulait pas mais qui s’imposait comme un parasite accroché à ses neurones.

« C’est très bien que la pression monte en vous, il faudra beaucoup de puissance, beaucoup d’énergie pour parvenir à entrer dans la danse. Mais avant de danser, il faut apprendre l’immobilité. »

Elle abandonna toute volonté de réponses. Elle n’obtiendrait pas celles qui l’auraient comblée et elle devinait que tout cela était planifié.

« L’immobilité de l’équilibre est la meilleure réponse à donner aux questions sans réponses. Ensuite, parce que vous ne les recherchez plus, les réponses peuvent jaillir. Beaucoup de personnes imaginent un hasard favorable alors que c’est leur état intérieur qui permet ce dénouement. L’intention de la pensée tournée vers une réponse, alors que les éléments qui questionnent ne sont même pas identifiés, c’est une intention limitante. Vous en êtes responsables sans le comprendre et dès lors, vous cherchez des coupables extérieurs. Et vous entretenez inévitablement vos errances. Il faut cesser de vouloir pour que les réponses puissent s’approcher. C’est comme un animal sauvage qui ne supporterait pas votre impatience à l’apprivoiser. Comment voudriez-vous résoudre une situation problématique en usant des schémas internes qui ont conduit à l’élaboration même de cette situation ? C’est comme vouloir se protéger d’une contamination alors que vous avez développé vous-même le virus. Empiler des pierres dans un équilibre improbable, c’est s’offrir un exutoire à la volonté des résolutions impossibles. Alors, je viens ici, je choisis des pierres, je les observe, je les ressens, je les aime et je les remercie de la plénitude qu’elles m’offrent. Et c’est lorsque je n’attends plus rien, lorsque je suis totalement impliqué dans l’équilibre que l’animal sauvage de mes pensées insoumises vient se blottir contre moi.

-C’est comme une méditation en quelque sorte ?

-Oui, et j’aime infiniment méditer dans la nature. Méditer dans une pièce fermée, dans un lieu humain, c’est comme s’il était nécessaire de se protéger dans nos cadres habituels pour se retrouver. Mais qui apparaîtra ? Qui va se révéler ? Est-ce qu’il ne s’agira pas uniquement d’un état égotique, du miroir déformant d’une réalité humanisée, dénaturée et par conséquent tronquée ? Nos identifications prennent forme principalement dans des lieux quotidiens. Si je médite chez moi, qui médite ? Le propriétaire de la demeure, celui qui vient de refaire la tapisserie, celui qui doit payer les impôts locaux, celui qui s’est déguisé avec des habits destinés à méditer, comme si la tenue avait une quelconque importance. J’exagère, bien entendu mais je pense vraiment que la méditation implique une disparition des repères égotiques, sociaux, familiaux et familiers, toutes les identifications et les conditionnements. C’est aussi le sens de la nudité. Pas de mise en valeur marchande ou de niveau social mais juste l’individu. Maintenant, je conçois tout à fait que méditer chez soi est bien plus simple que de le faire dehors. Les conditions climatiques et le silence ne sont pas toujours au rendez-vous. »

Il s’arrêta et balaya les lieux du regard.

«  La paix existe déjà ici et il convient juste d’apprendre à en saisir les parfums. Je ne crée pas cette paix. Elle est déjà disponible. Pleinement offerte. Je m’y plonge dès lors que j’ai déposé les armes de ma volonté et de toute intention. Alors, j’empile des galets en équilibre et quand ils tombent, je recommence ou je m’assois, nu, sur une roche et je tente de ressentir le calme des pierres. »

 

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Coronavirus et oppression

Par Le 08/07/2020

Il est clair qu'il faut se poser la question des conséquences de ce virus sur les libertés fondamentales. Avant qu'on ne m'accuse de "complotisme", je précise que je ne considère pas (pour l'instant), que ce virus a été volontairement disséminé mais qu'en tout cas, les états se sont servis et continuent à le faire de ses effets sur la population pour instaurer des mesures qui ne seraient pas passées en dehors de ce contexte.
L'exemple du Patriot act aux USA ne doit pas être oublié...

 

"Voici les principales informations sur le Patriot Act, voté par le Congrès américain suite aux attentats du 11 septembre.

Histoire du texte.
Le USA Patriot Act a été voté par le Congrès américain le 26 octobre 2001 afin de renforcer les pouvoirs des agences gouvernementales dans la lutte contre le terrorisme (
lire le texte complet en anglais).
De son nom complet "Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act" (Loi pour unir et renforcer l'Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme),
elle est d'abord considérée comme une loi d'exception dont les dispositions devaient initialement durer quatre ans. En juillet 2005, le Congrès a rendu permanentes 14 des 16 dispositions du texte. Après une longue bataille parlementaire au cours de l'hiver 2005-2006, la plupart des moyens accordés aux forces de l'ordre ont été pérennisés.
Le texte soulève depuis son adoption de vives critiques de la part des associations de défense des Droits de l'Homme et de juristes, qui dénoncent des atteintes aux libertés."

 

VICE TV

https://www.vice.com/fr_be/article/bvge5q/selon-snowden-le-coronavirus-sert-a-construire-une-architecture-de-loppression

Si l'avenir est imprévisible, les pandémies mondiales ne le sont pas. Il n'y a pas un seul gouvernement sur la planète qui n'ait pas été averti, à plusieurs reprises, qu’une pandémie virale allait balayer le globe à un moment donné, causant de nombreux décès et perturbations économiques. Et pourtant, la plupart d'entre eux n'étaient pas préparés au nouveau coronavirus.

Dans « En confinement avec Shane Smith », la nouvelle série de VICE TV, le cofondateur de VICE va questionner des personnalités et expert·es du monde entier pour comprendre l'origine de la pandémie de Covid-19 et anticiper l'avenir. Dans ce premier épisode, il s'entretient en visio avec Edward Snowden, le célèbre lanceur d'alerte qui a dévoilé le programme de surveillance de masse de la population américaine par le gouvernement américain en 2012. Les deux hommes abordent des sujets comme le manque de préparation face à une pandémie mondiale, la durée pendant laquelle celle-ci constituera une menace pour l'humanité et la question de savoir si le pouvoir que nous remettons aux dirigeant·es peut se retourner contre nous.

Shane Smith : Pourquoi étions-nous si mal préparés ?
Edward Snowden : Il n'y a rien de plus prévisible qu'une pandémie dans un monde où nous vivons les un·es sur les autres dans des villes surpeuplées et polluées. Et chaque universitaire, chaque chercheur·se qui s'est penché·e sur la question savait que cela allait arriver.

Les régimes autocratiques gèrent-ils mieux les choses que les régimes démocratiques ?
Je ne pense pas. Je veux dire, on fait valoir que la Chine peut faire des choses que les États-Unis ne peuvent pas faire. Cela ne veut pas dire que ce que font ces pays autocratiques est plus efficace.

Prenons le cas de la Chine, où les cas semblent s'être stabilisés : dans quelle mesure pouvons-nous croire à la véracité de ces chiffres ?
On ne peut pas y croire. Le gouvernement chinois a travaillé récemment à l'expulsion des journalistes étranger·es, précisément au moment où nous avons besoin de rapports indépendants crédibles sur la région.

Il semble que le coronavirus soit le plus grand problème de l'ère moderne en ce qui concerne les libertés civiles et le droit à la vie privée. Mais personne n'en parle.
À mesure que l'autoritarisme se répand, que les lois d'urgence prolifèrent, que nous sacrifions nos droits, nous sacrifions aussi notre capacité à empêcher le glissement vers un monde moins libéral et moins libre. Croyez-vous vraiment que lorsque la première vague, la deuxième vague, la seizième vague du coronavirus seront oubliées, il y aura marche arrière ? Que ces ensembles de données ne seront pas conservés ? Ce qui est en train de se construire, c'est une architecture de l'oppression."

Contraception féminine

Par Le 08/07/2020

En complément de l'article précédent.

Je ne vais évidemment pas remettre en question l'usage de la pilule contraceptive. D'ailleurs, j'estime que ce n'est pas à un homme de le faire. 

Mais qu'on ne vienne pas dire que c'est "inoffensif".

Se pose dès lors la question de la continuité de ce traitement lorsque ses conséquences sont trop lourdes et que le couple a assouvi ses désirs d'enfants.

Il existe aussi des interventions chirurgicales pour les femmes. Mais faut-il donc tujours que ça soit les femmes qui prennent cela en charge ?

Personnellement, la vasectomie représentait à mes yeux le partage du "problème". Je pouvais enfin faire ma part. 

Ce qui est certain, c'est qu'au royaume de la médecine, l'argent est roi mais sûrement pas reine. 

 

https://www.vice.com/fr_be/article/qjdndw/cette-photographe-belge-brise-le-tabou-arreter-pilule-contraceptive?

TOUTES LES PHOTOS SONT DE VALENTINE JAMIS.

Identité

Cette photographe bruxelloise brise le tabou de la pilule contraceptive

« Une potion magique d’hormones compressées, dont on ne se méfie pas. Un poison bien vendu, déguisé en miracle. »

RV

By Rédaction VICE

11 March 2020, 1:51pm

La pilule, prescrite par les gynécologues est, pour beaucoup, le moyen de contraception numéro un. En prenant la pilule, la photographe Valentine Jamis a dû faire face à de nombreux effets secondaires tels que des crises de panique ou de l'anxiété : « On oublie que beaucoup de gens se sentent mal à cause de cette pilule. Beaucoup ne se sentent pas prises au sérieux par leurs médecins ou leurs parents et ne se sentent pas légitimes pour en parler. »

Valentine a rencontré des personnes qui prennent ou ont pris la pilule et qui ont vécu le même genre d'expériences qu'elle. Elle a retranscrit leurs récits et les a prises en photo : « J'ai remarqué un énorme soulagement chez les personnes qui ont témoigné et on réalise maintenant que ce n'est pas si rare, que c'est un vrai problème et qu'on doit en parler. »

Alexane (23 ans)

« J’ai dix ans lorsque je rencontre mes premiers saignements. Pas d’chance, il est peut-être un peu trop tôt, mes règles sont si longues qu’elles m’affaiblissent, je manque de fer, je manque l’école. Un mois à la maison, je reste allongée tout le temps.

Un soir, mes parents me retrouvent recroquevillée par terre dans le couloir, je n’en peux plus, je perds du sang, je me vide à chaque mouvement. Mon médecin traitant me prescrit la pilule non pas comme méthode contraceptive juge t-il, mais pour mettre fin à ce dérèglement en éduquant mon corps à saigner seulement une fois par mois, sept jours exactement.

« Ce médecin n’a pas jugé nécessaire que je passe par l’étape d’une prise de sang pour choisir à la suite de ces analyses une pilule qui me "conviendrait". »

Faute professionnelle me semble t-il, ce médecin n’a pas jugé nécessaire que je passe par l’étape d’une prise de sang pour choisir à la suite de ces analyses une pilule qui me "conviendrait". J’ai alors souffert chaque matin de nausées si critiques que je ne me nourrissais pas et que je finissais par vomir de la bile. J’ai attendu, pensant que mon corps avait son droit d’attente, le temps qu’il s’habitue à cette pilule. Mais cette harmonie entre mon corps et la pilule ne s’est jamais installée. Cette rencontre ne fut pas efficace, au contraire. Je l’ai détesté, je l’ai regretté. Alors j’ai arrêté ce traitement et j’ai préféré laisser mon corps se stabiliser tout seul. Il a réussi, j’ai beau eu avoir des règles très abondantes, elles n’étaient au moins pas douloureuses. C’était déjà ça.

Mais je suis tombée enceinte. J’ai avorté. J’ai accepté de reprendre la pilule avec beaucoup d’appréhension mais suite à des analyses, cette fois, on m’a prescrit une pilule que mon corps supporte plutôt bien, enfin je crois. C’est une pilule en continue ce qui veut dire qu’elle peut arrêter, chez certaines, la venue des règles. Bingo, je fais partie d’une d’entre elles, je n’ai désormais plus mes règles depuis cinq ans maintenant. À vrai dire j’étais plutôt soulagée, aujourd’hui, je me pose des questions. Je suis affectée par l’idée que j’impose à mon corps un refus de son cycle naturel et en même temps je suis rassurée de ne plus voir ce sang couler. Je pense l’assimiler à mon avortement. »

Lara (23 ans)

« J’ai commencé à prendre la pilule contraceptive pour la première fois quand j’avais 17 ans, pour réguler mon cycle menstruel et une deuxième fois à 19 ans. On m’a d’abord prescrit Minesse, une pilule dite “légère”. En deux, trois jours des effets secondaires ont commencé (plaques de boutons douloureux sur la peau, sensations de ballonnements, etc.). J’ai pensé que mon corps s’adapterait aux hormones mais ces effets ont continué, ainsi que d’autres comme une prise de poids non-négligeable, des douleurs aux seins (qui ont pris trois tailles) et surtout, un état dépressif et des sautes d’humeur vraiment intenses. Mon corps entier était gonflé et désagréablement sensible et je ne le reconnaissais pas (au niveau des sensations que ça provoquait, autant que visuellement). J’étais déprimée et irritable “sans raison” pendant des mois. Après assez de temps pour me rendre compte que cette pilule ne me convenait pas, j’ai arrêté.

