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Par
Thierry LEDRU
Le 29/01/2022
« Il y a trois sortes de violence.
La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui écrase et humilie des millions d’hommes, la violence aux rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui se fait l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
Il n’y a pas pire hypocrisie que de n’appeler violence que la deuxième, en feignant d’oublier la première qui l’a fait naître et la troisième qui la nie. »
Dom Helder Camara
Aurore Stephant : les ressources minières
Par
Thierry LEDRU
Le 28/01/2022
Une interview absolument passionnante. A écouter et réécouter tant toutes les données sont nombreuses et les analyses argumentées.
Il est effarant d'entendre cette ingénieure dire qu'elle a très peu de contact avec le milieu politique. Alors que tout l'avenir de la civilisation actuelle se fonde sur l'idée incontestable que nous consommons à outance des ressources non renouvelables. Juste un exemple : si comme le veulent les gouvernements, le parc automobile devient à moyen terme un parc essentiellement électrique, les réserves de cobalt disponibles seront épuisées en 2050.
Il est tout aussi effarant de l'entendre expliquer à quel point les masses populaires sont conditionnées. L'exemple de l'ampoule à incandescence est révélateur. La voiture électrique en est donc un autre et le matraquage médiatique est permanent.
En conclusion de cette interview, j'en reviens toujours à la même chose : il est impensable et même totalement fou de considérer que nous pouvons continuer à exploiter la planète de la sorte. Et donc, il ne reste qu'une solution : la décroissance.
Oui, je sais, aucun politicien ne s'y engagera car cela signerait son arrêt de mort professionnel étant donné que la majorité des individus refuse d'emblée d'envisager une autre existence que la leur en dehors du fait qu'ils aimeraient pouvoir consommer davantage.
Il n'en reste pas moins que les commentaires sous la vidéo sont réjouissants et montrent qu'une certaine frange de la population a les yeux ouverts.
Aurore STEPHANT
Ingénieure géologue minier, spécialisée dans les risques environnementaux et sanitaires des filières minérales
Paris, Île-de-France, France+ de 500 relations
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Entretien — Mines et Gaz de schiste
Les ravages ignorés de l’activité minière

Déchets dans les eaux, dégâts en Europe, pollution… Dans un rapport impressionnant qui paraît ce mardi, l’association SystExt démontre que les « mines durables » sont un mensonge et que les techniques minières sont « de plus en plus prédatrices et dangereuses ». Aurore Stephant, ingénieure géologue minier, l’explique à Reporterre.
C’est un état des lieux saisissant. Dans un rapport volumineux ultradocumenté publié ce 16 novembre, les géologues miniers et les ingénieurs de l’association SystExt [1] s’attaquent à certains aspects méconnus de l’extraction minière. Ce panorama des « controverses minières » permet de comprendre pourquoi cette industrie cumule le triste record d’être la première productrice de déchets toxiques et la responsable du plus grand nombre de conflits socioenvironnementaux à l’échelle du globe. Il montre aussi qu’on ne pourra pas lutter contre le réchauffement climatique par des technologies qui accroissent notre « dépendance minérale ». Impacts des mines, pollution, pertes en vies humaines… Aurore Stephant, ingénieure géologue minier au sein de SystExt, révèle les conclusions de ce rapport.
Reporterre — Dans le rapport « Controverses minières » qui sort mardi 16 novembre, quelles « contre-vérités » sur les mines révélez-vous ?
Aurore Stephant — Lors du dernier congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui a réuni des États et des agences gouvernementales du monde entier, nos équipes ont constaté une chose étonnante : certains représentants des gouvernements croyaient qu’aucun site minier ne rejetait aujourd’hui ses déchets directement dans les fleuves ou la mer. Ils pensaient cette pratique révolue ou interdite. Pour eux, les résidus miniers sont systématiquement stockés dans des barrages, des digues — qui posent elles-mêmes de gros problèmes, mais passons. Or, non seulement cette pratique aux conséquences dramatiques existe bel et bien, mais elle est répandue et tout à fait légale ! Des dizaines d’opérateurs jugent plus simple de bazarder chaque année en pleine nature des millions de tonnes de boues acides et/ou fortement concentrées en métaux toxiques. Sur le site de Grasberg, en Indonésie (première mine d’or et troisième mine de cuivre au monde, en volumes produits), l’entreprise Freeport déverse chaque année 87,6 millions de tonnes de résidus chargés en plomb et en arsenic dans le fleuve Ajkwa.

Sites miniers concernés par des déversements volontaires en milieux aquatiques identifiés par SystExt et volumes de déchets déversés annuellement. Rapport SystExt/octobre 2021/CC BY-SA-NC 3.0
Nous nous attaquons à d’autres idées reçues : la croyance que les impacts de l’industrie minière seraient bien plus importants dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. On pense que si les mines polluent et sacrifient des vies humaines, c’est parce qu’elles se situent dans des pays où la réglementation est peu exigeante. C’est faux.
D’une part, l’exploitation minière demeure le secteur d’emploi le plus dangereux si l’on tient compte du nombre de personnes exposées au risque, y compris aux États-Unis et en Europe. D’autre part, les méthodes d’extraction et de traitement sont les mêmes partout. Que l’on soit aux États-Unis, au Pérou ou en République démocratique du Congo (RDC), pour extraire 10 kg de cuivre, il faudra broyer et réduire en poudre 1 tonne de roche, puis la traiter aux xanthates (hydrocarbures). En quelques années, vous aurez obtenu un lac de résidus toxiques qui resteront dangereux entre 5 000 à 10 000 ans et qu’il faudra confiner tant bien que mal. Vous aurez nécessairement des fonderies, qui dégageront du dioxyde de soufre, et donc amplifieront les pluies acides et la pollution de l’air.

