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Articles de la-haut

Sur l'effondrement

Par Le 22/09/2019

"Doctor maths" est un ami auteur : Bernard Afflatet.

Professeur de mathématiques et écrivain.

Ce documentaire est clair, précis, pédagogique, parfaitement compréhensible par tous.

Rien n'est extrapolé dans le mode "catastrophisme". C'est un état des lieux.

Bien entendu qu'il reste une part d'aléatoire mais les données actuelles sont suffisamment précises pour avoir une idée de la vitesse avec laquelle on se rapproche du mur... 

 

Doctor MATHS !

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J'habite un petit village du Gard (600 habitants). Je prévois d'y faire cette conférence sur le thème de l'Effondrement. D'abord en présence des élus et des acteurs locaux uniquement. J'espère qu'il y aura un retour positif parmi eux pour que je me risque à faire la conférence devant les villageois. Les vidéos incluses dans ces deux présentations (1-2 et 2-2) ont été coupées et montées pour raccourcir la durée de la présentation. Je remercie chaleureusement les auteurs de ces films et vous pouvez retrouver l'intégralité des vidéos en suivant les liens ci-dessous :

Boursorama, invité Olivier Berruyer : https://www.boursorama.com/videos/act...

Gaël Giraud sur Thinkerview : https://www.youtube.com/watch?v=2oFAR...

Court-métrage Sans Lendemain : https://www.youtube.com/watch?v=DgMXX...

Village de Correns (Var) : https://www.youtube.com/watch?v=yXLBs...

Quant à mes sources, vous les trouverez à la fin de la vidéo 2-2. Merci. PS : Quelques fautes d'orthographe ont pu se glisser dans la présentation... désolé !

Catégorie

Éducation

 

Compilation des données sur le survivalisme

Par Le 21/09/2019

 

Je cherchais un ancien article sur le survivalisme et en utilisant le moteur de l'hébergeur du site, je me suis aperçu que ça devenait conséquent...

Il y a bien d'autres thèmes d'ailleurs où il faudrait que je m'attelle au même travail de compilation : la conscience / l'amour / les pensées / les émotions / la méditation / l'ego / Le mental / le soi, le moi / l'âme, l'esprit / etc etc 

Je ne peux plus me retrancher derrière le manque de temps...

Je commence donc avec le thème du survivalisme et de la collapsologie étant donné que c'est le thème de la trilogie en cours d'écriture.

Les héros sont tous morts /

Tous, sauf elle /

Il faudra beaucoup d'amour.

Tous les articles ne seront pas là. Il faudrait tenir compte des arborescences, de tous les liens qui existent et ça ferait vraiment beaucoup...

 

Le survivalisme (1)

Le survivalisme (2)

Le survivalisme (3)

Le survivalisme (4)

Le survivalisme (5)

Le survivalisme (6)

Survivalisme

Sur le survivalisme

Entraide et survivalisme

Collapse : L'effondrement

Collapsologie : désastre, mode d'emploi

Collapsologie: Pablo Servigne

"Collapse"

"Ecologie, éthique et anarchie." (politique)

"Demain, l'effondrement" Interview de Pablo Servigne

"L'entraide, un facteur de l'évolution" de Kropotkine

"Etre humain en système capitaliste"

"Nos enfants nous accuseront" (humanité)

"L'avènement d'une humanité...inhumaine"

"Kogis, le message des derniers hommes"

"L'effondrement et la joie"

"Le mensonge dans lequel nous vivons"

"Les fin-du-mondistes"

"Les criminels du climat" (Nature)

"Si le climat était une banque..."

"Tout va s'effondrer...Alors, préparons la suite"

"Une force mondiale qui s'éveille..." Hubert Reeves

Collaborateurs ou réfractaires ? (humanisme et nature)

Changement climatique : depuis 30 ans

Climato-sceptique : arguments et objections

Anticipation du déclin.

Anticapitaliste et anarchiste (humanisme)

Anticipation du désastre

Arthur Keller : sur l'effondrement

Black out électrique

Bushcraft et preppers.

Climatiseurs et dissonance cognitive

Crime contre la planète.

Croissance intérieure, décroissance extérieure.

Face à l'urgence climatique, les "J'accuse"...

GIEC et députés

L'effet domino

L'urgence de ralentir

La forêt amazonienne brûle

Le chaos humain

Lobbies et démocratie

Mondiabolisation

Nature contre Capitalisme (spiritualité)

Noam Chomsky : manipulation des masses

Nouvel Ordre mondial : la commission trilatérale

Petit guide de collapsologie.

Peter Russel :Sur la conscience de l'unité (conscience)

Réchauffement climatique : mécanisme et évolution

Une mosaïque d'effondrements

Vers une collapsologie heureuse...

Vivre hors réseaux (simplicité volontaire)

Sur l'effondrement

 

 

La fronde des communes

Par Le 14/09/2019

J'ai toujours rêvé d'une prise du pouvoir par les communes envers l'Etat et sa subordination aux lobbies.

On en prend le chemin et je m'en réjouis grandement.

 

https://lareleveetlapeste.fr/paris-grenoble-clermont-ferrand-lille-et-nantes-interdisent-les-pesticides-sur-leur-territoire/?fbclid=IwAR1umfWiDDCucCEcVSG3g3JrS2mS81WmgjcdD-6k9gE26uKYu0SE0g6WZUY

La décision des 5 grandes villes est avant tout symbolique mais concerne tout de même les copropriétés et les terrains gérés par les entreprises, comme la SNCF qui utilise du glyphosate pour désherber les voies ferrées. Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris, a ainsi estimé que cette nouvelle interdiction concernerait environ 600 hectares dans la capitale, tandis qu’elle atteindrait 1 800 hectares à Grenoble.

14 septembre 2019 - Laurie Debove

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Par solidarité avec les communes dissidentes, les villes de Paris, Lille, Nantes, Clermont-Ferrand et Grenoble ont décidé d’élargir l’interdiction de l’emploi des pesticides sur tout leur territoire, y compris les zones privées. Le bras de fer entre Etat et communes s’intensifie.

Une mesure symbolique en soutien

Depuis 2017, la loi interdit l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques par les collectivités pour l’entretien des espaces verts et de la voirie. Les particuliers sont soumis à la même interdiction pour leur jardin par une loi de janvier 2019. Restent donc les espaces verts privés, appartenant à des entreprises par exemple, jusqu’à ce jeudi 12 septembre, où les 5 villes ont annoncé leur décision dans un communiqué de presse commun. 

« Aujourd’hui, en application du principe de précaution, nous avons décidé collectivement d’élargir par un arrêté municipal pris conjointement, le champ de cette interdiction : l’usage des produits phytosanitaires chimiques sera désormais interdit sur l’ensemble des territoires de nos villes. (…) Nous connaissons le statut juridique de tels arrêtés mais il s’agit pour nous d’engager une démarche concertée pour faire changer la loi et concourir à la sauvegarde du patrimoine inestimable de la biodiversité sur nos territoires et de la santé de nos concitoyens. » peut-on lire dans le communiqué de presse commun

Cette décision intervient alors que le mouvement « Nous voulons des coquelicots » prend de l’ampleur au sein de l’opinion publique, et que les communes s’engagent dans un combat juridique avec l’Etat pour faire interdire les pesticides et autres intrants chimiques sur leur territoire, à l’image du Maire de Langouët dont l’arrêté a été récemment suspendu par la justice.

La décision des 5 grandes villes est avant tout symbolique mais concerne tout de même les copropriétés et les terrains gérés par les entreprises, comme la SNCF qui utilise du glyphosate pour désherber les voies ferrées. Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris, a ainsi estimé que cette nouvelle interdiction concernerait environ 600 hectares dans la capitale, tandis qu’elle atteindrait 1 800 hectares à Grenoble.

Une législation à deux vitesses

La Ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a raillé la décision des cinq villes en les accusant de vouloir faire un simple « coup de com’ ». Pourtant, cette annonce refait la lumière sur un sujet souvent occulté dans les nombreuses polémiques sur les produits phytosanitaires : celle d’une législation à deux vitesses.

En effet, pourquoi interdire l’utilisation de produits phytosanitaires pour la voirie et les espaces verts publics en ville, mais l’autoriser pour les espaces privés ? Pourquoi l’interdire dans le jardin des particuliers, mais pas à côté de l’école des enfants ? En commençant à interdire l’usage de ces produits, l’Etat reconnaît qu’il existe un risque sanitaire important, que ce soit pour les humains ou les insectes dont l’hécatombe menace toute la chaîne du vivant et de nos systèmes alimentaires.

Devant la polémique, le gouvernement français a lancé une consultation publique, ouverte jusqu’au 1er octobre, pour fixer une distance minimale entre les épandages d’intrants chimiques et les habitations. S’il déclare s’appuyer sur les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), de nombreuses voix se sont élevées pour protester contre la distance proposée de 5 à 10 mètres, pour exiger une distance de 150 mètres.

On peut également noter, comme détaillé dans la consultation, que le gouvernement s’appuie sur les distances minimums fixées, et ne prend pas de marge supplémentaire. Quid de l’infiltration de ces produits dans les nappes phréatiques ?

Enfin, pour être vraiment efficace et juste, l’interdiction législative de produits phytosanitaires devrait être menée avec un accompagnement technique et financier des agriculteurs, ainsi que de tous les acteurs concernés, dans leurs changements de pratiqueBien plus qu’un débat autour d’une limite maximale, c’est tout un pan du fonctionnement de notre société qui est critiqué à travers la fronde des communes.

 


 

VIDEO. Le message de Christian Favier, le premier président d'un département à vouloir interdire le glyphosate

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/video-le-message-de-christian-favier-le-premier-president-d-un-departement-a-vouloir-interdire-le-glyphosate_3615227.html

C'est la première fois en France qu'un département interdit l'utilisation du glyphosate. Christian Favier, président du Val-de-Marne, explique pourquoi il a décidé de prendre cet arrêté.

BRUT

 

Une dimension éminemment symbolique

D'une part, sa décision est d'abord motivée par des raisons sanitaires. Christian Flavier est conscient de l'impact négatif des pesticides sur la santé. "On sait que ces produits, malheureusement, entraînent bien souvent des cas de cancer qui peuvent toucher aussi bien des habitants que des agriculteurs eux-mêmes", rappelle le président PCF du Val-de-Marne.

D'autres part, cet arrêté a aussi une portée symbolique. Christian Favier a d'ailleurs conscience qu'il sera très certainement retoqué par le tribunal administratif. "Demain, on pourrait nous dire : 'vous avez été avertis, vous n'avez rien fait'."

Des mesures insuffisantes

Des dizaines de maires ont déjà pris des arrêtés anti-pesticides à l'échelle de leur commune. Mais pour le président PCF du Val-de-Marne, "en portant cela à l'échelle du département, on donne aussi un signe plus fort." De plus, Christian Favier estime que le ministre de l'Agriculture a un rôle important à jouer. Mais, "aujourd'hui, je trouve qu'il a tendance à plus écouter, d'une certaine manière, les lobbies qui continuent d'agir pour le maintien de l'usage de ces produits chimiques dans l'agriculture plutôt que d'entendre aujourd'hui les citoyens qui disent : 'Ça suffit maintenant, on veut des produits sains, on ne peut pas prendre de risques pour notre santé dans notre consommation quotidienne.'" Et selon lui, la bande de protection de 5 à 10 mètres autour des champs est une mesure insuffisante.

Enfin, Christian Favier trouverait très fort de sens que la France fasse une sortie anticipée du glyphosate bien que l'Union européenne l'ait autorisé jusqu'en 2022.

"On ne peut pas faire des déclarations en permanence sur la protection de la planète, sur la lutte contre le réchauffement climatique, la condamnation justifiée de ce qu'il se passe au Brésil par exemple et puis de l'autre, là où on est en responsabilité, où on peut prendre des mesures, ne pas les prendre réellement", conclut-t-il.

L'entraînement et tout le reste.

Par Le 12/09/2019

Départ de la maison à 8 heures, altitude 450 mètres.

Arrivée au sommet de la pointe du Rognier à 11h15, altitude 2341 mètres.

Presque 2000 mètres de dénivelée en un peu plus de 3 heures. Comme quoi, l'entraînement ça paye...Mais il y a beaucoup d'autres choses. 

1) La perte de poids. Lorsque j'ai fermé ma classe en juillet, je pesais 65 kilos. Ce matin, j'en pesais 57. Huit kilos de moins à monter. 

2) L'alimentation végétarienne issue du potager de la maison. Il n'y a plus aucun produit toxique dans notre assiette. L'équilibre alimentaire ne peut pas se faire dans un régime carné. Le corps n'a absolument pas besoin de viande. Je ne vais pas détailler ici. On peut tout trouver sur internet.

3) La pratique du jeûne et donc l'élimination des cellules dégradées. Là aussi, tout a été décrit sur l'autophagie et l'hormèse.

4) La conscience de son corps, une connaissance la plus pointue possible. L'habitude de la pratique de sports d'endurance et l'analyse des phénomènes associés. 

5) La bienveillance et l'amour de soi. Je sais si je peux pousser la machine et je ne le fais que lorsque tous les ressentis sont présents. Sinon, je m'adapte. J'ai passé l'âge des "performances extrêmes."

6) La patience et la confiance... L'an passé, à la même époque, je me suis rebloqué le dos. Les trois hernies discales sont toujours là et elles se sont "fossilisées" jusqu'à réduire le canal lombaire.

"Sténose du canal lombaire" : voilà le diagnostic qu'on m'a donné. Le vieillissement en est la cause première. S'y ajoutent dans mon cas deux opérations manquées ( à 24 ans, puis à 37 ans) et une troisième hernie apparue à 44 ans.. 

«Le signe typique de la sténose du canal lombaire, c’est la claudication : après quelques minutes de marche, une douleur des jambes apparaît et impose l’arrêt».

C’est l’une des causes les plus fréquentes des douleurs lombaires après 50 ans.

Alors que chez l’adulte jeune, c’est surtout la sciatique par hernie discale qui provoque des douleurs lombaires et des membres inférieurs, passé 50 ans, la sténose du canal lombaire en devient une des causes les plus fréquentes. Avec le vieillissement, la colonne vertébrale subit un processus dégénératif plus ou moins rapide qui se manifeste en particulier par de l’arthrose, principale responsable du rétrécissement - ou sténose - du canal lombaire.

Entourée du fourreau étanche de la dure-mère, baignant dans le liquide céphalo-rachidien, la moelle épinière descend dans le canal rachidien formé par l’empilement des vertèbres. Comme elle se termine à la première vertèbre lombaire, la sténose du canal lombaire ne peut pas l’abîmer. Mais elle peut comprimer plus ou moins le faisceau des nerfs qui cheminent dans ce canal avant d’aller innerver les membres inférieurs et le bassin."

 

Les projections, sur une récupération possible, n'étaient guère positives.

J'ai recommencé à marcher "normalement" en mai / juin...Les sorties étaient courtes et souvent génératrices de douleurs. Encore aujourd'hui, j'ai des crampes dans les mollets, la nuit. Mais je n'ai pas de douleurs quand je marche en montagne. Alors, je marche...

L'ostéoptahie a été très bénéfique. Le yoga aussi. Le massage tout autant.

Et le fait d'y croire, toujours, de rester dans la pensée positive. J'avais l'expérience des opérations passées et de la difficulté des rééducations. 

J'ai toujours fini par reprendre le sport.

Je sais aussi combien l'amour de Nathalie est déterminant.

Et j'ai le bonheur immense de vivre au pied des montagnes. Elles sont là, elles m'attirent. Je veux continuer à les découvrir. 

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Sur l'autophagie, je rappelle que c'est une étude validée par un prix Nobel de médecine :

 

Le prix Nobel de médecine 2016 récompense les travaux sur l’autophagie

 

Le prix Nobel de médecine 2016 a été attribué au Japonais Yoshinori Ohsumi pour ses travaux sur l’autophagie, le mécanisme par lequel une cellule s’autodigère, voire s’autodétruit, pour protéger l'organisme.

BÉNÉDICTE SALTHUN-LASSALLE|  |  

    

L’autophagie est un processus qui permet à une cellule de consommer et de recycler ses propres composants quand les conditions extérieures sont néfastes, voire de se détruire quand elle est malade. Le prix Nobel 2016 vient d’être attribué au Japonais Yoshinori Ohsumi, de l’Institut de technologie à Tokyo, qui en a étudié les mécanismes.

Quand une cellule eucaryote – avec un noyau, comme celles des animaux, des plantes ou des levures – vient à manquer de nutriments, elle s’adapte en dégradant des éléments intracellulaires afin de produire ceux nécessaires à ses fonctions vitales. Et quand elle est infectée ou cancéreuse, elle peut de la même manière éliminer ses constituants défectueux ou potentiellement toxiques, voire s’autodétruire, afin de protéger l’organisme entier. Pour ce faire, elle « s’autodigère » par un processus nommé autophagie. Ce mécanisme est impliqué dans plusieurs pathologies : cancers, maladies neurologiques et infectieuses. 

Une cellule comprend de nombreux compartiments cellulaires spécialisés, parmi lesquels les lysosomes. Dans ces vésicules acides, des enzymes digestives découpent et détruisent toutes sortes de molécules : protéines, lipides, sucres, constituants du matériel génétique, etc. Les lysosomes sont ainsi un des éléments essentiels à l’autophagie. Leur découverte a valu au Belge Christian de Duve le prix Nobel de médecine en 1974.

Mais dans les années 1960, d’autres scientifiques observent dans les cellules la présence de vésicules dont le contenu est dégradé suite à leur fusion avec le lysosome. Ce sont les transporteurs des éléments cellulaires à détruire, ou autophagosomes. L’autophagie se déroule ainsi en deux étapes : quand un autophagosome se forme dans la cellule, il enferme des éléments à détruire ou toxiques, puis fusionne avec le lysosome qui les digère. Les molécules obtenues sont ensuite libérées dans la cellule pour être éventuellement réutilisées. La cellule s’autoentretient et se régénère de cette façon, notamment si elle manque momentanément d’énergie ou de nutriments.

Quand un autophagosome se forme dans la cellule, il enferme des éléments à détruire, puis fusionne avec le lysosome qui les digère.

Quand il a ouvert son laboratoire en 1988, Yoshinori Ohsumi s’est surtout intéressé à la dégradation des protéines dans les vacuoles de levures, qui correspondent aux lysosomes des cellules humaines. La levure est un des modèles expérimentaux les plus utilisés pour identifier les gènes impliqués dans le fonctionnement des cellules eucaryotes. Mais à l’époque, on ignorait si l’autophagie existait chez la levure, cette cellule étant si petite qu’il était impossible de distinguer ses constituants au microscope.

Ohsumi a alors raisonné « à l’envers » : il a décidé de stopper le processus d’élimination des autophagosomes par les lysosomes. Pour ce faire, il a créé des levures mutantes dont les vacuoles sont dépourvues d’enzymes digestives, et il les a privées de nourriture afin qu’elles déclenchent l’autophagie pour recycler leurs composants et survivre. Ainsi, en quelques heures, dans les levures affamées, il a observé des dizaines d’autophagosomes s’accumulant dans les lysosomes devenus de plus en plus gros. Ohsumi venait de prouver l’existence de l’autophagie dans les levures, et surtout, il pouvait maintenant étudier les gènes impliqués dans ce mécanisme.