« La pilule est trop facilement recommandée et ses effets secondaires ne sont pas toujours pris au sérieux. »

Deux ans plus tard, faute d’alternative et malgré avoir dit à mon gynécologue que je ne voulais pas de pilule hormonale, j’ai commencé à prendre "Deso 20" et presque immédiatement, des effets secondaires semblables se sont pointés.

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Après quelques semaines (même s’il faut souvent plus de temps d’adaptation) j’ai cessé la prise, parce que l’impact sur mon mental et mon corps entier était juste terrible. Aujourd’hui, je ne prends pas d’hormones du tout. C’est clairement pas une option pour moi, mon corps me le fait bien ressentir. La pilule est trop facilement recommandée et ses effets secondaires ne sont pas toujours pris au sérieux. »

Apolline (33 ans)

« C’est mon compagnon du moment qui a pensé au fait que mes variations d’humeurs pourraient être dues à la pilule. Il trouvait que mes variations n'étaient pas assez suscitées par des fait concrets et que le mystère a ses limites, il a fait des recherches de son côté. Au début, j’étais dubitative mais ses réflexions m’ont alertée. Je prenais la pilule depuis mes 15 ans et j’avais déjà envie depuis un moment de voir comment mon corps évoluerait sans.

« Je prenais la pilule depuis mes 15 ans et j’avais déjà envie depuis un moment de voir comment mon corps évoluerait sans. »

J’ai arrêté et, effectivement, mes sautes d’humeur venant de n’importe où, des sauts de mélancolie irritable, se sont atténués voir arrêtés. Je me suis vite habituée au changement et finalement mon souvenir est flou. Ce que je sais, c’est que depuis l’arrêt de la pilule, c’est plus simple de ressentir d’où viennent mes mouvements d’humeur. Avant, j’avais l’impression d’être soumise à une météo interne capricieuse, qui m’effrayait sur ma capacité à apprivoiser mes émotions et mes peurs. Aujourd’hui, mes ciels nuageux sont les miens, j’en comprends d’avantage les provenances en apprécie même les lumières et leurs mystères. »

Pauline (23 ans)

« Elle était là, cachée dans l’ombre. Une potion magique d’hormones compressées, dont on ne se méfie pas. Un poison bien vendu, déguisé en miracle. Distribué gratuitement. Je l’ai prise pendant 8 ans. Ce petit médicament. Quotidiennement. Il a créé chez moi bien des maux. Je ne me reconnaissais plus. L’impression d’être plongée dans un monde où je fonctionnais mais ne vivais pas. Elle a eu le temps de bousiller l’horloge de mon corps et une partie de mon esprit. Du gaz dans la tête. Heureusement, je m’en suis rendu compte ! Il fallait que cela cesse. Je l’ai arrêtée il y a un an maintenant. Les effets post-pilule se traduisent surtout chez moi, par une grande instabilité émotionnelle. Les hormones cherchent encore à retrouver leur équilibre, c’est un vrai choc mental.

« Si je pouvais revenir en arrière, je ne l’aurais jamais prise, cette fameuse pilule. »

Mon cycle n’est pas du tout régulier (à l’heure où j’écris, cela fait plus de deux mois que je n’ai plus eu mes règles… Bonjour les tests de grossesse, les tensions physiques et psychiques). L’acné est la partie la plus visible de l’instabilité hormonale que ce médicament a créé, avec la prise de poids.

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LINDA YANG

Tout le reste se passe à l’intérieur, avec parfois l’envie d’exploser. Depuis un an, je me reconstruis. Avec des hauts, des bas, des pics. Et surtout avec une certaine rage dans le ventre. Si je pouvais revenir en arrière je ne l’aurais jamais prise, cette fameuse pilule. »

Amandine (23 ans)

« J’ai pris la pilule de mes 13 à mes 21 ans. On me l’a conseillée si jeune, et sexuellement non active, pour traiter une légère acné, et réguler mon cycle hormonal et menstruel. Vers 19 ans, je commence à m’informer plus profondément, je réalise que cela à potentiellement une influence sur mes états d’âmes, ainsi que l’inconfort ressenti dans mon corps. J’ai 21 ans, après quelques mois d’arrêt, je suis déréglée ; perte de poids soudaine, production élevée de testostérones et trop faible d’oestrogènes, kystes bénins aux ovaires.

« Je suis révoltée que la pilule soit prescrite de manière anodine à des jeunes filles, mal informées, qui n’ont pas d’activité sexuelle ; que cela soit autant banalisé. »

Petit à petit, de l’acné kystique de type moyenne s’installe sur mon visage, mon dos, mes cuisses. Souffrance physique et mentale, crises d’angoisses, je me renferme sur moi même. J’ai l’impression de ne pas avoir laissé à mon corps l’opportunité de se développer à son rythme, et je subis les conséquences de ce que je considère un empoisonnement. Je suis révoltée que la pilule soit prescrite de manière anodine à des jeunes filles, mal informées, qui n’ont pas d’activité sexuelle ; que cela soit autant banalisé. J’ai bientôt 24 ans, mon corps se stabilise, je découvre son fonctionnement au naturel, je me sens beaucoup mieux dans ma peau, je suis fière de ma décision et d’avoir traversé cette tempête hormonale. »

Loula (23 ans)

« J’ai commencé à prendre la pilule vers mes 16 ans, en 2013 pour des questions de règles assez abondantes. Ce qui me posait, déjà, problème était le fait que la contraception de mon couple reposait uniquement sur ma prise assidue du dit comprimé. Si j’avais le malheur d’oublier, c’était ma faute et uniquement la mienne. La contraception, c’était MA responsabilité. Un oubli ? Un partenaire qui râle. Ton utérus ? Ton problème ! La pilule c’était cool parce que ça a aussi éliminé une partie de mon acné.

« J’arrête donc la pilule, je veux laisser à mon corps le temps de retrouver sa place. Oh, joie. Je découvre que j’ai une libido. Surprise. Je sens que le système bosse et se remet en route. »

La pilule, c’était aussi peu de libido. J’ai arrêté de la prendre en juin 2017. J’ai donc pris ce comprimé rosé pendant quasiment 4 ans, pendant lesquels des hormones passaient à travers tout mon corps et ce, tous les jours, trois semaines par mois. Ça n’a rien d’anodin et c’est carrément anti-physiologique. Cette décision d’arrêt, je l’ai prise après avoir lu de nombreux témoignages sur les effets secondaires de la pilule, témoignages dans lesquels je me reconnaissais. Humeur très variable et ultra susceptibilité. En y réfléchissant, il me semble que je n’étais pas comme ça avant. Je n’avais plus l’impression d’être moi-même. Disons que là, les points négatifs commencent carrément à s’accumuler.

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Les contraceptifs hormonaux ne sont pas liés à la dépression, dit la science

JUSTINE DE L'ÉGLISE

La pilule, c’était oublier mon système biologique. En décembre 2014, on me détecte un kyste ovarien de 1,3L, soit presque deux ans après le début du périple pilulaire. Ce qui, à priori, laisse bien le temps à cet ovni de s’installer et de grandir petit à petit. Je n’ai pas fait le lien kyste ovarien - pilule mais plus j’en parle plus cela semble lié. Je prenais une pilule faiblement dosée. Décidément, c’était une vraie casserole. En juin 2017, j’arrête donc la pilule, c’est tout. Je veux laisser à mon corps le temps de retrouver sa place. Je retrouve la joie de l’acné avec inflammation sur la figure et sur le dos. Oh, joie. Je découvre que j’ai une libido. Surprise. Je sens que le système bosse et se remet en route. Je découvre des sensations oubliées. Pilule, game over. »


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Le harcèlement sexuel dans le monde de la nuit


Lise (21 ans)

« Il y a deux ans, j’ai voulu commencer à prendre la pilule. J’ai donc pris rendez-vous avec une gynécologue. Elle m’a fait un examen et m’a juste posé quelques questions sur ma santé. Au moment de me prescrire une pilule, le gynécologue se retrouve devant une liste d’une trentaine de noms. Elle a cherché la pilule qui me reviendrait le moins cher. Sur le coup, j’ai pas réfléchi et pensais que toutes les pilules étaient pareilles sauf le prix qui changeait donc je me suis pas inquiétée.

« Je me rends compte seulement maintenant, après deux ans, que tout ça ne doit pas être "normal". »

Mais en y repensant, ça ressemblait plus à du hasard ! J’ai eu pleins d’effets secondaires avec cette pilule, sauf qu’au départ on vous dit que « c’est normal, le corps s’adapte » et vous passez au dessus de tout ça. J’ai pris dix kilos en plus, j’ai attrapé des vergetures, j’ai toujours envie de grignoter quelque chose, mon humeur peut passer de « heureuse » à « triste » en quelques minutes. Je me rends compte seulement maintenant, après deux ans, que tout ça ne doit pas être "normal". J’ai comme projet d’arrêter complètement la pilule. »

Anna (22 ans)

« J’ai commencé la pilule à 15 ans,
J’avais mes règles deux fois par mois,
Je m’évanouissais de douleur.
Mais la douleur c’est normal,
On a toutes nos règles,
On a toutes mal.
"Tu as un faible seuil de douleur.
Tu joues un peu avec ça,
Ça dépend des caractères"
Les règles ne sont pas invalidantes,
Et pleins de conditions médicales qui,
Sont communes à "beaucoup de femmes de votre âge",
Les deux premiers mois,
Mon corps n’a rien compris.
Puis l’acceptation que les troubles hormonaux,
Géraient une grosse partie de ma vie.
Le contrôle des hormones par la pilule,
M’ont permis d’oublier la douleur,
D’avoir des règles normales,
Le prix à payer depuis sept ans est une lente,
Et inexorable perte de toutes envies sexuelles.
Mon corps s’endort. Il est stable,
Mais il est éteint. »

Elise (27 ans)

« Entre mes 18 et 20 ans, j’ai pris la pilule. J’avais un copain, pour moi c’était la marche à suivre.
Résultat : une baisse de libido tellement forte que l’intimité avec mon petit ami était devenu un véritable enfer. J’en garde un terrible souvenir ainsi que des traumatismes. Crises d’angoisse, état dépressif, ont fait partie du lot.

« J'ai une endométriose, maladie qui n’a pas de traitement à part la pilule. Je refuse de la prendre. Je préfère souffrir. »

Tous ces effets se sont dissipés à l’arrêt de la pilule, mais aucun des docteurs que j’ai vu n’a pris au sérieux mon problème. Aujourd’hui, j’ai une endométriose, maladie qui n’a pas de traitement à part la pilule. Je refuse de la prendre. Je préfère souffrir que de recommencer à m’infliger ce cauchemar. »

Louka (20 ans)

« Octobre 2017, j’ai rendez vous chez ma gynécologue, car un homme qui a ses règles c’est pas vraiment facile à vivre. Elle me prescrit une pilule appelée Colprone qui arrête les règles. Je dois prendre deux comprimés par jour. Pendant les deux premiers mois, je n’ai pas eu mes règles, j’étais content puis ensuite il m’est arrivé d’avoir quelque petits saignements, elle m’a dit que ça pouvait arriver, même si c’était rare, mais que c’était sûrement le temps que ça se mette en place. Un mois après, j’avais toujours quelques saignements lors de ma 'période de règles'. J’ai laissé le temps agir, pensant que ça allait se mettre en place.

« Il m’était par la suite impossible d’éternuer ou de tousser, de rigoler trop fort car les douleurs devenaient trop fortes. »

Puis j’ai commencé à avoir de forte douleur au niveau des ovaires, puis il m’était par la suite impossible d’éternuer ou de tousser, de rigoler trop fort car les douleurs devenaient trop fortes. Je suis allé chez le médecin après deux/trois jours où j’avais vraiment mal, j’ai fait une échographie et il a été révélé que j’avais un kyste ovarien, j’ai pris des médicaments et c’est parti.

Sexe

Désolé, les gars : une capote n’empêche pas d’avoir un orgasme

NANA BAAH

Ensuite, j’ai eu un autre problème dû à cette pilule du mois de novembre 2017 à début janvier 2018, j’ai eu des saignements tous les jours, ça ne s’arrêtait jamais. Trois mois de règles permanentes... puis j’ai décidé d’arrêter la pilule et la gynécologue n’a pas su m’expliquer pourquoi ça ne fonctionnait pas sur moi. Début février, j’ai commencé mon traitement hormonal qui a lui même arrêté mes règles. »

Marie (25 ans)

« L’année dernière, j’ai décidé d’arrêter la pilule juste par curiosité. J’avais entendu parler de changements radicaux au niveau du corps et de l’humeur, puis à ce moment-là, je n’avais pas de partenaire régulier, et l’idée aussi de les « tester » pour voir s’ils amenaient d’eux-mêmes un préservatif ne me déplaisait pas. Quasi immédiatement et d’une manière que j’ai du mal à expliquer, je me suis sentie plus légère, surtout mentalement. Mon corps aussi s’est modifié, moins gonflé, et surtout j’ai senti que j’avais moins d’épisodes de mélancolie et de déprime. Sexuellement, aussi j’ai redécouvert le plaisir : c’est comme si mes orgasmes avaient été enfermés six ans dans un placard au fond de l’appartement. J’ai eu l’impression de reprendre possession de mon corps, vraiment.