La mine de cuivre de Palabora (Afrique du Sud) : à gauche, la représentation imagée de la quantité de cuivre métal produite par la mine jusqu’à environ 2007 ; à droite, l’emprise en surface des déchets miniers en vue satellitaire. © Dillon Marsh/Google 2021/Création SystExt/septembre 2021
Pourquoi vous a-t-il paru urgent « d’en finir avec certaines contre-vérités sur les mines et les filières minérales » ?
Nous constatons avec nos équipes que le niveau général de connaissance sur le fonctionnement réel des mines et des industries métallurgiques est très faible, à la fois dans le grand public, mais aussi chez les responsables politiques et institutionnels. C’est déjà très préoccupant, étant donné que toutes les marchandises qui nous entourent contiennent des métaux, depuis les pigments présents sur les emballages, le dioxyde de titane dans les dentifrices, jusqu’à la soixantaine de métaux différents dans un smartphone.
C’est d’autant plus grave que l’accélération de la numérisation, l’industrialisation des pays du Sud et la transition énergétique telle qu’elle est promue aujourd’hui (par exemple les véhicules électriques) risquent d’induire une multiplication par au moins trois de la production de métaux dans le monde ces prochaines décennies. Cela signifie produire dans les seules trente-cinq prochaines années plus de métaux qu’il n’en a été extrait dans toute l’histoire de l’humanité. Impensable !
« Le “foudroyage par blocs” provoque des séismes et des effondrements incontrôlables. »
Sur cette industrie qui risque d’être l’un des enjeux majeurs — et des problèmes majeurs — du XXIe siècle, tout se passe comme si nous étions directement passés de la non-information à la désinformation. Jusqu’à la fin des années 2000, les mines n’existaient quasiment pas dans l’espace public. Maintenant que l’on commence à s’y intéresser, les filières minérales sont recouvertes de discours-écrans qui en masquent le fonctionnement et les impacts réels. Une foule d’éléments de langage à connotation positive sont apparus dans les rapports pour justifier l’accroissement de ce secteur : « mine durable », « meilleures pratiques », « techniques révolutionnaires », etc. Nous voulions faire comprendre ce qu’elles recouvrent.
Par exemple, quand on passe en revue les « techniques révolutionnaires » vantées par les opérateurs, on constate que les pratiques récentes sont encore plus destructrices et moins maîtrisées que les précédentes. Ainsi, le « foudroyage par blocs », qui consiste à dynamiter massivement le sous-sol, provoque des séismes et des effondrements incontrôlables. La « lixiviation en tas », elle, vise à se débarrasser tout bonnement de l’usine de traitement du site minier en traitant chimiquement la roche en plein air, à grande échelle. On déverse directement des millions de litres d’agent extractif sur la montagne de roches broyées dont on veut extraire les minéraux. Cela revient à asperger une colline de 200 mètres de haut de cyanure ou d’acide sulfurique. Ces « techniques révolutionnaires » servent à exploiter des gisements à très faible teneur avec des coûts très bas.

Usine de traitement de nickel de Doniambo, en Nouvelle-Calédonie. Flickr/CC BY-NC-ND 2.0/Tim Waters
Pourquoi faites-vous très peu de recommandations dans ce rapport pour améliorer cet état des lieux ?
Il nous aurait fallu des milliers de pages pour formuler des propositions précises : le champ est immense, les filières minérales sont diverses et chacune se caractérise par des dizaines d’étapes de production, du forage au raffinage des métaux. Nous nous limitons à deux recommandations urgentes. L’une est, évidemment, l’interdiction du déversement volontaire de déchets miniers dans les milieux aquatiques. L’autre est l’interdiction de toute exploration ou exploitation minière des grands fonds marins.
« En l’état, l’industrie minérale ne peut qu’augmenter ses impacts. »
Le 12 octobre dernier, Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de leur exploration, qualifiée de « levier extraordinaire de compréhension du vivant, peut-être d’accès à certains métaux rares ». Des centaines de rapports scientifiques montrent déjà qu’il est impossible de mener ne serait-ce que de l’exploration à 2 ou 3 kilomètres de profondeur sans causer de dommages graves et irréversibles : intoxication des planctons et des espèces marines par la mise en solution des métaux présents, perturbation lumineuse et sonore, etc. Ici, la « compréhension du vivant » est incompatible avec l’activité minière : nous détruirions ces milieux avant même de les connaître. C’est pourquoi nous argumentons en faveur d’une interdiction pure et simple, et non pour un moratoire qui laisserait cette possibilité ouverte. Nous avons de bonnes raisons de craindre que l’explosion de la demande en métaux dans les années à venir ne laisse pas indemnes les ultimes barrières morales que nos sociétés tentent de se fixer.

Fumeur noir à 3 000 m de profondeur, au niveau de la dorsale médio-atlantique. MARUM − Zentrum für Marine Umweltwissenschaften, Universität Bremen · 2015 · cc by 4.0
Enfin, au-delà de l’amélioration des pratiques, il faut bien voir qu’en l’état, l’industrie minérale ne peut qu’augmenter ses impacts : en exploitant des gisements dont la concentration minérale est de plus en plus faible, nous utilisons de plus en plus d’énergie et générons des volumes de déchets toxiques de plus en plus ingérables, quelles que soient les techniques utilisées. La seule issue ne peut être que de limiter les volumes extraits.

