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"Le chemin de la nature"
- Par Thierry LEDRU
- Le 19/04/2021
Un site que nous regardons régulièrement et avec lequel nous avons beaucoup appris.
Hier, nous nous sommes accordés une pause dans les travaux à la maison et nous sommes allés nous balader, à la recherche des plantes sauvages. Quinze kilomètres dans les chemins des forêts.
Nous avons trouvé du cerfeuil des bois. C'était bien lui puisque nous sommes toujours en vie :) -
Le marché mondial et ses cafouillages
- Par Thierry LEDRU
- Le 19/04/2021
Ruptures de stock, pénuries, difficultés d'approvisonnement. Hausse des prix, baisses des marges pour les entreprises.
Comme on est en pleine rénovation de la maison, j'ai pu constater de visu toutes ces difficultés. Sur le bois, sur les métaux, sur l'électricité, sur l'outillage, sur les matériaux d'isolation. Rien en dépôt, des commandes passées qui n'arrivent pas, des délais inconnus. Et c'est partout pareil, pas uniquement dans la Creuse. Les entreprises tapent dans les stocks mais ne savent pas combien de temps elles tiendront.
Là encore, il s'agit donc de se "débrouiller" et c'est là que la récupération joue son rôle. Pour ma part, je n'ai aucune hésitation quand je vois une camionnette décharger à la déchetterie des panneaux isolants, des panneaux en aggloméré, des panneaux en OSB (alors qu'il n'y en a plus en vente un peu partout en France)...Je récupère, je descends dans les bennes et au final, parfois je rentre avec davantage de matériaux que ce que je suis allé jeter. Pas plus tard que vendredi. J'y vais avec une remorque de végétaux divers, non utilisables en broyat. Une remorque de 500 kg de charge utile. Pour donner une idée de la taille. Au final, je suis rentré avec une remorque pleine. Deux meubles, des plaques de laine de roche, des panneaux d'aggloméré, des panneaux d'OSB, de la bâche noire d'ensilage (je l'utilise pour entourer les planches dans la serre), des tuyaux de gouttière, des bobines de fils électriques (très utiles dans le potager comme liens), des piquets métalliques tordus qui ne demandaient qu'à être redressés à coups de masse.Avant de se plaindre de l'approvisonnement qui vient de Chine, de se plaindre de la pollution générée, de la dépendance économique, il faudrait déjà apprendre à ne pas jeter tout et n'importe quoi. Bien entendu que ça ne peut pas être une voie royale mais c'est au moins une voie de secours. C'est comme de vouloir multiplier les moyens de production électrique, nucléaire, éolien, solaire, hydroélectrique etc...Il faudrait déjà éteindre les lampadaires dans les campagnes. Ici, il y a cinq lampadaires dans le hameau, allumés toute la nuit. C'est ridicule. Et je ne parle pas des vitrines dans les villes. Et des lumières dans les usines quand personne n'y travaille. Des milliers d'exemples de ce gaspillage quotidien.
Réduire au lieu de vouloir produire davantage.
Non, impossible, réduire, c'est revenir à l'époque des cavernes, me répond-on. La décroissance, c'est bon pour les hippies.
Mais oui, bien sûr.
Alors, je suis un hippie néanderthalien.
La pénurie de bois de construction pénalise le secteur du bâtiment
Publié le : 25/03/2021 - 00:06

Une charpente en cours de construction. (Photo d'illustration) Getty Images - sot
Par :Altin Lazaj
4 mn
Le bois de construction connait une pénurie et une hausse des prix. Une situation qui affecte le secteur du bâtiment en France et en Europe qui souffre également du ralentissement de l’activité en raison de la crise sanitaire.
Les professionnels du bâtiment en France tirent la sonnette d’alarme sur une pénurie de bois de construction qui menace l’approvisionnement des chantiers. Ce bois, utilisé pour les structures ou encore les charpentes des bâtiments, connait également une flambée des prix ces derniers mois, entre 20 et 30% d'augmentation depuis octobre.
La pandémie, principale raison de la pénurie
Les restrictions sanitaires et le confinement ont perturbé la production de bois de construction et des produits semi-transformés. À cela s’ajoute une désorganisation au niveau mondiale du transport maritime, ce qui complique le système de distribution et cause des retards de livraisons. Une situation qui risque de durer jusqu’en été.
Autre facteur, les Américains achètent de plus en plus du bois européen. Traditionnellement, ils s’approvisionnaient au Canada, mais depuis que Donald Trump a imposé des taxes sur les importations du bois d’œuvre canadien, les entreprises américaines se sont repliées sur le marché européen. « Et elles n’hésitent pas à payer le prix fort pour s’approvisionner », explique Luc Charmasson, président du comité stratégique de la filière bois.
Hausse des prix du bois de construction
Conclusion : suite à une forte demande accompagnée d'une pénurie, les prix du bois de construction ne cessent de grimper. Ce phénomène n’est pas seulement français, mais aussi européen.
Résultat, les entreprises du bâtiment subissent une double peine. Elles sont obligées de faire moins de marges à cause de cette hausse des prix et elles risquent de payer des pénalités de retard de livraison des chantiers du fait de la pénurie de bois.
La pénurie de semi-conducteurs provoque l'arrêt de l'usine Stellantis de Rennes : la CFDT s'inquiète pour les salaires
Il n'y aura aucune livraison de semi-conducteurs, ces composants électroniques indispensables à l'équipement des voitures, avant vendredi.
Article rédigé par

Radio France
Publié le 19/04/2021 08:22
Temps de lecture : 2 min.

Stellantis, un groupe né de la fusion de PSA et de Fiat Chrysler. (ALESSANDRO DI MARCO / ANSA / MAXPPP)
La production de l'usine Stellantis, le groupe né de la fusion de PSA et de Fiat Chrysler, de Rennes-La Janais, sera quasiment à l'arrêt à partir de lundi 19 avril jusqu'à vendredi prochain en raison d'une pénurie en semi-conducteurs dans le monde entier. "On ne s'attendait pas à une semaine de coupure", a réagi Laurent Valy, secrétaire du comité social et économique et secrétaire de section CFDT de cette usine lundi sur franceinfo. Il s'inquiète pour les salaires. Environ 2 000 personnes travaillent dans cette usine.
franceinfo : Est-ce que vous aviez déjà connu ça, toute une usine à l'arrêt pour des problèmes d'approvisionnement ?