« Sexuellement, c’est comme si mes orgasmes avaient été enfermés six ans dans un placard. J’ai eu l’impression de reprendre possession de mon corps, vraiment. »

J’ai aussi découvert plus tard que la pilule m’aurait causée deux nodules – pour l’instant bénins - sur le foie (que je devrais faire observer régulièrement), et aussi qu’elle avait fait exploser mon taux de cholestérol et de triglycérides, si bien que mon médecin m’a mise en garde contre un éventuel arrêt cardiaque. J’ai dû suivre un régime drastique après ces examens sanguins inquiétants : supprimer alcool, tabac, gras, sucre. Ça a été très dur, je l’ai vraiment vécu comme une punition, j’ai tenu deux mois puis j’ai juste repris un mode de vie normal, comme avant, sans excès mais sans vivre comme une nonne non plus. À l’arrêt de la pilule plusieurs mois après, tout était revenu à la normale.

Il n’y a pas longtemps j’ai rencontré quelqu’un et la question de la contraception s’est de nouveau posée. Je me suis rendue dans un centre spécialisé en contraception pour parler de mon expérience et avoir leur avis, ils m’ont juste dit de reprendre la pilule ou bien de mettre un stérilet mais que "ça allait me faire super mal à la pose". Pour ne pas laisser traîner les choses, j’ai donc repris la pilule. Je regrette déjà et je compte passer au stérilet sans hormones au plus vite, même si j’ai toujours l’impression de devoir choisir entre la peste et le choléra. »

Laura (22 ans)

« Début 2016, à l’âge de 17 ans, j’ai décidé, sous les conseils de ma gynécologue, de commencer à prendre la pilule Deso 20. J’avais, auparavant, déjà testé le patch contraceptif. Celui-ci me convenait assez bien mais je rencontrais divers inconvénients au niveau pratique et esthétique qui m’ont convaincue de changer. J’ai donc commencé Deso 20 à la fin du mois de janvier 2016, et curieusement cette année fût surement une des plus difficiles pour moi autant sur le plan mental que physique.

« J’espère qu’un jour la science pourra enfin étudier de plus près ce sujet afin de proposer des solutions moins contraignantes et moins dangereuses pour la santé. »

En effet, j’ai toujours été de nature plutôt anxieuse mais cette année-là, tout s’est décuplé. Mes petits tracas se sont transformés en crises d’angoisses et mes petites peurs en réelles phobies. De plus, aux environs du mois d’avril, après trois mois sous pilule, j’avais déjà perdu 6kg, je pesais donc seulement 46 kg pour presque 1m70. J’ai également commencé des phobies alimentaires, j’étais donc souvent fatiguée et je n’avais plus assez de force pour suivre le rythme durant mes cours de danse. Ce cercle vicieux a duré presqu’un an. Début 2017, j’ai décidé de ne plus me laisser aller et j’ai tout doucement repris du poids pour retrouver une vie et une corpulence plus saine.

Aujourd’hui, je suis toujours sous Deso 20 mais je vais mieux, je fais maintenant 55 kg et je me sens bien dans mon corps. Mes angoisses sont toujours bien présentes mais je ne les laisse plus prendre le dessus. À l’inverse, ma libido, elle, est toujours inexistante bien évidemment… J’ai beaucoup hésité à arrêter la pilule mais ma gynécologue n’a malheureusement pas été très réceptive à ce sujet et m’a plutôt encouragée à continuer un moyen de contraception hormonale. À l’heure actuelle, je continue de m’informer sur les effets secondaires des hormones ainsi que sur les avancées scientifiques concernant la pilule pour hommes. J’espère qu’un jour la science pourra enfin étudier de plus près ce sujet afin de proposer aux femmes et aux hommes des solutions moins contraignantes et moins dangereuses pour leur santé. »

Marie (20 ans)

« J’ai commencé à prendre la pilule quand j’avais environ 15 ans pour réguler mes règles et aussi pour soulager mes douleurs. Vers mes 16 ans, j’ai commencé à avoir une vie sexuelle régulière. Cependant, ma première pilule me donnait des douleurs atroces au moment des règles et m’avait fait prendre presque cinq kilos. J’ai donc au bout d’un an et demi, décidé de changer de pilule. J’ai reperdu presque tout de suite mes cinq kilos, et les douleurs lors des règles se sont apaisées. J’ai dû encore changer de pilule parce que l’autre n’était plus commercialisée.

« Ma première pilule me donnait des douleurs atroces au moment des règles et m’avait fait prendre presque cinq kilos. »

Au niveau des règles, ça allait, je n’en avais pas beaucoup et je n’avais pas extrêmement mal. Cependant j’avais très souvent des douleurs lors des rapports, et j’avais beaucoup de problèmes de sécheresses et d’irritations, cela presque quotidiennement. J’ai donc décidé d’arrêter la prise de pilule, pour ces raisons, et aussi parce que je n’avais plus de relations sexuelles régulières.

Identité

J’ai demandé à des femmes de me décrire leur safe space personnel

MÉLODIE NELSON

Aujourd’hui, j’ai un poids stable, plus aucune sécheresse ni irritation, ni de douleur lors des rapports. Par contre j’ai un peu d’acné, des règles pas très régulières, douloureuses et assez abondantes, ainsi qu’une pilosité plus conséquente. Je pense que ces petits soucis vont se régler d’ici quelque mois. »

Vasectomie

Par Le 07/07/2020

J'avais 37 ans. J'en ai 57 aujourd'hui. 

Avec Nathalie, on avait eu les trois enfants dont on rêvait. 

Il était clair pour nous qu'il n'y en aurait pas d'autre.

Nathalie supportait de moins en moins la pilule. Effets secondaires pénibles. 

Effet psychologique pénible pour moi. J'en avais assez de cette obligation faire à la femme que j'aimais de gérer cette situation.

On savait que si un de nos enfants venait à mourir, on ne le "remplacerait" pas par un autre. 

Je savais aussi que si on venait à se séparer et que je rencontre une autre femme, je n'aurais pas d'autre enfant.

Chaque situation avait été analysée, clairement partagée. Je n'avais aucune pression de la part de Nathalie. 

La solution était évidente : la vasectomie. 

Rendez-vous chez la gynécologue : avis négatif. 

'C'est contraire à l'éthique parce que c'est irréversible" (argument faux).

Rendez-vous chez mon médecin généraliste : avis positif. (il sait combien je suis rationnel quand c'est nécessaire. Il sait aussi combien je suis déterminé.)

Recherche d'un chirurgien en hôpital, en clinique. Grosse galère. Refus systématique. 

"C'est un geste qui porte atteinte à l'intégrité de l'homme". 

Mais une femme peut supporter les effets secondaires sans que ça soit pris en compte...Et sans qu'on sache quelles seront les conséquences au bout de plusieurs décenies de contraception chimique. Médecine machiste. 

Ces réponses ne venaient aucunement atténuer ma décision. 

C'est mon corps. Et c'est mon amour pour la femme de ma vie. Rien d'autre ne compte.

J'ai fini par trouver un urologue. Il m'a demandé de signer un formulaire m'interdisant de me retourner contre lui. Aucun problème. Je n'avais aucunement l'intention de le faire. Quoiqu'il arrive. 

Si j'en parle ici, c'est parce que je viens de lire, encore une fois, un article qui parle de cette réticence énorme, en France, au regard de cette opération, alors qu'elle est amplement pratiquée dans d'autres pays. Au Canada, par exemple. 

La suite est racontée ici :

http://www.slate.fr/story/155027/vasectomie-comment-fait-couper-couilles

J'ai testé pour vous la vasectomie

 

Jean-Marc Proust — 

Une opération efficace, rapide, sans effets secondaires, des patients motivés, mais peu nombreux, des urologues a priori réceptifs et des couples plus heureux. Pourtant, la vasectomie reste ultra confidentielle. Sans vraiment d’explications convaincantes.

 

Temps de lecture: 9 min

Un de mes oncles avait fait une vasectomie dans les années 1980, c’était encore illégal, et j’avais trouvé l’idée excellente. Quelques années et pas mal d’enfants après, ma compagne supportant mal la pilule, orienté par mon médecin traitant, me voici chez un urologue. Il m’informe, mais je le savais déjà, qu’un délai de réflexion de quatre mois est nécessaire. Il ne me pose aucune question ni ne tente de me dissuader. Je lui demande si mes performances sexuelles, largement au-dessus de la moyenne, ne seront pas affectées par son bistouri, il sourit à peine.

Quatre mois plus tard, après avoir rempli quelques papiers, me voici au bloc opératoire, à poil sous une jolie blouse vert clair. J’en sors avec deux pansements. Plus que les cicatrices, c’est l’arrachage de ces pansements qui sera le plus douloureux durant une quinzaine de jours. J’aurais mieux fait de me raser. Bon, allez, soyons honnête: ça fait un peu mal. Mais c’est très supportable, ça ne dure pas et puis bordel on est un homme ou on l’est pas? Tout s’est bien passé, je chante le tube de Julien Clerc:

«La vasectomie est une frontière, entre mer et terre, le désert et la vie…

La vasectoooomiiiiiiie…

La vasectooooomiiiiiiie…»

L’opération reste très rare. Nous avons interrogé une gynécologue, Mathilde Monforte, qui consulte à la clinique Saint-Roch, à Montpellier. Et cinq urologues. À Paris, Benoît Merlet effectue une dizaine de vasectomies par an, «un chiffre stable.» Au CHU de Nîmes, Stéphane Droupy en fait dix par an, mais «20 dans mon service.» Ludovic Ferretti est andrologue au CHU de Bordeaux. «On est deux et on en fait 20 à 30 par an, en ambulatoire.»

À Paris, Cyrille Guillot-Tantay a récemment rejoint le CHU de La Pitié Salpétrière, où l'on compte 10 à 20 opérations par an. Enfin, Vincent Hupertan exerce en libéral. Il pratique la méthode dite sans bistouri. Il fait 5 à 10 vasectomies par mois et «en espère 15». Militant pour la vasectomie, notamment par internet, il est plus «visible» et reçoit ainsi davantage de patients. Dans tous les cas, on reste loin d’une opération courante, alors que la vasectomie, comme c’est rappelé ici, est efficace, facile, sans danger…

Des patients bien informés et décidés

Qui sont-ils? Ceux qui viennent chez Benoît Merlet sont dans la «tranche d’âge de 45 à 55 ans». Un peu plus jeunes pour Stéphane Droupy: «Entre 38 et 45 ans. Ce sont très rarement des jeunes et, en général, ils ne pas trop vieux non plus, car sinon leur épouse a déjà eu sa ménopause.» Il reçoit «parfois des hommes qui ont refait leur vie et ne veulent plus d’enfants». Certes, «tous ont eu des enfants, mais les patients qui viennent sont de plus en plus jeunes, observe Ludovic Ferretti. L’information circule mieux avec internet sans doute».

De fait, ces volontaires sont «en général bien informés et posent peu de questions, poursuit Ludovic Ferretti. Certains semblent presque vouloir me convaincre, comme si j’allais montrer une réticence que je n’ai pas!» Il s’agit «souvent d'une démarche personnelle motivée par le fait que leur femme supporte mal la pilule, observe Benoît Merlet. Ils sont rarement orientés par leur médecin traitant.»

À LIRE AUSSI Pourquoi la vasectomie a-t-elle mauvaise presse?

Mathilde Monforte en fait parfois la promotion en tant que gynocologue: «Lorsqu'une patiente supporte mal la pilule et envisage une ligature des trompes, je l'informe que la contraception définitive concerne aussi les hommes et lui remet la fiche de l'Association française d'urologie concernant la vasectomie. Dans un cas sur quinze, l'homme accepte et je ne la revois pas. Dans les quatorze autres cas, soit elle lui en a parlé et il a refusé soit, à mon avis, elle n'a même pas osé lui en parler.»

Stéphane Droupy voit, lui, passer certains hommes orientés par le ou la gynécologue de leur femme. «Ils ont réfléchi, sont décidés et regrettent parfois qu’il y ait un délai de quatre mois. Ce sont le plus souvent des hommes qui sont un peu plus éduqués que la moyenne.»

Et après, quelle qualité d'éjaculat?

Les rares questions portent sur les chances de succès, la douleur, la «qualité de l’éjaculat», le devenir des spermatozoïdes (spoiler: ils sont bouffés par les globules blancs), la virilité. «Ça n’a pas d’incidence», rassure Benoît Merlet. Parfois aussi vient la question de la vasovasostomie, un retour en arrière qui n’est pas toujours garanti.

«Ça arrive. J’ai eu un un cas extrême: après une vasectomie en juillet, il a rencontré quelqu’un, a divorcé, puis demandé une réversion en octobre. Mais, après un délai de réflexion il n'a pas donné suite. La majorité des demandes de réversion interviennent une dizaine d'années après la vasectomie», s’étonne Stéphane Droupy.