Déchets électroniques dans une installation de traitement à Kigali (Rwanda), en 2017. Flickr/CC BY-ND 2.0/Rwanda Green Fund
Des politiques de recyclage ambitieuses pourraient-elles réduire ces problèmes ?
Oui, c’est incontournable. Les métaux recyclés seraient largement compétitifs par rapport aux métaux issus de l’extraction si les opérateurs miniers payaient le coût social et environnemental de leur activité, qui est exorbitant. Mais le recyclage est quasiment impossible quand les métaux sont utilisés de manière dispersive, comme dans l’électronique. Et il ne suffirait pas à satisfaire la demande, qui est exponentielle. Il faut donc changer notre rapport aux matières premières minérales, et cela doit passer par une transformation radicale du mode de vie des pays dits « développés ».
C’est maintenant que tout se joue.
Par
Thierry LEDRU
Le 25/01/2022
Cette scission, cette distinction, cette opposition, c'est encore et toujours l'ego encapsulé. Le fonctionnement terriblement puissant du jeu des étiquettes.
"Tu es dans ce groupe, moi je suis dans celui-là. Et le mien est meilleur que le tien. " - N'importe quoi, c'est évident que tes arguments ne tiennent pas la route. -Ah,bon, et tu peux me dire pour quelles raisons ? "etc etc etc
Les influences subies, les manipulations, les conditionnements, les formatages, les prétentions, les certitudes, les idées figées, l'absence de lucidité, l'adhésion à la masse ou la rébellion contre le nombre, tout ça n'est qu'un vaste fatras conçu et entretenu par l'ego. Le positionnement d'un côté ou d'un autre n'est bien souvent qu'une recherche d'appartenance, la quête frénétique de l'individu qui ne veut pas être esseulé, qui a intellectuellement besoin d'être reconnu en tant que tel, un vacciné ou un non vacciné, de gauche ou de droite ou dans les extrêmes, un athée ou un croyant, un agnostique ou un panthéiste, un bouddhiste ou un musulman, un vegan ou un omnivore, un spéciste ou un anti-spéciste etc etc etc.
Nous sommes sans cesse amenés à nous positionner et dès lors à défendre nos positions comme si notre existence même en dépendait.
Je trouve assez déprimant que ce besoin d'étiquettes soit encore présent quand il s'agit d'une démarche spirituelle et finalement, ça me laisse penser que ce moi dérivé qui a besoin de s'identifier exerce toujours son influence, même au cœur de cette sphère spirituelle qui se devrait d'être détachée de ces appartenances limitatives.
Je ne suis pas bouddhiste. Il n'y a que Bouddha qui l'était.
À la limite, je pourrais dire que je suis "ledruiste" mais ça serait encore plus ridicule.
Je ne suis rien qui puisse exercer sur moi un signe d'appartenance ou d'adhésion pleine et entière.
Je ne suis pas Français, je suis né sur un bout de terre que des hommes ont nommé France.
Je n'étais pas instituteur, j'exerçais le métier d'instituteur.
Je ne suis pas écrivain, j'aime écrire.
Je ne suis pas un humain, je suis une forme de la vie qui s'est attribuée le nom d'humain.
Mais tout ce fatras ne fait pas de moi autre chose que ce que la vie est en moi. Elle existe et le nom prise par la forme n'est pas l'énergie qui s'y trouve.
Tant que les humains s'égareront dans ce genre de limitations, il n'y aura aucun changement possible. On sera toujours dans ce registre du moi qui cherche à exister à travers des illusions dérisoires et éphémères.
Et il y a des jours où cette immobilité spirituelle me désespère. Cette impression que le progrès matérialiste, scientifique, social, technologique a usé de toute l'énergie disponible et que l'évolution spirituelle s'est trouvée vidée de tout. Une vieille peau abandonnée, flétrie, pourrie, liquéfiée, cadenassée par l'ego.
Même ceux et celles qui se sont intéressés à cet espace spirituel, se sont dit que ça serait bien qu'ils se retrouvent ensemble pour en discuter, se reconnaître, comparer, débattre, tenter de s'élever un peu de la masse qui s'étend, s'étend...Et au fil des rencontres, ils ont créé des groupes pour pouvoir se positionner vis à vis des groupes qu'ils critiquaient.
Quelle misère, quelle épouvantable misère...
Nous serons sans doute réellement des êtes spirituels le jour où nous n'éprouverons plus le besoin d'identifier une différence entre nous, ni même une différence entre l'ensemble des êtres vivants, le jour où il n'y aura plus de conflits entre vaccinés et non-vaccinés, entre gauche et droite, entre blancs, noirs, gris, jaunes ou violets, entre les méchants loups et les gentils chiens, entre les vilains virus et les bons, entre la vie et la mort. Le jour en fait, où nous n'aurons rien d'autre à l'esprit que la paix.
Oui, je sais, c'est totalement utopique. L'humain est un être fondamentalement conflictuel.
Pour une seule raison : il est seul dans son monde intérieur et a absolument besoin de combler ce vide par des adhésions multiples.
Parfois, je me dis que celui qui ne connaît pas les noms des plantes, des arbres, des animaux, qui ne connaît rien à la science dans les livres, qui n'a aucune idée de tous les pays du monde, qui ne sait rien de la vie des gens à l'autre bout de la planète, qui ne connaît pas le nom des étoiles, ni des océans, ni des fleuves, ni des mégapoles, mais qui vit sereinement avec les plantes de son potager, avec les arbres qui l'entourent, avec les animaux qu'il voit parfois, qui aime s'asseoir sous les cieux étoilés et contempler, qui prend soin du ruisseau qui passe près de son lieu de vie, qui n'abîme rien et se montre infiniment respectueux de la vie, celui-là en sait beaucoup.
J'essaie parfois d'identifier les connaissances qui me sont utiles, réellement utiles, non pas dans le registre de l'accumulation mais dans l'agir, des savoirs qui sont par conséquent immédiatement exploitables, dans ma vie quotidienne. Je réalise alors l'incroyable masse de connaissances qui ne sont rien d'autres que des savoirs intellectuels et qui ne me sont d'acune utilité. Et je ne dis pas ça en m'octroyant un quelconque titre de savant, bien au contraire. Je ne sais au final pas grand-chose d'utile au regard de tout ce que je pense savoir. Et à 60 ans, c'est loin d'être glorieux. Il y a d'ailleurs dans toutes les fenêtres médiatiques que nous ouvrons constamment sur le monde une forme d'empêchement à apprendre ce qui nous serait utile. C'est pour ça que parfois, lorsque vraiment, je n'en peux plus de ce chaos, je ferme toutes les fenêtres et je vais m'assoir dans l'herbe.
Par
Thierry LEDRU
Le 24/01/2022
Dans le petit village à quelques kilomètres de la maison, il y a une bibliothèque, dépendante de la médiathèque de Guéret.
N'étant pas vaccinés, nous n'avons pas le droit d'entrer dans le local.
Depuis plusieurs mois que nous y allons, nous avons dû croiser cinq adhérents.
Les deux dames responsables de la bibliothèque nous passent par la fenêtre les livres que nous avons réservés. Elles en sont très gênées.
Par contre, quand nous allons à Guéret dans le magasin de bricolage, on entre bien évidemment sans problème.
Serait-ce donc que la culture est sans importance pour qu'elle puisse ainsi être limitée ?
J'ai eu le malheur d'évoquer le sujet sur les réseaux de France info et je me suis fait "incendier" :
"T'as qu'à faire ta piqûre, espèce de danger public".
"Tu n'as que ce que tu mérites."
"On s'en fout de ton problème de bouquins, c'est secondaire."
"C'est à cause d'irresponsables comme toi que cette pandémie est toujours là."
Juste un aperçu.
Il est clair aujourd'hui que les scissions dans la population sont très fortes.
Quand j'étais plus jeune, les discussions qui pouvaient mener à des conflits tournaient principalement autour de la politique, droite-gauche, machin contre trucmuche, etc etc. Désormais, c'est vaccinés et non vaccinés. Mais, en fait, quand on y réfléchit un peu, il s'agit toujours de politique.
Plus de 600 artistes et professionnels de la culture s’opposent à la dérive autoritaire en cours