Laurent Valy : Cette pénurie mondiale des semi-conducteurs, ces petits composants électroniques indispensables pour produire les voitures, les PC, les téléphones, les consoles, on l'a au-dessus de la tête depuis quelques temps. Mais on ne s'attendait pas à une semaine de coupure.
Qui est responsable selon vous ?
Il y a deux facteurs importants pour cette crise mondiale, la pénurie de l'offre, avec quand même une production qui est très axée en Asie.
"Il faut savoir que la production des semi-conducteurs reste très mal répartie dans le monde et clairement, l'Europe est en situation de faiblesse sur ce point."
Laurent Valy
à franceinfo
Au Japon, l'usine Renesas, un des grands fournisseurs pour l'industrie automobile qui représente quand même 30 % du marché, a subi un incendie. En parallèle, on a Huawei, qui a stocké fortement dès 2020 des semi-conducteurs dans un contexte de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.Il y a eu aussi une augmentation forte de la demande, dès 2020, avec une reprise économique à laquelle on ne s'attendait pas. La crise du Covid-19 a fait exploser le télétravail et la demande en matériel informatique. En parallèle, on a aussi le lancement de la 5G avec une nouvelle génération de téléphones, les lancements des nouvelles consoles de jeux, par exemple la Playstation.
Quelles conséquences pour les salariés du groupe Stellantis ?
On a cette chance d'avoir un dispositif au sein du groupe de modulation du temps de travail. Mais bon, le problème, c'est l'accumulation des séances. Bien sûr, les salariés vont commencer à dépasser le seuil de déficit, le déficit de 84 heures fixé par la modulation. Au-delà, ils basculent en chômage partiel. Il y a le plus grand fabricant de puces électroniques au monde, TSMC, qui a averti le 15 avril que la pénurie va durer. Il n'y a aucun doute sur le fait que, malheureusement, nous allons devoir subir [cette pénurie] encore toute l'année. Donc oui, il y a de l'inquiétude sur les pertes de salaire.
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Bande-son
- Par Thierry LEDRU
- Le 18/04/2021
Il y a longtemps que je n'ai pas posté de vidéos musicales.
Lorsque je travaille dehors, j'écoute souvent de la musique avec mes écouteurs de MP3.
J'ai enregistré une playlist assez conséquente :)
J'avais seize ans, mes parents m'avaient offert un "walkman" (il faut être né dans les années 1960 pour savoir à quoi ça ressemblait) :) :)
J'avais des cassettes et il fallait la retourner dans l'appareil pour écouter l'autre "face" :) :)
Mais j'ai découvert à cette époque-là la puissance des souvenirs quand ils sont associés à la musique.
Mes parents, en réponse à mes suppliques, avaient accepté d'aller passer les vacances dans les Pyrénées. J'étais comme un jeune chien fou, je courais partout, Un immense bonheur. J'avais mon walk man à cette époque, j'écoutais beaucoup "Mahavisnhu orchestra" et "John Mac Laughlin". Lorsqu'on est rentré en Bretagne et que j'écoutais à nouveau ces cassettes, toutes les images revenaient avec une précision étonnante. Les images étaient inscrites sur la bande son.
Je n'ai jamais arrêté ensuite. J'ai très souvent de la musique dans les oreilles.
Mes goûts ont changé avec le temps. Mais pas cet amour des "bandes-son" qui accompagnent mon existence.
Ascendant - Ascension [SpaceAmbient]
Kisnou - Unbound
Jon Hopkins - Feel First Life (Official Video)
Dreamstate Logic - Luminescence [SpaceAmbient]
Interconnected Cosmos & Dreamstate Logic - Toward The Light [SpaceAmbient]
Jon Hopkins - Emerald Rush
The Ambientalist - A Children's Dream
Jon Hopkins - Everything Connected (Official Audio)
Barry Hudson-Taylor - Motion
HOSTILES OST MEDLEY
Martin Roth - An Analog Guy In A Digital World
Christian Löffler - Swim
Christian Loffler - Neo
Christian Löffler - Ry
För Alltid - Vindstilla
Delectatio - Adjust
Hirola - Perpetual Light
Alaskan Tapes - Because Finally It's Everything
Skekz - 8-bit Cloud
Luke Pearson - Requiem In The Mountains
Tambour - The Nude And The Quiet
Alaskan Tapes - Views From Sixteen Stories
Joachim Heinrich - Windlicht
Her OST - 13. Dimensions
Colton Jackson - Here Today, Remembered Tomorrow
Cash - Reverie
Clemens Ruh - Days Of Wonder
Delectatio - Broken World
Dan Farley - Lorica
Atis Freivalds - Solitude
Max Richter - The Young Mariner
Max Richter - Never Goodbye
Departure
Sonic Scope - Goodbye
Medium Format TLR images - Roofless Room
Max Richter - War Anthem
Olafur Arnalds - TREE
Ólafur Arnalds - The Final Chapter
Ólafur Arnalds - Only The Winds
Max Richter - She Remembers
Solace - Come Find Me
Fjordne - "Last Sun"
The Tumbled Sea - A Song For Staying In
The Tumbled Sea - melody iii
Joachim Heinrich - I Throw This To The Wind
Kisnou - H.O.M.E (Music Video)
Joachim Heinrich - Horizon
Joachim Heinrich - As Guiding Lights Appear
Solace - St Catherines
Solace - If Only
Nomad - Weep
Tristan Eckerson - Sepelo
Where the Good Way Lies - Hope Unfolds
August Søren - Come Back Into The Light
An Imaginal Space - Myths
Ether - As If Time Stood Still...