En général, les hommes viennent seuls, «très rarement à deux», observe Benoît Merlet. Mais les couples sont plus nombreux chez Vincent Hupertan: «Environ 20%. Et, dans tous les cas, je propose qu’ils viennent à deux à la deuxième consultation car c’est un acte très fort envers la partenaire.» La moitié d’entre eux ne reviennent pas, estime Ludovic Ferretti. Un pourcentage confirmé par Benoît Merlet, soit «après la première visite soit parce qu’ils ne programment pas l’intervention».

 

Déjà peu nombreux, certains patients pourraient en outre être dissuadés par le corps médical. Des médecins peuvent se dire «qu’ils n’ont pas le droit de léser un organe sain», souligne Stéphane Droupy. Cyrille Guillot-Tantay observe que cette question «se pose aussi pour les prélèvements d'organes, une opération beaucoup plus risquée».

De son côté, Vincent Hupertan reçoit pourtant des hommes qui «ont galéré. Il y a peu de médecins libéraux qui pratiquent l’opération. Certains ont vu deux ou trois urologues avant de me trouver par internet. Ils sont venus du Nord, d’Alsace… Tous mes disent que leur généraliste leur a déconseillé l’opération. Ils ne savent pas à qui s’adresser. Si en plus ils sont timides, ils n’osent pas en parler autour d’eux…»

«C'est contraire à l'éthique»

De nombreux refus? Benoît Merlet tempère ces propos: «Ça ne m’est jamais arrivé. Je ne crois pas qu’il y ait des oppositions.» En revanche, «s’ils sont jeunes et n’ont pas d’enfants, on pourrait être assez réticent. Ou, plutôt, je conseillerais vivement d’aller dans un centre Cecos pour conserver le sperme.»

«Beaucoup d’urologues sont des hommes. Aiment-ils s’attaquer aux testicules?, reprend Vincent Hupertan. En fait, il s’agit de s’attaquer à un corps qui fonctionne bien pour le rendre stérile, créer un dysfonctionnement. C’est contraire à l’éthique. Durant mon internat, je n’ai jamais vu de vasectomie. Je l’ai apprise à l’étranger. Le bien-être sexuel ne fait pas partie du langage médical. Le cancer, le sida, l’AVC, oui… Mais la sexualité, ce n’est pas très noble. Et puis, les hôpitaux qui font une vasectomie perdent de l’argent. L’acte est rémunéré à 65 euros alors qu’il mobilise du matériel, un bloc opératoire… Si les médecins ont en tête le bien-être du patient, il est probable que les cliniques ne poussent pas les urologues à en faire», conclut-il.

Là encore, des propos relativisés par Benoît Merlet: «65 euros? Ce n’est pas un frein et on demande un complément d’honoraires

(À titre personnel, j’y avais vu un élément visant à tester ma motivation)

Et Cyrille Guillot-Tantay souligne que la posthectomie (circoncision) est rémunérée à un prix équivalent (75,15 euros): «C'est une opération courante; on en fait une par jour!»

 

«On n'en parle pas au repas du dimanche»

En matière de vasectomie, «il y a les Anglo-Saxons et le reste du monde, observe Stéphane Droupy. En France, personne n’y pense et on n’en parle pas au repas du dimanche!» Il est vrai qu’aux États-Unis ou au Canada, c’est une opération très courante. Elle est même gratuite au Québec.

«J’ai passé un an au Canada, se souvient Stéphane Droupy. Un jour, je reçois un homme qui veut une vasectomie. Je l’informe et lui propose un délai de réflexion… Et il est allé dire à son généraliste que je refusais de l’opérer. Lequel a tout de suite compris que j’étais français. Là-bas, l’opération est banalisée et tout est très pragmatique: si le couple ne désire plus d'enfant, la méthode idéale est la vasectomie. Compte tenu des dangers de la pilule, les couples se mettent d’accord pour que l’homme prenne le relais de la contraception. S’y ajoute la pression sociale du nombre.»

Rien de tel en France qui reste un «pays latin», où la vasectomie est parfois taboue, et «peut être perçue comme une atteinte à la virilité, analyse Ludovic Ferretti. C’est un sujet plus culturel qu’autre chose. Mais les mentalités changent. De plus en plus d’amis m’en parlent.» En Italie, s'amuse Mathilde Monforte, «il y a zéro cas de vasectomie par an!»

«Ça changerait la place des hommes et des femmes»

Cyrille Guillot-Tantay y voit un possible lien avec le potentiel d'attractivité: «Après 50 ans, l'homme doit probablement se dire qu'il faut être fertile pour rester séduisant.» Pour Benoît Merlet, le changement se fera «lentement (car) il y a des intérêts financiers en jeu. Le lobby de l’industrie pharmaceutique» n’a pas intérêt à voir se réduire les parts de marché de la pilule contraceptive.

«En regardant les registres, j'ai cru voir passer une vasectomie un jour», me glisse un urologue.

«On va de plus en plus vers une ambiance de partage de la contraception, estime Stéphane Droupy. Il y a eu les questions à propos des pilules de 3e génération qui ont abouti à envisager les méthodes alternatives à la contraception hormonale et à une campagne d'information sur ces autres solutions, dont la vasectomie. Depuis 3 ou 4 ans, le nombre de vasectomies a doublé en France.»

À LIRE AUSSI Mais pourquoi les hommes peuvent-ils congeler leur sperme en cas de vasectomie?

Une campagne? Malgré les risques thromboemboliques de la pilule, Ludovic Ferretti n’y croit guère: «La France n’y est pas prête. Ça semblerait impudique. Mais ça changerait la place des hommes et des femmes dans la société et ce serait bien.» Pour Mathilde Monforte, «la parité dans la contraception progresse. Je reçois en consultation de jeunes couples, de moins de 25 ans, où l'homme pose des questions sur la contraception masculine. Certains assistent à la pose du stérilet...»

 

«Leur sexualité a explosé»

Vincent Hupertan souligne également que «la pilule cause une dizaine de décès par an. Le stérilet est douloureux, peut entraîner des effets secondaires…» La question du «choix contraceptif pourrait être posée ainsi: mutilation ou empoisonnement?», résume un des urologues. Le changement passe par une approche globale, résume Mathilde Monforte:

«Dans les chapitres de l’internat, en 2005, il y avait à peine une phrase pour présenter la vasectomie. Autant dire rien. On peut sensibiliser les femmes, les hommes, le corps médical. Et le changement commencera avec les étudiants.»

Pour conclure, une note optimiste s’impose. La vasectomie serait aussi un ingrédient du–renouvellement du– plaisir sexuel.

«Je suis arrivé à la vasectomie parce que je suis sexologue, détaille Vincent Hupertan. Certains se posent des questions, c’est vrai. La sexualité ne serait plus la même, la quantité de sperme serait moindre… En fait, les couples me contactent 3 à 6 mois après l’opération et leur sexualité a explosé. Il n’y a plus de contraintes. La femme voit que l’homme a pris les devants, qu’il est très attaché à elle… C’est un acte d’amour et c’est symbolique: il n’aura pas d’enfants après elle. Elle ne prend plus la pilule, elle est libre. C’est un nouveau démarrage du couple.»

Expérience utilisateur (suite et fin)

Dans la vasectomie, l’épisode le plus dramatique survient quelques semaines après l’opération. L’urologue m’avait parlé d’un spermogramme mais j’avais pas vraiment capté. Un matin pluvieux de septembre, me voici dans un labo et une infirmière m’explique calmement que je dois lui donner un échantillon de sperme dans ça:

 

À vue de nez, le récipient fait un quart de litre. C’est légèrement plus que ma production ordinaire, mais je ne moufte pas. Me voici dans une salle, tout ce qu’il y a de sobre, pas vraiment l’endroit idéal pour se palucher. Je cherche de l’inspiration. Autour de moi il y a Madame Figaro donc, un évier, une poubelle, et puis ça.

Au mur, un Miró censément érotique: «une étoile caresse le sein d'une négresse». Ça va bien m'aider, merci Joan.

Comme dans les hôtels roses, il y a même un miroir.

Avec un tel environnement, ma motivation est à son comble. Dans la vasectomie, il n'y a donc qu'une seule épreuve: le spermogramme. De longues minutes de solitude s'écoulent.

Quelques jours après, voici les analyses: je n’aurai plus d’enfants.

 

L'urgence de ralentir

Par Le 05/07/2020

 

ARTE

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Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps.

En Europe, aux États-Unis, en Amérique Latine ou encore en Inde, Philippe Borrel est allé à la découverte d'initiatives, individuelles et collectives, qui proposent des alternatives basées sur d’autres paradigmes.

" Course suicidaire et inconsciente", selon Edgar Morin, l'accélération financière et technologique, déconnectée du rythme de l'homme, mène notre système à l'épuisement et vers des catastrophes tout à la fois écologiques, économiques et sociales.

Mais alors que des algorithmes accentuent de manière exponentielle et hors de tout contrôle la spéculation financière, des citoyens à travers le monde refusent  de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l'immédiateté, pour redonner sens au temps.

En Europe, aux États-Unis, en Amérique latine ou encore en Inde, Philippe Borrel (Un monde sans humains ?) est allé à la découverte de ces initiatives, individuelles et collectives, qui proposent des alternatives fondées sur d'autres paradigmes. Reprendre le contrôleAu Rajasthan, le Barefoot College fondé par Bunker Roy recrute des femmes de milieux ruraux pour les former à l'ingénierie solaire ; les villes de Romans-sur-Isère et de Bristol ont mis en place une monnaie locale pour résister à la toute-puissance des banques ; à Ithaca, au nord de New York, des coopératives contribuent à relocaliser l'économie...

À rebours du "train fou" du modèle dominant, ces alternatives citoyennes, qui rejoignent les analyses de philosophes, de sociologues, d'économistes et de scientifiques, pourraient bien être les pionnières du monde de demain. Autant de gestes qui remettent l'homme au coeur du système. L'urgence de ralentir.

 

De toute façon, soit on va vers ce ralentissement volontaire, soit il nous frappera violemment.

 

« PÉTROLE : L’UNION EUROPÉENNE VA-T-ELLE EN MANQUER ? » [COMPTE-RENDU 25 JUIN 2020]

 

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The Shift Project a présenté le jeudi 25 juin 2020 en vidéo-conférence, ses analyses sur l’avenir du pétrole, et particulièrement l’approvisionnement des pays de l’Union européenne.

Quel risque sur l’approvisionnement pétrolier ? Pourquoi planifier la sortie du pétrole ?

Le déclin probable d’ici à 2030 des capacités de production des pays fournissant aujourd’hui plus de la moitié du pétrole consommé par l’Union européenne (UE) risque d’entraîner des contraintes significa­tives sur l’approvisionnement de celle-ci. Si des contraintes sévères sur la production mondiale de pétrole ris­quent de s’exercer directement ou indirectement sur l’UE au cours de la décennie, l’occurrence de ces contraintes semble inexorable au-delà de 2030.

L’enjeu des limites à la production mondiale de pétrole apparaît ainsi comme la voiture-balai des politiques climatiques. Cet enjeu constitue une raison supplémentaire forte pour entreprendre d’urgence la plani­fication de la sortie du pétrole, sans compter sur une croissance éco­nomique mondiale jusqu’ici proportionnelle à la consommation de pétrole.

Au regard de sa gravité, le problème du « pic pétrolier » ici posé reste pour l’heure radicalement méconnu et sous-documenté. A la lumière d’une actualité pétrolière particulièrement riche, marquée par plusieurs événements historiques (dont une chute brutale début mars et un étrange épisode de prix négatifs fin avril), le Shift vous présentera sa nouvelle étude sur le pétrole, qui permettra de relier l’actualité en yoyo aux tendances longues.

Infographie synthétisant les analyses du Shift

Programme de la soirée du jeudi 25 juin au soir

18h30 Mot d’introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président du Shift Project

18h35 Présentation de l’étude : quel risque de contrainte sur l’approvisionnement pétrolier de l’Union européenne d’ici 2030 ?

  • Matthieu AuzanneauDirecteur du Shift Project et auteur de « Or noir, la grande histoire du pétrole »

19h15 Réactions :

  • Rémi Bastien, Directeur de la Prospective Automobile, Renault
  • Marine Simoën, économiste, chercheuse associée à l’IRIS en Énergie et Environnement et collaboratrice à l’IFPEN
  • Mélanie Cosnier et Guillaume Goursaud, membres de la Convention citoyenne pour le climat
  • Joël Couse, Agence internationale de l’énergie (AIE)
  • Animé par Jean-Marc Jancovici, Président du Shift Project

20h Questions-réponses avec l’ensemble des intervenant.e.s

20h30 – Conclusion et fin du webinaire

 

"Penser à l'envers" avec André Gorz

Par Le 05/07/2020

« Penser à l’envers » avec André Gorz et s’interroger : pour quoi luttons-nous, plutôt que contre quoi ?