Plus de 600 artistes et professionnels de la culture s’opposent à la dérive autoritaire en cours
"Comment ne pas se souvenir qu’à chaque fois qu’un État a souhaité stigmatiser et attaquer une partie de sa population, le totalitarisme est alors sorti de l’ombre ?"

18 janvier 2022 - La Relève et La Peste

Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
L’appel à sortir du silence lancé par des bibliothécaires le 14 janvier dernier semble avoir été entendu. Plus de 600 artistes et professionnels du secteur culturel (dont nombre d’acteurs du livre) s’associent pour dénoncer une politique « dangereuse » et stigmatisante, et appellent le plus grand nombre à refuser un projet de société discriminant et autoritaire.
Nous ne sommes toujours pas dupes !
Depuis le mois de juillet 2021 et la mise en place d’un pass dans des lieux du quotidien (malgré les promesses faites au printemps que cela n’arriverait jamais), le gouvernement mène une dangereuse politique de ségrégation à l’encontre d’une partie de la population.
Un grand nombre de citoyennes et de citoyens s’est brutalement vu privé de droits élémentaires et ce dès l’âge de 12 ans. Avec la mise en place du pass vaccinal, l’accès aux loisirs et à la culture est désormais interdit à plusieurs millions de personnes, devenues des parias. Des lieux, pourtant essentiels aux plus modestes, aux plus isolés, pour accéder à l’information, à la culture, au sport, au lien social, ferment à présent complètement leurs portes aux « sans pass ».
Même l’accès équitable aux soins est remis en cause, ce qui est sans doute le plus grave.
Qui n’a pas encore en tête ces déclarations de ministres, d’élus et d’éditorialistes aussi méprisants que méprisables?
« Rendre la vie impossible aux non-vaccinés », « Il faut aller les chercher avec les dents et avec les menottes », « les personnes qui refusent le vaccin, ces jusqu’au-boutistes, sont une faille dans notre système », « faire porter le poids des restrictions aux non-vaccinés », « les non-vaccinés nous pourrissent la vie », « une minorité de connards »etc…
Des propos outrageants et discriminants qui ont largement trouvé écho auprès des médias.
Ces stigmatisations atteignent un point culminant lorsque le Président de la République déclare : « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire jusqu’au bout, c’est ça la stratégie ! »