Quand des mutations sont introduites aléatoirement dans les gènes de la levure (à l'aide d'une substance chimique qualifiée de mutagène), si l'un des gènes de l’autophagie est affecté, les autophagosomes ne s’accumulent plus dans les lysosomes, qui ne sont alors plus visibles au microscope. Avec cette méthode, Ohsumi a pu identifier 15 gènes essentiels à l’autophagie. Il a ensuite caractérisé les protéines correspondantes : toutes participent à la naissance et à la croissance de l’autophagosome. Le chercheur japonais a publié ces résultats en 1992. Depuis, plusieurs équipes ont montré que les mêmes acteurs interviennent dans les cellules humaines.

Quel est l’intérêt d’un tel mécanisme de recyclage ? On sait désormais que l’autophagie participe à de nombreuses fonctions cellulaires. En cas de stress ou de privation de nourriture, elle permet à la cellule de récupérer rapidement du carburant en attendant de meilleures conditions. En cas d’infection par une bactérie ou un virus, l’autophagosome peut « attraper » l’agent étranger, alors détruit dans les lysosomes. De même, lorsqu’un élément de la cellule devient délétère, toxique, ou arrive en fin de vie (comme les protéines qui ne sont fonctionnelles que quelques heures ou quelques jours), l’autophagie permet de faire le ménage. Elle jouerait ainsi un rôle dans le vieillissement cellulaire, et deviendrait moins efficace avec l’âge.

Ce processus participe également au développement embryonnaire. On a montré qu’il est essentiel à la survie des souriceaux juste après leur naissance. En effet, les bébés ne reçoivent plus de nutriments de leur mère dès que le placenta se détache, de sorte que l’autophagie est nécessaire dans différents organes, comme le cœur, le poumon ou la peau.

La liste est encore longue… On sait aussi que l’absence d’autophagie entraîne l’accumulation d’agrégats protéiques dans les cellules, notamment celles qui ne se divisent pas ou peu, comme les neurones et les cellules du foie. Par ailleurs, la prolifération d’autophagosomes non dégradés par les lysosomes est une caractéristique commune à différentes pathologies : les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et de Creutzfeldt-Jakob et la chorée de Huntington. Dans les neurones des malades, l’autophagie pourrait être moins efficace. On a aussi lié ce processus à différents types de cancers.

Depuis 50 ans et surtout depuis les résultats de Ohsumi, qui ont permis de mieux comprendre le mécanisme de l’autophagie, on cherche de nouvelles molécules thérapeutiques qui moduleraient ce processus cellulaire, commun à toutes les cellules. L’autodigestion, pour survivre ou mourir, est aujourd’hui mise à l’honneur et les chercheurs n’ont pas fini de l’explorer."

L'Amazonie et le spécisme

Par Le 10/09/2019

 

J'avais écrit un petit texte sur les incendies.

La forêt amazonienne brûle


Je m'attendais bien évidemment à ce que cette actualité disparaisse rapidement. C'est le cas, une fois de plus.

En 2014 : Amazonie : "Un effort de guerre"

C'est un problème ancien qui revient au devant de la scène de temps en temps et puis rentre dans l'oubli.

 

J'avais évoqué également la responsabilité planétaire de ces incendies au regard de l'élevage intensif et de la culture du soja.

La forêt amazonienne, le soja et la viande de bétail.

 

En 2018, j'avais écrit ce texte-là :

Le Bien et le Mal (4)

 

 

En voici un nouveau :

 

La dernière affiche de campagne de la

PETA

La dernière affiche de campagne de la PETA.

Alors que les militants animalistes du monde entier ont marqué la semaine dernière la cinquième journée mondiale de la lutte contre le spécisme, des incendies ont continué à ravager l’Amazonie. À première vue, ces deux faits peuvent sembler n’avoir aucun rapport, mais une simple réalité les rapproche: l’Amazonie brûle pour faire de la place à des centaines de milliers de vaches, afin que des humains puissent se nourrir de leur chair.

Une vision spéciste des animaux au cœur des flammes

Le monde entier a versé des larmes face aux images d’animaux sauvages s’enfuyant, paniqués, forcés de quitter leurs habitats perdus aux flammes. Mais ces personnes attristées se rendent elle compte que la forêt est détruite pour faire de la place aux bovins voués à l’abattage? S’ils mangent de la viande leurs choix alimentaires contribuent directement au problème, et par ailleurs, leurs repas carnés font plus d’une catégorie de victimes – les animaux sauvages chassés pour les flammes et les animaux tués pour leur chair.

Ce n’est pas une responsabilité qui se limite au Brésil, puisque les terres sont utilisées pour faire paître (selon Greenpeace, un peu plus de 65% des terres déboisées en Amazonie sont aujourd’hui occupées par des pâturages) des animaux dont la chair est exportée et consommée dans d’autres pays – le Brésil est le plus grand exportateur au monde de viande bovine, en fournissant à 182 pays dans le monde. Y poussent également des cultures de soja dont l’immense majorité sert à engraisser les animaux dans les élevages partout dans le monde, avant que ceux-ci finissent morts dans nos assiettes.

Pourquoi tant de gens se focalisent-ils uniquement sur le sort des animaux “exotiques” sur place tout en plantant leur fourchette dans un morceau de viande, dont la production est à l’origine du problème?

Il s’agit du spécisme, une vision du monde préjudiciable qui créé des distinctions illogiques entre la valeur que nous accordons à la vie d’un animal par rapport à un autre, tout simplement à cause de l’espèce à laquelle chacun appartient. L’humain spéciste se présume également supérieur aux autres animaux, pour justifier de les exploiter et de contribuer à leurs souffrances.

Une récente affiche de PETA met ce paradoxe en image: elle représente un bovin tuant un ara rouge, illustrant le lien entre la consommation de viande et la mort des animaux qui habitent l’Amazonie. 

Force est de constater que nos choix alimentaires sont littéralement en train de mettre le feu à la planète.

Notre part de responsabilité

S’il est facile de condamner les éleveurs qui ont allumé ces feux, il serait beaucoup plus productif d’examiner comment notre comportement, motivé par des préjugés que nous prenons pour acquis – en particulier notre vision spéciste du monde – joue un rôle majeur. Si vous continuez de manger de la viande pendant que cette catastrophe enflamme la toile, autant vous rendre au Brésil et allumer vous-même les feux…

Le moment est venu de remettre en question notre conviction erronée qui stipule que nous pouvons élever, massacrer et manger des milliards d’êtres sans impunité. Nos intérêts ne sont pas supérieurs à ceux des autres animaux, il s’agit d’un mensonge que nous devons cesser d’avaler, puisqu’il justifie la souffrance de milliards d’individus et la destruction de notre planète.

Les solutions pour étouffer les flammes

Les images déchirantes de l’incendie en Amazonie ont été rapidement suivies d’appels publics pour que les dirigeants mondiaux prennent des mesures, mais assumons notre part de responsabilité. Au cœur de la crise climatique se trouve notre volonté d’accepter le mensonge selon lequel certains individus peuvent être étiquetés comme “aliments”.

Mais les rapports scientifiques sont incontestables: nous devons modifier notre alimentation pour survivre. Et cela commence par notre propre assiette. Chacune et chacun de nous peut, sur le plan personnel, aider à noyer l’incendie. Il nous suffit de réajuster notre rapport aux animaux et d’arrêter de les manger.

À voir également sur Le HuffPost:

 

"L'illusion verte"

Par Le 08/09/2019


 

Evidemment que c'est une illusion.

Il n'y a pas de "croissance verte".

Il peut juste y avoir une croissance verte un peu moins dévastatrice.

Mais la croissance ne sera jamais protectrice de la nature. Elle continuera à l'exploiter, tout comme elle exploitera ceux et celles qui penseront agir à bon escient. L'écologie est aux mains des marchands et nous continuons à en être les proies.

Il n'y a qu'une solution, radicale : la simplicité volontaire. D'ailleurs, prendre l'avion pour aller filmer un endroit et dénoncer les effets de la croissance, c'est participer à la dévastation. Et quand je lis cette annonce et que je visionne le film, j'utilise un ordinateur avec des terres rares et de l'électricité nucléaire.

Pas le choix : il faut dénoncer ce que nous faisons tous : croître...Pour moins le faire.

Ce film est nécessaire. Il y en a peu en fait...

Mais si une fois, son visionnage achevé, rien ne se passe dans la tête des spectateurs, si aucune action n'est engagée dans leur vie quotidienne, alors il sera inutile. Non pas en lui-même mais par la faute des consommateurs. 

Nous sommes le monde dans lequel nous vivons. 

L’image contient peut-être : texte

 

Industrie textile et pollution

Par Le 08/09/2019

Le monde agricole en prend plein la figure depuis quelques temps par rapport à l'impact environnemental. Je ne dis pas que c'est injustifié dans de nombreux cas mais il ne faut pas oublier les autres secteurs. Celui de l'inudstrie textile est très fort en la matière...

Ici, on lit que les industriels vont prendre des mesures... La fameuse "croissance verte".

"Achetez nos produits, ils sont écologiques".

Aucune croissance n'est verte. C'est impossible. 

Le recyclage, qui consiste à jeter dans des bennes, ne l'est pas, puisqu'il déculpabilise les consommateurs, tout autant que les producteurs. L'idée sous-jacente reste encore et toujours de ne pas freiner la consommation et donc la croissance. 

Le recyclage qui remet dans le circuit de ventes des produits dont les gens ne veulent plus, celui-là est réellement utile. 

L'écologie est juste devenue un élément marketing.

 

Seule, la décroissance est écologique. La simplicité volontaire. Le refus de la consommation. 

J'ai beaucoup maigri ces dernières années et j'ai toujours les mêmes pantalons de montagne. Je me fiche de l'allure que ça me donne. J'ai juste besoin d'un pantalon, pas d'un pantalon qui me va bien. Celui-là tient avec une cordelette mais il tient. Si j'en avait le droit, je marcherais tout nu d'ailleurs. La vie en société impose qu'on soit habillé mais elle impose aussi que ça doit être seyant, ajusté, en très bon état... Et personne ne viendra vous dire : "Ce pantalon est très beau mais sa fabrication est très polluante."

Et pourtant, c'est bien le cas. 

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Un de nos garçons s'est marié cet été et j'ai acheté une veste et une chemise dans une recyclerie. Cinq euros les deux. Voilà le recyclage que je soutiens. Personne au mariage ne s'est rendu compte que mon costume venait d'une recyclerie. En quoi il était nécessaire que j'aille acheter un costume neuf ? Je n'en mets jamais. Sauf là. 

 

 

 

CO2, eau, microplastique : la mode est l’une des industries les plus polluantes du monde

 

En marge du G7, trente-deux groupes du textile se sont engagés à réduire l’impact du secteur de l’habillement.

Par Juliette Desmonceaux  Publié le 01 septembre 2019 à 10h00 - Mis à jour le 02 septembre 2019 à 07h32

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Toujours plus de vêtements et de moins en moins cher. Le succès du prêt-à-porter a révolutionné notre façon d’acheter des vêtements, mais fait de la mode une des industries les plus polluantes de la planète. Pour la première fois, en marge du G7, trente-deux entreprises du textile, des groupes Adidas et Nike à Chanel et Prada, en passant par H&M et Gap, ont décidé de s’engager à diminuer l’empreinte carbone du secteur de l’habillement. Vendredi 23 août, ces géants de la mode ont signé un « Fashion Pact » (pacte de la mode) visant à atteindre zéro émission nette de dioxyde de carbone (CO2) d’ici à 2050 et à passer à 100 % d’énergies renouvelables sur toute la chaîne d’approvisionnement d’ici à 2030.

Synthèse : Des groupes de mode s’engagent à réduire leur impact sur l’environnement

 

Plus de 12 kg de vêtements par an pour un Européen

 

Selon l’Agence européenne pour l’environnement (EEA), la quantité de vêtements achetés dans l’Union européenne (UE) a augmenté de 40 % entre 1996 et 2012. En 2015, les Européens ont acquis 6,4 millions de tonnes de nouveaux habits et chaussures, selon une étude du Parlement européen. A l’échelle mondiale, la tendance est la même : 100 milliards de vêtements ont été consommés dans le monde en 2014, selon Greenpeace.

Cette frénésie de consommation connaît un bond depuis les années 2000.

Les ventes de vêtements et de chaussures ne cessent de grimper

Le début des années 2000 s'accompagne d'une explosion des ventes avec la multiplication des collections proposées en magasins et le succès du commerce en ligne.


Cette consommation cache de fortes disparités.

Si un Nord-Américain achète en moyenne 16 kg de vêtements par an, le chiffre n’atteint que 12,6 kg dans l’Union européenne et chute à seulement 2 kg dans les pays du Moyen-Orient, selon Greenpeace.

La demande en vêtements est toutefois en progression sur les continents asiatique et sud-américain, d’après la Fondation environnementale Ellen MacArthur. Les Français se situent dans la moyenne basse en Europe, avec 9 kg de vêtements achetés par personne et par an, suivant une courbe descendante depuis les années 1960. 

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le budget des foyers s’est vu de plus en plus contraint par des dépenses préengagées et difficilement négociables à court terme (loyer, contrats d’assurance et de téléphone). De nombreux ménages français ont donc diminué leurs achats de vêtements pour compenser. Le marché de la seconde main s’est par ailleurs bien installé en France après la crise économique de 2008, contribuant à la diminution des achats en boutique.

Les Français se placent parmi les plus petits acheteurs de l'Union européenne

 


Source : ECAP

Une mode plus accessible et plus rapide

Première raison de cet engouement croissant pour la mode : la montée des classes moyennes dans les pays en développement et la baisse des prix de l’habillement. Avec le développement du prêt-à-porter à partir des années 1950, puis les nombreuses délocalisations de la production de textile vers des pays au coût de production plus faible, les tee-shirts à 5 euros font leur arrivée dans les rayons, permettant à une classe moyenne en plein essor de consommer davantage.

En vingt ans, le prix des vêtements a moins augmenté que les autres biens de consommation

Entre 1995 et 2014, la hausse des prix de l'habillement a été moins forte que l'ensemble des autres biens, les rendant plus abordables.

 


Vingt-quatre collections par an dans les boutiques Zara

Au début des années 2000, la fast fashion fait son arrivée. Certaines enseignes passent des traditionnelles collections printemps-été et automne-hiver à une dizaine de collections par an. Zara renouvelle même ses rayons vingt-quatre fois chaque année.

Conséquence, la durée de vie d’un habit a été réduite de moitié ces quinze dernières années, selon une étude de la société de conseil McKinsey. Et près d’un tiers de la garde-robe des Européens n’est pas sortie du placard depuis au moins un an, selon l’EEA.

De nombreux vêtements passent donc à la poubelle. Les méthodes de recyclage étant encore peu efficaces, 1 % seulement des matériaux utilisés dans la fabrication de vêtements sont utilisés pour en fabriquer de nouveaux, d’après la Fondation Ellen MacArthur. Au total, un peu moins des deux tiers de l’ensemble de la production mondiale finissent dans des décharges ou des incinérateurs, estime McKinsey.

 

 

7 500 litres d’eau pour fabriquer un jean

L’industrie de la mode est une grosse consommatrice de matières premières, notamment de coton, qui représente un quart de la production mondiale de textiles. Sa culture n’est pourtant pas sans conséquence pour l’environnement. Un rapport des Nations unies estime qu’il faut 7 500 litres d’eau pour fabriquer un jean, soit l’équivalent de l’eau bue par un être humain pendant sept ans.

Nécessaire à toutes les étapes de fabrication d’un vêtement, l’eau est aussi indispensable pour appliquer teintures et produits chimiques. Quatre-vingt-treize milliards de mètres cubes d’eau sont employés chaque année par l’industrie textile, selon la Fondation Ellen MacArthur.

Une autre matière première, à laquelle on pense moins, est indispensable à l’industrie de la mode : le pétrole, qui sert notamment à fabriquer le polyester. Cette fibre synthétique est devenue, à partir du début des années 2000, la matière la plus utilisée dans le prêt-à-porter, car peu chère et plus résistante que le coton. Or cette ressource fossile n’est pas renouvelable.

Explosion du polyester dans l'industrie textile

A partir de 2006, la fibre synthétique dépasse le coton dans le domaine du prêt-à-porter.

 

 



Fortes émissions de gaz à effet de serre

 

L’industrie de la mode produit d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Elles sont liées à la production des matières premières, par le biais de l’élevage de vaches, pour produire du cuir, ou de moutons, pour produire de la laine. S’y ajoute la question du transport du textile et des produits finis. Il se fait majoritairement en avion, moyen de transport le plus rapide, mais gros producteur de CO2, et sur des longues distances, puisque la grande majorité des vêtements achetés en Occident sont importés d’Asie du Sud-Est.

Le transport des matières premières et des produits finis ne recouvre pourtant que 2 % des émissions de gaz à effet de serre produits par l’industrie de la mode, d’après une estimation de la Fondation Ellen MacArthur. L’empreinte carbone de la mode est particulièrement élevée à cause de la production des textiles. La fabrication de coton, de matières synthétiques artificielles et naturelles produit à elle seule 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre, toujours selon l’organisation environnementale.

Lavage et microplastiques

Le plus gros impact environnemental de la mode n’est pas lié aux matières premières, à la production ou au transport, mais au lavage des vêtements. A la fois à cause de l’eau et de l’énergie utilisées, mais aussi à cause de la pollution des eaux et des sols qu’elle provoque.

En effet, les fibres textiles contiennent des produits chimiques, principalement des détergents venus de la lessive ou de parfums, et des microplastiques, contenus dans le polyester ou les polymères acryliques. Ces particules sont rejetées dans les océans lors des lavages et mettent des décennies à se dégrader. Plus du tiers (35 %) des microplastiques rejetés dans les océans viendrait du lavage de textiles, selon l’organisation environnementale l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Retrouvez tous les articles explicatifs des Décodeurs dans notre rubrique « Pour comprendre ».

Juliette Desmonceaux

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Randonnée du vertige en Chartreuse.

Par Le 05/09/2019

En Chartreuse, le massif offre une palette très large de sorties. Du parcours familial à la "randonnée du vertige", c'est à dire un terrain aventureux, avec des passages scabreux, des itinéraires très peu marqués, des vides impressionnants, et quelques incertitudes dans les choix qui se présentent par absence de panneaux indicateurs, de peintures sur les rochers ou de cairns.

La dernière sortie était dans ce registre et on peut dire qu'on a été gâté. 

Départ au cirque de Saint-Même. 9h30. 

On monte vers "le pas de la mort", une barrière rocheuse qui se franchit pas un étroit couloir partiellement équipé avec un câble et quelques échelons. C'est une des caractéristiques de certaines sorties en Chartreuse : les itinéraires prennent de l'altitude en franchissant des brèches, des couloirs, des gradins avant de rejoindre une vire, "un sangle", au pied d'une nouvelle falaise. On suit alors ce "sangle", bien souvent étroit, peu marqué jusqu'à trouver une nouvelle brèche dans la muraille qui nous surplombe et de gagner un nouveau palier. 

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Après "le pas de la mort", on a suivi une sente peu marquée dans la forêt. Juste quelques cairns et quelques traces de terre

sur les roches. La végétation est abondante et couvre bien souvent le "chemin". Les jeux de lumière dans les frondaisons, le silence de la forêt, une sensation d'isolement.