Durée de lecture : 8 minutes

8 février 2020 / Catherine Marin (Reporterre)
 

     https://reporterre.net/Penser-a-l-envers-avec-Andre-Gorz-et-s-interroger-pour-quoi-luttons-nous-plutot-que
 

«<small class="fine"> </small>Penser à l'envers<small class="fine"> </small>» avec André Gorz et s'interroger : pour quoi luttons-nous, plutôt que contre quoi<small class="fine"> </small>?

Avec le documentaire « Lettre à G. — Repenser notre société avec André Gorz », quatre jeunes gens se sont improvisés réalisateurs pour nous parler du pionnier de l’écologie politique en France. Son projet de refondation sociale et écologique — la « civilisation du temps libéré » — ouvre des perspectives enthousiasmantes.

Imaginez une société où l’on vivrait mieux qu’aujourd’hui, de façon plus libre, plus détendue, plus riche de sens. Une société où l’on travaillerait moins, et où il serait possible de développer plusieurs activités : devenir musicien, jardinier, créer un habitat collectif… ou tout autre chose que le temps libre nous permettrait de concevoir. Il y a tant de « vraies richesses » relationnelles, spirituelles, manuelles… à vivre, au lieu « d’épuiser sans joie nos forces à produire ce que, entre le métro et le dodo, nous espérons trouver le temps d’user », disait en substance André Gorz (1924-2007), qui écrivit une quinzaine de livres au croisement de la critique sociale, de la philosophie et de l’écologie politique.

Cette société dite du temps libéré n’est pas une rêverie futile. C’est celle que cet essayiste et journaliste atypique imaginait la plus à même de répondre à l’urgence de réduire drastiquement notre consommation matérielle et énergétique, pour préserver l’habitabilité de la Terre.

La plus à même aussi de déjouer la précarité sociale, conséquence d’une gestion « perverse » de la réduction du nombre d’emplois suite aux mutations techniques. Une réduction irrémédiable, selon les derniers chiffres : « 14 % des emplois devraient [encore] disparaître dans les prochaines années sous l’effet de l’automatisation », avançait l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2019.

« Qu’est-ce que c’est aujourd’hui qu’entrer en résistance ? »

Ce projet de société du temps libéré se trouve au cœur de Lettre à G. — Repenser notre société avec André Gorz, un documentaire-fiction plein de fraîcheur et d’inventivité, réalisé par quatre jeunes amis d’enfance, non professionnels du cinéma, Charline Guillaume, Pierre-Jean Perrin, Julien et Victor Tortora.

À l’heure de l’urgence écologique et d’une colère sociale grandissante, ce film pose une question des plus pertinentes : « Qu’est-ce que c’est aujourd’hui qu’entrer en résistance ? » Et offre, avec André Gorz, une réponse riche de perspectives émancipatrices en proposant de « définir, dès le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. »

C’est Manon, une jeune femme diplômée mais précaire (elle est livreuse à domicile) qui mène l’enquête. Gorz lui répond par le biais d’archives vidéo et audio, ouvrant tout un champ de réflexions existentielles, sociales et politiques étonnamment riches, loin des perspectives étroitement gestionnaires de l’écologie politique officielle.

« C’était un des enjeux de Lettre à G., rappelle Pierre-Jean, s’opposer à la conception selon laquelle, pour freiner le réchauffement climatique, il suffirait que tout le monde fasse des petits efforts. Gorz, qui n’a rien d’un écolo autoritaire, nous permet de nous questionner sur notre fonctionnement collectif. Et d’envisager le problème de façon globale. »

Les quatre réalisateurs lors d’une projection de « Lettre à G. » au festival Ecol’Aube, en juillet 2019.

Pour approfondir ce questionnement, des entretiens inédits avec des intellectuels familiers de la pensée d’André Gorz, tels Adeline Barbin, Dominique Bourg, Christophe FourelWilly Gianinazzi, son biographe, et Hervé Kempf complètent ses propos. Et contribuent à faire de Lettre à G. un voyage des plus vivants au cœur de notre époque, sous l’emprise mortifère de la « dictature de la valeur » marchande, mais n’attendant qu’une chose : qu’on se saisisse de ses « chances en sommeil ».

Alléger le temps de travail pour construire une société écosociale

Et si l’une de ces « chances » était la réduction du temps de travail ? N’était-ce pas la promesse du Progrès : nous libérer du travail contraint, celui que l’on fait sans goût, au profit de tâches plus intéressantes ?

Chiffres à l’appui, Lettre à G. raconte comment et pourquoi André Gorz conçoit une transformation écosociale de notre société à partir d’un revenu d’existence suffisant pour vivre, et refuser « le travail indigne ». Selon lui, cette sécurité existentielle doit permettre aux individus de construire leur autonomie, en développant « des activités chargées de sens », et, parallèlement, de « mieux prendre en charge la vie de leur communauté ». En travaillant notamment à inscrire « l’autolimitation au niveau du projet social »

Pour « faire mieux avec moins », il imagine par exemple des immeubles d’habitation munis de nombreux équipements collectifs, comme « un local de séchage du linge chauffé par le circuit d’eau chaude, un atelier de bricolage, une salle de musique, de télévision… », sur le modèle des communautés conviviales du socialiste Charles Fourier.

 

Manon, jeune femme diplômée mais précaire, mène l’enquête. André Gorz lui répond par le biais d’archives vidéo et audio

Une conception ambitieuse de l’écologie politique, qui « ne découple pas, précise Julien, les problématiques environnementales des problématiques de vivre-ensemble et d’émancipation personnelle ». Car, pour André Gorz, toutes ces dimensions sont en relation : « L’écologie, c’est un changement radical et fondamental du rapport de l’Homme, bien sûr à la nature, mais aussi à lui-même, aux autres, et à ce qu’est, ou doit être, la société. »

La société du temps libéré escompte soustraire les humains à l’emprise du consumérisme

Ce lien entre les dimensions individuelle, sociétale et écologique, Lettre à G. le met bien en lumière. Un des moments les plus intéressants du film, c’est ce pas de côté qu’il invite à faire dans le passé pré-industriel, en un temps où « les gens n’avaient aucune envie d’avoir plus » et établissaient d’eux-mêmes une « norme du suffisant ». C’était avant. Avant la publicité, le marketing, la télé, et leurs incitations permanentes à la consommation et à la rivalité narcissique, qui façonnent la culture sociale dans laquelle nous baignons et nous transforment à notre insu en acteurs de la dévastation écologique. Une « socialisation antisociale », dénonce André Gorz.

André Gorz a vécu les vingt-cinq dernières années de sa vie à Vosnon (Aube).

Des effets nuisibles démultipliés par les frustrations que le travail engendre. « Pas de place à la créativité, à la lenteur, à la découverte… Burn out, surmenages, suicides », remarque Manon. Ajoutant : « C’est parce qu’on subit son travail toute la semaine qu’on veut consommer tranquillement le week-end. »

En favorisant l’épanouissement des individus, la société du temps libéré escompte donc les soustraire à l’emprise du consumérisme. Et, écrivait André Gorz dès 1991, puisqu’il est impossible de transformer la société par un coup de force révolutionnaire, ses systèmes sociaux étant devenus trop complexes, « la solution consiste à créer des espaces de plus en plus étendus où puissent s’épanouir une autre logique de vie », fondée sur la coopération et la stimulation des échanges non marchands.

Transformation sociale ou éco-fascisme : y a-t-il d’autre choix ?

Mais Lettre à G. n’est pas une conférence sur la société du temps libéré. « C’est du cinéma, rappelle Pierre-Jean, avec des histoires, celle de Gorz et de sa femme, celles des opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires, à Bure », si émouvantes. C’est aussi un éclairage pénétrant sur certains des concepts phares d’André Gorz : l’autonomie, la culture du quotidien, le monde vécu, les technologies verrou opposées aux technologies conviviales… Toutes notions porteuses du même enjeu essentiel : permettre aux citoyens de recouvrer une maîtrise de leur milieu de vie, et de défendre, en même temps que la nature, leurs « mondes vécus ».

Ce qui ne va pas de soi. Sans transformation sociale, nous alerte l’auteur d’Écologie et liberté (Point, 1978), la catastrophe écologique peut très bien déboucher sur un « éco-fascisme ». En s’appuyant sur une expertocratie, l’État renforcerait encore la domination capitaliste et dépossèderait d’autant les citoyens de toute possibilité d’action. Une vision qui résonne d’autant plus aujourd’hui que la répression sociale s’intensifie.

Le documentaire, autoproduit, est projeté dans des cinémas et des salles communales en France.

En regardant Lettre à G., on se prend à rêver… « La société du temps libéré, ce serait une société tellement plus riche humainement ! », comme dit Pierre-Jean. 
Et ne serait-elle pas un cadre propice à démultiplier les formes d’agir social, dont le désir se manifeste un peu partout : des 
luttes contre les grands projets inutiles aux mobilisations en vue des municipales de 2020, sans compter les manifestations répétées malgré la violence d’État ?

Bien sûr, elle suscite beaucoup de questions. Mais son grand intérêt, c’est d’abord de nous rappeler qu’il y a d’autres projets de société possibles, et d’attirer l’attention sur les liens indissolubles entre transition écologique et culture sociale, écologie et démocratie. Les spectateurs de Lettre à G. ne s’y trompent pas : « C’est maintenant, avec les débats, qu’on se rend compte des enjeux du film, raconte Charline. Les gens sont touchés, nous envoient des mails, nous demandent s’il passera dans les écoles… »

Et vous, cela vous paraît irréaliste ? Une utopie ? Voici ce qu’André Gorz vous répond : « L’utopie ne consiste pas, aujourd’hui, à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion de l’actuel mode de vie ; l’utopie consiste à croire que la croissance de la production sociale peut encore apporter le mieux-être, et qu’elle est matériellement possible. »


 

 

Réduire le temps de travail, une nécessité écologique

 

Durée de lecture : 6 minutes

3 juillet 2020 / Willy Gianinazzi
 

     

Seule mesure abandonnée par la Convention citoyenne pour le climat, la réduction du temps de travail est pourtant, nous rappelle l’auteur de cette tribune, une réponse cohérente à la suppression des emplois par l’automatisation et à la multiplication des « boulots de merde ». Elle serait même indissociable du nouveau modèle de société que réclame la crise climatique.

Willy Gianinazzi est historien et biographe d’André Gorz.


Si les 150 conventionnels du climat ont manqué de courage pour aborder la question de la taxe carbone, qui ne doit son impopularité qu’à un manque d’imagination pour la concevoir de façon socialement acceptable, leur atelier « Produire et travailler » a fait preuve au contraire d’une grande radicalité, et en même temps d’un parfait réalisme, en proposant de réduire à 28 heures hebdomadaires la durée du travail.

Mais ce coup porté à la « valeur travail » et au « travailler plus » des Sarkozy et Macron, tout comme au productivisme désastreux du système capitaliste, était trop fort pour que cette mesure écosociale soit retenue en dernière analyse. Selon des intervenants lors du vote final, ce thème était irrecevable car sujet à « lynchage médiatique » et « hors de propos » en période de récession. Pour le Medef, un « suicide économique et social » était évité.

Déjouer les effets néfastes de l’automatisation

Et pourtant, avec l’avènement du néolibéralisme, cela fait bien des décennies que la conjoncture économique et ses épisodes dépressifs commandent de trouver des solutions à des destins humains ballottés entre chômage, précariat, stress et non-sens au travail. Car l’automatisation et la robotisation sont des procès structurels toujours en cours, qui suppriment inexorablement le travail et qui n’autorisent son redéploiement que sous une forme dégradée, dans des services souvent d’utilité douteuse (David Graeber décrit ces emplois comme des « boulots de merde »). Il s’ensuit que le chômage et le précariat, qui repartent à la hausse avec la crise actuelle, sont corsetés, en dépit des allégations à la mode sur la croissance pourvoyeuse d’emplois, par cette matrice structurelle que seule une diminution drastique du temps de travail pourrait faire éclater.

La conversion écologique se soutient par la restructuration énergétique des productions, transports et logements, mais cela ne suffira pas pour parer à l’urgence climatique si elle ne s’accompagne pas d’un renversement du mode de production en ce qu’il a d’irrationnel. La croissance à tout prix — produire n’importe quoi, n’importe comment et en quantité toujours plus grande — ôte du sens au travail et heurte la rationalité écologique, qui consiste à utiliser un minimum de matière et d’énergie pour un maximum de qualité et d’utilité de biens librement souhaités.

Brider la publicité pour diminuer la pression sur les consommateurs de besoins factices est une bonne chose que préconisent les 150. Ils proposent aussi de ralentir le cycle de circulation du capital par une plus grande longévité des biens susceptible d’être obtenue par la réparabilité obligatoire et une clause de garantie longue (cinq ans pour le matériel informationnel selon la Convention climat, dix ans pour tout produit selon les Amis de la Terre).

Par ailleurs, la question du financement de la diminution du temps de travail et de l’embauche subséquente de travailleurs supplémentaires serait, à notre sens, l’occasion de trouver une autre solution au problème des retraites que celle socialement régressive préconisée par le gouvernement.