Arros - Find Yourself
No-kë - Oceans
Tony Anderson - Younger
The Monk by the Sea - Lake
Serein - Avenoir
Jakob Ahlbom - Approaching Spring
Joachim Heinrich - Pilgrim
BLUT OWN - We Are Young
Kisnou - Let Go
Joachim Heinrich - Lùnastal
Aeon Waves - The Lonely Path
Blut Own - Endless Space In Mirror
Blut Own - Avalanche
Blut Own - Reminiscence
Wezi Mkandawire - Where I Belong
Sensitize - Shinrin-Yoku
Serein - Reconcile
Fading Language - A Memory to Lay Waste To
the tumbled sea - melody summer (Full Album)
Takeoff
Asmar - Ameth [ARTSGALLERY001]
Phon.o - Leaving Khidi
Christoffer Franzen ( Lights & Motion) ~ Breathe
Eikona - Engraved in Torchlight
Tom Day - Starlight
Brombaer - Silencio
moshimoss - Untitled Song (Live at Camp Off-Tone 2015)
Igor Khabarov - Try
Dominik Landahl - Nivalis
Aleks Michalski - Existence
Joachim Heinrich - I'm An Astronaut
Joachim Heinrich - Unreachable
Joachim Heinrich - Stjärna
Joachim Heinrich - Water
Introspecter - Submerged
Ayush. - Rue
Need a Name - Patterns
Pg. Lost - Crystaline
Max Richter - The Consolations of Philosophy
Tom Day - Descending
James Maloney - Blink
Wreckage Machinery - Hourglass
Wreckage Machinery - Dawn of Time [Epic Emotional Music]
Rone - Parade
Rone - Brest
Kiasmos - Gaunt (Official Music Video)
Kiasmos - Burnt (Official Audiovisual)
Apstract - Lights
Chasing Dreams - Departures
Aurora - Hans Zimmer
Random Forest - Awakening
Ólafur Arnalds - Particles ft. Nanna Bryndís Hilmarsdóttir
The Captive Oceans - New Beginnings
Tambour - Sleepers
Unforseen - The Universe Inside Of You
Hiatus - Nobody
FREE DOWNLOAD: Sweet Tooth - Walk With Me (Hiatus Remix)
Stellardrone - To The Great Beyond [SpaceAmbient]
Aural Planet - Sunfruits Avenue [SpaceAmbient]
Jón Hallur - Red Glowing Dust [SpaceAmbient]
Tom Day - Flemington
Tom Day - Peaks
Tom Day - Never Give Up (Soundtrack Mix)
Tom Day - Who We Want To Be
Tom Day - Going Home
Owsey - Sarah's Summer Wasteland
12. Explosions in the sky - An Old Peasant Like Me
02. Explosions in the sky - Theme From Prince Avalanche
Hans Zimmer - No Time For Caution (Interstellar Soundtrack)(Docking)(Interstellar OST)
Hammock-Like A Valley With No Echo
Luke howard - Schlusshymne
Luke Howard - Rotations
Luke Howard - Liminal
Luke Howard - August
Luke Howard - Hold Me Through
Kosh Anade - Fractures
We Are All Astronauts - Ether
Michael FK - Boundaries Of Imagination
Levi Patel - As She Passes
We Are All Astronauts - Doves
Greg Haines - So it goes
Jon Hopkins - Luna Moth
Jon Hopkins - A Drifting Up
Jon Hopkins - Nightjar
Jon Hopkins - journey
Moon Ate the Dark — She/Swimming
Rybitwa - The Perfect Sleep [Ambient Set]
Moon Ate the Dark — Messy Hearts
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Les survivalistes dans le collimateur.
- Par Thierry LEDRU
- Le 18/04/2021
Les médias mainstream se lâchent beaucoup en ce moment sur la mouvance "survivaliste". On pourrait parler tout autant d'une mouvance appelée également celle du "citoyen prévoyant". Mais les médias ont besoin de l'audimat et le terme "survivalistes" contient davantage d'images, de projections, de suppositions.
Je poste ici un message écrit par une personnalité connue de ce milieu. Qui n'est pas un "milieu" d'ailleurs avec ses réunions secrètes et ses "leaders" mais juste une communion de pensées dans laquelle un nombre grandissant d'individus trouvent des valeurs qui leur parlent.
Si nous sommes venus nous installer dans la partie Sud de la Creuse, c'est en réponse à de multiples interrogations depuis des années, de multiples états des lieux, analyses, observations. Ici,nous pensions pouvoir trouver un lieu de vie qui répond à nos valeurs. Et depuis un mois que nous sommes là, nous pouvons dire sans aucune hésitation que nous ne nous sommes pas trompés.
J'ai longuement étudié les graphiques météorologiques, les graphiques de pluviométrie, les cartes du réseau hydrologique, les graphiques de températures, les vents dominants, l'ensoleillement, les graphiques historiques sur les gelées printanières, j'ai lu des articles sur l'agriculture de la région, écouté des vidéos sur des adeptes de la permaculture qui parlaient de la qualité du sol, sur les plantes sauvages disponibles, sur la présence des arbres fruitiers plantés tout autant que les ressources sauvages (châtaignes, noyers, cerisiers, pommiers, cerisiers, poiriers, noisetiers...
Les graphiques sur l'évolution démographique, sur le maillage économique, sur le développement des centres urbains, j'ai lu de multiples ouvrages historiques et sociologiques, étudié la carte des risques "Seveso".
Puis nous sommes venus sur place, particulièrement sur le plateau des Millevaches, on a discuté avec des gens du terroir, on a cherché à ressentir les choses, l'aspect relationnel, l'accueil, la curiosité, l'envie de connaître l'autre, "l'étranger". Nous avons vu la bienveillance, nous avons entendu les paroles qui nous réjouissaient. Ce goût de la vie de terriens, ce goût de l'anticipation, de la préparation, le sens de la communauté, le désir d'autonomie, le désir de résilience, de débrouillardise, de partage.Qui y a-t-il de "malsain" dans tout cela ? En quoi devrions-nous êtres assimilés à des individus qui se mettent "hors la loi" ?
Encore faudrait-il d'ailleurs connaître tous les paramètres de l'histoire en cours...mais bon, passons. On ne saura jamais tout. Donc, je n'en pense rien du tout.
Sans doute ne faudrait-il se donner aucune étiquette ? J'en connais effectivement les dangers. Les gens sont friands des étiquettes.
Alors disons que nous ne sommes pas survivalistes, ni citoyens prévoyants, ni rebelles, ni anti mondialisation, ni adeptes de la décroissance. Nous ne sommes rien dautre que deux individus qui aspirent à vivre au mieux avec nos valeurs et nos convictions.
Mouvance survivaliste : réalité et propagande politico-médiatique
https://www.resilience-urbaine.com/survivalisme-resilience/mouvance-survivaliste-realite-vs-propagande/
Publié par Légendat | 17/04/2021 | Survivalisme et résilience | 6 |

Que vous soyez un curieux de passage ou un de mes lecteurs assidus, il ne vous aura pas échappé que le survivalisme en France commence à sentir le soufre. La « mouvance survivaliste » fait couler de plus en plus d’encre, et pas pour chanter nos louanges.