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On sort de la forêt après un aller-retour suite à une erreur d'itinéraire, une sente animale qui nous fait manquer une bifurcation très peu visible.

On découvre la vallon. Au loin, on aperçoit le col de Bellefont puis une partie de la montée vers le sommet des lances de Mallissard. Point le plus haut de la journée.

 

 

 

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La brume de chaleur flotte au-dessus de la vallée du Grésivaudan.

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Depuis le col, on remonte l'arête par un couloir rocheux et on débouche au sommet des lances de Mallissard. La vue est phénoménale, des horizons ouverts, le jeu des nuages, des palettes de couleurs, le silence.

On fait une pause en mangeant le biscuit maison. On ne prend rien d'autre en dehors d'un litre d'eau. 

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Une demie-heure de pause et on s'engage sur le fil de l'arête puis dans les pentes, versant Est. Il n'y a pas d'itinéraire connu mais quelques traces de chamois ou d'autres randonneurs "aventureux"...

 

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Après une longue traversée, on finit par venir buter contre un ressaut rocheux infranchissable. Obligation de descendre dans des lapiaz assez raides, face à la pente. 

 

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Comme on est hors sentier, on tombe sur une harde de chamois. ils ne sont guère farouches. On est dans une réserve naturelle. Ils ne connaissent pas les chasseurs. Ils s'éloignent sous le couvert des arbres. 

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Une fois au bas des lapiaz, on cherche dans la forêt le sentier qui monte au col de Fontanieu. On fouille quelques temps avant de le trouver. Il n'y a toujours aucun panneau, aucune peinture sur les roches, même pas de cairns. Même si la zone n'est pas interdite, les responsables de la réserve cherchent très clairement à limiter le nombre de randonneurs. On sort souvent la carte IGN du sac...On monte le raidillon jusqu'au col.

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Aucune indication au col...On cherche la "cheminée de Fontanieu". On finit par la trouver...Raide, très raide...Dix mètres de haut qui aboutissent à une plate-forme pas bien large. En-dessous, le vide est immense...Il y a un câble qu'il faut prendre à pleines mains pour descendre comme en rappel. Je regrette de ne pas avoir pris une corde pour assurer Nathalie. Je descends le premier pour voir la meilleure méthode. Le câble n'est pas bien placé et les prises de pied sont parfois invisibles. Le rocher est en dévers. J'en arrive à me demander si on est au bon endroit. Dans les quelques informations que j'avais lues sur le net, il n'était pas mentionné que le passage était aussi ardu...

J'arrive en bas et je commence à guider Nathalie. Je la sens tendue. L'effort est intense. Je remonte à la moitié du couloir pour l'aider à placer ses pieds. la situation est inconfortable. Il ne faut surtout pas tomber...Prendre son temps, hésiter trop longtemps, c'est courir le risque de se fatiguer. On ne doit pas s'attarder dans ce genre de passage. 

On finit par atteindre le bas du couloir. Soulagement. 

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On éprouve une certaine incompréhension au regard de l'équipement de cette cheminée. Tant qu'à installer un câble, il fallait y ajouter un ou deux échelons dans les zones en dévers. Ou tout enlever et ne pas proposer la descente. Etrange...On a vraiment l'impression d'être sur un itinéaire totalement délaissé.

On a donc changé de versant. On est côté Ouest. On ne voit toujours pas notre point de départ de ce matin. Il faut chercher...

On est au pied de la falaise sommitale. Il reste à trouver l'itinéraire pour franchir les barres rocheuses qui sont sous nos pieds. On s'engage sur une sente assez bien marquée. On doit trouver un "couloir câblé" assez long et bien raide, terreux et ruiniforme en direction du col de Fontanieu. 

 

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Pour la première fois, on aperçoit le hameau où on est garé. Tout en bas.

 

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La sente nous permet de descendre d'étages en étages, avec quelques passages qui remontent pour contourner un pilier, éviter une faille, un ravin. On a bien conscience qu'on est encore loin de l'arrivée...On sort régulièrement la carte pour essayer de se situer correctement. On avance toujours mais dans un certain doute. L'absence totale de marques maintient l'incertitude. On voulait du terrain d'aventure, on est servi :) 

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On cherche un bon moment avant de trouver ce fameux couloir, caché dans un fouillis végétal. La pente est très raide. On devine un câble quelques mètres sous le départ. C'est là...

 

 

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On arrive au pied du couloir. On est dans la forêt. Il faut trouver le col de Fontanieu pour basculer vers le point de départ.

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Encore une longue traversée, plein Sud. Puis, on trouve une sente qui descend droit dans la pente. C'est la bonne direction. 

 

Cette fois, on sait que ça se termine :) 

On arrive à la voiture à 19 H 30. 

Dix heures aller-retour, avec la montée à Malissard et les quelques A/R :), on est dans les 2000 m de dénivelée, une bonne vingtaine de kilomètres. On est content de voir qu'on n'est pas "explosés". On aurait pu continuer encore. L'entraînement de l'été est là. 

On regarde les falaises où on était tout à l'heure. Difficile d'imaginer qu'il y a un "itinéraire" là-dedans.

La magie de la Chartreuse.

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"Malnutrition culturelle"

Par Le 02/09/2019

La malnutrition culturelle : un ensemble de comportements que nous avons aujourd’hui et qui entrave la qualité du lien parent-enfant et in fine du lien social.

La malnutrition culturelle : un ensemble de comportements que nous avons aujourd’hui et qui entrave la qualité du lien parent-enfant et in fine du lien social.

© DEEPOL by plainpicture

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“Malnutrition culturelle”. L’expression est lancée par la psychanalyste Sophie Marinopoulos dans un rapport sur les enfants et les écrans, remis le 4 juin au ministre de la Culture. Dans cette société où tout s’accélère, elle pointe les dangers du manque d’attention et d’accompagnement des parents dans l’éveil des touts-petits. Rencontre.

Les enfants sont-ils en bonne santé culturelle ? Non, et c’est un fléau sanitaire, répond la psychanalyste Sophie Marinopoulos dans un rapport remis le 4 juin dernier au ministre de la Culture, Franck Riester. La spécialiste de l’enfance croise nombre de parents et d’enfants en difficulté dans les lieux de parole gratuits et sans rendez-vous qu’elle a créés, appelés Les Pâtes au beurre, où les familles sont écoutées et aidées. Elle en appelle à « une stratégie nationale pour la santé culturelle » et veut « promouvoir et pérenniser l’éveil culturel et artistique de l’enfant de la naissance à 3 ans dans le lien à son parent ».

Dans votre rapport, vous parlez à plusieurs reprises de « malnutrition culturelle ». De quoi s’agit-il ?
La santé culturelle, c’est la santé de nos relations, de nos liens. Et donc la malnutrition culturelle est tout ce qui vient empêcher la relation. Aujourd’hui, à la vitesse à laquelle on vit, la temporalité de nos relations et de ce que nous partageons ne fait pas du tout bon ménage avec la temporalité de l’enfance. C’est ce que j’appelle une « culture entravante ». La modernité nous impose une performance et une efficacité immédiates. Alors on attend d’un enfant quelque chose qui n’est pas possible pour lui : un enfant doit faire des expériences répétées et, évidemment, passer par l’échec. Il me semble qu’on est de plus en plus pris dans une espèce de mouvement qui oublie l’enfant et ses besoins. On veut des enfants mais sans l’enfance : qu’ils ne fassent pas de bruit, qu’ils ne bougent pas trop (dans un train par exemple), qu’ils ne nous mettent pas en situation difficile en ne répondant pas immédiatement à nos demandes. On parle beaucoup de la frustration des enfants mais pas de celle des adultes !

Je ne suis pas opposée aux écrans, nous sommes une génération « écrans », en revanche, l’utilisation de l’écran comme évitement de la relation, cela pose problème. On voit beaucoup de parents qui collent un téléphone ou une tablette entre les mains des enfants pour qu’ils ne fassent pas de bruit, pour qu’ils ne nous dérangent pas. Ils sont complètement hypnotisés. Et donc ni eux ni nous, adultes, ne sommes confrontés à la relation. On parle d’enfants instables, mais moi je questionne une société d’adultes où des enfants doivent trouver des tas de stratégies pour avoir notre attention, susciter notre parole à leur encontre. Les adultes sont constamment sur leur portable, si nous sommes bien là physiquement, nous ne sommes pas là psychiquement.

C’est tout cela la malnutrition culturelle : un ensemble de comportements que nous avons aujourd’hui et qui entrave la qualité du lien parent-enfant et in fine du lien social. Pour moi, il s’agit d’un nouveau défi sanitaire.

l’écran comme évitement

Quels en sont les effets ?
Les enfants ont un rapport au langage problématique, avec une grande perte de la qualité de l’expression. Les parents entravent, à leur insu, cet accès au langage. Et on sait bien que quand on n’a pas les mots, on tape. C’est comme ça qu’arrive la violence. Les enfants sont en difficulté dans la gestion de leurs émotions et sont relativement impatients, toujours dans la quête de la relation.

Nos enfants s’affaiblissent intérieurement. Globalement, ils sont en bonne santé : on a fait des efforts énormes concernant la nutrition, la prévention, etc. Mais, paradoxalement, dans leur vie interne, dans cette santé psychique, relationnelle, culturelle, ils s’appauvrissent et sont en moins bonne santé. Et c’est valable aussi pour nous, les adultes. Nous sommes en moins bonne santé : plus anxieux, plus vite dépressifs, plus vite découragés, nous savons moins nous exprimer, moins nous défendre par les mots.

Aujourd’hui, quand on parle de santé de l’enfant, on pense à quoi ? On va le peser, le mesurer, mais on ne prend pas du tout en compte la dimension globale de son développement. Il y a des fléaux sanitaires propres à chaque siècle, ce ne sont jamais les mêmes. Avant, cela concernait les corps, aujourd’hui, notre fléau, le manque d’éveil culturel et artistique des tout-petits, s’attaque au psychisme, et je ne vois pas pourquoi on l’ignorerait.

“La société doit soutenir les parents dans leur parentalité.”

Qu’est-ce qui peut remédier à cette situation ?
La culture. Il faut préconiser une politique culturelle pour les tout-petits et valoriser l’éveil culturel, c’est-à-dire tout ce qui peut nourrir l’enfant à partir des approches artistiques. Cela se fait déjà, mais il est important de le préconiser et de le promouvoir pour que nous en fassions véritablement un critère de santé. Si le ministère de la Culture et le ministère de la Santé s’associent, il y aura de vrais programmes de santé culturelle qui pourront initier de l’éveil partout, et ainsi le démocratiser. On parle beaucoup d’éducation, mais l’éveil vient en premier lieu, il concerne les enfants de la naissance à l’âge de 3 ans.

Il doit s’agir d’une politique et d’une stratégie nationales d’éveil culturel et artistique, défendues dans tous les lieux qui accueillent des tout-petits : les crèches, les PMI (protection maternelle et infantile), les musées… Nous devons réussir à allier les professionnels de l’enfance aux artistes, repenser leurs formations de manière à ce qu’ils puissent conjointement approcher nos tout-petits et participer à leur éveil. C’est cette politique d’attention qui protégera le lien parents-enfants. Faire d’un enfant le sujet de notre attention lui permet de naître à l’altérité.

Selon vous, la responsabilité ne peut être uniquement parentale ?
Cela relève de la responsabilité de la société. La société doit soutenir les parents dans leur parentalité. Les parents d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier, ils ne vivent pas dans le même environnement sociétal. Nos parents ne couraient pas comme nous courons. Notre modernité a des avantages et des inconvénients, soyons courageux. J’en appelle à une société d’adultes courageux qui regardent les points de fragilisation dans la croissance de nos enfants. Ayons le courage d’agir pour qu’ils ne soient pas entravés dans leur croissance.

Quelles sont alors vos préconisations ?
J’aimerais d’abord qu’on repense le carnet de santé et qu’on y intègre cette notion de santé culturelle. Que le pédiatre ou le généraliste ne s’intéressent pas seulement au poids, à la taille ou au périmètre crânien d’un enfant. Nous sommes dans du chiffrable et nous ne nous intéressons pas du tout à l’invisible, à la vie affective et émotionnelle. Il faut des programmes de soutien à la parentalité de qualité et, surtout, associer la culture aux PMI. Je vois beaucoup de parents en grande difficulté sociale : leur donner des couches et du lait est essentiel, mais cela ne suffit pas. Les PMI doivent ajouter à leurs intentions cette dimension culturelle, regarder l’appétence d’un enfant à écouter, à s’engager dans le langage, sa curiosité, sa manière de se mouvoir, d’écouter de la musique, de s’intéresser aux livres… Tout cela fait partie du développement de l’enfant"

La Nature

Par Le 01/09/2019

Depuis quelques mois déjà, les articles concernant la Nature sont quasiment tous désespérants. Canicules, sécheresses, incendies, pollution des océans, des lacs, des rivières, pollution de l'air, des cargos de déchets qui passent d'un continent à l'autre, disparition des espèces, affaiblissement considérable de la biodiversité, gaspillage alimentaire et donc des ressources, extraction effrénée de toutes les matières premières, accroissement effréné de l'urbanisation et diminution des terres agricoles, empoisonnement ou assèchement des nappes phréatiques etc etc etc etc etc etc ....

Et puis, il y a la Nature, l'autre face, celle que le monde humain ne voit plus aux informations, celle qui n'existe plus que pendant les vacances (pour ceux qui aiment encore ces lieux), celle qu'on finit par oublier si on ne s'oblige pas à se couper des flots de désastres, ceux qui nourrissent l'audimat des medias. 

Ne serait-il pas plus juste et surtout plus puissant de rappeler à tous l'existence de ce "miracle" de la création, de cette infinie beauté, ne serait-il pas plus efficace de réalimenter l'amour de la vie au lieu d'offrir un piédestal gigantesque à la mort ?

 

Est-ce que l'atteinte à la Nature, sans cesse ressassée par les medias, n'amène pas certains individus, à considérer que tout est fichu et qu'il faut profiter de tout ce qui reste avant la fin ?

J'en viens à me demander si nous ne sommes pas arrivés aujourd'hui à une ambiance mortifère qui au lieu de porter vers un monde préservé contribue à renforcer l'ampleur du mal. 

Est-ce qu'il ne faudrait pas identifier tout ce qui reste, tout ce qui est sous nos yeux, en bénir la richesse ? Il ne s'agirait pas de nier les dégâts, ils sont gigantesques et il faudrait être dénués de lucidité pour ne pas les voir mais, une fois le diagnostic posé et les solutions émises, ne conviendrait-il pas de se projeter également sur cette vie restante et celle à rétablir ?

Comment solliciter les populations à des comportements aimants si elles ne savent pas ce qu'il y a à aimer ? L'interrogation peut sembler stupide mais cette humanité "moderne" est arrivée à un tel niveau d'existence "hors sol" qu'il serait utile, il me semble, de la ramener vers la Terre avant de lui demander d'en prendre soin.

Personne n'aime "a priori". On aime réellement que ce qu'on connaît.

 

 

Obésité

Par Le 28/08/2019

Très clairement, j'ai vu la progression de ce mal depuis une dizaine d'années chez les enfants de mes classes d'école primaire. Le constat est facile à faire dans les années suivantes  : il suffit de se poster à la sortie d'un collège...

Quand j'étais jeune, je passais mon temps libre à jouer dehors, à courir dans les bois, à aller nager à l'océan, à faire des tours de vélo, à grimper aux arbres, à faire des cabanes. Ensuite, au collège, j'ai joué au tennis, mes parents n'avaient que peu de moyens financiers pourtant. J'ai fait du tennis de table, du badmington et je courais beaucoup, des footings dans les bois et des virées en vélo de plus en plus longues, j'allais sur la côte pour escalader les rochers. Tout ça ne coûtait pas bien cher.

C'était autrefois.

Ici, dans la ville la plus proche, 4000 habitants, la municipalité a fait construire des "city park"...Je n'y vois quasiment jamais de jeunes et quand ils y viennent, c'est davantage pour écouter de la musique ou jouer avec leurs smartphones.

Il y a des clubs de sport mais en dehors de celui de foot, ils ne croulent pas sous les adhésions.

Quant à croiser des jeunes en montagne, ça relève du miracle. Une paire de chaussures suffit pourtant. 

Il y a clairement un phénomène de société et plusieurs paramètres l'expliquent.

 

Obésité : pourquoi la maladie progresse-t-elle chez les ados ?

 

Par LEXPRESS.fr ,publié le , mis à jour à 

  
Selon le Ministère de la Santé, près de 20 % des adolescents sont en surpoids.

Selon le Ministère de la Santé, près de 20 % des adolescents sont en surpoids.

afp.com/PAUL ELLIS

Selon un rapport publié ce mercredi par le ministère de la Santé, près de 20% des adolescents sont en surpoids, et 5,2% d'entre eux sont obèses.

Chez les adolescents en surpoids, le risque d'obésité augmente. C'est ce que révèle une étude publiée ce mercredi par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), qui dépend du ministère de la Santé. Selon cette enquête, 18,4 % des adolescents français sont en surcharge pondérale, et 5,2 % d'entre eux en situation d'obésité. Des chiffres en hausse depuis 2009, où l'on dénombrait alors 17 % d'adolescents en surpoids, dont 3,8 % de jeunes obèses. La DREES pointe du doigt plusieurs facteurs à cette hausse de l'obésité chez les adolescents, comme le temps passé sur les écrans, le risque de grignotage ou le manque de sport. Mais, selon l'organisme, ces chiffres mettent également en lumière les conséquences des inégalités sociales. 

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Ainsi, 24 % des enfants d'ouvriers sont actuellement en surcharge pondérale en France, dont 8 % sont obèses : chez les enfants de cadres, ces proportions sont respectivement de 12 % et 3 %. "Ces disparités peuvent en partie s'expliquer par des habitudes de vie différenciées selon le milieu social. Les habitudes de vie bénéfiques à la santé sont plus souvent déclarées par les adolescents issus des milieux socialement favorisés : prise régulière d'un petit-déjeuner, pratique d'un sport, limitation du temps passé devant les écrans", analyse la DREES. L'Express a posé trois questions au nutritionniste Laurent Fidalgo, spécialiste de l'obésité infantile et collaborateur au sein du Réseau pour la prise en charge et la prévention de l'obésité en pédiatrie Île-de-France (Repop IDF), afin de décrypter ces chiffres. 

L'Express. Les conclusions de ce rapport sur l'obésité des adolescents sont-elles inquiétantes ?  

Laurent Fidalgo. Ces chiffres ne sont pas inquiétants, dans la mesure où ils ne sont pas surprenants. En tant que nutritionniste, sur le terrain, je vois bien que les adolescents en situation de surpoids ou d'obésité sont de plus en plus nombreux. Je pense que c'est une fatalité, du fait du mode de vie des adolescents : l'obésité n'est qu'une conséquence normale de la malbouffe et de la sédentarité. Je pense même que ces chiffres pourraient encore augmenter, pour atteindre jusqu'à 30 % d'adolescents en surpoids dans quelques années. Il faut bien comprendre que l'obésité est une maladie multifactorielle.  

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Beaucoup de paramètres interviennent, à commencer par le fait que les adolescents qui grossissent sont majoritairement ceux qui sont prédisposés à le faire : le facteur génétique est bien évidemment à prendre en considération. D'autre part, le harcèlement médiatique des enfants et adolescents par l'industrie agroalimentaire n'est pas anodin. Les jeunes sont matraqués par les publicités sur les réseaux sociaux, ou à la télévision, qui les motivent en permanence à consommer des sucreries, des céréales, des barres chocolatées, des gâteaux industriels...  

