KUNDALINI.

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«Toute la matière n’existe qu’en vertu d’une force, derrière laquelle nous devons supposer un esprit conscient.»

Max Planck

 

 

Puisque nous pensons en fonction de nos expériences et des sensations éprouvées, qu'en est-il lorsque la sensation est irrationnelle ? Comment penser de façon rationnelle ce qui ne l'est pas ? A quelle objectivité peut-on prétendre ? Les perceptions extrasensorielles ou paranormales ne sont-elles pas plus simplement la mise en évidence de nos limites ? Par conséquent, que fait-on d'une émotion qui survient en dehors de toute expérience reconductible ? Une émotion qui n'a pas de raison d'être et qui en vient à briser toutes les certitudes et les modèles intégrés doit-elle être rejetée ou pleinement explorée ? Quitte à prendre des risques au regard d'une vie formatée...

Et si nos perceptions habituelles étaient en fait paranormales par leur insignifiance au regard de notre potentiel? Et si cette dimension extrasensorielle se révélait finalement l’expression exacte du Réel ?

 

Je n'avais pas le choix. Il fallait que j'écrive ce roman..... Je ne pouvais pas déposer simplement de telles questions dans un coin de ma tête au risque qu'elle se mette à pencher d'un côté.


                                                                                              

                                                          KUNDALINI

 

 Un an déjà. Un an sans lui, sans son corps, sans ses mots, sans sa présence.

 La dernière fois qu’ils s’étaient aimés.

 Il n’avait pas joui.

 

Elle avait eu peur. Il n’avait pas voulu parler. Un silence buté. Il avait juste dit que ça n’était pas grave. Mais ça l’était pour elle. Elle considérait qu’elle en était responsable, qu’elle n’avait pas su lui donner ce qu’elle avait reçu. Un orgasme bref mais au moins présent.

C’est lui qui s’était dégagé. Il s’était allongé sur le dos et il avait remonté la couette sur leurs corps. Fin des ébats.

Elle avait gardé en elle un mélange de déception et d’incompréhension, de tristesse et de surprise. La première fois que la sexualité de leur couple devenait explicitement un acte séparateur. Sans que rien ne l’explique.

Les jours suivants avaient contribué à gonfler cette pression dans sa poitrine. Elle avait initié une nouvelle tentative, des câlins incitateurs mais il n’avait pas donné suite. Un bloc froid et lointain.

Jour après jour, Laurent s’était retiré dans une sorte d’absence, une fuite mutique.

 

Cinq semaines plus tard.

Elle était rentrée après sa plus longue journée de travail. Dernier groupe. Fermeture de la salle à vingt-deux heures. Il aurait dû être là. Elle l’avait appelé à travers la maison.

Elle avait juste trouvé la lettre sur la table du salon.

« Maud. Je m’en vais. J’ai quelqu’un d’autre dans ma vie. Il faut que tu trouves un avocat pour le divorce. Je prendrai tous les torts. Je vais vendre mon entreprise pour partir m’installer à l’étranger. Tu pourras garder la maison. Je t’appelle demain. »

 

Elle en avait eu le souffle coupé. Les jambes qui ploient.

Elle avait pris son portable.

Messagerie immédiate, téléphone éteint. Il ne répondrait pas.

Le ventre révulsé, une contraction insupportable dans son bassin, une brûlure inconnue au bas de sa colonne, des spasmes d’air vicié. Elle s’était précipitée aux toilettes et elle avait vomi.

 

Un an déjà.

 

Elle n’avait rien vu, rien deviné, rien pressenti.

Elle n’avait même jamais rien su de l’homme de sa vie.

Et c’était comme si son existence s’effaçait elle-même, comme si de voir apparaître devant elle une personne désormais inconnue, elle en perdait sa propre existence.

« J’ai quelqu’un d’autre dans ma vie. »

Elle n’avait pas compris la tournure. Pourquoi n’avait-il pas employé le mot « femme » ?

Elle n’aurait jamais pu imaginer que l’homme de sa vie aimait les garçons.

Elle n’aurait jamais pu deviner que cela durait depuis des années, qu’il vivait une double vie chez un compagnon, que dans ses séminaires à l’étranger, il ne partait pas souvent seul.

Elle n’aurait jamais pu imaginer tout le reste.


                                                                                       

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KUNDALINI : Point final

KUNDALINI : Un an

KUNDALINI : étude et symptômes

KUNDALINI : réflexions. (1)

KUNDALINI : réflexions. (2)

KUNDALINI : réflexions. (3)

KUNDALINI : réflexions. (4)

 

 

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Commentaires (3)

Fabien
  • 1. Fabien | 19/09/2016
Si ce roman est de la même veine littéraire que "Là-Haut", je ne manquerai pas sa publication que j'espère prochaine.
Lucile
  • 2. Lucile | 03/11/2017
J"ai une furieuse impatience à attendre la publication de ce roman et je l'espère la plus proche possible. J'ai lu tous les extraits et le plus surprenant, c'est cette impression étrange que ce texte est écrit par une femme. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais les descriptions des pensées et des émotions ne relèvent pas, habituellement, de l'espace masculin. C'est en tout cas une écriture qui me réjouit. Merci
Thierry LEDRU
  • 3. Thierry LEDRU | 03/11/2017
Mille mercis Lucile. C'est un commentaire qui me touche beaucoup. Je ne manquerai pas de signaler ici la parution du roman si cela se fait un jour.

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