Plutôt que d’accabler par des charges les entreprises qui embauchent ou qui utilisent un capital humain élevé, plutôt que de taxer les robots au risque de freiner l’automatisation, ne conviendrait-il pas de supprimer l’assiette salariale des cotisations sociales en les remplaçant par une cotisation basée sur le chiffre d’affaires de toute entreprise, indépendamment de son quota de salariés ? Aux yeux des patrons et des économistes qui les flanquent, le « coût du travail », comme ils aiment à l’appeler, perdrait en incidence, y compris sur les décisions d’embauche. Et, avantage déterminant pour la question des retraites, le maintien de leur niveau ainsi que le retour à l’âge de départ de 60 ans ne seraient plus mis en cause par le déséquilibre croissant entre population active et population retraitée.

Repenser la société sur d’autres bases que celle, suicidaire, de la croissance

On sait que la réduction du temps de travail a été une revendication consubstantielle au mouvement ouvrier depuis sa naissance. Tirant profit de l’augmentation incessante de la productivité, le patronat l’a régulièrement concédée, de sorte qu’on est passé de 3.000 heures ouvrées en 1900 à environ 1.600 heures par an aujourd’hui.

Arrivée des ouvriers et ouvrières de l’usine Pinay à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône), avant la Première Guerre mondiale.

Le mouvement écologiste s’est emparé lui aussi de cette exigence, car elle participe du projet d’affranchissement de l’individu par rapport à un appareil de production qui brime son autonomie et saccage son milieu de vie. Forts du premier grand rapport scientifique sur les dangers d’une croissance illimitée, le rapport Meadows, de 1972, les premiers écologistes qui s’engagèrent en politique appelèrent à une réduction du temps de travail pour repenser la société sur d’autres bases que celle, suicidaire, de la croissance. Ainsi le premier candidat écologiste à une présidentielle, l’agronome René Dumont, proposa une réduction du temps de travail à 4 heures par jour [1].

La conquête de cette autonomie individuelle et sociale — sur laquelle s’est beaucoup penché André Gorz, l’un des pionniers de l’écologie politique en France — pourrait se mettre en route aujourd’hui avec la semaine de quatre jours (4 x 7 heures/j). Car la journée hebdomadaire ainsi dégagée pourrait accélérer le développement, entre mille possibilités, de l’autoproduction alimentaire (en milieu rural), de la coopération (de consommation, jardins partagés, Amap, etc.), de la vie associative (par trop délaissée aux retraités), de la vie politique (notamment locale) et des activités créatrices (artistiques, culturelles, de bricolage, etc.).

Mais il semble bien que ce soit le revenu d’existence, ou revenu universel, qui permettrait d’amplifier véritablement le mouvement vers plus de liens sociaux, et une autre façon de coopérer et de produire dont l’économie sociale et solidaire suggère à certains égards les prémices. Associé à la réduction du temps de travail, il favoriserait la sortie d’une société du salariat vers une société de la citoyenneté active, plus adaptée aux remises en question qu’appelle le péril climatique et aux demandes de renouvellement démocratique manifestées par la population.

La Nouvelle-Zélande réfléchit à la semaine de quatre jours pour relancer l’économie

 

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23 mai 2020

     
 

La Nouvelle-Zélande réfléchit à la semaine de quatre jours pour relancer l'économie

La Première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, populaire pour avoir bien géré la crise du Covid-19 dans son pays, s’est prononcée mercredi 20 mai en faveur de plusieurs mesures visant à diminuer le temps de travail : la création de nouveaux jours fériés et la semaine de quatre jours. Dans un échange sur Facebook Live, la Première ministre y voit une solution pour dégager du temps libre, afin que les Néo-Zélandais fassent tourner l’industrie du tourisme, majeure pour l’archipel.

Comme partout, l’économie devrait fortement se contracter cette année : moins 5 % pour le produit intérieur brut, et une forte hausse du chômage à 8 ou 9 %. Pour Jacinda Ardern, leader du Parti travailliste (centre gauche), il faut sauver le tourisme en permettant à la population de s’offrir, par exemple, des week-ends prolongés. Elle ajoute que ça limitera la pollution provoquée par les embouteillages des heures de pointe, juste avant ou juste après le travail. Et que ce serait une bonne chose pour la santé mentale et la qualité de vie de tous les salariés.

Il n’y aura sans doute pas de loi : juste une incitation pour pousser les entreprises qui le peuvent à négocier avec les syndicats la semaine de quatre jours.

- Source : France TV Info

- Photo : Jacinda Ardern le 20 mai sur Facebook Live

Satori

Par Le 05/07/2020

 

 

 De façon étrange, alors que j'ai commencé à écrire mon premier roman à 24 ans , je réalise au fil du temps que chacun de mes livres contient à sa façon, dans le creuset particulier de chaque individu, cette exploration phénoménale du Satori. Je n'avais aucune idée lorsque j'étais jeune de la signification de cet état, de cette révélation du tout dans le rien, de cette émergence parfois fulgurante que le moi n'a pas d'autre existence que celle de l'instant et que cet instant ne peut être intégralement saisi que dans l'effacement du moi.

J'ai lu "Se libérer du connu" de Jiddu Krishnamurti quand j'étais au lycée. J'ai le souvenir d'une lecture troublante. Je sentais qu'énormément de choses ne m'étaient pas accessibles. Les mots agissaient comme des agitateurs mais je n'en percevais pas la portée. J'étais juste "secoué". 

Quand j'ai écrit "VERTIGES", mon premier roman, j'étais nourri par mes ascensions en montagne. Je voulais traduire ces "flashs" pendant lesquels émergeait un état de conscience qui me transcendait. Les romans qui ont suivi ont tous été à leur façon des mises en scène de cette quête, de ces retrouvailles, de ces plongées dans lesquelles je quittais ce moi pour "autre chose".

Il a fallu que je me plonge, plus tard, dans les lectures des philosophies orientales pour commencer à mettre des termes sur ces bouleversements intérieurs. 

Je ne saurais dire combien de fois c'est arrivé. 

 

Etrange

Une étrange distance.

Un étrange phénomène.

"Cet étrange sentiment de transcendance"

 

 

Coeurouvertwhite

« J’étais avec toi Diane. »

Juste un murmure, une voix monocorde.

« Je t’ai vue de l’intérieur. Et c’est moi qui t’ai guidée. Tu as vu ce que je te montrais. »

Elle s’interdit de l’interrompre.

« Nous n’existons pas Diane. Nous ne sommes que des formes. C’est la vie qui est là, elle est partout, c’est elle le flux électrique, c’est elle qui nous anime. Tu vas me dire que tu le sais bien mais je te parle d’autre chose. La vie m’a emporté, elle m’a fait courir dans tout ce qu’elle anime, dans toutes les structures qu’elle imagine, dans tout ce qu’elle crée, tout est relié, tout est connecté, tout est constitué du même courant, j’ai abandonné tout ce que je croyais être, je connais la vie des herbes, je connais les molécules des parfums, j’ai vu par-delà les yeux, j’ai couru dans les veines des antilopes, j’ai ressenti le bonheur de l’eau qui coule dans les ruisseaux, mais tout ça n’était pas moi, tu comprends, nous ne sommes rien que des formes, nous n’avons pas d’existence propre, tout ça n’est que notre imagination, notre raison, notre prétention, notre ego, des identifications qui nous rassurent, je n’ai pas survécu, c’est la vie qui s’est lancé un défi en moi. »

Robert Linssen : Qu'est-ce que le « Satori » ? (Questions et Réponses)

 

https://www.revue3emillenaire.com/blog/quest-ce-que-le-satori-questions-et-rponses-par-robert-linssen/


20 Oct 2008

(Revue Être Libre, Numéro 233, Octobre-Décembre 1967)

QUESTIONS ET REPONSES.

Z. Qu’est-ce que le « Satori » dont parle le bouddhisme Zen ? Est-il un état d’éveil spirituel ?

R. Le Satori est un terme japonais qui pourrait être traduit en français de la façon suivante : « voir en sa propre nature ».

Z. Quelle est cette nature ?

R. C’est notre être véritable. C’est aussi l’être véritable ou l’essence profonde des êtres et des choses, mais elle est indicible. Le Satori est une vision d’unité. Encore faut-il dire que dans cette vision les choses sont bien différentes de celles qui nous sont familières. Il n’y a plus de distinction entre le spectateur, l’organe visuel et le spectacle. Le Satori est cette sorte de vision étrange au cours de laquelle se révèle notre être vrai. Cet être vrai, n’est ni le corps, ni l’âme tels que nous les envisageons en Occident. Il n’est pas né. Il est au-delà de la naissance et de la mort. Lorsque nous le découvrons nous sommes non seulement UN avec l’univers entier mais par CELA nous sommes l’essence profonde de l’univers.

Z. Comment acquérir cette vision ? Comment construire en nous cette essence profonde, cet être vrai?

R. Nous n’avons pas à « construire » cette essence. Nous n’avons pas à façonner l’être vrai. Comme le disent les indiens, il réside en secret dans la caverne du cœur. Ainsi que le disaient les anciens sages de la Chine, il n’y a rien « à faire » au sens habituel de ce terme. Tout est là.

Une image pourrait concrétiser ce qui vient d’être dit. Néanmoins, il faut se méfier des images, car l’être véritable est au-delà de toute représentation, au-delà de toute forme, au-delà de toute formulation.

Pendant les sombres journées d’hiver des nuages épais obscurcissent le ciel. Nous ne pouvons nous imaginer qu’à ce moment, à quelques centaines de mètres seulement, au-delà de ces nuages, le ciel est pur, illuminé par un soleil resplendissant. Aussi longtemps que nous sommes prisonniers de l’égoïsme, de nos fausses valeurs, de nos agitations mentales, nous sommes assombris par une foule de nuages psychiques. Nous les avons créés nous-mêmes. Et à chaque minute, nous en créons davantage. Au-delà de ces nuages, au-delà de nos pensées, un soleil intérieur brille en silence. Il est au-delà de la vie et de la mort. Nous n’avons pas à le « construire ». Il est là. Une seule chose nous est demandée : être disponible. Il nous faut réaliser un état de transparence mentale.

Z. Pourquoi la pensée est-elle toujours agitée?

R. L’agitation mentale est souvent plus forte que nous. Chacun peut s’en rendre compte au moment où il s’exerce à la concentration. Nous sentons à ce moment qu’une force résiste à notre tentative de silence mental.

L’agitation mentale entretient le « moi ». Ainsi que l’exprime Krishnamurti : « sans ses pensées le penseur n’est plus ». Autrement dit, chacun d’entre nous désire absolument s’éprouver comme une entité réelle, durable, indestructible.

Z. De quoi vient ce désir intense de s’affirmer ?

R. Le magnifique édifice d’architecture cellulaire qu’est l’homme actuel est l’aboutissement d’une évolution dont les origines remontent aux âges les plus lointains de l’histoire de la planète. Chacun de nous est le résultat de milliards de luttes, de joies, de souffrances. Nous sommes le résultat du labeur persévérant de la Nature durant des millions d’années. Ainsi que l’exprimait Teilhard de Chardin, la vie pour arriver à nous s’est frayé un chemin difficile sur un pont qui domine des milliards de naissances, d’épanouissements et de morts. Et chacun d’entre nous porte dans les profondeurs de son inconscient les mémoires obscures mais actives de ces efforts et de ces tâtonnements innombrables. Tant d’efforts ont été nécessaires pour réaliser l’homme.

Il est donc normal qu’une force existe en nous et tente de se fixer afin de sauvegarder les niveaux acquis au prix de tant de difficultés.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le « moi » ne veut pas abdiquer. Et c’est cependant ce que l’évolution naturelle lui demande.

Z. Ne s’agit-il pas d’un instinct de conservation?

R. Ce que je viens de vous énoncer constitue l’essentiel de forces présidant à l’instinct de conservation. Sans cet instinct de conservation ni vous ni moi ne serions ici présents. Mais qu’est-ce que l’instinct de conservation ? C’est le désir de se conserver… c’est aussi, par voie de conséquence, la peur de nous perdre, la peur de ne plus durer en tant qu’entité, la peur de la mort. Nous sommes prisonniers d’un désir fondamental de continuité.

Nous y reviendrons ultérieurement. Mais il est nécessaire de vous rappeler qu’il existe d’autres éléments obscurs et tout puissants présidant à l’instinct de conservation. Ceci me permettra d’ailleurs de compléter ma réponse à votre question « qu’est-ce que le Satori ». Le Satori des maîtres Zen japonais pourrait correspondre au Nirvana. Nirvana est un terme sanscrit qui évoque l’action d’un souffle éteignant une flamme. « Nir » est privatif.

Les premiers traducteurs en ont déduit stupidement que ce terme s’applique à un anéantissement pur et simple de la vie. Nirvana signifie bien extinction mais encore faut-il savoir de quoi ! C’est l’extinction de la flamme de la conscience du « moi », c’est l’abolition de l’ignorance. Cette délivrance nous révèle une plénitude.