Ces derniers temps, les survivalistes ont été associés à des actes atroces en contradiction totale avec nos valeurs : prévoyance sereine, solidarité, respect de son prochain, de la loi et des forces de l’ordre.
Il est indéniable qu’il y a des fous partout et que certains se disent « survivalistes ». Mais si un écologiste décide d’abattre des automobilistes au hasard, parlera-t-on alors de « mouvance écologiste » dans les médias ou le traitera-t-on comme un événement isolé ?
La mouvance survivaliste française
J’ai abordé l’essence du survivalisme dans cet article où j’explique longuement les fondements de la démarche survivaliste.
Dans les médias, on parle désormais de « mouvance survivaliste » au moindre fait divers pour mieux nous associer à une idéologie dangereuse. Les mots ne sont pas choisis au hasard et sonnent comme il faut pour être sûr de faire de nous un nouvel ennemi identifié et identifiable.
« Survivaliste » semble être l’étiquette parfaite pour un nouveau vivier de boucs-émissaires : globalement personne n’est vraiment d’accord sur la définition, c’est vague, le public visé n’est pas la cible électorale et détient souvent des armes (légalement, mais ça fait l’affaire).
Sauf que…
Il y a un problème de taille : la mouvance survivaliste n’existe pas. Nous sommes tous dans une démarche individuelle : la protection de nos familles.
Et par protection, on parle essentiellement de résilience familiale, alimentaire et matérielle, n’en déplaise à ceux qui souhaitent nous faire passer pour des paranoïaques en crise ou des milices paramilitaires suprémacistes.
Nous n’animons aucun débat politique public, nous n’avons pas de revendications politiques autre que de jouir de nos droits constitutionnels, nous ne nous réunissons pas en parti ni en associations, nous n’avons pas de représentants.
Je ne parle au nom de personne et personne ne parle en mon nom. Comme vous, je suis totalement indépendant et je ne suis affilié à aucun groupe, réseau, mouvement ni à aucun courant de pensée d’aucune sorte.
Tout cela pour une raison simple : le survivalisme est une démarche personnelle, une prise de responsabilité face à son destin et rien d’autre.
S’attaquer aux survivalistes a autant de sens que s’en prendre aux alpinistes ou aux écologistes : ce n’est pas parce que nous partageons un intérêt commun -celui de nous préparer aux catastrophes qui pourraient frapper nos familles- que nous formons une masse cohérente qui partage une idéologie commune.

J’apprécie particulièrement la notion « d‘imaginaire du danger« . Un mélange des genres navrant alors qu’on parle de la disparition d’une enfant… Article complet, livré sans sac vomitoire : https://www.dna.fr/faits-divers-justice/2021/04/16/mia-enlevee-par-des-survivalistes-quelle-est-cette-mouvance
Se préparer au pire ne veut pas dire qu’on vit dans une spirale de peur. Être capable de se défendre ne veut pas dire qu’on se prépare à attaquer son prochain.
Tiens, puisqu’on en parle, pourquoi voudrait-on se préparer au pire et savoir se défendre ?
Survivalisme et défaillance de l’Etat
Je m’amuse de recevoir des leçons des médias et de la classe politique qui, jour après jour, se montrent aussi réticents et impuissants à comprendre et respecter les Français comme à prévoir et préparer leur avenir. Je ne réponds plus à aucun journaliste pour une raison simple.
En France, on ne pose pas les bonnes questions !
La seule vraie question à poser est : pourquoi de plus en plus de français s’intéressent-ils à la « mouvance survivaliste » ?
La réponse est aussi évidente qu’inavouable pour les politiques : les Français se préparent au pire car l’Etat est défaillant et que plus rien ou presque ne garantit notre sécurité matérielle et personnelle.
Un tour dans les rues d’une grande ville de France ou 15 minutes de lecture des faits divers de la presse suffisent pour s’en rendre compte. Il n’y a que les vendus et les politiques hors-sol pour feindre de ne pas le voir. J’ai déjà évoqué le rôle du tissu social dans la bonne marche de la société. A vous de juger ce qu’il en est aujourd’hui.
Notre pays est dans un état lamentable et les citoyens avisés se préparent au pire car le gouvernement se montre incapable de remplir ses fonctions régaliennes.
Un citoyen qui se sent en sécurité ne ressent pas le besoin de se protéger lui-même.
Un citoyen qui a confiance en son gouvernement et en l’économie de son pays ne ressent pas le besoin de stocker des vivres.
Un citoyen qui a confiance en l’avenir ne se prépare pas au pire.
Alors, à qui la faute ?
Les politiciens ne feront jamais ce constat publiquement car les fondements de notre Etat de droit se sont effondrés. Ils n’ont manifestement pas l’envie et plus le pouvoir de changer les choses, il est donc bien plus facile de faire passer les survivalistes pour des fous dangereux que d’assumer leur échec et les conséquences à venir. Je vous parle souvent d’inversion des valeurs… on est encore et toujours dans ce contexte.
Ne vous y trompez pas : tout est vu, tout est su et rien n’est fait au hasard.
Plus la propagande politico-médiatique sera bruyante et agressive, plus il sera évident que nous sommes de plus en plus nombreux à voir la réalité en face et qu’elle va bientôt nous exploser à la figure.
Plus que jamais, faites marcher vos neurones et ne doutez pas de votre boussole intérieure.
Prenez soin de vous et de vos proches.
Légendat.
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Un mois après
- Par Thierry LEDRU
- Le 17/04/2021
Voilà donc un mois que nous sommes arrivés dans notre nouvelle maison.
4300 mètres carrés de terrain avec un puits, une maison principale, une deuxième petite maison à finir de rénover, une grange de cent mètres carrés avec dalle en béton, un immense abri pour le bois de chauffage. Un ancien potager, une serre à rénover, des arbres fruitiers matures.
On commence les journées à 9 h et on arrête à 17 h. Et c'est que du bonheur. On a entamé un "cahier du jour" où on écrit tout ce qu'on fait, avec les dates. C'est important pour le suivi des travaux au jardin. En un mois, on a écrit quelque chose tous les jours :)
On est la dernière propriété d'un hameau avec dix-sept habitants à l'année. Il y a deux ans, ils n'étaient que sept. Juste pour montrer l'importance du mouvement des citadins vers les campagnes.