Lire aussi : Pour la CNIL, le pass sanitaire brise le secret médical et banalise le contrôle de la population
Il va même jusqu’à ajouter qu’un « irresponsable n’est plus un citoyen ». Il dresse ici un mur entre les Français et les Françaises, désigne des coupables, et appelle ni plus ni moins à la déchéance de citoyenneté pour ceux qu’il accuse de « saper la solidité d’une nation » et d’incarner « le mensonge et la bêtise, qui sont les pires ennemis en démocratie ».
Le « Nous sommes en guerre » semble aujourd’hui prendre un nouveau sens, celui d’une incitation à la haine.
En mai 2019, face au traitement médiatique du mouvement des Gilets jaunes et à la répression inouïe qui s’exerçait sur les manifestants, nous étions nombreux et nombreuses à affirmer que nous n’étions pas dupes dans une tribune parue dans Libération
Aujourd’hui, le gouvernement cherche à désigner des boucs émissaires dans la population alors qu’il se défausse systématiquement de toutes ses responsabilités dans la gestion de la crise. Dans le même temps, il orchestre la casse de l’hôpital public depuis des années en plus de la fermeture de lits en pleine crise.

Crédit : Les Essentiels.org
Nous ne sommes toujours pas dupes. La dérive autoritaire se poursuit et se démasque de plus en plus.
Le pass est avant tout un outil puissant de division, de discrimination de la population, de stratification de la société. C’est une véritable porte ouverte vers le contrôle social d’État et entre les individus.
Aujourd’hui, le statut vaccinal comme marqueur de citoyenneté. Et demain ?
Aujourd’hui, l’exclusion sociale, culturelle et sanitaire comme mesure répressive. Et demain ?
Comment ne pas se souvenir qu’à chaque fois qu’un État a souhaité stigmatiser et attaquer une partie de sa population, le totalitarisme est alors sorti de l’ombre ?
Le gouvernement bafoue actuellement la Constitution française, le secret médical, le serment d’Hippocrate, la loi Kouchner dans le but d’imposer son « obligation vaccinale déguisée ».
Il trahit la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen qui stipule que :
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et que « tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas ».
Il va même totalement à l’encontre de la Résolution 2361 du parlement européen votée par la France le 27 janvier 2021 qui prévoit « de s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement » et « de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas être vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner. »
Nous refusons d’être désignés comme « vaccinés » ou « non vaccinés » et d’être poussés au rejet de l’autre.
Nous ne voulons être ni les actrices ou acteurs, ni les complices de ce séparatisme forcé.
Nous, artistes, professionnelles et professionnels, actrices et acteurs de la culture, sommes révoltés par la répression, la manipulation et l’idéologie de ce gouvernement. C’est un moment charnière de notre histoire.
Utilisons notre pouvoir, celui des mots, de la parole, de la musique, de l’image, de la pensée, de l’art, pour dire non à ce projet de société. Nous appelons toutes et tous à entrer en résistance face à ce discours de haine et de division et à être solidaires pour que « liberté égalité fraternité » ait encore un sens.
Les sous-marins jaunes (collectif.yellow.submarine@gmail.com)
Avec le soutien du collectif Lesessentiels.org
Crédit photo couv : Alain Pitton / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Premiers signataires :
Corinne Masiero, comédienne
Dominique A, chanteur
Alexandre Jardin, écrivain
Edmond Baudoin, auteur-dessinateur
Alain Damasio, écrivain
Bruno Podalydès, réalisateur
Antoine Peillon, journaliste, écrivain
Anny Duperey, comédienne, écrivaine, photographe
Swann Arlaud, comédien
Anne Alvaro, comédienne
Ludovic Bource, compositeur
Christophe Alévêque, humoriste, chroniqueur
Marion Mazauric, éditrice
Inès Léraud, journaliste, documentariste
Elodie Menan, comédienne
Ilya Green, autrice-illustratrice
Bernard Friot, auteur, traducteur
Yvan Le Bolloc’h, comédien musicien
Laëtitia Carton, réalisatrice
Agathe Girard, violoniste
Grégoire Girard, violoniste
Hughes Girard, altiste
Lucie Girard, violoncelliste
Marie-Rose Guarnieri, libraire (librairie Les Abbesses, Paris)
Jean-Marc Rochette, auteur-dessinateur
Laurent Bonneau, auteur bd
Germano Zullo, écrivain
Flore Vesco, autrice
Thea Rojzman, scénariste BD
Alain Marc, poète et écrivain
Emile Jadoul, auteur-illustrateur
Antoine Guilloppé, auteur-illustrateur
Isabelle Merlet, coloriste
Jérôme Jouvray, auteur de BD
Olivier Jouvray, scénariste, professeur et éditeur de bandes dessinées
Florence Dupré la Tour, autrice de bande dessinée
Abdourahman Waberi, écrivain et enseignant