Z. Que signifie la flamme de la conscience du « moi » ?

R. Dans ses discours le Bouddha a souvent comparé la conscience à une flamme. Lorsque nous observons distraitement la flamme d’une bougie dans une pièce à l’abri de tout courant d’air, nous avons une impression d’immobilité. Chacun sait que la flamme n’est pas immobile. Elle brûle. Elle est dans un flux continuel. A chaque seconde, les molécules de stéarine d’une bougie se combinent à l’oxygène de l’air et la flamme brûle. De même la conscience, que nous croyons immobile en nous, brûle. Elle est dans un flux. Quels sont les aliments de la conscience de soi ? Ce sont les pensées, les sensations, les émotions.

Ainsi que je l’ai exposé dans mes ouvrages, le « moi » aime s’éprouver comme une entité, il désire durer. Cette soif d’exister et de s’affirmer, est définie par le terme sanscrit « Tanha » (soif de vivre, de posséder, de dominer).

L’instinct de conservation en nous provient donc d’une habitude aussi vieille que l’univers.

Z. Quelle est cette habitude ?

R. C’est une habitude d’association. Mais définie ainsi cela ne veut encore rien dire. Depuis qu’existe un univers, les atomes s’associent aux atomes pour former les molécules. Les molécules s’associent entre elles pour former les grosses molécules. Les grosses molécules s’associent entre elles pour former les premières cellules. Enfin les cellules s’associent entre elles pour former les être pluricellulaires. Ainsi, depuis l’atome jusqu’à l’homme, en passant par l’amibe, il existe une continuelle habitude associative. En l’homme et par l’homme cette habitude se poursuit. Elle se poursuit dans les êtres pluricellulaires. Ainsi, depuis l’atome jusqu’à l’homme, en son nom, à son corps, à ses possessions, à son compte en banque, à son auto, à sa famille, à son pays.

Ce processus d’association constitue l’un des éléments fondamentaux construisant le moi. Il lui donne de la force. Nous aimons nous éprouver comme des entités réelles, permanentes, douées d’une certaine solidité psychologique.

Z. Pourquoi avons-nous peur ?

R. Nous avons peur parce que nous ne nous connaissons pas nous-mêmes.

Nous avons peur, parce que les couches les plus profondes de la conscience portent en elles ces mémoires obscures du passé. Elles ne veulent pas abdiquer. Elles se cramponnent à tous prix à leur continuité. Elles veulent conserver à tous prix les niveaux acquis. Elles nous font suggérer, à tort, des sentiments d’effroi, à l’idée que le « moi » pourrait être illusoire. Elles nous font supposer à tort que si l’agitation mentale s’arrêtait et que si le « moi » ne poursuivait plus ses conquêtes, la vie deviendrait sans saveur, vide, triste, uniforme.

Tout ceci ne sont que fausses images envoyées par le mental en vue de nous tromper. Les couches profondes de la conscience savent parfaitement que si nous arrivions au silence mental, si nous découvrions ce soleil intérieur qui nous relie à la totalité de l’univers, la comédie que le moi se joue à lui-même prendrait fin. Or, le « vieil homme en nous » ne veut pas abdiquer. Il veut à tous prix continuer la comédie. Qu’il en souffre ou qu’il en jouisse, l’essentiel pour lui est de continuer, de durer.

En ceci réside tout le drame de la vie spirituelle. Disons que ce drame est plus apparent que réel. Le problème spirituel est le suivant : chacun de nous est le résultat d’un passé remontant à des millions d’années. Nous en portons les traces indélébiles dans le fond de l’inconscient. Or, la réalité la plus profonde de notre être (ce que certains nomment le divin ou la Vie) est dans le présent.

Si nous voulons être disponibles aux richesses de cette vie divine dont les caractères spécifiques sont la création, le renouvellement, la présence, il est nécessaire de nous affranchir des cristallisations du passé. Il faut nous libérer de la force d’inertie qui agit en nous. Cette force d’inertie est formée par une constellation d’habitudes mortes qui ont leur origine dans les milliers de siècles de l’histoire d’un univers. Telle est la signification de l’expression « il faut mourir pour renaître ». Il ne s’agit pas d’une mort physique mais d’une mort psychologique. Il faut mourir à nous-mêmes, à nos habitudes de pensées, à nos automatismes mentaux, à nos jugements de valeur, aux déformations d’une éducation et d’un milieu entièrement opposés aux normes psychologiques profondes de la nature.

Z. Comment se délivrer de cette peur ? Comment mourir à nous-mêmes pour réaliser cette renaissance intérieure ?

R. C’est infiniment plus simple qu’on ne le pense. En réalité d’ailleurs tout est simple. Mais nous sommes tellement compliqués, tellement affreusement déformés par des valeurs artificielles qu’il est pour nous très compliqué de « redevenir » simple.

Il suffit d’être attentif en toutes circonstances. Ce n’est pas dans des méditations isolées que l’on accède à la libération et à la clarification des contenus de l’inconscient. Il n’est pas nécessaire non plus de passer par l’expérience des psychodrames et de toutes espèces de psychanalyses (à moins que l’on ne soit névrosé).

Ainsi que nous le suggère Krishnamurti, il suffit d’être attentif. Mais une attention qui ne condamne pas, qui ne rejette ni n’approuve. A partir du moment où l’on condamne, juge, approuve ou rejette, il n’y a plus d’attention réelle.

C. G. Jung est d’ailleurs du même avis.

Cette attention doit s’exercer au cours de nos relations avec les êtres et les choses. Elle s’inscrit donc dans un processus naturel d’existence, non en dehors du quotidien mais au contraire au cœur même de l’action et des contacts de l’existence.

Nous surprendrons alors à quel point le « moi » se donne de l’importance, à quel point nous sommes heureux lorsqu’on nous flatte. Nous découvrirons nos soifs de posséder, de dominer nos recherches de prestige, nos orgueils, nos recherches de sensations grossières et subtiles, et nous verrons que ce sont là autant de facteurs qui nourrissent « la flamme du moi ».

Nous saisirons alors brusquement le caractère stérile de nos accumulations.

Nous aurons le sentiment d’une impasse. Le caractère artificiel de nos tensions intérieures continuelles se révélera dans son évidence et nous lâcherons prise. Là, réside le secret du bonheur. Le Satori et le Nirvana sont des états d’être bien heureux où le « moi » est délivré de ses limites, de ses attachements. Aux tensions en vue de dominer, de briller, de posséder, succède une détente intérieure. Il s’agit d’une véritable mutation psychologique où se révèlent les sommets de l’amour et de l’intelligence. Ceux-ci, loin de nous engager dans la voie de l’inaction, nous conduisent au contraire vers une vie intense, créatrice, pleine d’initiatives heureuses.

Z. Mais alors la vie dans le monde n’est plus possible ?

R. Grossière erreur ! C’est à partir de cet état d’être seulement que la vie devient possible : vie créatrice, vie intense, vie heureuse, vie libre, vie active.
Vie active, oui, mais dans le vrai sens. Car jusqu’alors nos actions n’étaient pas des actes véritables. Ce n’étaient que des réactions. Réactions à quoi ? Réactions à toutes nos peurs inconscientes, à nos désirs, à nos ambitions stériles, à nos habitudes mortes. On peut dire que l’action véritable ne commence qu’à partir du moment que je viens de définir. Ainsi qu’il était dit dans la Bhagavad Gitâ, ce n’est pas l’action qui enchaîne et perd l’homme, c’est le désir du fruit de l’acte. Pour employer un exemple bien concret et pratique, voici :

Supposez que je sois un simple épicier. Je puis être derrière ma boutique dans une attitude dite « normale » d’avidité, de désir continuel d’enrichissement; je tâcherai d’exploiter ma clientèle, de vendre le plus possible, éventuellement de tricher sur la qualité des marchandises et même au besoin d’un peu tricher sur le poids. Mon attitude intérieure sera continuellement tendue, parfois même agressive.

Supposons que par bonheur, un tel épicier ait la révélation soudaine d’une autre attitude intérieure et qu’il prenne conscience du caractère fallacieux de son comportement psychologique. Supposons que pour comble de bonheur pour lui il arrive à comprendre l’importance et le bien fondé du « lâcher prise ». Croyez-vous qu’il va quitter sa boutique. Mais non ! Il restera derrière son comptoir. Mais son attitude psychologique aura complètement changé. Il sera décontracté, affranchi de toute avidité, de toute impatience. Il accueillera la clientèle avec sérénité, en souriant. Et sans l’avoir voulu, il augmentera peut-être son chiffre d’affaire.

Le grand art, disent les maîtres, c’est de jouer le jeu du monde, en étant entièrement libre des fausses valeurs qui président au comportement actuel des hommes. Le fait de lâcher prise et d’être disponible ne nous conduit pas à l’inaction. Une autre espèce d’action surgit. Elle nous accorde le don d’une adéquacité parfaite, et toujours renouvelée en toutes circonstances.

Z. Vous ne niez donc pas la réalité du monde extérieur.

R. Nous ne nions rien. Nous accordons simplement aux êtres et aux choses des valeurs très différentes de celles qui sont généralement admises. Tout en vivant dans le monde extérieur, nous n’en sommes plus prisonniers. Nous savons par une expérience prestigieuse que le monde extérieur, malgré ses apparences multiples, ses oppositions, n’est qu’un masque. Au-delà de cette multiplicité de « surface », nous avons découvert l’unité des profondeurs. Nous voyons l’ensemble des êtres et des choses « baigner » littéralement dans une seule et même essence. Une seule et même lumière fait place aux ombres multiples du monde extérieur.

Cette unité se révèle à nous avec une telle force que finalement nous sommes obligés de lui accorder le caractère de priorité qu’elle mérite. Cette essence commune devient alors notre seule demeure, notre seul être, j’irai jusqu’à dire « notre seul corps ».

Par cette Réalité des profondeurs, nous somme UN avec l’univers. Par Elle, nous sommes l’Univers.

Devant cette unité prestigieuse, le masque de la séparativité des choses et des êtres s’effondre. Tout est solidaire de tout. Le Satori est la réalisation permanente de cette vision d’unité.

Z. Une telle expérience n’est-elle pas trop uniforme ? Ne nous éloigne-t-elle pas de la vie ?

R. Bien au contraire. C’est l’essence même de la vie, l’apothéose de toutes les saveurs. Mais tout ceci n’est que des mots. I1 faut y donner la totalité de son cœur, de sa conscience, de son corps même. Nous pouvons vivre dans le charme infini, inépuisable d’un éternel printemps. Rien n’est plus éloigné de la monotonie. C’est le mental qui nous présente intentionnellement de telles images. Ce sont là les ruses du « vieil homme » en nous, ce vieil homme dont il faut nous dépouiller. Vous connaîtrez alors une joie devant laquelle toutes les autres joies ne sont que souffrance. Et vous pouvez la vivre tout en accomplissant votre destin dans le monde extérieur selon les normes des grandes lois naturelles.


  
Linssen Robert

A CŒUR OUVERT : Commentaire (3)

Par Le 04/07/2020

 

Coeurouvertwhite

http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/?fbclid=IwAR29NzbJsmxIxAsYN79512iYvqtrKQCOUlLTSFkFqLJY3l2Fp-QL6UaEnXM

04/07/2020

« A cœur ouvert » de Thierry Ledru éditions du 38

« A cœur ouvert » de Thierry Ledru,  éditions du 38

 

Ceux qui viennent ici de temps en temps savent que j’Aime (avec un A majuscule) les livres de Thierry Ledru pour son écriture ciselée qui vous embarque, vous empoigne et ne vous lâche plus jusqu’à la fin de son récit. Quel que soit le sujet.

Cette fois-ci, il nous emmène dans la vie d’un chef d’entreprise. Un incident cardiaque stoppe sa course brutalement et le contraint à repenser sa vie.

Il était pourtant sûr à 100% d’avoir raison. Il donnait tout pour son travail, Pour sa famille il leur apportait beaucoup, beaucoup d’argent, c’était suffisant.

L’auteur nous fait vivre son après et c’est beau.

Pas de personnages secondaires, juste des personnages qui apparaissent moins longtemps que le héros. Ils ont tous leur personnalité, leur propre vie.

Par exemple, Diane. Elle tient l’épicerie du village. C’est sa couverture mais elle est bien plus que ça !

Ce roman, comme les autres est profond et vous incite à la réflexion.

Après avoir refermé un livre de Thierry Ledru, c’est toujours très difficile de passe à un autre !

Voici les liens où j’ai parlé de ses autres livres.

Jusqu’au bout

Noirceur des cimes :

Vertiges :

Là haut :

 

19:09 Publié dans Le talent des autres | Lien permanent | Commentaires (0)

L'illusion du recyclage

Par Le 02/07/2020

Le recyclage est un appel à la consommation et non une protection de la planète. C'est un système déculpabilisant alors qu'il n'est qu'un maillon hypocrite de la chaîne de destruction de l'environnement.

Je suis effaré de voir les bennes à la déchetterie du secteur. Des dizaines de personnes qui balancent tout ce qui les gêne, tout ce qui prend de la place, tout ce qui va leur permettre de dire qu'ils ont des gestes "écologiques"... C'est toujours mieux que de tout balancer dans un fossé ou un ravin de montagne, c'est certain. Mais ça n'est pas la solution idéale. Loin de la là.