En quoi ces chiffres peuvent-ils refléter une certaine inégalité sociale ? 

Effectivement, l'étude soulève la disparité sociale de cette maladie, qui s'explique presque logiquement : les familles qui sont en précarité sociale auront comme réflexe de s'orienter vers des produits riches en énergie, puisqu'ils sont moins chers et nourrissants. Les fruits et légumes, les produits bio, les aliments issus de l'agriculture locale, sont moins faciles d'accès d'un point de vue économique.  

LIRE AUSSI >> "Nous sommes dans une société élitiste" : en France, les inégalités se jouent dès l'enfance 

Les personnes les plus précaires n'ont pas non plus accès à toutes les activités physiques auxquelles peuvent s'initier les familles les plus aisées. Tous les parents ne peuvent pas toujours payer à leurs enfants des cours de tennis, de piscine, de judo... Cette maladie est façonnée par le milieu dans lequel on grandit : le type de nourriture consommé, la façon dont on mange, le temps alloué à la cuisine... Mais on ne peut évidemment pas réduire l'obésité aux seuls facteurs sociaux.  

Comment réduire ces inégalités et prévenir l'obésité des adolescents ?  

La chose la plus importante est de s'y prendre le plus tôt possible. Aujourd'hui, nous avons un outil permettant de dépister quasiment 100 % des enfants qui auront une probabilité forte de prendre du poids dès l'âge de six ans. Très tôt, le rebond précoce d'adiposité, sur la courbe de corpulence, permet de "dépister" un enfant qui aura plus tendance à prendre du poids. Alors quand un adolescent est pris en charge à 13, 14, 15 ans, on a juste perdu du temps. Mais encore faut-il que les parents soient au courant de cette possibilité, et prennent eux-mêmes l'initiative de consulter. Dès la naissance, il faut donc éduquer les parents sur ce sujet, mais également sur le fait qu'ils doivent transmettre à leurs enfants une alimentation saine, composée de fruits et de légumes... Plus tôt on s'y prend, plus tôt on peut guérir cette maladie.  

"La souveraineté protéinique"

Par Le 27/08/2019

J'en parlais il y a quelques jours...

Il ne sert à rien de s'émouvoir sur les feux de forêts, que ça soit en Amérique du sud, Brésil et Colombie, en Afrique ou en Indonésie. Il faut en chercher les causes réelles. 

Ici, elles sont clairement expliquées. En fait, France info finit par être obligé de reprendre tous les articles parus dans les sites contestataires, au regard du buzz que ça a créé sur internet. Ils ne font que suivre le mouvement. Mais c'est déjà bien étant donné qu'ils sont parmi les plus lus.

Pour ma part, je continue à dire que si les gens sont choqués par ces feux, c'est à eux d'agir... Sinon, c'est juste hypocrite.

 


 

"Par ailleurs, si les Français ne réduisent pas leur consommation de viande, et que les élevages industriels continuent de se développer au détriment d'élevages de taille plus modeste, il sera difficile pour l'Europe et la France de se passer des importations de soja OGM. "

Un tracteur sur un champ de soja, dans l\'Etat du Mato Grosso, dans le centre du Brésil, le 8 décembre 2008. 
Un tracteur sur un champ de soja, dans l'Etat du Mato Grosso, dans le centre du Brésil, le 8 décembre 2008.  (RODRIGO BALEIA / AE / AFP)

"Nous devons recréer la souveraineté protéinique de l'Europe." Cette phrase, prononcée par Emmanuel Macron, lundi 26 août, sur le plateau du journal de 20 heures de France 2, a fait lever quelques sourcils. Interrogé sur la "part de complicité" de la France dans les incendies qui ravagent depuis plusieurs semaines la forêt amazonienne, le président français a évoqué la part de responsabilité des Etats qui, comme la France, importent du soja brésilien pour nourrir leur bétail.

Une forte dépendance au soja sud-américain 

Selon un rapport de Greenpeace, l'Union européenne importe environ 33 millions de tonnes de soja chaque année, "majoritairement en provenance d'Amérique du Sud, et 87% du soja utilisé en Europe est destiné à l'alimentation animale." Les trois quarts sont destinés aux élevages industriels de poulets de chair ou poules pondeuses (50%), ou de porcs (24%). Les vaches laitières consomment pour leur part 16% du soja importé et les vaches allaitantes (races à viande), 7%.

Si la consommation de viande a tendance à baisser en Europe et en France depuis les années 1980, relève Le Monde, elle reste élevée et continue de faire la part belle aux produits laitiers et aux œufs. Surtout, la politique agricole commune (PAC) encourage une augmentation d'échelle des exploitations (et donc l'élevage industriel, gourmand en protéines de soja issues de l'importation). La part de viande porcine produite dans les méga-fermes françaises est passée de 31% en 2004 à 64% en 2016, et de 11% à 28% pour la viande de poulet, selon un rapport de Greenpeace (lien en anglais), publié en février 2019. 

"La France importe chaque année entre 3,5 et 4,2 millions de tonnes de soja", poursuit l'ONG, qui ajoute que le Brésil est de loin le premier fournisseur de l'Hexagone. Ainsi, 61% du soja importé par la France est brésilien, ce qui représente plus de 2 millions de tonnes par an, sur une production totale de soja estimée à 113,8 millions de tonnes. Au sein de l'UE, l'Hexagone est la cinquième destination pour les importations de soja latino-américain. Le Brésil est le deuxième producteur de soja au monde.

Un impact écologique néfaste 

Le lien entre culture du soja et déforestation est aujourd'hui indiscutable. Au Brésil, avec la production bovine, les activités agricoles occupent près de 6,5% de la surface déboisée (selon l'ONG Amazon Watch, la production de soja et l'élevage de bœufs comptent pour 80% des causes de la déforestation – lien en anglais–.) Une enquête internationale des ONG Mighty Earth, Rainforest Foundation Norway et Fern soulignait en 2018 les impacts dramatiques de la culture de soja en Amérique latine. Elle évoque la destruction, souvent illégale, par le feu ou au bulldozer de milliers d'hectares de forêt amazonienne. 

Ces cultures sont également particulièrement gourmandes en pesticides et, notamment, en glyphosate, détaille un rapport de l'Académie d'agriculture de France, consacré au soja américain. "Le gouvernement Bolsanaro affiche son soutien total à cette fillière et au développement agro-industriel pour l'export, notamment en accélérant l'homologation d'une très large gamme de nouveaux pesticides", écrit ce rapport. "En Argentine, où la quasi-monoculture de soja est largement répandue depuis des années (...), le soja, tolérant au glyphosate, en nécessite de plus en plus et, souvent, en mélange non contrôlé avec d'autres herbicides plus toxiques." Or, le rappport de l'ONG Mighty Earth s'inquiète des conséquences de cette exposition pour les populations locales.

Par ailleurs, alors que la culture des OGM est interdite en France, Greenpeace dénonce l'importation, chaque année, de millions de tonnes de soja transgénique pour nourrir les animaux qui se retrouvent en bout de chaîne, dans l'assiette des Français. 

Des enjeux de diversification

Produire davantage de ses besoins en protéines permettrait à l'Europe d'assurer une meilleure traçabilité de la nourriture donnée à ses bêtes. Elle gagnerait par ailleurs en indépendance vis-à-vis des puissances étrangères : le Brésil, mais aussi les Etats-Unis, également grand producteur de soja. Afin de consolider la souveraineté alimentaire française, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, a donc lancé début 2019 une large concertation nationale pour l'élaboration d'une stratégie "protéines végétales" , en vue d'un plan protéines européen présenté dans le cadre de la prochaine PAC. Après des débats difficiles entre ministère et professionnels du secteur, les agriculteurs espèrent la formalisation de ce texte à l'automne

A travers ce plan, les producteurs d'oléoprotéagineux (colza, pois, tournesol) ont pour ambition de réduire la dépendance de la France aux importations de 45% à 35% (contre près de 65% à 70% en Europe) dans les cinq prochaines années.

Aussi, dans son plan climat, publié en juillet 2017, la France s'est engagée à "mettre un terme à la déforestation importée." Signataire en 2015 de la déclaration d'Amsterdam, sur l'huile de palme et la déforestation, la France continue de recourir aux importations de soja. Paris "se contente d'afficher un objectif ambitieux sans mettre vraiment en place les mesures pour l'atteindre", a déploré Greenpeace. "[La France] ne fixe ainsi pas d'objectif de réduction des importations de soja et ne permet pas non plus la réorientation radicale nécessaire de notre modèle d'élevage, qui n'est pas soutenable
 et trop dépendant du soja importé." 

Des importations aujourd'hui indispensables

Dans un rapport daté de 2016, l'Inra souligne la dépendance de l'élevage français aux importations de soja, "même si les autres constituants de la ration comme les céréales, les tourteaux de colza ou de tournesol par exemple, contribuent aussi à la couverture des besoins en protéines des animaux." L'organisme qualifie alors les légumineuses de "voie royale pour réduire cette dépendance".

"Excellentes sources de protéines et d'énergie","leur teneur en acides aminés sont plus proches des besoins des animaux que celle du soja",poursuit ce document. "Les pois peuvent parfaitement se substituer au soja dans les aliments pour les porcs. Leurs régimes pourraient contenir jusqu'à 30% de ces graines. De même, pois et féveroles pourraient constituer entre 15 et 20 % de la ration des poulets et des ruminants. Les légumineuses pourraient même se substituer en partie aux farines de poissons destinées à l'aquaculture". Enfin, "les légumineuses fourragères présentent un grand intérêt pour l'élevage bovin", continue l'Inra, qui conclue toutefois qu'"avec moins de 200 000 hectares cultivés, les légumineuses ne peuvent pas encore prendre des parts de marché au soja importé". 

Sur le territoire français, les surfaces de soja (+4%) et de protéagineux (+7,8%) seraient en nette hausse en 2019, selon les premières projections du ministère de l'Agriculture, qui prévoit également de bons rendements, notamment pour les pois et les féverolles. Mais "une réelle autonomie en concentré riche en protéines semble a priori peu accessible à moyen terme", estime un rapport de l'Académie d'agriculture de France. Selon ce document, "le niveau de prime des dernières années n'est pas suffisant pour entraîner une conversion significative des surfaces en céréales vers les protéagineux, dont la culture est plus délicate et les rendements nettement plus aléatoires." 

Par ailleurs, si les Français ne réduisent pas leur consommation de viande, et que les élevages industriels continuent de se développer au détriment d'élevages de taille plus modeste, il sera difficile pour l'Europe et la France de se passer des importations de soja OGM. 

 

 

 

 

L'hypocrisie du recyclage

Par Le 27/08/2019

Le recyclage est un appel à la consommation et non une protection de la planète. C'est un système déculpabilisant alors qu'il n'est qu'un maillon hypocrite de la chaîne de destruction de l'environnement. 

Je suis effaré de voir les bennes à la déchetterie du secteur. Des dizaines de personnes qui balancent tout ce qui les gêne, tout ce qui prend de la place, tout ce qui va leur permettre de dire qu'ils ont des gestes "écologiques"... C'est toujours mieux que de tout balancer dans un fossé ou un ravin de montagne, c'est certain. Mais ça n'est pas la solution idéale. Loin de la là. Le seul comportement qui soit écologique, c'est d'analyser les déchets et de se demander sil était vraiment indispensable, vital d'acheter les objets qui ont contribué à l'émergence de ces déchats et de s'engager dès lors dans une "dé-consommation" afin non pas de recycler mais de ne pas se retrouver avec ces déchets. Le recyclage qui sert d'alibi à la consommation est un adversaire de l'écologie, pas un partenaire. 

 

TEDx Talks

Ajoutée le 29 janv. 2019

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Focalisés sur le changement climatique, nos gouvernements nous invitent à changer régulièrement de voitures et d’appareils afin d’économiser de l’énergie et ainsi réduire les émissions de CO2. Or cette politique est réductrice et dangereuse pour nos vies. Car c’est oublier que la fabrication d’une voiture génère une pollution chimique qui, contrairement au CO2, ne peut pas être compensées à l’utilisation. En effet, les dégâts causés par les substances toxiques envoyées à la fabrication dans l’eau, l’air et les sols sont irréversibles. Donc on a beau parcourir des millions de kilomètres avec la même voiture, on n’arrivera jamais à revenir en arrière. Ainsi plus nous fabriquons de voitures plus nous empoisonnons le vivant ! Dès lors, garder sa vieille voiture est plus écologique que de la changer pour une neuve. Lucien Willlemin nous livre une réflexion hors norme qui perturbera bien des idées reçues. A voir absolument ! Après une formation bancaire, à 23 ans il reprend la direction des achats dans une entreprise horlogère. Des voyages d'affaires dans le Sud-Est asiatique lui font découvrir la Chine en construction d'où une prise de conscience de ce qui s'y prépare sur le plan environnemental et social. Il quitte alors ce secteur et c'est à l'âge de 27 ans qu'il s'associe et crée une société de promotion immobilière. Après deux ans d'activités, il découvre l'énergie grise, une révélation. Il s'entoure alors de personnes compétentes pour réaliser des concepts d'habitations écologiques avec pour objectif de développer la conscience environnementale dans les milieux immobiliers par des constructions concrètes. A 40 ans il remet sa société immobilière afin de s'accorder du temps pour mener une réflexion plus approfondie sur notre société et son avenir. Cela fait 10 ans qu'il s'est arrêté et qu'il va à la rencontre du grand public pour partager son expérience et offrir un regard nouveau sur la question environnementale. S'en suit trois petits livres à succès "En voiture Simone !", "Fonce Alphonse !" et "Tu parles Charles !". Dans la foulée il fonde La Chaussure Rouge, le symbole du "prendre soin de la vie". Son site : www.lucien.lu This talk was given at a TEDx event using the TED conference format but independently organized by a local community. Learn more at https://www.ted.com/tedx

 

 

La SUEDE a bien compris dans quel sens il fallait agir...

En Suède, plus on réparera, moins on paiera d’impôts !

Près de 190 millions de couronnes suédoises (environ 20 millions d’euros) seront consacrés au projet de réduction d’impôts, et 270 millions de couronnes seront déboursés pour la baisse de la TVA (près de 28 millions d’euros).

27 septembre 2018 - La Relève et La Peste

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Le gâchis à grande échelle est démocratisé tandis que l’urgence environnementale ne cesse d’enflammer la polémique. Dissonante et trébuchante, la société devient schizophrène. Nous avançons à contre-courant de notre époque, pourtant si propice à une profonde remise en question. Nous achetons trop, nous consommons trop, et par conséquent, nous polluons beaucoup trop !

Quand un objet cesse de fonctionner, nous avons tendance à le remplacer, vite fait bien fait, par un nouveau modèle, flambant neuf. Cependant, les conséquences pour l’environnement sont désastreuses lorsqu’on sait que l’Amérique jette environ 130 000 ordinateurs et plus de 350 000 téléphones portables par jour.

Actuellement, le temps c’est de l’argent, et les industriels l’ont bien compris ! Nous assistons alors à l’avènement de la consommation par fainéantise : « Facilitez-vous donc la vie en achetant un nouvel aspirateur au lieu de vous embêter à le réparer ! »

Crédit Photo : Carl Young

De plus, le système est si bien fait (pour nous faire acheter) qu’il redouble d’ingéniosité pour nous rendre la tâche plus compliquée. La société de consommation a fait naître l’ennemi juré du zéro déchet : l’obsolescence programmée. Kesako ? C’est un gros mot qui fait froid dans le dos tant son illogisme frise l’indécence. 

« L’obsolescence programmée est l’ensemble des techniques destinées à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement. »

Pour faire simple, disons que les industriels sont les rois du « gâchis organisé ». Raymond Loewy, le célèbre designer industriel franco-américain du début du 20e siècle se retournerait dans sa tombe s’il savait qu’aujourd’hui nous négligeons nos objets au point de les rendre volontairement défectueux.

Crédit Photo : Carl Young

Malheureusement, nous constatons qu’il est souvent plus rentable de racheter que de faire réparer. Entre les frais à engager, la dimension chronophage que cela implique et les contraintes logistiques, il faut s’armer de courage et de détermination pour demeurer ou devenir un consommateur responsable.

De plus, Internet finit de nous mâcher le boulot quand on sait qu’en quelques clics on peut être livré à prix modique. Des objets de piètre qualité inondent le marché, mais demeurent les leaders des ventes, entretenant la fuite économique par la délocalisation et entretenant la main d’œuvre à bas coût.

Histoire de mettre un coup de pieds dans la fourmilière de la surconsommation, le gouvernement Suédois encourage une pratique ancestrale oubliée… le bricolage ! Désormais, les citoyens qui réparent (ou font réparer) leurs biens endommagés au lieu de courir les magasins seront récompensés par une baisse de leurs impôts.
Le 20 septembre dernier, le Parti Social Démocrate et le Parti Vert suédois ont proposé au parlement une nouvelle loi concernant la baisse des taxes sur les opérations de recyclage. Ainsi, la TVA sur les prix des réparations de vélos, de chaussures ou les reprises de vêtements devrait passer de 25 à 12 %.

En outre, les « consom’acteurs » qui choisissent l’option réparation pour soigner leurs appareils électroménagers pourront se faire rembourser, en partie, l’argent dépensé. « Nous pensons que cela pourrait diminuer les coûts et rendre la réparation plus rationnelle et économique. Il y a un changement qui s’opère à ce niveau en Suède actuellement, une prise de conscience du besoin de faire durer les objets plus longtemps pour réduire la consommation de matériaux » raconte le ministre des finances suédois Per Bolund. Et pour aller encore plus loin dans cette logique, la proposition de loi inclut aussi de nouvelles taxes sur les produits contenant des matériaux non recyclables ou difficilement réparables. Mises bout à bout, toutes ces mesures inversent la tendance du consumérisme irraisonné. Bientôt, il deviendra plus économique d’offrir une seconde jeunesse à nos produits, et à l’inverse, il deviendra plus onéreux d’acheter des objets qui ne sont pas fait pour durer.

Au total, tout cela représente une coquette somme pour le gouvernement Suédois. Près de 190 millions de couronnes suédoises (près de 20 millions d’euros) seront consacrés au projet de réduction d’impôts, et 270 millions de couronnes seront déboursés pour la baisse de la TVA (près de 28 millions d’euros). Mais au final, c’est un investissement prometteur pour l’avenir ! En effet, cette nouvelle loi encourage la réduction de la pollution et du gaspillage (qui coûtent très cher aux pouvoirs publics) mais surtout, elle relance tout un pan de l’économie basé sur la réparation, le recyclage et l’économie circulaire.

27 septembre 2018 - La Relève et La Peste

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Les peuples racines de l'Amazonie.

Par Le 26/08/2019

Dans une tribune publiée sur franceinfo, l'organisme qui représente et défend les intérêts des peuples amérindien et bushinengé de Guyane met notamment en cause l'extractivisme.