Nous sommes à 600 mètres d'altitude, la première ville est à dix minutes, (1400 habitants) la première grande ville qui est également la préfecture est à 30 minutes (13 000 habitants).
Une de nos voisines travaille dans l'immobilier et confirme ce que nous avons connu lorsque nous cherchions cette maison : le boom de l'immobilier vers les campagnes est phénoménal. Il n'y a d'ailleurs quasiment plus aucune maison à vendre sur le secteur. Les prix ne cessent de grimper et les artisans du secteur sont débordés de travail. Toutes les anciennes maisons qui ont été rachetées ont besoin d'eêtre rénovées et il n'y a pas assez de professionnels du bâtiment pour répondre aux demandes. Bien évidemment que l'éducation nationale porte une grande part de responsabilité dans cette pénurie de travailleurs. Déjà, lorsque j'étais lycéen, les filières professionnelles étaient considérées comme des voies de garage, des filières de misère, juste bonnes à récupérer les élèves qui ne pouvaient pas suivre la voie royale du BAC général. Pitoyable désastre. Mais de toute façon, qu'est-ce qu'on pourrait trouver de positif dans l'historique de l'éducation nationale depuis quarante ans ?...
Une particularité ici, c'est le silence. Et on réalise à quel point le bruit humain est un phénomène que nous ne supportions plus. On entend parfois une tronçonneuse, une tondeuse, une voiture qui passe sur la petite route (dix voitures par jour, c'est un grand maximum). Le chant des oiseaux est un fond sonore constant. Ils sont chez eux dans le jardin et notre présence ne les gêne aucunement. Ils sont près de nous et chantent.
La nature n'est pas silencieuse. C'est le bruit humain qui vient couvrir la vie qui s'y trouve. Combien d'humains dans leur environnement n'entendent plus les oiseaux, ne connaissent plus le silence, c'est à dire en fait, le bruissement de la vie naturelle ? L'accoutumance à ce bruit humain est une abomination mais bien pire encore, c'est le fait d'accepter de ne plus entendre vivre la nature. C'est une caractéristique de l'humain d'ailleurs d'être capable de s'adapter au pire en croyant que c'est raisonnable. Ce mouvement d'un nombre de plus en plus important de gens vers une autre vie est un mouvement qui ne s'arrêtera plus. On a eu une discussion avec le maire de la commune et il nous disait qu'ils sont prêts à accueillir davantage de monde et à faire évoluer les services inhérents mais pas au détriment de cette qualité de vie que tous ici sont venus chercher depuis bien logtemps et ne veulent surtout pas perdre.
Les nuits étoilées sont dignes de celles qu'on trouve en altitude. Aucune poluution lumineuse. Le ciel est un joyau.
Une chouette, "l'aboiement" d'un chevreuil en vadrouille, les cris des renards (ils ont un répertoire étonnant), le vent dans les feuillages. Et parfois, rien du tout. Rien, absolument rien. Il semble qu'ici, les lignes aériennes sont aussi vides que les routes départementales. Même en l'air, personne ne passe :)
On a rencontré nos voisins et certains d'entre eux sont là pour les mêmes raisons que nous : l'autonomie. Une vision identique de nos sociétés consuméristes. Tous sont là pour la même chose, un élément incontournable : la paix, la tranquillité, le silence, une vie simple d'où les attirances de la ville sont exclues. Tout le monde récupère, farfouille, stocke, répare, recycle, bricole. Il existe une réelle solidarité, le sens de la communauté, le partage. On nous a donné des oeufs, des graines et on a donné nos confitures et un peu de tout ce qu'on a récupéré dans cette maison. La propriété était meublée, la grange était remplie d'outils et de tas de matériaux. Tout ne nous servira pas. Alors, on partage. Et tout le monde en fait autant.
Cette vie rythmée par nos travaux nous a considérablement "coupés" du monde. On ne savait même pas qu'il y avait un nouveau confinement :) On réalise en vivant ici avec cette activité quotidienne tournée vers le terrain et les divers travaux dans la maison à quel point la vie sociale entretient un envahissement intérieur, une sorte de contamination, une dérive de pensées. C'est ça aussi la vie de retraités. Une retraite sociale, un éloignement, une distanciation, un choix volontaire d'activités et c'est un immense bonheur, un profond soulagement.
Lorsque j'ai appris qu'il y avait un nouveau confinement, je suis allé fouiller sur internet et de tout ce que j'ai lu ou écouté, il y a une vidéo que j'ai trouvé intéressante. Je me demande effectivement si l'espérance de sortir un jour de cette crise sanitaire n'est pas une illusion. Ce qui est certain, en tout cas, c'est que l'impact économique sera gigantesque et il serait risible de prétendre pouvoir aujourd'hui en évaluer avec certitude les dégâts et les changements considérables que cela va engendrer.
Pour notre part, les vidéos qui nous occupent sont celles de Damien Dekarz ou de Rémi, du "jardin d'Emerveille".
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Auteur inconnu
- Par Thierry LEDRU
- Le 24/03/2021
Une citation d'un auteur inconnu.
Cela parle de notre situation actuelle.
La crise actuelle, c'est l'eau autour de nous.
Il est de notre responsabilité de maintenir cette eau à l'extérieur pour ne pas couler.
On pourra me rétorquer que ma situation est celle d'un privilégié. Cette crise n'impacte pas mes finances, elle n'impacte pas mon mode de vie, elle n'impacte pas ma vie de couple. Oui, c'est certain, je suis un privilégié. J'aurais certainement beaucoup plus de mal à suivre ce conseil si j'étais encore instituteur, responsable de trente enfants.
C'est là qu'on voit la marge entre l'écrit et le monde social, entre la réflexion et l'existence quotidienne. Il n'en reste pas moins qu'on peut toujours tenter de garder tout cela à l'esprit. Au moins, comme une sorte de renforcement de notre étanchéité.
"Les bateaux ne coulent pas à cause de l’eau autour d’eux.
Ils coulent à cause de l’eau qui rentre à l’intérieur.
Ne laissez pas les événements qui surviennent autour de vous pénétrer votre esprit et vous faire couler. »AUTEUR INCONNU
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Absence prolongée
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/03/2021
On a vendu notre maison en Savoie.
On change de région.
Départ dans quelques jours.Un nouveau projet, un projet qui va réclamer du temps, beaucoup de temps et beaucoup d'énergie.
Ce blog va donc entrer en mode "pause".