Le seul comportement qui soit écologique, c'est d'analyser les déchets et de se demander s'il était vraiment indispensable, vital d'acheter les objets qui ont contribué à l'émergence de ces déchets et de s'engager dès lors dans une "dé-consommation" afin non pas de recycler mais de ne pas se retrouver avec ces déchets.

Le recyclage qui sert d'alibi à la consommation est un adversaire de l'écologie, pas un partenaire.

L'exemple du plastique est "exemplaire".


 

Toutes les déchetteries en France devraient être pourvues d'un espace dédié à la récupération. Les exemples existent déjà :

Mise en place d'une recyclerie et d'un espace de démantèlement à la déchèterie intercommunale

https://www.optigede.ademe.fr/fiche/mise-en-place-d-une-recyclerie-et-d-un-espace-de-demantelement-la-decheterie-intercommunale?fbclid=IwAR2lwrqUokj8sN-LmerU5F1g0nwYvGVFnnlBcE02k4suCR5jmjdXtzK-UTA 


https://reporterre.net/Dechets-plastiques-le-recyclage-n-est-pas-la-solution

Déchets plastiques : le recyclage n'est pas la solution

Alors que les déchets plastiques envahissent nos sols, nos cours d’eau et nos océans, les gouvernements promeuvent le recyclage comme solution miracle. Sauf que moins de 2 % des plastiques usagés sont recyclés idéalement en circuit fermé. Ce mirage éclipse la seule et vraie solution : la réduction de la production de plastique.

Nathalie Gontard est directrice de recherche, professeure en sciences de l’aliment et de l’emballage, à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).


En juillet dernier, le gouvernement présentait son plan climat ; parmi les mesures, un objectif de « 100 % des plastiques recyclés à l’horizon 2025 ». La France, avant-dernière des 28 pays de l’Union européenne en matière de recyclage du plastique, est pressée d’améliorer son piteux classement.

Dans le même temps, la Chine, première terre d’accueil de nos détritus plastiques, ferme ses frontières aux déchets étrangers. Des vortex géants de plastiques s’installent au cœur de nos océans et, comble de malheur, d’invisibles particules de déchets plastiques s’invitent, c’est officiel, dans nos assiettes.

Une question se pose dans un tel contexte : le recyclage intensif de ces déchets constitue-t-il vraiment une étape incontournable du déploiement de l’économie circulaire ? Ou n’est-ce qu’une couche supplémentaire à notre modèle consumériste, une sorte d’emplâtre sur une jambe de bois ?

Rappelons d’abord que le plastique constitua dans les années 1960 une formidable découverte de la chimie du pétrole. En 1963, deux co-prix Nobel sont attribués en chimie des plastiques pour la découverte de catalyseurs permettant la polymérisation des polyéthylène et polypropylène, aujourd’hui couramment utilisés dans les emballages, par exemple. Le plastique est devenu depuis une source de richesse (27,5 milliards d’euros de contribution aux finances publiques dans les pays européens) et d’emplois (plus de 1,5 million d’emplois en Europe).

La production de plastique devrait doubler dans les deux décennies à venir

Il a révolutionné le quotidien dans tous les secteurs : bâtiment, automobile, électronique, aéronautique et surtout alimentation ; ici, utilisé comme matériau d’emballage léger et peu coûteux, il assure un progrès énorme en matière de sécurité alimentaire. L’emballage plastique constitue en effet l’élément essentiel de prévention des contaminations extérieures (chimiques ou microbiennes), de préservation de la qualité, de traçabilité des produits et de réduction des pertes et gaspillages en protégeant les aliments.

L’essor de la production de plastique au cours des 50 dernières années ne se dément pas et devrait doubler dans les deux décennies à venir ; 300 millions de tonnes sont produites chaque année dans le monde — dont plus de 60 en Europe. L’emballage absorbe la grande majorité des plastiques à courte durée d’utilisation (quelques heures seulement pour l’emballage plastique d’une baguette ou d’un steak haché) qui envahissent de façon consternante nos poubelles.

Aujourd’hui, le plastique providentiel s’est transformé en une bombe à retardement dont on découvre les effets à long terme sur notre santé et notre environnement. Il est visuellement présent partout autour de nous et tellement répandu dans toutes les couches et tous les compartiments géologiques qu’il est désormais étudié comme marqueur stratigraphique de l’Anthropocène, cette époque géologique post-XVIIIe qui se distingue par l’interférence de l’activité humaine avec les cycles naturels.

Synthétisés et utilisés massivement depuis une cinquantaine d’années, ces plastiques mettront plus de 100 à 200 ans à se dégrader en micro puis en nanoparticules. Une fois ces tailles atteintes — ce qui se produira massivement dès la fin du XXIe siècle —, les particules issues des plastiques accumulées auront alors toute latitude pour se répandre très largement et rapidement dans notre environnement et aussi dans tous les organismes vivants.

Les nanoparticules possèdent en effet la faculté de traverser les barrières tissulaires pour venir s’accumuler dans nos organes, tels que le foie, et d’en perturber à long terme le fonctionnement. Ces minuscules et invisibles fragments de plastique contamineront de façon invasive toute la chaîne alimentaire, avec des effets sur la santé très mal évalués à l’heure actuelle, car les méthodes de détection sont elles-mêmes encore à la peine. Il faut aussi signaler leur regrettable tendance à se lier facilement aux polluants organiques qu’ils rencontrent sur leur chemin puis qu’ils transportent et redistribuent.

Nous utilisons et jetons chaque année l’équivalent de notre poids corporel en plastique

Ces micro et nanoparticules ont déjà été repérées dans l’eau potable, le miel, le sel, les produits de la mer. Avis à celles et ceux qui, comme saint Thomas le sceptique, ne sont sensibles qu’à ce que leurs sens peuvent percevoir ! Pour la même raison, on assiste à une mobilisation incroyable autour des plastiques flottant dans les océans, qui ne représentent pourtant qu’une toute petite partie (2 à 3 %, c’est-à-dire 8 millions de tonnes de déchets plastiques jetées annuellement dans les mers sur les 300 consommées) de l’iceberg des plastiques dont l’infinie majorité est enfouie dans les décharges.

Nous utilisons et jetons chaque année l’équivalent de notre poids corporel en plastique (résultat obtenu par un ratio moyen consommation/population : 40 kg/an au niveau mondial en 2015, 63 en Europe et 68 en France) ; 90 % de ces déchets persisteront longtemps après notre propre disparition.

35 à 50 % des plastiques usagés sont dispersés de façon incontrôlée dans notre environnement. 20 à 40 % sont regroupés dans des stations d’enfouissement où, mélangés à d’autres déchets, ils sont temporairement retenus dans des géotextiles… eux-mêmes en plastique. Quand ces derniers seront dégradés, nos plastiques enfouis seront libérés. Au total, plus des trois quarts (en masse) des plastiques usagés finissent leur vie dans nos terres, nos eaux douces et nos océans.

Le quart restant est réparti entre recyclage et incinération. Selon les sources, entre 9 et 14 % sont incinérés pour être transformés en énergie, en composés volatils et résidus solides qui viendront grossir le rang des déchets toxiques persistants dont on ne sait que faire.

Venons-en au recyclage : 14 % en moyenne des plastiques usagés sont collectés pour être recyclés (les sources concordent sur ce chiffre). Sur ces 14 %, 4 % sont perdus au cours du processus de recyclage et rejoignent donc le rang des déchets dispersés. 8 % sont recyclés en circuit ouvert, c’est-à-dire pour des applications différentes — par exemple, pour faire un pull qui une fois usé ne sera plus recyclable. Les fibres du pull usagé étant chargées de nombreux additifs, colorants, contaminants, etc., la dégradation du polymère les rend en effet impropres pour un recyclage visant un usage similaire. Il convient ici de parler de décyclage plutôt que de recyclage.

Il faut donc se rendre à l’évidence : moins de 2 % des plastiques usagés sont recyclés idéalement en circuit fermé, c’est-à-dire récupérés pour produire un matériau utilisable comme un plastique neuf et indiscernable de ce dernier.

Le mirage du recyclage

Recycler en circuit fermé signifie collecter, trier, décontaminer et repolymériser un plastique qui se dégrade au cours du procédé de recyclage. Les contraintes logistiques de collecte sont importantes, la consommation d’énergie des multiples étapes se discute et sa probabilité de contamination dangereuse également. Aussi, le nombre maximal de cycles de décontamination est limité et le plastique recyclé doit être mélangé à du vierge.

Bilan des courses : seuls les plastiques de type bouteilles en PET (polyéthylène téréphtalate) — qui ne représentent qu’un pourcentage très faible des plastiques consommés — peuvent se plier aux contraintes du recyclage en boucle fermée et être régénérés pour une utilisation identique.

Or si une bouteille en PET sur deux en Europe est recyclée, moins d’une sur dix redeviendra bouteille. Pour des raisons de sécurité du consommateur (risque de contamination) et technologiques (propriétés différentes du polymère vierge), le taux de recyclage en boucle fermée s’avère ainsi extrêmement faible ; il peut théoriquement atteindre un maximum de 5 % des plastiques usagés.

Soulignons ici que le recyclage d’une matière ne s’inscrit dans un principe d’économie circulaire que si la boucle peut être reproduite à l’infini, ce qui est quasiment le cas pour le verre ou le métal. Les matériaux biodégradables se situent naturellement dans le cycle biologique de la matière organique, qui leur assure un renouvellement illimité (à condition cependant que la vitesse de consommation reste compatible avec celle de production).

Le recyclage du plastique n’est donc un pas un sésame pour épargner à notre écosystème terrestre les méfaits potentiels de ses déchets, même s’il peut modestement contribuer à les retarder.

Comment expliquer alors que le recyclage soit devenu une mesure phare ? La circularité consiste ici à recycler la valeur économique du plastique en créant une économie du plastique usagé. Le monde du plastique se renouvelle, mais son modèle productiviste reste le même : tenter de résoudre le problème, c’est-à-dire résorber les déchets plastiques accumulés en créant des activités économiques, de la richesse et de l’emploi.

Un autre maillon consumériste est ici ajouté à la chaîne déjà bien longue du plastique… Et « l’écocitoyen » se désencombre ainsi de sa responsabilité dans la production de son propre déchet en le jetant dans la bonne poubelle, au risque d’un aveuglement collectif.

Si le tri de nos déchets reste un geste précieux, ne nous laissons pas aveugler par le mirage du tout-recyclage, qui ne peut résoudre à lui seul le gros problème de gestion post-usage des déchets plastiques.

Il n’existe qu’une seule et unique solution : remettre à plat le cycle complet des matériaux plastiques dans un contexte plus général de bioéconomie circulaire, où le devenir des déchets sera un élément clé de nos choix de consommation. Et coordonner nos efforts à l’échelle internationale, car les petites particules de déchets ne respectent pas les frontières !

L’interdiction de la mise en décharge des déchets plastiques pour les diriger vers les stations de recyclage ou d’incinération (option cependant peu recommandée qui nécessite une étape de purification) est un premier pas que la France devra franchir d’ici 2025.

D’autres mesures sont attendues et doivent faire l’objet d’un soutien sans réserve et sans délai comme, par exemple, la réduction efficace de notre consommation de plastiques puis leur retrait graduel du marché. Citons également leur substitution autant que possible par des alternatives biodégradables (à ne pas confondre avec les plastiques biosourcés ou compostables) dont la fabrication ne doit cependant pas influencer négativement la production agricole destinée à la consommation humaine ni porter atteinte à l’environnement. Enfin, ne garder que les plastiques irremplaçables et effectivement recyclés en boucle fermée, comme c’est potentiellement le cas pour les bouteilles en PET.

Le grand chambardement

Par Le 01/07/2020

 

Il m'arrive parfois d'aller lire des articles sur france info, essentiellement des articles qui parlent d'écologie, de permaculture, de décroissance (il y en a très peu...), de la biodiversité, du respect de l'humain, non pas en tant que travailleur, mais juste comme humain, des articles qui expliquent le revenu universel, celui qui donnerait à l'humain les conditions de vie favorables à l'épanouissement de son être...

Et puis, je lis les commentaires et c'est désespérant...Ça n'est que moqueries, cynisme. Tout est tourné en dérision.

Il m'est arrivé de poster un commentaire. Je recevais habituellement quelques réponses cinglantes, à la limite de l'insulte parfois...

Alors, pour que le grand chambardement arrive, il faudra que ça soit imposé. Rien ne se fera de façon consciente et volontaire.

Les résistances sont beaucoup trop fortes dans la population elle-même.

Avant que des politiciens se lancent dans le développement de la décroissance et un changement de paradigme sociétal de très grande ampleur, il faudrait déjà qu'ils soient élus.

Quand j'écris que ce chambardement sera "imposé", je ne parle pas d'une action humaine. Mais d'un dérèglement monumental de la vie sur Terre et par conséquent l'affaiblissement considérable du groupe humain.

Le réchauffement climatique est une voie toute tracée.

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