Albertine, dessinatrice
Bruno Gaccio, auteur, comédien, producteur
Lionel Chouin, auteur BD
Aya Cissoko, autrice, actrice, championne de boxe
Benjamin Flao, auteur-dessinateur
Christos, auteur
HK, chanteur
Viktor Coup-K, artiste, rappeur
Brigitte Giraud, écrivaine
Alexandre Bergamini, écrivain
Simonetta Greggio, écrivain
Veronique Genest, comédienne
Xavier Laîné, écrivain
Eric Pessan, auteur
Ohazar, auteur BD
Julien Seri, réalisateur
Nina Mélo, actrice
Guillaume Farley, auteur, compositeur, interprète
Joanna Concejo, autrice-illustratrice
Matthieu Maudet, auteur-illustrateur
Michaël Escoffier, auteur-illustrateur
Karine Dubernet, comédienne-auteur
Christophe Léon, auteur
Hélène Vignal, auteure
Martine Bourre, autrice-illustratrice
Jo Witek, auteure
Marin Ledun, auteur
Bruno Heitz, auteur-illustrateur
Frédéric Sther, auteur-illustrateur
Marc Boutavant, auteur-illustrateur
Alain Frappier, dessinateur
Désirée Frappier, scénariste
Jean-Christophe Menu, auteur
Camille Jourdy, autrice-illusratrice
Serge Quadruppani, auteur, traducteur, journaliste
Pascal Dessaint, auteur
Négar Djavadi, auteur-scénariste
Mathilde Domecq, autrice BD
Yamina Benahmed Daho, écrivaine
Isabelle Simler, auteur-illustratrice
Antoine Gavory, écrivain
Sophie Guerrive, autrice-illustratrice
Lætitia Bourget, plasticienne et actrice jeunesse
Anaïs Vaugelade, autrice-illustratrice
Kalune, artiste
Kitty Crowther, autrice-illustratrice
Praline Gay-Para, conteuse, auteure
Natalie Tual, autrice-compositrice
Aurélien Maury, auteur-dessinateur
Benoît Broyard, auteur-dessinateur
Ghislaine Herbéra, autrice-illustratrice
Ingrid Chabbert, scénariste
Thibault Balahy, auteur de BD
Alexis Vitrebert, scénariste-dessinateur
Aude Picault, scénariste-dessinatrice
Natacha Thiéry, enseignante-chercheuse, cinéaste
Lucie Cauwe, journaliste, critique littéraire
Pour voir les 600 signataires de cette tribune et la signer, cliquez sur ce lien https://lesessentiels.org/tribune-des-sous-marins-jaunes/
18 janvier 2022 - La Relève et La Peste
"En avant citoyens enseignants !"
Par
Thierry LEDRU
Le 24/01/2022
On pourrait me proposer le double de ma pension de retraite que je n'irais pas. Sans vouloir manquer de respect envers les anciens combattants, ceux qui ont connu et souffert de la vraie guerre, j'ai l'impression de voir un GVT qui fait appel aux dernières troupes disponibles. Effarant, consternant. Avec un message bien culpabilisant et démagogique : "le plus beau métier du monde et la nécessaire participation de tous pour vaincre les effets de la pandémie. Pour être un bon citoyen, il faut remonter au front.
Ce commentaire exprime parfaitement ce que je pense : "Ce qui était "le plus beau métier" a été bafoué, rabaissé et a conduit aux multiples démissions et difficultés à recruter : tout cela car la hiérarchie ne connaît pas le terrain, un laxisme total où les profs sont constamment pointés du doigts et non soutenus. Le non respect de certains parents prolifère, les insultes aussi mais ils ont le droit les parents, le prof "doit s'adapter" ; de plus en plus d'enfants violents dès la primaire voire la maternelle mais il faut faire avec, les remontées d'informations aux inpections académiques sont systématiquement bloquées, le Ministre actuel n'a sans doute jamais passé une seule journée avec un prof pour évaluer le désastre, les décisions sont prises par des personnes qui ne savent pas 1/10e des difficultés ; le navire de l'école publique sombre, sous les yeux de notre gouvernement qui ne fait rien : la parole des enseignants ne vaut plus rien ; ils ne peuvent plus enseigner : ils gèrent la violence, le non respect et l'administratif sous les yeux de la hiérarchie qui ne les soutient pas. Quel gâchis tout ce laxisme. Plutôt que de se poser la bonne question des démissions en masse et des difficultés à recruter afin de parvenir à remettre à l'honneur l'enseignement et bien les seules solutions trouvées ont été : 1/ baisser le niveau du concours pour le recrutement et 2/ embaucher des "contractuels" qui n'ont aucune formation, aucune notion d'orthographe et de grammaire et qui ne connaissent leur table de multiplication qu'en scrutant leur smatphone .... Voilà où nous en sommes."
"Hors de question que j'y retourne!" : face au Covid-19, des enseignants à la retraite appelés à la rescousse à l'école
Face au nombre important d’enseignants touchés par le Covid-19 dans les écoles, plusieurs départements lancent un appel aux anciens instituteurs. Mais dans leur grande majorité, les néo-retraités rencontrés par franceinfo y sont opposés.
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Radio France
Publié le 24/01/2022 06:30Mis à jour le 24/01/2022 06:44
Temps de lecture : 2 min.