Je m'occuperai uniquement d'archiver les articles, de faire du rangement. Les différentes articles de la rubrique "THEME" occuperont les quelques heures que je passerai sur l'ordinateur dans les prochaines semaines. Il m'a suffi de m'occuper un peu de la rubrique "NATURE" (et c'est loin d'être fini) pour réaliser qu'il était grand temps que je fasse du rangement.
Je répondrai bien entendu aux commentaires quand il y en a.
Et si un évènement se révèle incontournable, je verrai bien ce que j'en fais :)
Prenez soin de la vie en vous.
La nature de la Nature (philosophie)
Nourrir l'Humanité entière (Nature)
Cash Investigation sur les pesticides
Cash Investigation ; Pesticides (2)
La nature et l'homme (spiritualité)
Raison et nature (spiritualité)
La Nature et la Grâce (spiritualité)
Biodiversité et monde agricole
Biodiversité et stations de montagne
L'amour de la Nature (spiritualité)
Nature et comportement (spiritualité)
Nature contre Capitalisme (spiritualité)
L'âme de la Nature (spiritualité)
L'eau et la conscience (Nature)
Aimer la Terre (spiritualité et Nature)
La vie autour d'un point d'eau (Nature)
Véganisme, végétarisme (Santé, Nature)
L'agriculture contre nature (Nature)
Une imagination illimitée (Nature)
L'incommensurable Univers ( Nature)
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Ce Monsieur est davantage lu et écouté à l'étranger qu'ici. Depuis le début de cette crise, les médias les plus écoutés ont pris la mesure de ses écrits et de ses pensées.
La théorie "Gaïa" a été présenté par James Lovelock et je ne peux qu'inviter les lecteurs à chercher et à lire cet ancien livre : "La Terre est un être vivant".
"La Terre est vivante" James Lovelock
Gaia, la Terre mère, est-elle obligée d'aimer ses enfants ?
Weronika Zarachowicz
Publié le 03/05/13 mis à jour le 08/12/20
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Sous-estimé en France, le penseur Bruno Latour est une star à l'étranger, où il développe l'une des théories les plus avant-gardistes sur l'avenir de la terre : celle de Gaia, un système complexe, fini et capable de s'autoréguler. Qui pose la question de la survie non-plus de la planète mais des humains.
La scène se passe en février dernier, dans la très vieille et vénérable université d'Edimbourg. Une foule dense d'étudiants, d'enseignants, de curieux venus d'Ecosse et d'ailleurs se presse pour assister à un rendez-vous incontournable du monde intellectuel : les Gifford Lectures, des conférences sur la théologie, la philosophie et leur rapport à la science, données par la crème de la pensée occidentale depuis plus d'un siècle. Hannah Arendt, John Dewey, George Steiner, Richard Dawkins, Noam Chomsky, Henri Bergson ou Raymond Aron y ont dispensé leurs lumières. Et ce 18 février 2013, c'est un Français à l'œil pétillant et aux sourcils broussailleux qui ouvre son cours.
Bruno Latour est sociologue, anthropologue, philosophe, reconnu en France, mais un peu en catimini. A l'étranger en revanche, c'est une star – il est traduit en trente langues, et plus souvent cité sur Google que Michel Serres, l'un de ses maîtres. Il est admiré pour son œuvre foisonnante, qui empoigne la question de l'écologie et de la modernité, et dément « l'idée reçue d'une décadence de la pensée française », comme l'écrivait récemment le philosophe Patrice Maniglier. Pour les Gifford, notre philosophe aventurier affronte une figure mystérieuse et controversée : Gaia, qu'il propose de regarder « en face ». « Combien de fois, explique-t-il devant un auditoire captivé, m'a-t-on conseillé de ne pas utiliser le terme et de ne pas avouer que j'étais intéressé par les livres de James Lovelock ! »
Gaia, la déesse, Terre mère redoutable et toute-puissante de la Grèce archaïque, fleure bon les romans de l'écrivain de science-fiction Isaac Asimov, le new age et les néopaganismes. Mais Gaia, c'est surtout une déroutante hypothèse scientifique, formulée au début des années 1970 par un scientifique inventeur anglais, James Lovelock, et une microbiologiste américaine, Lynn Margulis : la Terre, selon eux, n'est pas une matière inerte.
Si la vie a pu y prospérer, c'est parce qu'elle constitue une énorme entité composée d'interactions entre différents écosystèmes, comprenant la biosphère terrestre, l'atmosphère et les océans. Chacune de ses composantes – physiques, chimiques, biologiques – interagit de façon à maintenir un environnement optimal pour la vie ! Bref, Gaia est un gigantesque « être vivant » capable d'autocontrôler sa température et la composition de sa surface, écrit Lovelock en 1974 (1).
D'abord rejetée comme « non scientifique » et non vérifiable, cette hypothèse révolutionnaire a peu à peu repris du galon. Plusieurs organismes scientifiques internationaux ont endossé la théorie d'un « système Terre », écosystème autorégulé à la surface de la Terre, somme de tous les autres écosystèmes en interaction. Parallèlement, les scientifiques ont confirmé que notre planète fait face à des changements environnementaux globaux, en passe de modifier la relative stabilité du climat que Gaia contribuait jusqu'ici à maintenir. La biodiversité se réduit. L'effet de serre augmente. Le climat se réchauffe à très, très grande vitesse.
On connaît la suite : création du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) et ses nombreux rapports, prise de conscience générale, grandes conférences internationales sur le climat qui, l'une après l'autre, échouent... Rappelons les dernières prévisions : la température moyenne de la Terre, actuellement de 15 °C, pourrait augmenter de 3 à 4 °C d'ici à 2060, de 6 °C d'ici à la fin du siècle. Aucun chercheur n'ose imaginer les conséquences du scénario pour ceux qui habiteront la planète à ce moment-là, principalement nos enfants ou nos petits-enfants.
Mais on peut raconter l'histoire d'une autre façon, popularisée par un scientifique néerlandais, le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen : nous sommes entrés dans un nouvel âge géologique, l'anthropocène. Pour la première fois dans l'histoire de la Terre, l'anthrôpos – l'homme – est devenu la force géophysique qui modifie le plus la planète. L'être humain est déjà le premier agent de production et de distribution dans le cycle de l'azote ; avec la déforestation, il est l'un des principaux accélérateurs de l'érosion ; sans parler de son rôle dans le cycle du carbone, qui bouleverse la composition chimique de l'atmosphère !