Un bout de la forêt amazonienne incendiée près de Porto Velho au Brésil, le 24 août 2019.
Un bout de la forêt amazonienne incendiée près de Porto Velho au Brésil, le 24 août 2019. (CARL DE SOUZA / AFP)

 Le feu "n’est pas le seul danger qui menace ou qui détruit l’Amazonie", affirme le Grand Conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé, qui a la responsabilité de représenter et de défendre les intérêts des peuples amérindien et bushinengé de Guyane, dans une tribune publiée sur franceinfo.fr. Alors que des incendies ravagent l'Amazonie, il met en cause "l'extractivisme" et appelle la France à ratifier la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT), relative aux peuples indigènes et tribaux, afin de reconnaître véritablement le droit des peuples autochtones. "L'Amazonie est vivante et elle est en train de mourir, par l’action de l’homme", conclut cette tribune.


Depuis plusieurs semaines les regards du monde entier sont tournés vers la forêt amazonienne. Cependant, il est souvent vite oublié, volontairement ou pas, que cette forêt est habitée, et gérée raisonnablement par les peuples autochtones depuis des millénaires. Le lien fraternel qui nous lie entre peuples autochtones d'Amazonie transcende les frontières administratives.

Depuis la Guyane, nous observons avec une grande tristesse les incendies qui ravagent notre forêt dans les différents pays. L'Amazonie est le territoire ancestral des peuples Amérindiens. L’Amazonie a servi de refuge au moment de la rébellion face au système esclavagiste.

La forêt est bien plus qu’un ensemble d’arbres et d’animaux. Nous y avons, nous peuples Amérindiens et Bushinengé, un attachement particulier au niveau culturel, spirituel, économique, etc.

Quand nous voyons les flammes, c’est tout cela qui brûle et c’est ce qui crée cette profonde compassion et solidarité avec les peuples et les communautés qui font directement face à ce drame.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré le 12 avril 1998 : "Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne soit pas montrée aussi efficace que les Américains. Eux, ils ont exterminé leurs Indiens". Il est évident que ce personnage profondément raciste a une grande part de responsabilité, néanmoins le Grand Conseil coutumier refuse de céder à la facilité et de personnifier le véritable problème qui est politique et économique et qui est soutenu par la majorité des dirigeants au niveau mondial.

Ce ne sont pas de simples feux, c’est l’œuvre du capitalisme.

Le Brésil n’est pas le seul pays amazonien touché par les flammes, l’Amazonie n’est pas la seule forêt en feu, en Afrique aussi la forêt brûle et les peuples et l’ensemble des êtres souffrent de cette destruction.Le Grand Conseil coutumier

Le feu n’est pas le seul danger qui menace ou qui détruit l’Amazonie. L’extractivisme a sa grande part de responsabilité. Et nous sommes dans l’étonnement face au positionnement du président Emmanuel Macron qui consiste à dénoncer la destruction de l’Amazonie brésilienne ou bolivienne mais qui parallèlement attribue 360 000 hectares de forêt aux multinationales minières, en Guyane, en Amazonie française.

Le Grand Conseil coutumier a pour responsabilité de représenter et défendre les intérêts des peuples amérindiens et bushinengé de Guyane.

Nous tenons à ré-affirmer notre solidarité avec les peuples directement touchés par ces incendies et nous demandons à la population de prendre enfin conscience de l’importance de la forêt.

Nous avons refusé de cosigner la tribune de madame la ministre Annick Girardin car il manque des engagements au niveau de la reconnaissance des droits des peuples autochtones et leur rôle dans la préservation de la biodiversité. Nous soutenons sa proposition d’augmenter les fonds alloués par l’Union européenne sur le développement de l’Amazonie mais la participation pleine des peuples autochtones à sa gestion doit être garantie. Nous soutenons sa proposition de créer un fonds international pour l’Amazonie mais qui devra être directement géré en Amazonie par les peuples autochtones et les communautés.

Nous notons les engagements du président de la République Emmanuel Macron "d’associer les peuples autochtones", néanmoins cela doit se traduire par la participation pleine des peuples autochtones à l’ensemble des décisions concernant la Guyane et l’Amazonie, donc le renforcement du Grand Conseil coutumier en instance décisionnaire avec de véritables moyens de fonctionnement.

Nous demandons une nouvelle fois au gouvernement français de ratifier la Convention 169 de l'OIT afin de reconnaître véritablement le droit des Peuples autochtones. 

Pour finir, l’Amazonie est bien plus qu’une forêt, c’est notre "chez-nous", elle est vivante et elle est en train de mourir, par l’action de l’homme. Ensemble changeons le destin de notre planète et ayons le courage de prendre des virages pour l’avenir et pour l’espoir.

Le Grand Conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé

 

Sur le survivalisme

Par Le 22/08/2019

Une analyse à laquelle j'adhère intégralement.

https://www.resilience-urbaine.com/survivalisme-resilience/survivalisme-france-societe-valeurs/#comment-1765

 

Le survivalisme en France : la réponse à une société en perte de valeurs

 

Publié par  | 19/04/2017 |  | 38  |     

Le survivalisme en France : la réponse à une société en perte de valeurs

Sommaire de l'article [Afficher]

Le survivalisme et la préparation survivaliste sont de plus en plus au cœur de l’actualité en France. Si beaucoup considèrent les survivalistes comme des originaux, ce mode de vie visant à être indépendant et autonome réunit de plus en plus d’adeptes en France et dans le monde.

Survie : Fait de survivre à un événement négatif, de continuer à vivre : Un malade en survie. Continuité de la vie dans un contexte dégradé.

Survivalisme : Mode de vie visant l’autonomie et la résilience dans le but d’éviter de subir des situations de survie.

01. Société moderne et survivalisme : le paradoxe de l’évolution

01.1 L’effet domino

Notre société moderne repose sur une longue chaîne d’interdépendances : chaque maillon de la structure socio-économique dépend d’un autre maillon pour fonctionner correctement. Industrie, transports, services publics, fret, entreprises privées, tous ces secteurs semblent distincts et pourtant l’un de ne saurait fonctionner sans les autres. Chacun, à un moment ou à un autre de sa vie, a fait l’expérience d’une perturbation de ce système en France : paralysies des transports, catastrophes naturelles ou industrielles, pénuries de pétrole, accidents nucléaires, effondrements économique, pannes de courant, grèves, conflits armés, émeutes, etc. Dans une société où chaque jour amène son lot de nouvelles menaces, les rangs des citoyens cherchant à se protéger se grossissent de jour en jour.

Les facteurs potentiels de dérèglement sont nombreux. Le dysfonctionnement isolé d’un organe est courant et communément considéré comme un incident tolérable (cf. cas AZF). Mais une défaillance simultanée et durable de plusieurs systèmes vitaux pourrait déclencher une réaction en chaîne capable de provoquer l’effondrement complet de notre société. Que ceux qui pensent que c’est impossible en France ouvrent leurs livres d’Histoire…

Certains balayent cette éventualité d’un revers de la main en s’appuyant sur la probabilité « statistiquement faible » d’un tel bouleversement. D’autres choisissent de la prendre en compte et créent leurs propres maillons pour minimiser leur dépendance au système. Ils limitent ainsi l’impact qu’aurait une rupture complète de la chaîne principale sur leurs vies.

La démarche survivaliste qui vise à maintenir une normalité relative le temps que les systèmes principaux soient rétablis pourrait, si elle se démocratisait en France, participer à la création d’une société plus réfléchie. Avec une population plus réactive et résiliente, la France serait capable de s’adapter aux contraintes exceptionnelles et de basculer sur un mode de fonctionnement alternatif entièrement opérationnel lorsque les circonstances l’exigent.

01.2 Le survivalisme a mauvaise presse en France

Apprendre à maintenir son habitation en bonne condition structurelle et sanitaire, stocker et produire de quoi s’hydrater, se nourrir et se chauffer, générer sa propre énergie pour s’éclairer, connaitre les gestes qui sauvent et être capable de se défendre lorsque c’est nécessaire semble tomber sous le sens. Et pourtant, la communauté survivaliste et la notion même de survivalisme ont mauvaise presse, en particulier en France où le sujet est souvent tourné en ridicule.

Qualité inhérente à l’espèce humaine, la capacité de survie est pourtant devenue une notion étrangère au citoyen moderne, au point de s’être transformée en une curiosité spectaculaire qu’on met en scène dans des téléréalités comme la célèbre « Man vs. Wild » où le sensationnel Bear Grylls, en caricature d’aventurier, grimpe aux arbres, se jette dans des rivières glacées, mange des plâtrées d’insectes et boit son urine.

L’audience est toute trouvée : la survie et la nature sont deux notions bien méconnues de l’homme 2.0 piégé dans sa jungle de béton. Les techniques de survie n’ont d’ailleurs jamais été adaptées à nos modes de vies urbains : la grande majorité des guides parus à ce jour se propose de nous apprendre à subsister dans la nature, ce qui est d’une pertinence relative quand on habite en ville. L’objet de la préparation survivaliste sera de vous donner les moyens de vous maintenir autant que possible dans votre logement urbain et donc ne pas avoir à appliquer leur contenu, ou du moins le plus tard possible.

Souvent abordé sous le prisme de la pathologie mentale et du sensationnalisme voyeuriste par les médias français, le terme survivalisme appelle irrémédiablement l’image d’un paranoïaque qui s’enferme dans son bunker avec armes et provisions pour échapper à la fin des temps.

survivalisme durant la guerre froide : illustration d'un bunker survivaliste de 1962

Brochure commerciale d’un promoteur de bunkers personnels, Etats-Unis, années 1960.

01.3 Qui sont les survivalistes ?

Cette vision réductrice de l’état d’esprit survivaliste occulte les raisons profondes de son apparition et de sa démocratisation, tout comme l’étendue des savoirs qu’il regroupe. Compétences techniques, organisation, cohésion, cultures, soins médicaux, maniement des armes, psychologie, chimie, mécanique, stratégie, tactique, la liste des qualités et connaissances des membres de la communauté survivaliste est longue. Et pour cause : l’accumulation de savoirs utiles est la meilleure façon de se préparer aux risques qu’impliquent les situations dégradées.

Il n’y a pas de doute, le survivalisme fascine. Critiqué pour sa logique perçue comme catastrophiste, ultra-individualiste et prédatoire, le mouvement survivaliste a pris ses racines aux États-Unis dans les années 1950, entre autres en réponse à la menace d’un conflit nucléaire avec l’URSS.

À la fin de la Guerre du Vietnam (1955-1975), des dizaines de milliers de soldats vétérans rentrent aux États-Unis. Ce retour marquera le début du survivalisme moderne : certains d’entre eux, marqués par l’expérience du combat et de la guerre, se retirent de la vie collective avec la société américaine qui traverse alors une révolution culturelle libertaire. Certains de ces soldats partent alors dans les régions isolées du centre des États-Unis pour s’y installer en quasi autarcie. Isolés du reste de la population américaine, ils vivent simplement tout en se préparant à l’éventualité d’une catastrophe ou d’une guerre sur le sol américain et posent les bases du survivalisme en mettant au point guides et techniques que nous connaissons aujourd’hui.

Devant la décadence d’une société qu’ils ne reconnaissent ni ne comprennent plus, ils se vouent à vivre en préservant et en étant prêts à défendre les valeurs authentiques de liberté, de propriété et de souveraineté sur leurs terres inspirées par leur foi et la constitution des États-Unis. Cette vie rudimentaire orientée sur des valeurs simples et axée sur la survie leur a valu le surnom de survivalistes.

Le survivalisme a évolué depuis la fin de la guerre froide et la multiplication des catastrophes industrielles et naturelles, des guerres, des attaques terroristes et des tensions socio-culturelles au cours des XX et XXIème siècles l’ont démocratisé sous les notions de prepping ou néo survivalisme, considérées comme des approches plus durables, plus collectives, plus sereines et plus politiquement correctes de la survie. Il n’en a néanmoins pas perdu de vue ses fondamentaux.

Survivre implique de continuer à vivre quand tout est réuni pour entraîner la déchéance, la mort, ou les deux. Les communautés humaines font face à ces risques depuis la nuit des temps, la notion de préparation préventive n’a donc rien de nouveau. Pendant longtemps la communauté survivaliste s’est principalement préparée à un effondrement soudain et brutal de la continuité civilisationnelle et sociale. Elle a petit à petit élargi le spectre des scénarios envisagés pour s’adapter aux enjeux et contraintes d’un monde moderne qui sombre lentement et donne d’une main pour reprendre de l’autre.

Ainsi, loin des clichés du reclus associable qui astique son arme toute la journée dans l’attente que l’humanité retourne à ses plus bas instincts, le survivaliste passe le plus clair de son temps à travailler (comme tout le monde) et à assimiler des connaissances pour accroître son autonomie : jardinage, couture, bricolage, premiers soins, la liste est longue.

Aujourd’hui en France, les survivalistes sont aussi nombreux qu’invisibles. Nous sommes vos voisins, vos amis, vos policiers, vos médecins ou vos garçons de café. Nous ne sommes ni des fous ni des dangers. Nous ne sommes pas un contre-pouvoir. Nous ne souhaitons pas la guerre ni la chute de l’État. Bien au contraire : nous construisons, dans le calme et dans la discrétion, la transmission de nos valeurs républicaines et les remparts de notre société au cas où elle viendrait à s’effondrer.

01.4 Se préparer à mieux vivre

De la panne d’essence au milieu de nulle part à la guerre civile en passant par la catastrophe naturelle, une foule d’événements extraordinaires plus ou moins déstabilisants et graves peuvent survenir. Le citoyen survivaliste ne se concentre d’ailleurs pas nécessairement sur les risques d’une catastrophe majeure. Savoir comment éviter et minimiser les problèmes et dangers de la vie quotidienne et comment réagir à des désastres aux conséquences temporaires est même sa préoccupation principale.

Si le survivalisme est souvent perçu comme un mode de vie réservé aux illuminés ou aux fous furieux, la réalité est bien différente. Au cours d’une vie, tout un tas de coups durs surviennent : perte d’emploi, problèmes de santé, perte d’un proches, catastrophe naturelle… dans les moments où l’argent vient à manquer ou quand plus rien ne semble avoir de sens, avoir un stock de denrées alimentaires et de l’argent de côté est un « luxe » qu’on apprécie.

Les scénarios plus graves sont bien sûr aussi un sujet de préoccupation pour le survivaliste, mais leur nature extrêmement imprévisible et destructrice les rend très complexe à anticiper. Une personne seule ou accompagnée de sa famille ne peut rien faire pour anticiper une catastrophe nucléaire ou une guerre, et à l’heure où les discours alarmistes se multiplient en France il est bon de garder les pieds sur terre. La préparation à l’imprévu ne doit pas se transformer en une peur irrationnelle du lendemain ni en angoisse de tous les instants.

Un certain nombre d’auteurs et de commerçants on fait de la peur un fonds de commerce très lucratif et distillent leur message angoissant par le biais de livres, de vidéos et de billets de blogs. Si injecter un peu de réalité dans l’esprit de son prochain n’est en soi pas une mauvaise chose, il faut savoir rester terre à terre.

  • On a plus de chance de se faire renverser en traversant la rue que d’être victime d’une attaque bactériologique,
  • il est plus probable de perdre son emploi que de voir son lieu de travail détruit par un bombardement,
  • le risque de perdre un proche de la maladie est plus élevé celui de le voir tomber lors d’une attaque terroriste,
  • il est plus vraisemblable de subir les conséquences d’une inondation que celles d’une guerre civile. etc…

Si cette dernière hypothèse apparait souvent comme la moins probable, elle est néanmoins possible et nombreux sont les événements à nous l’avoir rappelé ces dernières années. Ce n’est pas un hasard si on entend de plus en plus parler de survie urbaine, de survivalisme et de résilience… Les divers sites de sécurité civile ont toujours préconisé de garder chez soi de quoi tenir au minimum 1 mois et le gouvernement allemand a récemment incité sa population à constituer des stocks de vivres et d’eau en cas d’attentat ou de catastrophe.

Si vous lisez ceci c’est que vous prenez conscience que le contexte général actuel et notre mode de vie moderne –la dépendance à tout- nous rendent vulnérable. Vous voulez vous donner les moyens de protéger votre famille du mieux que vous le pouvez en cas de situation de crise et c’est normal. Pour chacun et plus encore pour le survivaliste, l’idée de voir ses proches manquer, souffrir ou mourir est inacceptable. S’imaginer incapacité et ne plus pouvoir leur être utile ou les défendre l’est tout autant. On ne survit pas pour soi, on survit pour que les siens survivent. Et pour cela, il faut se préparer.

Quoi qu’il en soit, nul ne peut se préparer à toutes les éventualités ni vivre dans l’isolement total, quel que soit son niveau de préparation. Personne ne choisit la date ni les circonstances de sa mort et nous ne pouvons qu’essayer d’en retarder l’heure. Les éventualités de vivre un cataclysme majeur sont restreintes. Il est donc plus constructif et accessible de se concentrer sur des scénarios plus plausibles et de mettre en place des plans d’actions répondant à des troubles limités en gravité et en durée : le plan d’évacuation et les sacs d’évacuation d’urgence, qui peut s’avérer utile en cas de travaux dans l’appartement comme en cas de guerre civile, en est un bon exemple.

01.5 Ville et campagne, deux environnements pour une même dépendance

Le milieu urbain évoque communément une forte densité de population et le nombre élevé de logements et services qui lui sont dédiés : barres d’immeubles, parkings, usines, bureaux, hôtels de police, casernes de pompiers, ateliers, hôpitaux, crèches, commerces, écoles, etc.  A l’école, on nous apprend très tôt à différencier la ville et la campagne, comme si ces deux univers se côtoyaient sans  se rencontrer. La réalité est bien différente et dès lors qu’il s’agit d’être confronté à une situation de crise, les enjeux des habitants de grandes villes de France comme Paris, Lyon ou Marseille ne sont pas très éloignés de ceux de communes bien plus modestes.

On peut alors élargir les critères de la vie en milieu urbain à toute personne qui vit dans un logement qui donne sur une route fréquentée ou qui en est proche, qui a une proximité directe de voisinage (maisons proches ou mitoyennes, vie en appartement dans un immeuble), qui est dépendante des réseaux publics pour l’eau, le gaz et l’électricité et des commerces pour s’alimenter.

On s’aperçoit ainsi que la plus grande part de la population française est confrontée à des problématiques de résilience et de survie urbaine. La densité de population et la proximité des bâtiments sont les facteurs les plus inquiétants à considérer dans le cadre d‘un effondrement de la normalité dans une ville. La haute concentration d’individus dans un secteur aux ressources limitées ou épuisées ne peut rien amener de bon et le survivalisme urbain fait de plus en plus d’adeptes. Il est extrêmement difficile de se figurer la barbarie des comportements induits par le manque. On a beau se l’imaginer, on ne connait pas le manque d’hygiène total, ni la soif, ni la faim, la vraie, celle qui rend fou au point de piller ou de tuer son voisin pour se nourrir.

01.6 Le siège de Sarajevo : une population forcée au survivalisme urbain

Les survivants des guerres de Yougoslavie et en particulier ceux du siège de Sarajevo (Bosnie) auraient beaucoup à dire sur le sujet. Pris au piège par le siège le plus long et le plus meurtrier de l’histoire de la guerre moderne (5 avril 1992 – 29 février 1996, près de 11500 morts), la population a vécu en vase clos pendant 4 ans. A la merci du manque de tout, pris pour cibles par les snipers et les bombardements incessants de l’artillerie serbe, les assiégés ont vu tomber près de 500 000 obus sur leur ville. Entre pertes humaines dramatiques et ravages matériels, le cauchemar fut total. Ce qui est particulièrement marquant avec ce siège et ce qui en fait un cas d’école, c’est la situation de Sarajevo avant que la situation ne bascule. Avant la guerre, cette capitale dynamique de 500 000 âmes connaissait une forte période de croissance et de développement et était un modèle de mixité ethnique et religieuse.