Une classe d'école primaire en septembre 2021; (SULIANE FAVENNEC / AFP)
Annie a reçu le message il y a quelques jours. "C'est un mail qui est écrit en caractères excessivement importants. Je pense que c'est adapté à la population ciblée", explique cette professeure retraitée qui vit à Vannes (Morbihan). Elle fait partie de ces néo-retraités qui sont appelés à prêter main forte à l'Education nationale face au nombre important d’enseignants touchés par le Covid-19 dans les écoles.
"Comme on est pas toutes jeunes, ils se disent qu’on ne voit pas bien", plaisante celle qui, à 61 ans, est retraitée depuis un an et demi. Sur ce mail, il est indiqué : "Vous avez exercé les fonctions de professeur des écoles avant de solliciter votre départ à la retraite. Aussi, je vous informe qu'il vous ait (eh ben, celle-là, elle est belle...) possible d'effectuer des remplacements dans le département du Morbihan".
Mais pour Annie, "hors de question" d'y retourner ! "D'abord, je n'ai pas envie de tomber malade, de me promener dans le département ou de faire de la garderie au pied levé", explique-t-elle.
"J'ai fait ma carrière, j’ai donné, j’ai largement mérité ma retraite !"
Annie, institutrice retraitée
à franceinfo
"J’ai quand même bien souffert à l’Education nationale, je trouve", ajoute la jeune retraitée. La crise sanitaire à l’école, elle l’a déjà connue durant ses derniers mois en classe, en 2020. Et son état d'esprit reflète bien celui des anciens enseignants contactés par franceinfo. "Je ne reviendrai pas faire le pompier de service", lancent beaucoup d'entre eux.
Les volontaires sont rares
Beaucoup d'anciens professeurs des écoles s’inquiètent d’être envoyés, tel n’importe quel vacataire, dans une école trop loin de chez eux. Ce que réfute l'administration. "On va évidemment rechercher une stabilité sur un territoire, autant que faire se peut. On ne veut pas mettre les gens en difficulté ! C’est le plus beau métier du monde", affirme Guylène Esnault, directrice académique dans le Finistère.
Depuis son bureau de Quimper, après avoir épuisé le vivier des vacataires habituels, elle s’apprête à envoyer un courrier, à de jeunes retraités. "En tant que citoyen, c’est aussi se dire 'je participe à la lutte contre ce virus'. Et je pense que c'est important que les enfants continuent d’aller à l’école. Pour les néoretraités, c’est tout à fait dans cet esprit-là", avance Guylène Esnault.