« En l'espace de deux générations, depuis les années 1950, nous voilà confrontés à l'anthropocène : l'obligation de prendre en charge la biosphère et l'atmosphère, résume le philosophe Patrick Degeorges, chargé de mission au ministère de l'Ecologie. Nous sommes contraints de repenser l'histoire humaine à échelle géologique, à la fois vers le passé et vers le futur, puisque nos émissions de carbone nous engagent pour les prochains dix mille, voire cent mille ans. C'est un éclatement des horizons qui donne le vertige : littéralement, la Terre se dérobe sous nos pieds. »
Ce vertige, les géologues, les climatologues, les chimistes ne sont plus seuls à le vivre. Du côté des humanités, des philosophes s'y confrontent à leur tour et élaborent une pensée de l'anthropocène. On les compte sur les doigts des deux mains – Bruno Latour, Isabelle Stengers, Mary Midgley, John Baird Callicott, Catherine Larrère… Mais leurs textes font souffler un vent nouveau, ultra créatif et puissant, qui nous fait dépasser les simples injonctions techniques – éteignez les lumières, pensez à recycler, pensez à la planète. Leur pari ? Nous donner à voir ce que nous ne voyons plus, comme il y a quelques jours, par exemple, cette révélation (en une du New York Times, passée presque inaperçue chez nous) que la calotte glaciaire des Andes, au Pérou, a fondu en vingt-cinq ans, alors qu'elle avait mis mille six cents ans (au moins) à se constituer.
Pourquoi avons-nous tant de mal à réagir et à « faire attention », comme dit la philosophe belge Isabelle Stengers ? Tâche immense en effet que de sentir des changements « globaux » quand on n'est pas soi-même un être « global » ; de ressentir le « climat » quand les seules façons d'en parler sont des gigantesques modèles conçus par ordinateur. « C'est toute la difficulté du changement climatique ; nous ne pouvons en faire l'expérience en tant que tel, car c'est une construction, un grand récit scientifique qui reste déconnecté de la vie quotidienne, en particulier dans les mégapoles globalisées où conditions et modes de vie nous insensibilisent », explique Patrick Degeorge. Bref, nous autres modernes sommes incapables de regarder Gaia en face et de faire le deuil de nous-mêmes.
« L'anthropocène est le concept philosophique, religieux, anthropologique et politique le plus décisif jamais produit comme alternative aux idées de modernité », affirmait Bruno Latour en Ecosse. Quelques semaines plus tard, dans son bureau de Sciences Po, les yeux du philosophe pétillent toujours autant quand il évoque Gaia. « Au XVIe siècle, on a découvert l'Amérique. Au XIXe, on découvre non pas d'autres terres au sens d'une extension de l'espace, mais au sens d'une intensification de notre rapport à cette Terre. C'est aussi important et nous sommes aussi démunis face à cette découverte que nos ancêtres avec leurs idées médiévales. Ce qui m'intéresse aussi, c'est que l'anthropocène et Gaia sont deux concepts élaborés par des chercheurs de sciences exactes, extraordinairement plus en avance sur l'époque que toute une flopée d'intellectuels, de politiques, d'artistes qui ne s'intéressent qu'à l'histoire des êtres humains. »
Voilà le premier intérêt de Gaia pour les philosophes : mettre les pieds dans le plat de l'anthopocentrisme. Bouleverser l'habitude des modernes de ne parler que d'eux, à travers la nature et tous les « non-humains » (animaux, microbes, montagnes...), selon la formule de Bruno Latour. Nommer Gaia, selon Isabelle Stengers, c'est donner « un coup de vieux aux versions épiques de l'histoire humaine, lorsque l'homme, dressé sur ses deux pattes et apprenant à déchiffrer "les lois de la nature", a compris qu'il était maître de son destin, libre de toute transcendance. » Les humains ne sont pas le centre de la vie, pas plus qu'aucune autre espèce. Ils constituent « une partie qui croît rapidement dans un énorme tout ancien », écrit Lynn Margulis dans un article remarquable sur Gaia. Ils sont là, dans, avec et à côté de l'eau, de l'air, de la terre, à côté des bactéries, à côté des éléphants, à côté des microbes et des arbres de la forêt tropicale. Tous liés les uns aux autres. Mais l'homme y est à la fois plus puissant et plus fragile que jamais...
La théorie Gaia ouvre un monde d'une complexité et d'une richesse étonnantes, avec une multitude de portes d'entrée. Celle, par exemple, offerte par un Américain encore trop méconnu en France, John Baird Callicott. Ce maestro de l'éthique environnementale insiste sur la nécessité de préserver le bien commun et de trouver de nouveaux modes de coexistence entre humains et non-humains (plantes, animaux...), en tenant compte des relations d'interdépendance qui définissent Gaia et en proposant de « penser comme Gaia ». Le philosophe américain dessine un nouveau rapport à la nature, harmonieux et non plus conflictuel, une précieuse et ambitieuse extension de l'éthique pour remplacer le paradigme industriel qui a marqué la modernité. Et dès lors, c'est toute l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes qui s'en trouve transformée.
Bruno Latour pousse plus loin la nécessité d'une refonte, et sur d'autres bases. Sus aux paradigmes d'hier, auxquels les modernes, les Occidentaux s'accrochent déséspérement, à ces fictions progressistes qui dressent une frontière entre le scientifique et la politique, la nature et la culture. Bienvenue dans les « humanités scientifiques », situées au croisement des sciences et de la politique. Elles seules sont capables de nous faire explorer le chaos d'aujourd'hui, et surtout de nous apprendre à naviguer dessus. Et quel morceau de choix que Gaia, née sous les doubles auspices de la science et des humanités ! Cette théorie dont le nom fut soufflé au scientifique Lovelock par... un écrivain, son ami William Golding, auteur de Sa Majesté des mouches. Gaia, quatre petites lettres à la place de « système cybernétique à tendances homéostatiques telles que détectées par les anomalies chimiques dans l'atmosphère terrestre ». Et à l'arrivée un « affreux mélange » qui permet à Bruno Latour de livrer un concentré fulgurant et inventif de l'oeuvre qu'il construit depuis trente ans autour des sciences, de la politique, du droit, de la religion, de la métaphysique.