Les habitants vivaient en paix et jouissaient de l’animation de la cité qui proposait douceur de vie et services modernes : hôpitaux, cinémas, restaurants, etc. Entouré de ce confort et de ces signes tangibles de civilisation, la population n’a pas voulu croire à la guerre qui frayait son chemin jusqu’à elle. Ces gens vivaient dans un pays civilisé où ils étaient égaux. Nationalités, religions et origines ethniques différentes se mélangeaient pour créer une nation vantée comme forte et prospère, égalitaire, fraternelle… du moins jusqu’à ce que l’équilibre des forces change et qu’il en soit décidé autrement. Et lorsque les obus ont commencé à pleuvoir autour de la ville, il était trop tard. Incrédules, les Sarajéviens ont imaginé que leur gouvernement allait faire quelque chose, que l’aide internationale allait solutionner le conflit et que la situation allait revenir à la normale rapidement. Mais rien ne s’est produit. Et personne n’était préparé à vivre l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire européenne du XXe siècle.

01.7 L’expérience est un peigne pour les chauves

La morale est que nos sociétés structurées nous offrent une facilité d’accès à du matériel utile et un confort de vie dont il ne faut pas se priver tant qu’il nous est donné d’en profiter. Plus le niveau de civilisation est élevé, plus la chute est rude. Survivalisme rime nécessairement avec anticipation. Nul ne sait de quoi demain est fait et la satisfaction des besoins médicaux doit être une priorité, en particulier en France où leur accès est aisé et bien remboursé. Ce n’est pas une fois privé d’accès aux soins qu’il faut se dire qu’on aurait dû faire soigner cette mauvaise dent, cette douleur à l’abdomen ou se faire prescrire des lunettes à notre vue…

En dépit de ce confort, nombreux sont ceux qui fantasment un effondrement socio-économique en France qui les placerait en position dominante ou leur donnerait un rôle, une mission claire qu’ils comprennent et approuvent. Ceux-là sont les victimes inconscientes d’une société d’hyper-croissance et d’uniformisation de masse qui les empêche de trouver leur place : personne ne veut être un mauvais investissement. Personne ne veut être pris pour moins que ce qu’il ne vaut. Personne ne veut être la preuve que la vie ne vaut finalement vraiment rien. Alors tout le monde avance dans les pas de celui qui le précède. L’individualisme est total et rend la dépendance collective et massive, le naufrage est universel.

La consommation n’est pas un mode de vie ni une fin en soi et nos générations en prennent conscience dans la frustration et la douleur, ce qui n’est pas sans engendrer une certaine forme de violence.

02. Un regard survivaliste sur les restes du monde

Au-delà de l’accumulation de connaissances et de matériel, le survivalisme s’appuie sur la compréhension du monde qui l’entoure. Ceux d’entre vous qui ont lu 1984 de George Orwell se souviennent certainement de ce slogan: « LA GUERRE, C’EST LA PAIX. LA LIBERTE, C’EST L’ESCLAVAGE. L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE.»

Ce slogan du régime politique fictif (ANGSOC) de 1984 de George Orwell illustre parfaitement la stratégie de contrôle mise en place par nos gouvernements et la contradiction permanente dans laquelle nous vivons. La double pensée orwellienne qui consiste en l’acceptation simultanée de deux concepts contradictoires  se retrouve par exemple dans le concept de guerre « préventive » moderne (Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie, etc.) utilisé par les États-Unis et l’OTAN.

02.1 « La guerre, c’est la paix »

Éliminer un adversaire potentiel avant qu’il n’ait une chance de pouvoir se défendre honorablement dans le cadre d’un éventuel conflit est interdit par le droit international, mais le concept de guerre préventive existe pour contourner cette interdiction : appuyés par le flot continu d’informations orientées des médias, les gouvernements nous emmènent faire la guerre pour ne pas faire la guerre.

Ce système de pensée se retrouve aussi dans les discours politiques : le meilleur exemple récent en est l’élocution du Président de la République Française qui au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 annonçait gravement « la France est en guerre » devant le Parlement et la France entière et déclenchait l’état d’urgence… sans qu’aucune mesure cohérente ne soit mise en place par la suite : du jamais vu au pays de la pensée cartésienne.

La population française, à qui on a annoncé la guerre suite à des attaques d’une barbarie extrême qui ont fait 130 morts, plus de 400 blessés et détruit des milliers de vies, a donc continué à vivre comme en temps de paix. Si certains analystes politiques voient dans cette déclaration présidentielle une énième maladresse de communication, on peut en faire une lecture différente. La répétition de cette déclaration et les invitations lâches du Premier ministre à « s’habituer à vivre avec le terrorisme » pourraient laisser penser qu’on cherche à nous habituer à vivre en paix dans un état de guerre permanent. Aveu d’impuissance ou manipulation ?

Le résultat est le même pour le citoyen. De tous  temps, la propagande mensongère a été la composante majeure des systèmes politiques sans principes. Tous les systèmes tentent de convaincre leurs électeurs que le système est bon, juste et noble, digne d’être défendu et perpétué… Mais en France, y croit-on encore ?

02.2 « Et je soufflerai sur ta maison… »

L’objectif des terroristes est de perturber notre mode de vie et de nous faire vivre dans la peur constante d’une attaque. Les réponses hasardeuses apportées par les politiciens, loin de créer de la réassurance, appuient malgré eux cet agenda : déploiement inutile de militaires et de policiers patrouillant en tenue de combat dans les rues, propositions de lois visant à restreindre l’accès aux armes à feu à la population, édition de consignes à respecter en cas d’attaque… l’intégration de l’islam en France (comme ailleurs) est un échec et la guerre se mène désormais à la fois contre un ennemi intérieur et extérieur.

Toutes ces mesures soulignent la soumission et l’impuissance de notre nation devant l’ennemi et influent négativement sur le quotidien du citoyen sans le protéger pour autant. Et rares sont ceux à opposer le bon sens à ces dispositions. Les militaires sont formés à la guerre conventionnelle et ne sont ni organisés ni équipés pour s’engager rapidement et efficacement dans des situations où civils et terroristes sont mélangés.

Nos policiers, qui sont d’ailleurs souvent adeptes du survivalisme, souffrent d’un manque de personnel, de formation et d’un équipement désuet dont le remplacement est sans cesse repoussé par manque de budget… En dépit des millions dépensés par le gouvernement dans des projets inutiles ou moins urgents. On l’a bien vu lors des attaques du 13 novembre 2015, les terroristes ont pris leur temps avec leurs victimes, en particulier au Bataclan.

02.3 Le jeu de quilles de l’ennemi : strike sur un peuple français désarmé

Tels des renards dans un poulailler, ils ont joué avec nos frères, nos femmes, nos adolescents avant de les mettre à mort. Ils ont pris leur temps car ils savaient qu’il n’y avait aucune chance qu’ils rencontrent la moindre résistance armée de la part de leurs otages. Et devant la volonté des citoyens de s’armer pour se protéger, la leçon que tirent les politiciens est : il faut interdire les armes à feu à la population. A ce titre, le cercle des tireurs sportif et le mouvement survivaliste sont surveillés de près.

L’explosion du survivalisme en France est directement liée à la montée de l’insécurité et à la fréquence de plus en plus élevée des attaques terroristes. Les bombes ont été délaissées pour des attaques barbares à l’arme automatique, à la machette, à la hache, au couteau ou au camion-bélier… La capitale n’est plus la cible unique et chacun se sait désormais la victime potentielle d’un « déséquilibré« . Survivalisme et défense sont directement lié et sous l’impulsion de l’Union Européenne, les lois sur le contrôle des armes légales se durcissent. L’interdiction pure et simple de détenir une arme finira par tomber, ce n’est plus qu’une question de temps. Il ne faudrait pas que le peuple Français aie l’idée de se défendre… la puissance de l’État ne doit pas être remise en cause (on ne peut mettre fin à la tyrannie sans recours à la force…) et le spectre de la guerre civile ne doit pas être agité.

Pourtant, l’ensemble des tueries de masse procède du même mode opératoire bien connu : un ou plusieurs assaillants lourdement armés pénètrent dans une enceinte abritant des civils désarmés et les massacrent. Le concept de gun-free zonesinventé par les américains pour créer des zones de sûreté est en réalité le meilleur moyen de créer des pièges mortels pour les civils.

Il en va de même à l’échelle d’un pays. Incriminer préventivement les citoyens et chercher à les priver de leur doit à posséder légalement les armes à feu qui leur permettraient de se défendre est une hérésie sans nom. Désarmer un peuple revient à nier son droit à l’autodétermination et à l’offrir en sacrifice au premier assaillant venu. Le survivaliste et le tireur sportif, qui souvent sont une seule et même personne, ne savent cela que trop bien.

La seule réponse apportée par la population aux massacres du 13 novembre aura été le dépôt de bougies, de fleurs et de peluches devant les lieux où ils furent commis, symptôme d’une population infantilisée qui ne juge et ressent les événements que par le prisme façonné par les médias et les discours du pouvoir en place, qui la dispensent d’exercer son jugement et de prendre en main son destin. La guerre de la désinformation fait rage, les mêmes images et les mêmes discours tournent en boucle sur les chaines télévisées et l’effet de sidération fait son œuvre. « Vous n’aurez pas ma haine ».

Dépendant et désarmé, le citoyen devient un sujet à la merci des décisions de la classe politique qui règne en maitre. La guerre est là, invisible mais prête à s’abattre et à déchaîner toute sa barbarie dans le monde fleuri et vulnérable des gentils, peuplé de peluches, de dessins d’enfants et de bougies ; la violence en suspens a alors un effet de pétrification sur le peuple impuissant et l’enferme dans la psychose. Ceux qui contrôlent les médias, et donc les esprits des citoyens, ont un pouvoir dont n’auraient pas osé rêver les rois et les dictateurs. La population, couche par couche, perd progressivement toute capacité de discernement. Or le discernement est la capacité à reconnaître la différence entre croyance et réalité démontrable. Aujourd’hui, tout n’est plus que croyances martelées… Le survivalisme et sa philosophie visent à contrecarrer cela.

02.4 « La liberté, c’est l’esclavage »

Ce slogan pourrait malheureusement être gravé sur les devantures de la plupart des entreprises. Aussi paradoxale que cette affirmation puisse paraitre, elle est à la base de la structuration de notre société moderne. De l’ouvrier au ministre, tous les êtres humains sont esclaves de l’argent et du profit : ils doivent travailler pour vivre et s’acquitter de taxes et d’impôts souvent abusifs pour faire partie de la société, certains plus que d’autres, certains profitant des autres. Néanmoins, beaucoup s’imaginent être libres.

Si vous avez un doute, cessez de payer lesdits impôts et vous comprendrez rapidement que la liberté s’achète. Le système financier nous oblige à pointer chaque jour de 9h à 18h et peu nombreux sont ceux qui peuvent se targuer de faire un travail à la fois bien payé, créatif, stimulant et utile à la société. Bien souvent, la seule motivation pour aller travailler est la paye à la fin du mois, qui bien sûr ne suffit pas à combler les besoins et ce n’est pas un hasard. D’un côté, le smicard vit un survivalisme économique forcené : vivre avec rien ou presque est un vrai combat quotidien, personne ne peut le nier.

Travailler plus pour gagner plus… pour payer toujours plus

Le schéma est le même dans toutes les entreprises : les équipes dirigeantes sont payées 5 à 10 fois plus que les petites mains (ouvriers, agents de maitrise, cadres) car en maintenant la plus grande part de la population dans la précarité on l’enferme dans sa condition et on la fait se concentrer sur ses problèmes matériels : comment payer les impôts, économiser pour changer de voiture, mettre de côté pour les vacances des enfants ou pour la retraite, s’offrir tel bien ou tel service… d’ailleurs nombreux sont ceux qui s’intéressent d’abord au survivalisme par nécessité matérielle.

Avec de telles préoccupations, l’envie d’envoyer paître son patron ou de prendre du temps pour se lancer en politique disparait aussi vite qu’un SMIC en période de Noël. La pauvreté, la maladie et la guerre sont profitables mais rien n’arrive à la cheville de l’esclavage salarié quand il s’agit de contrôler la population tout en la mettant au service du capital.

L’argent est devenu la religion planétaire, partout dans le monde on trouve ses fidèles. Des êtres qui vivent une vie d’esclave, piégés dans des cages de verre et de béton le jour, hypnotisés devant des écrans la nuit. Dépendants de tout, ils assemblent leurs chaînes minutieusement dans des jobs qui ne sont d’aucune utilité à leur prochain. Obéissants et soumis à l’autorité ils sont les suppôts d’un mal exponentiel et les plus dociles d’entre eux sont glorifiés par la société comme ambitieux. De bons soldats bien sous tous rapports, prêts à piller, trahir et tuer avec la bénédiction de la Machine qui joue de leurs frustrations. Se soumettre au système est leur victoire la plus étincelante ; en être exclu est leur pire cauchemar.

02.5 « L’ignorance, c’est la force »

Ces quelques mots reflètent bien l’absence d’écoute et de partage du savoir entre les élites auto-proclamées et le simple citoyen, le manque de transparence et l’immobilisme des gouvernements ainsi que la confiscation du pouvoir au peuple en dépit des discours, des postures et du cirque démocratique. On le sait et on le constate chaque jour dans le monde entier, un système politique fera n’importe quoi pour préserver son pouvoir, y compris envoyer sa nation à la casse. En Chine, on dit qu’un sot juge les gens sur leurs paroles, et qu’un homme sage les juge sur leurs actes et leur accomplissement… Avec une classe politique qui n’accomplit rien, nous en somme réduits à choisir nos présidents en fonction de leur degré de corruption. Et tout cela semble banal en France, berceau de la démocratie…

Nos jeunes sont désormais programmés dès le plus jeune âge pour exécuter des tâches binaires, leur raison d’être est de générer plus de zéros sur un serveur bancaire car leur survie en dépend : personne ne leur a appris l’indépendance ni montré qu’une autre voie est possible. La liberté  passe aujourd’hui au travers d’une vie professionnelle dévorante et d’un casque de réalité virtuelle ; l’expérience n’est plus acquise mais simulée et personne ne questionne les programmeurs. C’est une véritable guerre de destruction intellectuelle qui est menée et la conquête se fait par la saturation des esprits.

survivaliste préparation guerre virtuelle

Déconnexion totale de la réalité pour un abrutissement maximal

Le constat est clair : nos vies s’articulent autour de centres d’intérêt, d’actions et de matériels qui s’éloignent et nous éloignent chaque jour un peu plus de nos besoins réels. Les séries nous abreuvent d’histoires extraordinaires abordant d’ailleurs souvent la question du survivalisme (The Walking Dead, Jericho, The leftovers, The 100, etc.) pendant que nous sommes vautrés dans nos canapés. Il suffit d’allumer sa télévision ou de s’attarder sur les publicités placardées dans les couloirs du métro parisien pour prendre conscience que la priorité de l’humanité est devenue de s’échapper du réel. Qu’il s’agisse de consoles de jeux, de chaînes câblées proposant des milliers d’heures de séries à visionner ou de casques de réalité virtuelle invitant à l’évasion numérique, la tendance générale s’inscrit dans la fuite de la réalité. Nous sommes entrés dans l’ère du divertissement.

Diversion : Manœuvre ou procédé visant à attirer l’adversaire vers une zone ou un point différent de celui sur lequel on compte attaquer : opérer une diversion. Événement, action qui amène quelqu’un à détourner son attention d’une tâche, d’un souci : Une agréable diversion à son ennui.

Cet éloignement de la vie et l’ultra dépendance au système qui en découle résultent d’une certaine atteinte de la civilisation telle qu’elle nous est présentée par la société de consommation. Ce que nous appelons survivalisme était tout simplement la vie pour les générations qui nous ont précédées. Le survivalisme d’aujourd’hui ferait sans doute sourire nos ancêtres. Dans notre monde moderne, un être civilisé est un être qui ne se soucie pas de pouvoir satisfaire lui-même ses besoins physiologiques, il se consacre au travail et au divertissement. Chacun de ses actes génère des profits pour la Machine et c’est la Machine qui pourvoit à ses besoins vitaux.

02.6 L’esclavage moderne

Chacun doit pouvoir se dédier entièrement à travailler, à consommer et à se divertir pour combler les temps morts entre ces deux activités. Ces derniers se font d’ailleurs de plus en plus rares : le divertissement devient lui-même une source inépuisable de consommation : télévision à la demande (payante bien sûr), électroménager connecté avec fonction de commande automatique, jeux avec achats intégrés, etc. La consommation s’insinue partout et tout le temps, omnipotente, omnisciente, vorace.

Telle l’oie que l’on gave, l’humain devient une machine à consommation perpétuelle. Une personne qui se soucie de sa capacité à vivre sans l’appui des miracles et du harcèlement constant de la société de consommation  (c’est-à-dire, qui met en doute sa pertinence, ses intentions, ses valeurs et sa pérennité, un survivaliste par exemple) est considérée comme réactionnaire -voire dangereuse-, mise au ban par les gens « normaux » et lapidée par les médias.

Mais quelle est donc cette norme à laquelle on veut nous faire adhérer à tout prix ? Accepter la cheptelisation de l’humanité, la privatisation des gains et la socialisation des pertes, la décadence de la société et la destruction des valeurs, la négation du bon sens et de l’équilibre naturel et l’usure de l’humain jusqu’à la corde, voilà ce qu’est devenue la normalité (lire accès à la consommationprogrès et cohésion sociale). Le survivalisme, au-delà des considérations de sécurité physique et matérielle, vise aussi à préserver l’esprit. Et plus le temps passe, plus il devient urgent de se prémunir contre les déviances que provoque la société « moderne ».

02.7 Le survivalisme pour reprendre le contrôle

Devenir survivaliste et résilient, c’est travailler sur soi pour y échapper et créer sa propre réalité pour vivre en accord avec ses valeurs. Gagner son autonomie, c’est se donner les moyens d’être plus confiant en l’avenir et s’offrir une paix de l’esprit pour avancer le plus sereinement possible dans un monde instable et incertain. Un pied dedans, un pied dehors : il faut profiter de la croisière mais être prêt à sauter dans un canot de sauvetage si le navire sombre. Et comme à bord du Titanic, il n’y en a pas assez pour tous les passagers.

Le constat est terrible : on ne peut pas changer le monde. Mais on peut changer son monde. Prendre le contrôle de sa vie et de son environnement pour le simplifier et le sécuriser est à la portée de chacun et pour cela il suffit d’ouvrir les yeux. La résilience c’est aussi, en partie, sortir de l’enfance. L’homme est une créature d’habitudes en quête constante de réassurance ; le réflexe enfantin de se cacher dans les jambes de ses parents se transpose à l’âge adulte par le réflexe de faire appel à la protection de la société, même si elle en est incapable. Le survivaliste apprend à rejeter ce réflexe et à ne s’appuyer que sur lui-même.