Annie, institutrice retraitée, a reçu ce message lui proposant des remplacements dans des écoles touchées par le Covid-19. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)
Pour la directrice académique, qui espère de nombreux retours positifs dans cette période de crise, "quand on est professeur un jour, on est professeur toujours !".
Reste tout de même une limite d'âge : un fonctionnaire ne peut pas être rappelé au-delà de 67 ans… Théoriquement seulement : en Mayenne, d’anciennes institutrices de 73 et 75 ans ont été recontactées. La direction académique, à Laval, reconnaît un couac : l’âge des retraitées n’avait pas été revérifié.
Des professeurs retraités rappelés à la rescousse par l'Education nationale : le reportage d'Agathe Mahuet
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Par
Thierry LEDRU
Le 23/01/2022
L'école participe très fortement à l'édification de l'ego encapsulé.

"A l'école
On t'apprend à te mettre en rang, tu ne dois surtout pas en sortir.
On te demande de t'asseoir à la même place toute l'année.
On te commande d'écouter.
On te pousse à la compétition.
On te fait croire que tes notes déterminent qui tu es.
On ne te dit pas que tu es à part, différent et que cela fait de toi quelqu'un d'unique.
Que peu importe tes résultats scolaires, tu es merveilleux et bourré de talent.
Que tu as le droit de t'exprimer et de laisser aller tes émotions.
On te parle de gaz, d'électricité, de l'éolien ... Sans jamais te dire que tu es toi même énergie, comme tout ce qui t'entoure. On ne te dit pas que ton énergie vitale est alimentée par les énergies cosmiques et telluriques.
On te parle de l'appareil reproducteur et des organes sexuels, sans s'attarder sur le respect de soi et le côté sacré de la sexualité. On ne te dit pas que ton corps est un temple et que personne n'a le droit d'y toucher sans ton autorisation.
On te colle un masque sur le visage et t' inonde les mains de gel hydroalcoolique, sans te parler de la façon de booster naturellement ton système immunitaire et de rester en bonne santé. Sans te dire que la respiration est un facteur indispensable et primordial pour ton bon développement.
On t'apprend la performance, la richesse financière des pays industrialisés, sans te souligner que la plus grande richesse est dans ton cœur et s'appelle l'amour. Que peu importe la somme figurant sur ton compte en banque, si ton cœur est plein d'amour, tu seras bien plus riche que certains millionnaires.
On te parle rapidement de pays du tiers monde où les gens meurent de faim et sont souvent en guerre, sans t'expliquer que ton propre pays leur vend les armes avec lesquelles ils s'entretuent et qu'il serait facile d'enrayer la faim dans le monde, si c'était rentable. Que la vie de certains vaut bien moins qu'un baril de pétrole ou un kilo de lithium...
On te parle d'éducation civique, de droits et de devoirs en tant que citoyen, alors que nos élus, nos élites, les bafouent chaque jour qui passe. Que tu dois respecter les règlements, de l'école, de la cantine alors que les puissants de ce monde ne respectent rien ni personne.
On te parle rapidement des saisons et des cycles de la nature, sans t'expliquer que cela influe sur ton organisme et qu'il est important de respecter son environnement. Que l'humain est un hôte de la Terre et non son maître. Que Gaia est notre mère nourricière et qu'en la détruisant peu à peu, l'homme court à sa propre perte.
On te donne une carte avec les planètes de notre système solaire sans t'expliquer que tu es constitué de poussières d'étoiles et que tu es relié à l'immensité du cosmos. Que chaque vibration de l'univers a une incidence sur ta propre énergie et vice versa.
Écoute mon enfant, ce que te disent les grands. Mais ne crois rien. Découvre les non dits derrière les leçons classiques, les choses cachées derrière les prétendues vérités. Interroge toi sur tout. Ne prends rien pour acquis. Jamais.
Ouvre grand tes yeux et ton cœur et explore par toi même les mystères de la vie."
Auteur : Patou Llech
Par
Thierry LEDRU
Le 22/01/2022
Aucun acte conscient ne peut se passer d'une pensée. Et un grand nombre de nos pensées est nourri par notre sensibilité et par conséquent nos émotions. Nous sommes des penseurs émotionnels.
Vient ensuite l'engagement. Il peut être spontané ou réfléchi.
Le problème de la spontanéité, c'est la puissance émotionnelle qui la génère. Elle ne deviendra durable qu'au regard de la réflexion qui la suivra. Sinon, elle s'éteindra et les actes par là-même.
Il convient donc de saisir l'émotion viscérale pour nourrir la pensée puis de la canaliser par la raison. C'est là que les actes seront durables.
Vient ensuite le choix des actions à mener et elles sont innombrables.
Il reste à savoir si l'indifférence est plus puissante que le désir de changer, si la volonté est capable de briser la citadelle mentale de l'ego encapsulé qui repousse obstinément les émotions viscérales.
Car il y a nécessairement une émotion viscérale à voir et à entendre souffrir les animaux, à voir mourir les forêts, les océans se vider, les abeilles disparaître, les oiseaux succomber, les éléphants abattus, les dauphins éventrés, les ruisseaux s'engorger de pesticides, les mers se plastifier...
Et s'il n'y a aucune brûlure dans le ventre, si rien ne se noue, jusqu'à la nausée, si rien ne vient hurler à l'intérieur que ça ne peut plus durer, alors, c'est que l'heure du changement n'est pas venue et que la citadelle de l'ego encapsulé n'est pas prête de s'ouvrir.
La volonté est-elle suffisante pour changer de paradigme ? C'est la question clé, le point d'achoppement.
La volonté est une excroissance du mental, une entité qui est fonda-mentalement nourrie par le mental et donc l'ego. Est-ce que l'ego est apte à valider un tel changement de paradigme étant donné que cela revient à contester les anciens fonctionnements, à accepter l'idée que l'individu était dans une voie néfaste.
Je prends un exemple : j'ai mangé des animaux terrestres et aquatiques pendant plus de quarante ans et puis est venu le temps où la souffrance animale s'est révélée, viscéralement. Une véritable douleur. J'ai donc décidé de ne plus manger d'animaux. Je l'ai "voulu" mais cette volonté n'était pas du seul registre de la pensée. La puissance de cette décision prenait sa source dans mon corps.
Il ne s'agissait plus d'un ego encapsulé mais d'un ego décapsulé :) La conscience énergétique d'une connivence, d'une similitude, d'une reconnaissance. J'étais, comme tout être vivant et doué de conscience, un individu empli de la même vie, non pas dans le registre de "mon" existence mais dans celui d'un Tout. Il n'y avait donc plus de scission entre "moi à l'intérieur" et "l'environnement".
L'erreur cruelle de la pensée occidentale est de considérer que nous vivons dans le monde au lieu de réaliser que le monde est en nous. Le monde en tant qu'énergie créatrice. Pouvais-je donc continuer à nier cette énergie créatrice en puisant en elle ce dont je n'avais pas besoin pour vivre ?
Voilà l'importance de la pensée viscérale, voilà la clé pour ouvrir la porte vers un autre monde. Il ne s'agit pas de réfléchir, de raisonner, de peser le pour et le contre, d'opposer les différentes justifications et oppositions d'un mental qui puise dans les conflits intérieurs le prétexte à son hégémonie. L'ego encapsulé est le Maître de la manipulation.
Il faut abolir la peine de mort en Soi parce que cette condamnation relève non pas seulement de l'abattage de milliards d'êtres vivants sur la planète mais également de sa propre déchéance.
Je ne peux pas me nourrir de la mort des autres puisque les autres sont emplis de la même énergie que celle que j'ai reçue. Il est donc vital que l'humanité s'extirpe de la manipulation des égos, qu'elle parvienne à taire le mental en laissant jaillir l'émotion viscérale.
Je sais que ce goût surpuissant de la vie, je l'ai découvert dans la nature, une nature la plus vierge possible, Là-Haut. Puiser dans ses ressources physiques et mentales est un acte qui dénude et c'est une fois "nu" que la conscience du Tout émerge. Il faut arracher les carapaces humaines pour entrer réellement au coeur de la vie. L'ego encapsulé est une entité en armure. Le mental est son ouvrier, il forge, façonne, modèle, reproduit, défait, recommence, s'agite constamment. Il ne supporte pas la nudité intérieure. Il a besoin d'être lourd, de traîner des chaînes et de se réjouir simultanément de sa force. Effrayant stratagème qui consiste à créer un rocher pour le pousser sur la pente et se glorifier de la puissance exercée, de l'opiniâtreté, de la volonté. Une volonté carcérale qui interdit à l'émotion viscérale de s'exprimer. Tant que la dictature de l'ego encapsulé est maintenue, l'émotion viscérale n'a aucune chance de jaillir.
Le monde, tel que nous le vivons, est un espace raisonné, une calèche ancestrale. Le mental est le cocher, l'ego encapsulé le passager, et la norme la voie toute tracée. Les véhicules ont évolué mais aucunement la raison de l'assemblage. Nous sommes dans un schéma répétitif que nous nommons "progrès".
L'émotion viscérale reviendrait désormais à prendre conscience que l'espace, de l'autre côté du fossé, est une voie de salut.

Par
Thierry LEDRU
Le 21/01/2022
J'ai déjà maintes fois écrit sur les Indiens Kogis. Et je continue à m'y intéresser.
Eric Julien les connaît très bien.
Et c'est passionnant.