Le philosophe aborde Gaia par une démarche... gaïenne ! Il croise, interconnecte, enrôlant dans ce voyage mental Walt Disney, le cinéaste hongrois Béla Tarr ou le philosophe allemand Peter Sloterdijk. Il nous offre des clés essentielles pour mieux cerner cette entité étrange, ni divinité ni nature : un « système science » ; un cosmos fini et « local » qui bouleverse radicalement la vision de l'univers infini, sans limites des modernes ; une Histoire en soi, succession d'événements que Latour nomme « géo-histoires », histoires mélangées et intriquées de tout ce qui existe sur la Terre ; et surtout une injonction à repenser la politique, si seulement « on prend au sérieux ce que nous dit Gaia, à l'époque de l'anthropocène ».
Prenons-la donc au sérieux. Et tentons d'interpréter ses messages. Gaia est en colère, elle prend sa revanche, affirme James Lovelock, devenu prophète du désastre dans l'un de ses derniers livres. « En empiétant sur l'environnement, c'est comme si nous avions à notre insu déclaré la guerre au système Terre. » D'où les cyclones Katrina ou Sandy, les grandes sécheresses, etc. Lovelock précise user d'une métaphore, mais est-ce la bonne, s'interroge Emilie Hache, jeune voix éloquente de la philosophie de l'écologie. « Il fait appel à cette métaphore guerrière pour nous faire (ré)agir, mais cette dernière nous engage-t-elle vers une façon d'agir intéressante, efficace ? Est-ce le type de relation dont nous avons aujourd'hui besoin ? » Imaginer une Gaia vengeresse nous amène en terrain glissant : comme si l'on savait ce qu'elle voulait, mais aussi comme si un tel scénario justifiait « une compensation, une punition et pourquoi pas la mort de l'humanité ».
On préfère la version de Lynn Margulis, finalement adoptée par beaucoup de philosophes : une entité ni protectrice ni malfaisante dans sa relation à l'humanité. « Gaia s'en sortira toujours, qu'on soit là ou non, c'est le processus bactérien qui continue, résume Catherine Larrère, la spécialiste française de l'éthique environnementale. Elle n'a pas besoin de nous, humains comme non-humains. Nous ne pouvons mettre fin à la nature, mais nous pouvons nous menacer nous-mêmes. » C'est ce qu'Isabelle Stengers appelle les relations dissymétriques. L'enjeu est de nous protéger, pas de sauver la planète. Ce qui bouleverse radicalement les perspectives, pour les écologistes et les autres. Bien traiter Gaia, qui se montre de plus en plus sensible et « chatouilleuse », qui réagit de plus en plus vite à nos actions, nous oblige à retrouver « l'art de faire attention » et à redevenir sensibles, nous aussi : non pas parce qu'elle serait fragile, mais parce que nous dépendons d'elle pour vivre.
Encore faut-il définir ce « nous », et s'ouvre là l'un des pans les plus vertigineux des Gifford Lectures de Latour. Car qui est l'homme de l'anthropocène ? Non pas cet anthrôpos unifié comme les modernes continuent de nous le présenter, mais des hommes aux intérêts contradictoires, aux cosmos opposés, des adversaires en guerre : bref, résume Bruno Latour, « nous sommes dans Babel après la chute de la tour géante » ! Pensons aux violentes controverses sur la réalité du changement climatique, qui opposent les scientifiques du Giec aux climatosceptiques. Ces derniers ne sont pas « irrationnels », ce sont des adversaires politiques qui investissent des millions de dollars dans des machines de guerre – comme les think tanks – pour contester le réchauffement. Car ils ont compris que cette thèse et ses implications représentent la fin de leur monde, celui de l'énergie bon marché, celui de la croissance et de la consommation sans limite.
Cette vision prométhéenne d'un homme capable de modeler la nature à l'infini n'étant évidemment pas exempte d'intérêts matériels et financiers bien compris. « Logiquement et raisonnablement, ils résistent, ils se battent. » D'où la question fondamentale que Gaia nous oblige à affronter, la seule qui soit porteuse de solutions : quelle politique à l'âge de l'anthropocène ? « Nous devons identifier nos ennemis et nos alliés, les gens de Gaia, ceux qui ne se disent pas seulement "humains", poursuit Latour. Une fois cette décision prise (car c'est une décision), nous serons capables de reconnaître la multiplicité des peuples qui sont en conflit, un état de guerre, et ensuite on pourra parler de paix. Ce qui nécessitera de la diplomatie, des traités de paix... Ni la nature, ni Dieu n'apportent d'unité ni de paix. Mais "les gens de Gaia", ceux qui se disent "Terriens", peuvent peut-être devenir, eux, les artisans de la paix. » En attendant, avec ces Gifford Lectures, c'est bel et bien la première philosophie gaienne que Bruno Latour vient d'écrire. Et c'est, à l'image de Gaia, un monde effrayant et fabuleux.
(1) James Lovelock ne présente plus Gaia comme un « organisme » vivant, ayant une « finalité ».
La déesse Gaia, un mythe grec
L'hostilité des scientifiques à la théorie Gaia tient en partie à son nom, qui renvoie à la mythologie. Car Gaia, c'est la « Terre mère » originelle, déesse « aux larges flancs » de la mythologie grecque archaïque, héroïne de la Théogonie d'Hésiode. Née après le Chaos, Gaia est l'ancêtre maternelle des races divines et des monstres (mère des Titans et des Cyclopes, grand-mère de Zeus, etc.) : une déesse souvent cruelle et redoutable...À lire
Facing Gaia. A new enquiry into natural religion, Gifford Lectures, février 2013, de Bruno Latour
Ethique de la Terre, de John Baird Calicott, éd. Wildproject, 2010.
Ce à quoi nous tenons, d'Emilie Hache, éd. La Découverte, 2011.
Au temps des catastrophes, d'Isabelle Stengers, éd. La Découverte, 2009.
Du bon usage de la nature, de Catherine et Raphaël Larrère, éd. Flammarion, 2009.
Ethiques de la nature, de Gerald Hess, éd. PUF (à paraître le 29 mai).















































































































