La vulnérabilité entraine la peur et pour beaucoup la peur appelle le déni. Peut-être avez-vous déjà fait part de votre préoccupation à des collègues ou à des proches et essuyé des regards fuyants ? C’est frustrant mais tout à fait normal. Le commun des mortels fait tout pour oublier qu’il l’est ; ne vous avisez surtout pas de lui rappeler. La vie s’en chargera.

Si vous lisez cet article c’est que vous savez que quelque chose ne tourne pas rond et que vous voulez agir. Votre instinct de conservation s’est réveillé car vous sentez que le système se trouve déjà dans une situation critique et qu’il pourrait brutalement tout entrainer dans sa chute. Vous l’avez écouté et c’est très bien, soyez-en fier. Le mouvement survivaliste s’appuie sur l’espoir et le courage, signe le désir de renouer avec la vie et le refus de se soumettre un esclavagisme pervers.

Le survivalisme est la forme la plus avancée d’engagement et de désobéissance civile. Et par-dessus tout, c’est un chemin qui mène à la vie dans sa nature la plus authentique. En minimisant notre dépendance, nous regagnons notre indépendance, notre liberté et surtout notre humanité.

Si les quelques ondes négatives attachées au terme « survivalisme » vous dérangent, sachez que ce n’est qu’un mot. Les valeurs et notions qu’il abrite sont, elles, universelles et positives.

03. De l’ultra-consumérisme au survivalisme en France : les raisons du changement

L’objectif du survivalisme est d’apprendre comment se passer au maximum des systèmes de support et de la respiration artificielle qu’ils représentent. Le but profond est de (re)conquérir son humanité et de s’ancrer dans le réel.

03.1 La place du survivalisme dans une société déséquilibrée

Maslow a théorisé qu’en tant qu’êtres humains, nous avons différents besoins à combler pour nous épanouir dans notre condition et pour tendre à la civilisation. Ces besoins sont hiérarchisés (à tort dans un contexte de développement personnel mais à raison dans un contexte de survivalisme) en 5 strates pyramidales et complémentaires qui entrent dans 3 sphères de besoins à la fois différents et indissociables : besoins physiologiques, besoins psychologiques et enfin, besoins sociologiques.

survivalisme pyramide de maslow

La suite sur le site...

Ils sont tous en moi.

Par Le 22/08/2019

 

Treize pages achevées sur le troisième tome.
Entre "Les héros sont tous morts" / "Tous, sauf elle" / "Il faudra beaucoup d'amour" / j'arrive à 54 personnages...
Et tout ce monde qui vit en moi, que j'observe, ceux qui sont morts, et ceux à venir qui prennent forme, je les vois, je les entends, je les écoute, je les comprends. Lorsque j'écris, je les ressens, je deviens eux et simultanément je reste celui qui transcrit leur histoire. 
Je suis une femme, un homme, un assassin, un bienfaiteur, un visionnaire, un désespéré, un survivaliste ou un indifférent, un abruti ou un chercheur, un chasseur viandard ou un chasseur aimant, un montagnard, un citadin, un banquier, un terroriste, une femme d'affaires, une coureuse de trails, un migrant désœuvré et haineux, un migrant reconnaissant et dévoué, un simple soldat ou un colonel, un tueur à gages, un homme de mains, un majordome garde du corps, une jeune femme étudiante et son amoureux, une communauté entière dans un hameau perdu... Et je suis celui qui écrit tout cela. 
Et lorsque j'éteins l'ordinateur et que je vais dormir, ils viennent dans mes rêves...
J'écris.

L'air plastifié des montagnes

Par Le 22/08/2019

Voilà une autre information désespérante. Au-delà du constat, que pouvons-nous faire ? Voilà ce qui est essentiel. Les actes qui suivent la connaissance. Sinon, ça ne sert à rien. Personnellement, nous agissons à notre mesure, autant que possible, tout en sachant que malheureusement nous ne parviendrons pas à éliminer tout le plastique de la maison. Mais il a considérablement diminué en tout cas. Pour l'alimentaire, par exemple, nous achetons dans une recyclerie tous les bocaux en verre à fermeture hermétique avec le caoutchouc rouge que nous trouvons, les mêmes que ceux que ma grand-mère et ma mère utilisaient...

 

https://www.montagnes-magazine.com/actus-en-arctique-les-alpes-neige-particules-plastique?fbclid=IwAR0bAAa418jnaW24TpVaRNlv_jUFfzFxXCN8XCBzY8f9c86k1i1DPn5n_tI

 

En Arctique et dans les Alpes, il neige des particules de plastique

Le plastique que nous achetons et consommons se retrouve même aux lieux les plus reculés de la Terre. Une étude germano-suisse révèle la présence de micro-particules de plastique dans la glace de l'océan Arctique, et interroge leur effet sur la santé humaine et animale. 

 

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Collecte des échantillons de neige sur un floe, en Arctique © 
Alfred Wegener Institute

10 tonnes de plastique sont mises en circulation chaque seconde. Au bout de la chaîne, nous savions que ce plastique se retrouvait dans le ventre des oiseaux et des poissons, ou au fond de la fosse des Mariannes. Une étude parue le 14 août dans la revue ScienceAdvances vient compléter ce constat : des micro-particules de plastique voyagent jusqu'aux endroits reculés des Alpes et aux confins du pôle Nord.

Entre 2015 et 2017, les chercheurs de l'institut allemand Alfred Wegener et de l'institut suisse pour l'étude sur la neige et des avalanches se sont ainsi rendus en Arctique, entre le Groenland et l'archipel du Svalbard. Ils ont recueilli des échantillons de glace de cinq floes, ces fragments de glace de mer constitutifs de la banquise. 

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Le lieu de collecte vu du ciel © Alfred Wegener Institute

L'analyse par imagerie infrarouge de ces échantillons a été révélateur : en dépit de leur fort éloignement des activités humaines, ces morceaux de glace comprenaient de nombreuses micro-particules de plastique (caoutchouc, polyethylene, polyamide...) de 11 à 1000 microns (0,011 à 1 mm), parfois inférieures à l'épaisseur d'un cheveu. 

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Les micro-particules de plastique retrouvés dans les Alpes et en Arctique © ScienceAdvances

Pour mettre en perspective leurs résultats, les scientifiques ont aussi ponctionné de la neige dans les Alpes Suisses et en Bavière, à des endroits choisis pour leur isolement, ou au contraire très denses en population humaine (fragments de neige récupérés près des maisons, ou sur les voitures). Conclusion : la présence de microparticules y est encore plus forte. 

Broyés par les éléments, déplacés par le vent, déposés par la neige ou la pluie

Comment nos plastiques peuvent-ils être transportés sur de si grandes distances ? L'étude reconnait que des zones d'ombre persistent à ce sujet, mais le schéma général pourrait être le suivant : l'eau, l'humidité, les ultra-violets ou les vagues de l'océan décomposent progressivement les plastiques qui ne sont pas recyclés, enterrés ou brûlés. Ils se fragmentent alors en particules de plus en plus fines, assez légères pour être emportés par les courants atmosphériques, où les précipitations les font retomber sur Terre. Quand il pleut ou neige dans nos montagnes, ce sont des millions de particules de plastique qui nous reviennent, issus des quatre coins du monde. 

L'étude parue dans ScienceAdvances recoupe au passage les découvertes de chercheurs dans les Pyrénées, parues en avril 2019 dans la revue Nature Geoscience : au sein d'un lieu reculé des montagnes ariégeoises, à 5 km du dernier village, s'accumulent chaque jour 365 particules de micro-plastique par mètre carré. Là encore, les scientifiques pointent le rôle joué par le vent et les précipitations dans leur transport. 

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Opération Plastillac : eau prélevée grâce à un filet de prélévement au lac de la Muzelle © Peter Gallinelli

En ce moment même, des chercheurs de l'Université Paris-Est Créteil prélèvent des échantillons pour connaître la quantité de micro-plastique dans nos lacs alpins, dans le cadre de l'opération Plastillac. L'eau des lacs de la Muzelle, dans les Ecrins, et du lac d'Anterne, dans la réserve naturelle de Sixt Passy seront ainsi passés au crible. Les résultats seront publiés fin 2019. 

Une fois le constat d'une pollution mondiale par le plastique établi, l'axe de recherche est tout trouvé : "Dès lors que nous avons déterminé que de grandes quantités de micro-plastiques peuvent également être transportées par voie aérienne, la question se pose naturellement de savoir si et dans quelle mesure nous les inhalons", explique Mélanie Bergmann, co-auteure de l'étude sur l'étude sur les micro-plastiques de l'océan Arctique. La scientifique demande de mener d'urgence des recherches pour déterminer leurs effets sur la santé humaine et animale. 

Les informations catastrophistes

Par Le 22/08/2019

Ces deux articles représentent à mes yeux ce que devrait être une "information". Tout ce que je vois défiler, par exemple, sur la forêt amazonienne ces jours-ci s'arrêtent au constat des incendies. Pour trouver une réelle analyse, il faut chercher par soi-même.

Les incendies au Portugal ont une cause majeure : l'exploitation des forêts par l'industrie du papier et donc la plantation d'eucalyptus...

Les incendies au Brésil ont également des raisons. C'est cela qu'il faut chercher à connaître.

Quant à savoir si le végétarisme permettrait d'arrêter ce massacre ou pas, si le végétarisme génère lui aussi des pollutions, si c'est aux états de prendre leurs responsabilités et pas aux consommateurs, si tout ça nous dépasse et qu'on a bien d'autres soucis à gérer, si Greta Thunberg est manipulée par des sectes, si Borsolano est aussi taré que Trump, si le prix de l'essence va baisser ou si le PSG sera de nouveau champion de France, c'est sans intérêt et tout va dans le même compost à ordures.

On peut toujours trouver des raisons de ne pas s'engager, de contredire, de défendre ses convictions ou de ne rien faire, de ne pas se sentir concerné et de se contenter de partager des infos alarmistes, de prendre parti ou de se sentir mieux en participant à un mouvement de pensées, de discuter encore et encore et encore. C'est juste le meilleur moyen pour que ça continue. 

L'information et la connaissance n'ont strictement aucun intérêt si elles ne sont pas suivies dans les faits.

Dans deux ou trois semaines, les medias parleront d'autre chose et rien n'aura été compris, analysé, disséqué et personne ne se sentira plus touché, ni encore moins concerné.

L'audimat reprendra ses droits et les "journalistes" chercheront une autre information catastrophiste à donner en pâture à un public de comptoir.

Oui, j'en ai ras le bol...

 

 

 

Le Portugal a déployé 18 500 chèvres pour lutter contre les feux de forêt

 

https://lareleveetlapeste.fr/le-portugal-a-deploye-18-500-chevres-pour-lutter-contre-les-feux-de-foret/?fbclid=IwAR0zJEj2ES5zM-pAElwC7DHcj5InPvRdf6mKzOgzlGfFAr0DBYTTf6p-zYY

 

Cette opération expérimentale va mobiliser une quarantaine de bergers pendant 5 ans. Payés 25 euros pour chaque hectare nettoyé, le retour des bergers dans les collines portugaises permet de repeupler des régions fortement touchées par l’exode rural. Le phénomène est tel qu’il est à l’heure actuelle plus difficile pour le gouvernement de trouver des bergers que des subventions pour financer le projet.

22 août 2019 - Laurie Debove

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Face à la recrudescence d’incendies dévastateurs, le Portugal a déployé 18 500 chèvres pour lutter contre les feux de maquis et de forêt. Ce projet expérimental veut pallier l’échec de l’utilisation de drones et satellites, et améliorer la gestion de l’environnement du pays.

Alors que les canicules et sécheresses frappent de plus en plus sévèrement le continent européen, le Portugal figure parmi les pays les plus touchés par le phénomène. En dix ans, le Portugal a perdu plus de la moitié de ses forêts à cause des incendies. L’un des plus mortels est celui de Pedrógão Grande, au centre du Portugal. En 2017, il a détruit plus de 20 000 hectares et tué 65 personnes, brûlées vives dans leurs véhicules immobilisés par les flammes.

Crédit photo : Peter Lloyd

Après avoir tenté d’étouffer les foyers de feux grâce à l’utilisation de drones et satellites, le Portugal se tourne maintenant vers une solution beaucoup plus low-tech : les chèvres. Depuis mars 2018, 18 500 chèvres ont été envoyées dans les maquis pour manger bruyères, genêts et arbustes. Elles laissent dans leur sillage des sites défrichés, même les plus escarpés et rocheux, ce qui permet de limiter la propagation des feux en cas d’incendie.

Cette opération expérimentale va mobiliser une quarantaine de bergers pendant 5 ans. Payés 25 euros pour chaque hectare nettoyé, le retour des bergers dans les collines portugaises permet de repeupler des régions fortement touchées par l’exode rural. Le phénomène est tel qu’il est à l’heure actuelle plus difficile pour le gouvernement de trouver des bergers que des subventions pour financer le projet.

« Quand les gens abandonnent les campagnes, ils laissent aussi le territoire extrêmement vulnérable aux incendies. Nous avons perdu un mode de vie dans lequel la forêt était précieuse. » a confié au NY Times João Cassinello, l’un des représentants du Ministère de l’Agriculture du Portugal

L’exode rural est loin d’être le seul facteur déterminant dans la propagation des incendies dans le pays. La crise climatique, avec des vagues de chaleur de plus en plus fortes, combinée à l’industrie de la cellulose crée une équation incendiaire pour le pays. Lancée à grande échelle dans les années 80, cette industrialisation s’est traduite par la plantation d’eucalyptus, une essence extrêmement inflammable et très demandée par l’industrie du papier. Aujourd’hui, au moins 9 % du territoire (plus de 800.000 hectares) serait recouvert d’eucalyptus.

Cette année, le Portugal a consacré près de la moitié de son budget de lutte contre les incendies en zones rurales aux mesures de prévention, contre 20 % seulement en 2017. Le succès de l’utilisation des chèvres dépendra également des financements alloués aux bergers, qui doivent s’occuper des animaux 24h/24, pour inspirer de nouvelles vocations.

22 août 2019 - Laurie Debove

 


 

https://lvsl.fr/pourquoi-le-portugal-brule-t-il/

 

POURQUOI LE PORTUGAL BRÛLE-T-IL ?

Par

Rédaction

 -

Eucalyptus forest fire, Madeira, Portugal, 3 July 2011 ©anagh
  • 184

Après les incendies de 2017, les plus meurtriers de son histoire pourtant riche en événements de ce genre[1], et le grand incendie de 2018 qui a ravagé pendant neuf jours la Serra de Monchique dans le Sud du pays, le feu à grande ampleur vient de récidiver au Portugal en 2019 dans le paysage meurtri des incendies de 2017 qui avaient fait rage dans le centre du pays. Par Cristina Semblano*.


Devant l’ampleur de ces tragédies qui tous les ans se traduisent par des milliers d’hectares de forêt brûlée, de pompiers ou de civils morts ou blessés, d’animaux brûlés vifs, de maisons et d’outils de travail détruits, il n’est pas rare d’entendre soutenir la thèse de l’inévitabilité pointant « la faute de la nature », celle de la criminalité et son corollaire, l’absence d’une répression suffisamment dissuasive, ou, enfin, celle de l’insuffisance des moyens de prévention et/ou combat des incendies. Or, si l’insuffisance de ces moyens est un fait, que les politiques d’austérité sont venues renforcer, sans que le nouveau gouvernement, en place depuis fin 2015, se soit empressé d’y remédier[2], le Portugal ne brûle pas plus que les autres pays qui lui sont climatiquement comparables parce qu’il y sévit plus d’incendiaires, se plaçant, de ce point de vue, dans la moyenne européenne[3].

Reste la nature, une autre explication avancée par ceux qui préfèrent ne voir que des phénomènes exogènes[4] là où l’analyse ne peut faire l’économie de facteurs structurels qui sont à l’œuvre et empêchent de contrer l’action destructrice de la nature, voire lui fournissent des armes pour qu’elle se débride. Sur fond d’un climat en mutation, de plus en plus chaud et sec, la première de ces armes est l’eucalyptus, ce dernier pouvant compter sur un puissant allié, la désertification rurale, phénomène qui l’a précédé, mais dont il amplifie le mouvement qui frappe aujourd’hui 1/5 du territoire national.

Espèce non autochtone de la Péninsule ibérique, l’eucalyptus n’est pas adapté au climat du Portugal, méditerranéen avec une influence atlantique. Pourtant c’est dans cette zone favorable à la survenance d’incendies et figurant parmi les plus vulnérables du globe aux changements climatiques, que l’eucalyptus occupe de vastes et croissantes extensions de territoire, faisant du Portugal le cinquième pays au monde en termes de nombre d’hectares de plantation et le premier en termes de rapport des plantations à la superficie du pays, très loin derrière l’Inde, la Chine, ou l’Australie. Cette situation n’a pas toujours existé, puisqu’on est passé de moins de 99 mille ha en 1963-1966 ou 214 mille en 1966-1980, à plus de 900 mille aujourd’hui, ce qui représente 10 % du territoire national.

Cette introduction à large échelle de l’eucalyptus au Portugal est grave à cause des incendies. Bowman, référé par João Camargo et Paulo Pimenta de Castro dans leur récent ouvrage consacré à la problématique des incendies au Portugal[5], est péremptoire sur la propension de l’eucalyptus à brûler. Espèce exotique, originaire de l’Australie, l’eucalyptus est hautement inflammable, vorace en eau et destructeur de la biodiversité. Par des journées chaudes, ses feuilles et son écorce brûlent comme des torches et font pleuvoir des morceaux incandescents de feuilles et d’écorce pouvant parvenir à des distances de plusieurs kilomètres. Plus grave encore, après un incendie, l’eucalyptus associe à sa plus grande capacité de régénération, une phase de diffusion naturelle pendant laquelle il va en se développant dans les territoires où les autres espèces ont une moindre capacité de survie et de diffusion.

Cela étant et si « pour la plupart des eucalyptus, le feu n’a pas été un destructeur, mais un libérateur », comme l’a écrit Stephen Pyne, dans son livre sur l’histoire du feu en Australie[6], il est à se demander pourquoi il existe un discours officiel au Portugal selon lequel il n’y aurait pas d’études scientifiques sur le caractère inflammable des eucalyptus. Au-delà du mensonge qu’il renferme, ce discours officiel contredit ce que raconte l’histoire du feu au Portugal qui établit une relation entre les plantations massives d’eucalyptus et le nombre d’incendies. Si l’on se réfère aux grands incendies de juin 2017 (Pedrógão Grande et Góis) l’aire de la forêt brûlée était constituée à 60 % d’eucalyptus et il en est de même dans le grand incendie de 2018 à la Serra de Monchique, constituée à 76 % d’eucalyptus. C’est aussi l’eucalyptus qui domine les aires où viennent de survenir les incendies d’il y a une semaine.

La réponse à cette interrogation réside dans la volonté de protéger les intérêts de cette industrie de la cellulose que l’on a voulu développer au Portugal dans la décennie 80 à grande échelle – malgré une forte résistance populaire, matérialisée dans les affrontements entre les populations rurales et la police[7] –  et qui représente aujourd’hui, une part importante des exportations du pays (4.7 % du total en 2017). Une industrie rentable et proportionnant d’importantes marges bénéficiaires (liées au cycle de croissance rapide des eucalyptus), mais dont la rentabilité pourrait ne pas être aussi élevée qu’en apparence si elle ne bénéficiait pas des soutiens dont elle bénéficie de la part de l’Etat, d’une part, et si elle devait répercuter les coûts sociaux, économiques et environnementaux qui lui sont associés, d’autre part.

En effet, même si l’Etat portugais n’est propriétaire que d’une infime parcelle de la forêt nationale (2 %)[8], et que les zones de grands incendies du Nord, Centre et Sud du pays, sont dominées par la petite propriété rurale (le minifundium) rien ne l’empêcherait de réglementer le secteur, en lui imputant les coûts externes qu’il engendre, en mettant fin aux bénéfices qu’il lui octroie et, en stimulant, le repeuplement des territoires avec d’autres espèces. Au lieu de cela, l’Etat a même libéralisé la plantation d’eucalyptus, en 2013[9], sous le gouvernement de la Troïka[10] et il a fallu attendre les incendies meurtriers de 2017, pour qu’enfin, le nouveau gouvernement se décide à revenir ou plutôt à feindre de revenir en arrière[11].

Cependant, d’une façon générale, la situation est restée pratiquement inchangée : par son absence ou parti pris au niveau de la réglementation et d’autres faveurs, l’Etat protège ce lobby, constitué en duopole, et imposant sa loi par le biais notamment du chantage à la délocalisation et à l’investissement à l’étranger, et où le pantouflage est de règle : depuis Álvaro Barreto, grand promoteur de l’introduction à large échelle de l’eucalyptus au Portugal dans les années 80, passé trois fois de ministre à administrateur de sociétés de cellulose, on a assisté depuis les dernières décennies à un jeu éhonté de chaises musicales entre la haute administration des forêts et les sociétés de cellulose, sans parler du personnel politique (ministres et secrétaires d’Etat).

Au lieu de continuer d’octroyer des pans entiers du territoire à cette espèce – qui vole l’eau, sème le feu et empêche d’autres espèces de se développer –et des faveurs aux industriels planteurs, l’Etat devrait œuvrer dans le sens de la deseucalyptisation du pays, tout en adoptant un autre modèle de développement, moins soucieux de la demande et des déficits extérieurs et plus soucieux du territoire, du climat et des populations. Un modèle basé sur l’économie agraire, reposant sur les espèces autochtones et les cultures vivrières, le commerce local et le tourisme écologiquement soutenable… capable de créer des emplois[12] et d’assurer à la population des revenus décents[13] tout en contrariant l’abandon rural et en favorisant le retour des anciennes populations ou la fixation de nouvelles[14].

Une telle politique, qui exigerait également la réouverture des services publics fermés ou l’extension de ceux ayant été réduits, n’est toutefois pas compatible avec les déficits proches de 0 %[15], dont s’enorgueillit le gouvernement portugais et dont l’un des prix à payer – et non des moindres – est l’abandon de la forêt à la prédation de l’industrie de la cellulose. Le choix est donc entre deux alternatives : changer de modèle de développement ; ou laisser ce lobby, aidé par l’Etat brûler inexorablement et chaque fois davantage, le Portugal, sa forêt, ses terres, ses animaux, ses maisons, ses usines, ses machines et jusqu’à sa population.

[1] Les deux méga-incendies de juin et octobre 2017 ont fait 116 morts, des centaines de blessés, près de 150 000 ha de terre brûlée.

[2] En effet, il a fallu attendre les incendies meurtriers de 2017, pour que le nouveau gouvernement prenne des mesures en matière de renforcement de moyens de combat et de prévention du feu.

[3] Avec pour la période 1996-2000, 20 % à 30 % des incendies provoqués contre 25 % à 29 % en Grèce et 24.69 % en Catalogne (1995-2016).

[4] C’est-à-dire sur lesquels il n’y a pas de prise.

[5] Camargo, J., Pimenta de Castro, P., Portugal em chamas, Como resgatar as florestas, Bertrand Editora, Lisboa, 2018

[6] Cité par J. Camargo e P. Pimenta de Castro, op.cit

[7] Dont celui, emblématique, de Valpaços, où les villageois de sept bourgades, hommes, femmes et enfants, organisés, ont résisté à la police et arraché les 200 hectares d’eucalyptus, fraîchement plantés par une entreprise de cellulose, dans la plus grande quinta (propriété agricole) de la région, là où avant il y avait des oliviers.

https://www.noticiasmagazine.pt/2017/ha-2-28-anos-um-povo-lutou-contra-os-eucaliptos-e-a-terra-nunca-mais-ardeu/

[8] Ce qui, Le Portugal est le pays d’Europe ayant la plus petite surface de forêt publique, ce qui contraste avec la moyenne de l’UE où la forêt publique représente 40 % en moyenne.

[9] Par le décret-loi n° 93/2013 du 19 juillet 2013, plus connu sous le nom de Loi de l’eucalyptus, qui donne un accord tacite à la plantation d’eucalyptus dans les propriétés de moins de 2 hectares, ce qui correspond à 80 % des propriétés forestières du pays.

[10] Soit le gouvernement de droite ayant appliqué le programme dit d’assistance financière au Portugal, sous l’égide de l’UE, du FMI et de BCE et qui a été au pouvoir dans le pays entre 2011 et 2015.

[11] En effet, la législation d’août 2017 (décret-loi n° 77/2017 du 17 août), présentée dans la foulée des incendies de juin, tout en suspendant l’expansion des aires arborisées avec des eucalyptus, permet l’échange de plantations d’eucalyptus non productives, par des plantations dans des aires équivalentes, non encore eucalyptisées, plus productives.

[12] Il est à noter, de ce point de vue (emploi) que l’industrie de la cellulose, qui contribue pour environ 1 % au PIB (0.7 % en 2017 en monnaie courante), n’emploie que 3 000 personnes.

[13] Dissuadant la population de cultiver des eucalyptus pour en faire une source de revenus (par le biais de leur vente aux industriels de la cellulose).

[14] Pour le sociologue portugais Renato do Carmo, s’ « il paraît difficile d’envisager la récupération démographique d’une partie significative des espaces ruraux portugais », il est erroné de concevoir les zones rurales uniquement comme des territoires de fixation, des recherches récentes ayant démontré qu’elles sont de plus en plus des zones de circulation et de mobilité », autrement dit, ces zones « ne vivent pas seulement des personnes qui y habitent, mais aussi des personnes qui y circulent et qui peuvent s’y fixer momentanément » (Cf Carmo, R. População, serviços públicos e propriedade, in Revista Crítica de economia social, Julho, Agosto, Setembro 2017).

[15] Le solde budgétaire devrait être de -0.2 % du PIB en 2019, +0.3 % en 2020 et + 0.7 % en 2023, selon le Plan de Stabilité 2019-2023 présenté par le gouvernement portugais au Parlement en avril dernier.

*Docteur ès Sciences de Gestion par l’Université de Paris I–Sorbonne, a enseigné l’Economie portugaise à l’Université de Paris IV – Sorbonne, est conseillère municipale à Gentilly et membre du Bureau National du Bloco de Esquerda (Gauche radicale portugaise).

La forêt amazonienne brûle

Par Le 21/08/2019

Aucune description de photo disponible.

La concentration en monoxyde de carbone pendant que 500 000 hectares de l'Amazonie sont déjà partis en fumée en l'espace de quelques semaines.

Tous les médias en parlent.

Oui mais qui explique les raisons ?

Si Bolsonaro organise cette déforestation, c'est pour augmenter les surfaces cultivables et exploitables pour l'élevage bovin. Pourquoi ?

Parce que la consommation de viande dans le monde ne cesse de croître, que ça soit la Chine ou les Etats-Unis, par exemple.

Donc...La solution ?...

C'est bien joli de s'alarmer mais encore faudrait-il prendre conscience des raisons du désastre et réaliser que tout cela ne fait que répondre aux désirs des consommateurs...S'en prendre uniquement à Borsolano, n'est-ce pas quelque peu hypocrite ?...

https://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre

L'impact de la viande sur les humains, les animaux et l'environnement

L’élevage accentue l’effet de serre et la déforestation

  • L'élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre
  • Et de 63 % de la déforestation en Amazonie.
  • Le 5e rapport du GIEC recommande une diminution importante de la consommation de viande : suivre les recommandations de la Harvard Medical School serait aussi efficace que de diviser par deux le parc automobile mondial.
  • Les trois plus gros producteurs mondiaux de viande réunis ont à eux seuls une empreinte carbone supérieure à celle de la France.
  • Un végétalien émet 2,5 fois moins de GES par son alimentation qu'un omnivore occidental.
  • Un changement de régime alimentaire peut permettre des bénéfices écologiques à une échelle qu’il ne serait pas possible d’atteindre uniquement par changements de pratiques de production agricole.

icône viande.info représentant la faim dans le monde

L’élevage émet plus de gaz à effet de serre que les transports

En 2006, un rapport de la FAO, Livestock's Long Shadow, a révélé que l’élevage produisait une quantité importante de gaz à effet de serre (GES), environ 18 % des émissions d'origine humaine. Dans un rapport postérieur, Tackling Climate Change Through Livestock (FAO, 2013), des calculs fondés sur des données plus précises établissent à 14,5 % la contribution de l'élevage dans les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique, dont 8,8 % pour les seuls bovins. C'est légèrement plus que les émissions directes du secteur des transports (IPCC, 2014).

Un rapport de l’IATP (Institut des politiques agricoles et commerciales) et de l’association GRAIN (association internationale de soutien aux agriculteurs) a révélé que la plupart des 35 entreprises produisant le plus de viande et de lait au monde ne rendent aucun compte de leurs émissions de gaz à effet de serre (GRAIN, 2018). À l’aide de données publiques, les auteurs de ce rapport ont pu estimer que les trois plus gros producteurs réunis (JBS-Friboi, Tyson Foods et Cargill) émettent à eux seuls plus de gaz à effet de serre que la France.

Le secteur de l’élevage a émis un total estimé entre 7,1 et 8,1 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2010 (FAO, 2014 et 2018). Cela représente de 14,5 % à 16,5 % des 49 milliards de tonnes équivalent CO2 émises par l’ensemble des activités humaines cette année-là (IPCC, 2014). L’Accord de Paris, le premier accord universel sur le climat, prévoit que ces émissions globales doivent être réduites de 38 milliards de tonnes équivalent CO2 d’ici 2050 pour limiter la hausse de la température à 1,5 °C.

Cependant, le secteur de la viande et des produits laitiers poursuit aujourd’hui ses objectifs de croissance et de rentabilité : produire toujours plus pour répondre à une demande mondiale croissante. Si cette tendance se poursuit, en 2050 l’élevage représentera à lui seul plus de 80 % des émissions globales maximales pour ne pas dépasser 1,5 °C. En d’autres termes, cela signifierait que l’ensemble des autres activités humaines (transport, logement, industrie…) devrait émettre quatre fois moins de gaz à effet de serre que l’élevage seul. Il est donc primordial d’agir sur ce secteur en modifiant notre modèle agricole et alimentaire.

Les émissions de GES dans le monde.

Livestock's Long Shadow

Chiffres clés

Le secteur de l'élevage a produit de 7,1 à 8,1 milliards de tonnes d'équivalent CO2, soit environ 1/7 de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre.

Ces émissions de GES se répartissent comme suit. 45 % sont attribuables à la production et au transport des aliments (dont 9 % imputables à la déforestation liée à l'extension des cultures et des pâturages). 39 % proviennent de la fermentation gastrique des ruminants. 10 % résultent du stockage et de l'utilisation du lisier. 6 % sont causés par le transport, l'abattage des animaux et le stockage des produits animaux.

Les émissions sont dues majoritairement à l'élevage des ruminants. Produire 1 kg de protéines sous forme de viande de bœuf émet en moyenne 290 kg d'éq. C02, contre moins de 50 sous forme de viande de porc, de poulet ou d'œufs.

Émissions de gaz à effet de serre en fonction des espèces
Source : GIEC.
NB : les « bovins laitiers » sont exploités pour leur lait, mais aussi pour leur chair.

Les émissions de GES en France.

Un rapport de 2011 prévoit que, entre 2005 et 2050, la demande de viande augmentera de 73 % et celle de lait de 58 % (FAO, 2011).

L'élevage ne se fait pas en forêt

L’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation au Brésil (Margulis, 2004). Greenpeace affirme que l’élevage bovin est responsable à 63 % de la destruction de la forêt amazonienne (Greenpeace, 2016).

Avec une superficie de 5,5 millions de km², la forêt amazonienne est la plus grande zone de forêt primaire tropicale de la planète. Durant les quarante dernières années, près de 800 000 km2 de forêt amazonienne ont été détruits. Grâce aux efforts du gouvernement brésilien, le rythme de la déforestation s'est ralenti depuis le milieu des années 2000 et tourne aujourd'hui autour de 6 000 km² par an au Brésil, ce qui reste très élevé.

La déforestation a causé 12 % des émissions mondiales de GES entre 2000 et 2005 (Congressional Budget Office, 2012), chiffre qui a légèrement diminué depuis. Elle perturbe le cycle de l’eau (la végétation et l’humus stockent et diffusent l’humidité) et réduit la biodiversité par la destruction de l’habitat de millions d’espèces végétales et animales. En outre, le compactage des sols, piétinés par le bétail, empêche les infiltrations d’eau et provoque des ruissellements qui érodent les sols et privent d’eau les derniers végétaux, rendant les terres inutilisables.

Les pâturages et les puits de carbone en France

La question du stockage de carbone par les prairies destinées à l’élevage est complexe et ne peut pas être tranchée en un simple paragraphe. Ce stockage dépend de nombreux facteurs : conditions climatiques, composition des sols, ancienneté des prairies, intensité du pâturage… Selon les cas, les prairies peuvent stocker moinsautant, ou plus de carbone que les forêts. Ce stockage de carbone peut compenser en partie les émissions de l’élevage dues à la fermentation entérique et aux déjections des animaux. Par ailleurs, l’utilisation des prairies ne concerne que l’élevage des ruminants, souvent nourris avec des céréales et tourteaux en complément de l’herbe.

L’élevage peut avoir un impact environnemental moindre grâce aux prairies, mais il ne faut pas oublier que son rendement par hectare est très faible : on élève en moyenne 1,5 grand bovin de 600 kg par hectare… (Agreste, 2006) Sachant que la viande consommable représente environ 37 % du poids d’une vache, on aurait une productivité de 333 kg par hectare. (Interbev, la-viande.fr) À titre de comparaison, un hectare de culture en France produit 3 tonnes de soja (FAOstat, 2017), qui contient 50 % de protéines de plus que la viande de bœuf (Anses Table Ciqual, 2016). Si l’utilisation des terres non arables en pâturage peut s’avérer avantageuse, il apparaît clairement que ce n’est pas une solution pour nourrir une population croissante.

Lutter contre le réchauffement climatique par l'alimentation

Le 5e rapport du GIEC (IPCC 2014, chapitre 11), reprenant les calculs de Stehfest et al. (2009), estime que la simple application des recommandations nutritionnelles de la Harvard Medical School, qui conseillent de limiter la consommation moyenne de viande de ruminants à 10 g par jour et la consommation des autres viandes, du poisson et des œufs à 80 g par jour, permettrait de réduire de 36 % les émissions de GES d’origine agricole, et de plus de 8,5 % les émissions totales. Cette mesure serait aussi efficace que de diviser par deux l’ensemble du trafic routier mondial.
Ne pas dépasser au XXIe siècle le taux atmosphérique de 450 ppm d’équivalent carbone demandera une réduction importante des émissions de GES, ce qui aura un coût, estimé à 2,5 % du PIB mondial en 2050. Par rapport au scénario basé sur les tendances actuelles, réduire la consommation de viande selon les recommandations de la Harvard Medical School réduirait ce coût de 50 %.

Une étude britannique (Scarborough et al., 2014) a évalué que les végétaliens émettaient 2,5 fois moins de GES pour leur alimentation que les omnivores (consommant 100 g de viande par jour ou plus).

Le poids des choix de consommation a été confirmé dans une étude publiée en mai 2018 dans la revue Science (Poore et al., 2018). En s’appuyant sur des données en provenance de 38 000 exploitations agricoles réparties dans 119 pays à travers le monde, l’étude a établi l’impact environnemental moyen de la production de 40 des principaux aliments consommés, selon 5 indicateurs, dont l’émission de GES et la surface annuelle occupée.

Un scénario remplaçant l’alimentation actuelle par une alimentation 100 % végétale permettrait de diminuer les émissions de GES liés à l’alimentation de 49 % et nécessiterait 76 % de surfaces en moins. Cela représente 3,3 milliards d’hectares, soit une surface équivalente à la somme des USA, de la Chine, de l’Australie et de l’Union européenne.

Les auteurs ont également étudié un second scénario, dans lequel on remplacerait la moitié des produits animaux par des équivalents végétaux. Ce scénario permettrait de réduire les émissions de GES de 36 % et nécessiterait 51 % de surfaces en moins.

Ces résultats confirment que pour répondre à l'urgence de baisser nos émissions de GES, la végétalisation de l'alimentation est une réponse efficace.

LE DÉSERT DES BARBARES (2)

Par Le 21/08/2019

 

 

C'est Nathalie qui m'avait encouragé à écrire un polar. Je n'avais aucune idée de tout ce que allait déclencher et du foisonnement d'idées qui allait jaillir en écrivant le premier tome. 

L'avidité et l'absence de morale qui en découle, les effets mortifères sur les individus dans le tome 1.

Il fallait que j'élargisse la réflexion.

Les effets dévastateurs sur la planète, sur la vie elle-même. L'ego, comme un moi souverain, enfermé dans une vision limitée, "moi au-dedans, le reste au-dehors"...

Tous s'est mis en place peu à peu. Le tome 2 a pris forme. "TOUS, SAUF ELLE"

Puis est venu "LE DÉSERT DES BARBARES"

L'idée fondamentale est très simple : Comment réagiront les puissants de ce monde lorsqu'ils prendront conscience que leur existence est aussi menacée que celle de l'ensemble de l'humanité ?

Au final, la réponse qui s'est imposée m'effraie au plus haut point et me semble parfaitement plausible.

 

 


 

"LE DESERT DES BARBARES"

CHAPITRE 61

 

Laure était sortie marcher. Elle avait juste besoin d'entrer dans le silence de la forêt. La chaleur du jour avait mis longtemps à se retirer et la nuit ne parvenait toujours pas à diffuser la fraîcheur espérée. Elle était allée s'asseoir sur un tronc couché, un ancien hêtre déraciné depuis longtemps. Le fût avait séché, posé sur un lit de roches.  Elle aimait la douceur du corps blanchi par le temps.

Théo dormait. Il récupérait bien plus rapidement que les prévisions médicales. Chaque jour, depuis son retour à la ferme, elle s'était appliquée à chercher la résonance en appliquant les mains sur sa jambe.

Elle lui avait lu le mail de Tim.

Ils en avaient beaucoup parlé.


 

Elle refusait de croire que le désastre n'offrait aucune issue. L'idée tournait en boucle.

Elle avait longuement cherché le paramètre indispensable pour maintenir vivante l'éventualité d'un possible renouveau et la solution lui était venue, comme une évidence, après avoir rejeté toutes les autres idées qui se succédaient et ne menaient à rien.

Les yeux dans le vague.

« Il faudra beaucoup d'amour. »

Elle répéta intérieurement la supplique, comme une rengaine salvatrice, avec en arrière-plan les images chaotiques de la fin d'un monde.

« Il faudra beaucoup d'amour... Il faudra beaucoup d'amour... Il faudra beaucoup d'amour... »

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